Ces fous de l'anglophone...
22.2.08
Sans aucun doute, la cheffe Marois n'a jamais soupçonné qu'une banale entrevue allait causer tout un tsunami de déclarations d'appartenance Canadian. Non seulement du camp des adversaires du PSQ, des fédéralistes, ce qui serait au bout du compte assez acceptable pour une politique à l'image trudeauiste. Mais aussi, étonnamment, de son camp, du camp des souverainistes. C'est, comment dire, comme si les portes de LHL étaient tombées et ses résidents se seraient enfuis en délirant, en courant vers la liberté.À défaut de trouver la version écrite de l'appui de l'écrivain anglophone en chef de la presse fédé de Gesca, intitulée «Marois a raison!», on l'a remplacé par une autre identique. Il y a eu un autre appui à cette politique linguistique fédéraliste, «full» bailingue. Cette fois, de la part d'un enseignant qui porte un nom francophone et qui se déclare «souverainiste de la première heure», par surcroît.
Autrement dit, depuis la première heure, au sein du camp souverainiste, c'est confirmé qu'il y avait des allégeances canadiennes. Probablement le lot de ceux qui appuyaient la souveraineté juste pour obtenir une modification à la constitution canadienne. Au lieu de vraiment vouloir fonder un pays indépendant de langue et de culture française. Voici donc cette autre opinion du genre, dite souverainiste, du québécois francophone, mais en réalité d'allégeance anglo canadienne. Prévoyez le confort habituel, c'est délirant et c'est long...
Marois a raison
Ainsi donc, selon certains bien-pensants de la trempe des Victor Lévy-Beaulieu et autres pseudos purs et durs de l'indépendance, on ne peut être souverainiste et bilingue en même temps.
Apprendre l'anglais à l'école est devenu un crime contre le Québec et nos ancêtres. Lévesque, Parizeau, Bourgault et bien d'autres sont donc de grands criminels politiques! Mon Dieu que je me dis des fois que le monde est bête! ( A )
Ce nationalisme intégriste commence à me rebuter au plus haut point. Il assassine le mouvement souverainiste à petit feu par son obscurantisme et son défaut d'évoluer, de s'adapter. Il m'arrive même parfois de penser, dans ma paranoïa croissante, que ces gens-là sont peut-être des fédéralistes infiltrés! Personne ne peut sacrifier son destin personnel ou celui de ses enfants au profit d'un projet hésitant d'une nation idéalisée. Bien au contraire, c'est par la liberté personnelle que se réalise la liberté d'un état. ( B )
La culture d'un humain se comprend et se mesure de plus en plus par une dominance culturelle particulièrement signifiée par une langue prépondérante. Cette culture dominante baigne dans un ensemble de cultures environnantes dans lesquelles elle puise avec pertinence et retenu. Sur cette planète de plus en plus devenue un «village global», on ne peut être d'une seule culture sans volontairement s'isoler et se limiter. Pas plus qu'on ne peut se prétendre de toutes les cultures ou, pompeusement, citoyen du monde. ( C )
On est tributaire de plusieurs sources culturelles aussitôt que l'on s'ouvre un tant soit peu sur le monde. Comme tout être civilisé se doit de le faire pour sa propre réalisation personnelle. Mais, il y aura toujours une dominance identitaire qui nous ramènera à une culture «racine» très souvent héritée mais aussi choisie par immigration. Aujourd'hui, mondialisation et technologie, immigration et modernité, font en sorte que l'humain des sociétés développées devient de plus en plus homo polyculturus! ( D )
Les Québécois l'ont compris. Madame Marois aussi.
