Un carnet bleu...

Propos lavallois d'actualité politique, économique, fiscale, linguistique, footiste et autres bidules, en différé... printemps...

Le journalisme de crise imaginée…

En prévision de la publication du rapport final de la commission BT, je ne vous apprendrai rien de neuf en disant que les astucieux fanas du média bashing, du Bleu, ont préparé leur coup. En parcourant les bulletins de nouvelles et les journaux à la recherche du reportage névrosé, obsédé par l’intérêt humain bien sûr, et qui en conséquence gonflerait plus que d’autres les quelques réactions vives pour satisfaire ses préférences sadomaso de sensationnalisme, cachées. Transposées en excitation des autres, pas les siennes.

Voilà… Les fanas ont trouvé ce bout deux jours avant la publication du rapport et l’ont réservé pour le billet du vendredi. Donnant ainsi la chance unique à tous les lecteurs réguliers de comparer la manipulation avec la réalité. Cette technique de conditionnement, de créer un «grand dérapage» avant qu’il ne survienne, afin de s’assurer que nous n’aurons pas la fâcheuse idée de bien lire et de nous informer, avant de croire ce que le professionnel de l’information, expert de la manipulation du «respirer par le nez» à écrit. Il disait…

Le grand dérapage prévu
Les Québécois ont une chance en or de faire quelque chose qui ne leur vient pas naturellement, quand il s'agit de langue, de culture ou de fierté nationale : respirer par le nez, réfléchir et bien peser leurs mots, avant de partir en peur et de déchirer leur chemise.
Cela aiderait à y voir plus clair dans ce qui nous arrive, et à décider de comment régler nos problèmes. Malheureusement, le débat tant attendu sur les conclusions de la commission Bouchard-Taylor semble bien mal amorcé. Ça part mal quand on apprend la primeur du rapport en anglais, dans The Gazette, pendant le week-end des Patriotes. Se faire traiter à demi-mots d'ignorant et d'intolérant prédispose rarement à une bonne écoute.

Comme drapeau rouge pour exciter la fureur des nationalistes, on peut difficilement faire mieux que de leur dire d'apprendre l'anglais, d'être plus gentils avec les musulmans et de s'informer davantage. Pour bien des francophones de la vieille école, le bilinguisme est toujours l'antichambre de l'assimilation. Bref, le dialogue national est bien mal engagé. Le rapport officiel n'a pas encore été publié ; on ne sait pas avec certitude si la copie que cite The Gazette est la version finale ou un ballon d'essai. Les recommandations de la commission ne sont pas encore connues. Mais déjà, les réactions et les dénonciations déferlent. Leur but n'est pas tant d'élargir le débat, de l'enrichir ou de l'animer que de se protéger, de réduire le débat ou de l'aiguiller vers des conclusions déjà arrêtées.

Le mouvement Montréal français trouve la conclusion du rapport «injuste et révoltante». André Drouin, à Hérouxville, accuse les commissaires de «jouer avec le feu». Pauline Marois et Gilles Duceppe font allusion au fédéralisme identitaire pathétique d'Elvis Gratton. Un des experts retenus par la commission, Jacques Beauchemin, directeur du Département de sociologie de l'UQAM, inscrit déjà sa dissidence - accusant les commissaires d'avoir, au départ, voulu minimiser l'importance des problèmes. Mais ça, c'est de la petite bière à côté des réactions qui ont surgi dans les blogues. Elles vont du paranoïaque au revanchard en passant par l'inquiet et l'intolérant, ramassant au passage l'agacement bien justifié de nombreux Québécois qui pensent avec raison que leur société n'a pas de leçon à prendre en matière d'accueil, d'ouverture et de tolérance. Bref, exactement ce qui se disait déjà devant la commission...

Le Québec a eu deux pères. Parmi les Français venus fonder la Nouvelle-France, il y avait des soldats, des fermiers, qui voulaient fonder une colonie, et des explorateurs et des aventuriers, qui sont tout de suite partis loin, voir ailleurs. Les deux nous influencent encore aujourd'hui. Il y a les Québécois qui associent leur survie au territoire et favorisent plus de lois et de contrôles. Et ceux qui pensent que l'expansion, l'exploration, le métissage sont leur meilleure chance de faire leur marque. La Société Saint-Jean-Baptiste et le Cirque du Soleil... Ces deux groupes ont besoin de se parler et de s'entendre, pas de se crier des slogans et des bêtises par la tête, si on veut que le Québec adopte les meilleures stratégies pour affronter le changement. Parce que le Québec, il change. Vous avez vu les jeunes qui ont remporté la grande finale internationale de dictée francophone à Québec, dimanche ? Nos jeunes champions sont Melissa Diakité et Sebastian Pizarro-Cionti.
Le Québec de 2008 est depuis longtemps sorti des ornières dans lesquelles s'est enlisé le vieux débat sur son identité...
Benoît Aubin
JdeM - 20/05/2008 05h15


Propos…
Devinez qui a besoin de «respirer par le nez, réfléchir et peser son texte» ?… Peut-être méditer sur sa tête enflée, sa vieillesse et son identité, avant d’écrire des conneries de la sorte.

À l’affichage de ce billet il est vendredi après-midi, soit 24 heurs après le dévoilement du rapport final. Quelqu’un a-t-il vu quelque part un «grand dérapage» ?… Quelqu’un a-t-il trouvé qui et où sont ces «blogues» qui ont affiché de la paranoïa, revancharde, inquiétude et intolérance ?… Pas ici… Les pupiteuses du Bleu n’ont rien vu de tel ou reçu un seul courriel dans ce sens. Bien… La fabrication de crise s’est effondrée. Pauvre «ti-pit», celui-là. Alors…

Au contraire… Selon les bulletins de nouvelles précédent le dodo, du jeudi soir 22 hrs, le PLQ et le PMD ont réagit au rapport BT modérément. À part le PM John Charest et sa névrose du crucifix, qui a idiotifé les autres. Les maroisistes du PMQ ont réservé leurs réactions pour aujourd’hui, le temps de parcourir et digérer un peu les 37 recommandations, semble-t-il. Quoi d’autre ?…

À part de répéter les insultes et railleries du chef Jean Barsalon et ses ivrognes, à l’endroit de ce journaliste de type «Dunkine Donute», me dit-il, on a trouvé mieux. On a trouvé, en parcourant rapidement l’abrégé du rapport appelé «FONDER L’AVENIR - Le temps de la conciliation», un passage fort intéressant sur les médias.

Un passage qui devrait en rassurer quelques-uns, à l’effet qu’ils ne sont pas les seuls à avoir noté que les médias du Québec sont peuplés d’idiots et dirigés par des «malades manteaux» de l’intérêt humain, selon l’expression de Jean. Et donc, ils créent leur propre sensationnalisme, pour leur propre profit, quand ça leur convient. À suivre et à reprendre...

Dès lors… Rendez-vous au prochain billet pour l’extrait «Intensification, ébullition, accalmie, erronées…»… fort intéressant.

Libellés :

De... sp et al... le 23.5.08, ,

Intensification, ébullition, accalmie, erronées…

Un court extrait de la section 2, du rapport abrégé de la commission BT, l’influence de médias de l’intérêt humain… Résultant des distorsions, des perceptions erronées ou partielles, dans 15 cas sur 21 étudiés…

FONDER L’AVENIR
Le temps de la conciliation
SECTION II
UNE CRISE DES PERCEPTIONS

Comme nous venons de l’affirmer, après une année de recherches et de consultations, nous en sommes venus à la conclusion que les fondements de la vie collective au Québec ne se trouvent pas dans une situation critique. Si on peut parler d’une « crise des accommodements », c’est donc essentiellement sur le plan des perceptions.
En effet, nos travaux ne nous ont pas permis de constater une hausse importante ou soudaine des ajustements ou accommodements consentis par les institutions publiques. Nous n’avons pas constaté non plus que le fonctionnement normal de nos institutions aurait été perturbé par ce type de demandes. On observe certes çà et là quelques points de friction, des doutes et des mécontentements, mais rien qui permette d’affirmer que la situation générale serait incontrôlable.
En témoigne le fait –très éloquent – que le nombre de cas d’accommodement qui empruntent la voie des tribunaux demeure toujours très faible. La situation générale n’étant pas critique, comment expliquer que le gouvernement du Québec ait jugé nécessaire de créer une commission pour étudier le « problème » des accommodements?
Pour répondre à cette question, nous devons reconstituer le fil des événements ayant mené à ce que nous appelons une crise des perceptions. Ainsi, nous pourrons déterminer les causes circonstancielles qui ont conduit une part importante de la population du Québec à porter un jugement très négatif sur les pratiques d’accommodement, allant jusqu’à considérer qu’elles menaçaient l’ordre social et nos valeurs les plus fondamentales.