On ne peut plus vivre dans une mer de 300 millions d'anglophones sans en tenir compte comme on le faisait il n'y a pas si longtemps encore. Surtout quand notre économie, et de là, toute notre vie moderne, en est si dépendante. Surtout aussi quand cette culture présente un magnétisme si fort qu'elle nous affecte très souvent bien malgré nous. Dans les années cinquante, sur la côte nord de ma Gaspésie, sans radio ni télévision, sans anglophone ni immigrant à l'horizon, ma vie culturelle, économique et sociale était très différente de ce que je vis maintenant à Montréal où je suis installé depuis plus de trente ans! ( E )
Nous sommes même très loin de l'environnement culturel péquiste et du référendum de 1976. Tout a changé. C'est cela qu'il faut comprendre. Et surtout accepter. C'est la meilleure façon de retirer les profits qui viennent avec ces changements pour ceux et celles qui savent s'adapter et grandir. L'État n'a-t-il pas la responsabilité de mieux outiller ses membres pour une meilleure harmonisation des rêves individuels et collectifs? Qui peut prétendre que le bilinguisme n'est pas ici au Québec, un outil d'épanouissement de plus en plus nécessaire sinon essentiel? ( F )
Ce n'est que lorsque j'ai appris l'anglais...
Ce n'est que lorsque j'ai appris l'anglais que j'ai vraiment apprécié ma langue française. En apprenant cette langue de mes puissants voisins, je l'ai démystifiée et démythifiée ainsi que la culture qu'elle diffuse. Par un très fort effet de retour, je me suis davantage ancré à ma racine française. J'ai travaillé à travers tout le Canada pendant des années. J'ai sillonné une bonne partie de la planète. Les deux langues outils que je maîtrisais me furent très utiles. Jamais je ne me suis senti moins francophone pour autant. Bien au contraire. Même si je communiquais en anglais, c'est avec ma personnalité de culture française que je m'appropriais et que j'appréhendais le monde que je découvrais. C'est ainsi que mon bilinguisme a solidifié ma francité et mon rêve souverainiste.
Il ne faut pas confondre le cheminement individuel d'un Québécois et le projet collectif en voie de partage du peuple québécois. Si le bilinguisme individuel peut être un merveilleux instrument de développement personnel, le bilinguisme d'État pour sa part ne peut être que suicidaire. Aussi, la nation québécoise se doit de défendre, en droit et en loi, une seule langue commune, la langue française.
Alors oui, sur le territoire national du Québec, chaque élève devrait atteindre un niveau acceptable de bilinguisme pour mériter son certificat d'études secondaires.
C'est la seule façon de sauver la langue française en Amérique car, en plus d'être un instrument fondamental du «vivre ensemble», ma culture d'ouverture sera également un outil de libération individuelle en acceptant de s'enrichir de plusieurs autres langues sans qu'elle en soit menacée et surtout sans que ses adeptes se croient punis d'être né du mauvais côté de la rivière des Outaouais!
Bravo madame Marois. Nous sommes nombreux à partager le virage intelligent que vous faites prendre au PQ. Il y a plusieurs façons d'être pur et dur. La vôtre, ouvert sur le monde et sur ce qu'il peut nous apporter, permettra à notre nation québécoise de marcher plus confiante vers sa liberté. Merci. Thank you.
Denis Gaumond
Souverainiste de la première heure
Ex-professeur chargé de cours (ENAP et UdeM)
Directeur de service à l'UQAM
Le dimanche 17 février 2008
Propos...
Pour l'expérience, si vous avez tenté de remplacer de temps en temps le mot «bilingue» par le mot fédéraliste, pour refléter la politique officielle du bilinguisme d'Ottawa, vous obtenez un résultat étonnant. Une compréhension différente du cancer «full canadian» qui a miné de l'intérieur le PSQ et la réalisation de la souveraineté qu'il proposait, maintenant abandonnée. Quelques observations...
( A ) Celle-ci est une autre tentative de culpabilisation, par l'utilisation du mot «crime», quand il est proposé de remplacer «l'anglais» par le français. Une caractéristique qui revient souvent chez les enseignants «full» bailingues, car ils sont toujours parmi les premiers à être assimilés par la langue de l'anglo-canadian. Ce qui permet à l'état, par voie de l'éducation publique, de transmettre à la jeune génération une appartenance qui n'est plus celle de ses ancêtres. Plutôt celle de l'unité canadian, dans ce cas.
( B ) Déjà au deuxième paragraphe, il y a le jeu du transfert aux autres de l'appartenance de l'auteur, par «ces gens-là sont peut-être des fédéralistes infiltrés!», parce qu'il ne se reconnait plus dans leurs opinions politiques.
Quant à savoir si c'est par la liberté personnelle que se réalise la liberté d'un état, suffit de rappeler que la langue de l'unité canadienne, l'anglo-américain, n'est pas un choix personnel et libre au Québec. Elle est obligatoire, imposée de force à tous par le ministère de l'éducation à l'école et au collège de langue française, de 6 ans à 20 ans. Sinon, pas de diplôme. Mais, dans un état d'assimilé, à l'âge adulte, l'auteur ne s'en rend plus compte.
( C ) De la proposition que « La culture d'un humain... se mesure... par une dominance culturelle... signifiée par une langue prépondérante. » c'est simplement une tentative, subjective, de justifier une déconnexion ou un détachement de l'héritage culturel de ses ancêtres, pour adopter une langue et culture prépondérante, selon la dominance par le nombre à la canadienne. Comme c'est le cas, chez les franco-ontariens.
Quant à sa justification par... «Sur cette planète de plus en plus devenue un «village global», on ne peut être d'une seule culture sans volontairement s'isoler et se limiter.» C'est dire aussi, subjectivement, sans s'en rendre compte que... Tous les peuples de la Terre qui progressent et s'épanouissent dans une seule langue et culture, tel les Chinois, Japonais, Hindous et même les anglos d'origine britannique, américaine ou australienne, sont isolés et limités. Ce que les faits contredisent éloquemment.
( D ) Une nouvelle invention du délire de l'assimilation, rigolote. Ici c'est « l'humain... de plus en plus homo polyculturus! ». Pour contredire cette rigolade, il suffit d'étudier l'état et l'évolution des sociétés américaine, britannique, australienne et néo-zélandaise. Sont-elles «polyculturelles» ou bien «uniculturelles» ?... Voilà...
( E ) Époustouflant. Pour vérifier cette affirmation, cette culture présente un magnétisme si fort pour l'assimilé, originaire des 300 millions d'anglophones en Amérique du Nord... Comment se fait-il que cette mer d'anglophones n'affecte pas, comme chez les Québécois de souche, les 450 millions de langue et culture espagnole et les 150 million de langue et culture portugaise, qui vivent à la porte du Québec et de l'Amérique ?... Au Mexique, au Brésil, au Chili, en Argentine et toute l'Amérique Centrale.
( F ) Évidemment, c'est l'évidence même. Le réfé de 1980 ayant eu lieu en 1976, nous dit l'auteur, aujourd'hui, trente-deux ans plus tard, ceux et celles qui ont abandonné la culture péquiste, en ont retiré des profits et ont grandit. Sinon, ils sont restés pauvres et crétins, je présume. Hé bien...
Quant au bilinguisme, outil d'épanouissement, nécessaire et essentiel nous dit l'auteur... Bien sur, pour comprendre l'état psychique de l'assimilé, il faut se faire encore idiot et oublier le fait qu'il s'agit exclusivement de «l'anglo-américain», obligatoire pour tous à l'école et au travail. De la naissance à la mort, quoi. Bon... Quoi d'autre ! ...
Pour le reste et l'appréhension du monde découlant de l'assimilation à la supériorité de la langue de l'anglo-saxon américain, tout en oubliant les cultures et langues du reste du Monde sans le dire, je vous laisse la suite. C'est trop délirant pour moi.
C'est, comment dire, assez débile. Imaginez la thèse de défendre en droit et loi une seule langue commune, en imposant simultanément le «full» bailingue à tous les écoliers. Imaginez «le virage intelligent» de Pauline et le «marcher plus confiante vers sa liberté», grâce à la langue de l'anglo-saxon en exclusivité.
C'est définitivement les caractéristique des « fous de l'anglophone ». Selon le type de langage suggéré par Lord Dubuc of Gesca, récemment.
Libellés : Identite-canadian
De... sp et al... le... 22.2.08,