Pages 13 à 17...
A. La chronologie des événements
1. Les antécédents (de décembre 1985 à avril 2002)
2. L’intensification des controverses (de mai 2002 à février 2006)

3. La période d’ébullition (de mars 2006 à juin 2007)
Cette troisième période se caractérise par une multiplication des cas ou affaires rapportés dans les médias. Durant cette seule période de quinze mois, nous avons pu en relever une bonne quarantaine (comparativement à 13 et à 12 cas pour les deux périodes précédentes). Ces chiffres traduisent le rôle beaucoup plus actif que les médias se sont mis à jouer dans le dossier des accommodements.
Entré dans le discours public, le terme d’accommodement était désormais utilisé à toutes les sauces. Le débat ne se limitait plus à la question des pratiques religieuses minoritaires ; il englobait désormais la question beaucoup plus générale de l’intégration des immigrants et des minorités. Un phénomène qui avait commencé à poindre au cours de la période précédente s’étalait maintenant au grand jour : une partie de la population réagissait aux demandes d’accommodement comme si elle se sentait lésée par ce qu’elle percevait comme des « privilèges ».
Au mois de janvier 2007, le chef de l’ADQ diffusait une lettre ouverte dans laquelle il dénonçait l’« aplatventrisme » du leadership politique et le « vieux réflexe minoritaire » poussant les Québécois à « courber l’échine » et à « s’effacer collectivement ». Peu après était rendu public le fameux « code de vie » d’Hérouxville. La crise des accommodements a atteint son paroxysme au mois de mars 2007, durant les semaines qui ont précédé la tenue des élections provinciales : les accommodements étaient devenus un enjeu de société sur lequel les acteurs politiques devaient se prononcer presque quotidiennement.

4. L’accalmie (de juillet 2007 à avril 2008)
L’arrivée de l’été et le commencement des travaux de la Commission ont coïncidé avec un net changement dans la couverture des accommodements. Durant cette période de neuf mois, les médias n’ont relaté, en effet, que 8 cas ou affaires, dont 4 sont survenus à l’extérieur du Québec. La couverture de ces cas a été aussi beaucoup plus réservée. Les réactions modérées à l’histoire tragique de la jeune musulmane ontarienne tuée par son père illustrent cette retenue.
La « chasse aux accommodements » ayant pris fin, l’attention publique s’est tournée vers les travaux de la Commission et le contenu de ses consultations publiques. A posteriori, il semble donc que la création de la Commission a eu pour effet de calmer le jeu.

Les principales conclusions que nous pouvons tirer de la chronologie des événements sont les suivantes :
a) Des 73 cas ou affaires que nous avons recensés au cours des vingt-deux dernières années, 40 appartiennent à ce que nous avons appelé la « période d’ébullition ». Cela représente environ 55 % de tous les cas pour la seule période allant de mars 2006 à juin 2007.
b) Cette statistique révèle le caractère exceptionnellement intensif de la couverture médiatique dont les accommodements raisonnables ont fait l’objet durant cette période.
c) L’explication selon laquelle le nombre de cas débattus dans les médias traduirait le nombre d’accommodements accordés sur le terrain n’est pas convaincante. Ce serait supposer que le nombre d’accommodements consentis aurait augmenté exponentiellement au cours du printemps de 2006 et qu’il aurait diminué de façon draconienne à partir du mois de juin 2007. Cette hypothèse ne concorde pas avec les données et les témoignages que nous avons recueillis.

B. Les faits et les perceptions
Durant la période d’ébullition, un grand nombre de cas ou d’affaires ont amené une partie importante de la population à se faire une idée très négative de l’accommodement raisonnable. Ces cas ou affaires portaient généralement sur des accommodements ou ajustements perçus comme illégitimes ou comme une forme de menace à l’endroit des valeurs de la société québécoise. Afin de tirer les choses au clair, notre commission a mandaté deux chercheurs qui se sont employés pendant plus de quatre mois à reconstituer les faits le plus rigoureusement possible, à partir d’un échantillon de 21 cas parmi les plus médiatisés et ayant le plus alimenté la controverse. Ces chercheurs ont interrogé les acteurs et les témoins et se sont appuyés sur la documentation disponible.
Nos recherches révèlent que dans 6 des 21 cas étudiés, il n’y a pas eu de distorsion manifeste entre les faits reconstitués et les perceptions générales de la population à l’égard de ces cas. Cependant, dans les 15 autres cas, nous avons relevé des distorsions importantes. Ainsi, la vision négative des accommodements raisonnables qui s’est propagée dans la population reposait souvent sur une perception erronée ou partielle des pratiques ayant cours sur le terrain. Nous donnons ici cinq exemples illustrant l’importance de ces distorsions. Les lecteurs trouveront l’analyse des autres cas dans le rapport intégral.


Propos…
À tous les intéressés par les 5 exemples dans l’abrégé… Page 18…
Les cours prénatals au CLSC de Parc-Extension
La « directive » de la Société de l’assurance automobile du Québec
La cabane à sucre de Mont-Saint-Grégoire
La nourriture certifiée casher
Les soins de santé à domicile
Ou bien les 16 autres cas dans le rapport intégral…
À vos marques… Prêts ?… Partez !…
Bonne lecture !…

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HQ: bénéfice faramineux en hausse…

Profitant d’un moment d’accalmie localisée, pendant que les consommateurs de quatre roues caoutchoutées sont occupés à subir les effets pervers de l’économie de marché, sous le contrôle des spéculateurs du pétrole bien sûr, allons-y pour une bifurcation et rapport sur le monopole d’état du Québec, aux méthodes d’extorsion des pétrolières.

C’est à dire, un monopole multi milliardaire qui réclame et obtiens des hausses de tarifs en pleine période de profits faramineux, quand même. Hé oui… Incroyable… Le voici et ses résultats…

HQ : Bénéfice net 1,45 milliards trimestriel...
Au cours du premier trimestre de 2008, Hydro-Québec a réalisé un bénéfice net de 1,45 milliard, comparativement à 1,43 milliard l'an dernier. Outre l'ajustement de la transaction chilienne, Hydro-Québec a exporté plus d'électricité que l'an dernier, si bien qu'une baisse de prix ne l'a pas empêchée de récolter 37 millions de plus.

Les redevances versées au gouvernement du Québec ont triplé par rapport à l'an dernier. Pour les seuls trois premiers mois de 2008, Hydro-Québec a envoyé à Québec 169 millions en redevances, soit 104 millions de plus qu'à la même période en 2007. Cette obligation de redevances découle d'une décision prise il y a deux ans. Lors du dévoilement du budget de mars 2006, le ministre des Finances, Michel Audet, avait annoncé que la société d'État serait «graduellement assujettie» aux redevances hydrauliques prévues par la Loi sur le régime des eaux qui s'appliquent déjà aux producteurs privés d'électricité. Cette mesure est entrée en vigueur le 1er janvier 2007. «Hydro-Québec sera invitée à absorber les coûts de ces redevances principalement par la réalisation de gains d'efficacité et par l'augmentation des revenus liés à l'exportation. S'il y a lieu, le gouvernement sera disposé à modifier, dans le temps, les résultats attendus d'Hydro-Québec», avait dit M. Audet. (…)

L'opposition péquiste avait vivement réagi à la modification de la Loi sur le régime des eaux. «En choisissant d'assujettir Hydro-Québec à la loi, le gouvernement refile une facture de 500 millions à Hydro-Québec, ce qui aura pour effet direct que la société d'État réclamera des hausses de tarifs à la Régie de l'énergie, avait dit le député François Legault. Plutôt que de dire directement aux Québécois qu'une partie de leur facture d'électricité servira à financer ce fonds, le gouvernement Charest préfère faire porter l'odieux à Hydro-Québec.»

La filiale Hydro-Québec Production, celle qui verse les redevances, a donc enregistré un bénéfice net de 840 millions, comparativement à 907 millions l'an dernier. L'exportation d'électricité, qui a rapporté 37 millions de plus qu'en 2007, s'est faite au prix de 8 ¢ le kilowattheure, un peu moins que les 8,5 ¢ de l'an dernier. Hydro-Québec explique cette variation de prix par le taux de change, ce qui signifie que les 37 millions sont le résultat d'une plus grande quantité d'électricité exportée. (...)

La filiale Hydro-Québec Distribution, qui couvre l'infrastructure à partir des postes de transformation jusqu'aux habitations, a affiché un bénéfice net de 362 millions, en baisse de 31 millions. Selon Hydro-Québec, cela s'explique «surtout par la hausse de la charge d'amortissement liée aux actifs et passifs réglementaires établie selon les décisions de la Régie de l'énergie».
François Desjardins
Le Devoir - samedi 17 et du dimanche 18 mai 2008


Propos…
Il semble, de toute évidence, que le député comptable François Legault avait raison lorsqu’il s’est objecté aux modifications sur les dispositions des redevances. Effectivement les abonnés résidentiels, contribuables jusqu’à la mort, se sont fait passer une autre hausse extorsion du tarif de l’électricité, en avril dernier. Le résultat…

Des abonnés plus pauvres. Et un monopole d’état, déjà multimilliardaires, qui déclare sans malaise un bénéfice trimestriel, qui était déjà passé le milliard, en hausse de 2 millions sur l’an dernier.

Voilà… Encore une preuve que le Québec ce n’est pas l’Alberta. Au Québec la richesse générée par les ressources naturelles de l’État va au seul richissime gouvernement. Et non à ses citoyens, comme en Alberta. Absolument, plus con que ça, c'est financièrement incroyable !…

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