Un carnet bleu...

Propos lavallois d'actualité politique, économique, fiscale, linguistique, footiste et autres bidules, en différé... printemps...

Condescendance mépris et indécrocro...

Après deux semaines de vas et viens de lobbyistes «ad hoc», rassemblés autour du chef des ivrognes, Jean Barsalon, l’assurance des jolies pupiteuses du Bleu contre un sujet «commercial», qui requiert normalement une enveloppe grise ou brune épaisse à la «Schreiber», s'est «flexibilisée» un peu. La chronique suivante a donc été ajoutée à la liste des billets par pure gentillesse, semble-t-il. Compliqué ?... Hé oui... Nous en sommes là, sur la liste.

Il s'agit d'un sujet que les vénérables et honorables du Bleu, vieux routier des forums politiques, reconnaîtront au premier coup d'oeil comme étant une «chose» passé date, diront-ils. Rien de neuf ici. Mais pour les autres, novices et étudiants, c'est une perspective d'un sujet politique et de ses acteurs qui leur semblera nouvelle.

Étant donnée que cette chroni est de la plume d'un favori de tous, doyen de la «chose» politique tant à Ottawa qu'à Québec, c'est évident que nous apprendrons tous quelque chose de nouveau, vu sous un angle différent. Faisant fi de l'aspect commercial au passage cette fois, allons voir ce que c'est...

Qui a raison de Facal ou de Pratte... ?
Il y a quelque chose de fascinant dans le petit échange de correspondance que viennent de publier Joseph Facal et André Pratte : quand souverainistes et fédéralistes nourrissent de l'estime et du respect l'un pour l'autre, le dialogue n'en est que plus serein. Sans me moquer de Pauline Marois, le modèle proposé par leur livre vaut certainement une «conversation nationale»!
Ainsi, André Pratte est devenu une véritable tête de turc pour les souverainistes tant il leur parle avec condescendance et mépris dans les pages éditoriales de La Presse qu'il dirige. Dans son journal, Pratte semble se considérer «entre nous les fédéralistes» et ne pas se soucier de dialoguer aux «eux, les séparatistes». Mais dans la même veine, on peut dire que bien des souverainistes, dont Joseph Facal à l'occasion, tiennent un langage tout aussi méprisant pour les fédéralistes, «eux, les autres», ces indécrottables qu'il ne vaut pas la peine de chercher à convertir.
Facal et Pratte pourraient donc être à l'image des Québécois, incapables de dialoguer, d'autant plus irrémédiablement divisés qu'à chaque génération, on leur repose la même question référendaire qui les dresse les uns contre les autres. Ils font au contraire l'exercice de se parler avec respect. Et le résultat est réussi au point où on se demande s'il n'y a pas là une recette pour nos chefs politiques.
André Pratte y va par exemple d'un aveu intéressant: «Ce qui me fascine, c'est qu'une même réalité puisse être interprétée de façon complètement différente par deux personnes relativement intelligentes et absolument de bonne foi (...) Je pense que ça devient une question totalement subjective.»
Ce à quoi Joseph Facal répond qu'aucun des deux n'a jamais réellement espéré convaincre l'autre... «Mais tu as soulevé nombre de points que j'aimerais que mes amis prennent davantage en considération. Peut-être pourras-tu dire la même chose des tiens.»
Manifestement, les deux hommes ont cheminé au fil des 218 pages de ce livre. Dans l'avant-propos, signé par les deux, ils écrivent que «les livres qui plaident pour l'une ou l'autre des deux thèses (fédéraliste et souverainiste) sont généralement achetés et lus par des gens du même camp que leurs auteurs, comme si ces lecteurs voulaient surtout y trouver de quoi conforter leur propre position.»
Leur livre à eux -- Qui a raison? Aux Éditions du Boréal -- est écrit pour l'autre. C'est bien ce qui le rend remarquable. Parfois je souhaiterais qu'André Pratte n'écrive pas comme s'il était convaincu qu'il n'y a que des fédéralistes qui lisent La Presse. Soit dit sans aucune flatterie, je crois que Joseph Facal ne préjuge pas que tous les lecteurs du Journal sont des souverainistes.
Michel Vastel
08/03/2008 08h09
http://www.canoe.com/journaldequebec.map


Propos…
Je ne sais trop si c’est l’expérience ou le sale caractère, mais quand il s’agit d’adversaires et de politique, lorsque je vois l’usage de cette expression « nourrissent de l'estime et du respect l'un pour l'autre», je ne peux m’empêcher de songer à «des perdants». À des «adversaires de papier» sur bureau, en réalité.

Donc, des caractéristiques qui me font songer au modèle de Bernard Landry. Économiste de formation, qui en trente ans de vie politique n’a cessé de respecter et donc d’admirer ses adversaires, fédéros libératistes, dont John Charest. Au bout desquels le compte pour Bernard a été celui d’un parfait perdant. Perdu le référendum, perdu l’élection et perdu la chefferie. Voilà pour l’effet ou résultat de la bienséance, envers les adversaires.

Quant à y voir dans cette bienséance du respect une recette pour les chefs politiques, il faudrait au départ savoir si c’est le résultat qui compte ou bien la manière dont la joute s’est déroulée. Si au bout d’une période on n’a pas tenu de décompte, va pour la recette bienséance. Par contre, si durant une période donnée on a tenu un décompte et qu’un des deux adversaires veut à la fin en sortir le gagnant, il faudra nécessairement battre l’adversaire.

Alors… Est-ce que Michel y a trouvé un vainqueur, au bout de sa lecture ?… Sinon, la Loi de l’adversariat étant ce qu’elle est, immuable, il y a forcément un perdant. Bon… Devinez lequel ?… Peut-être est-ce celui qui, au départ, devait annuler ou démolir l’avantage de son adversaire, et qui au bout du compte ne l’a pas fait, ainsi.

Quant à la citation, fascination du canado libératiste décrite par l’expression « relativement intelligentes et absolument de bonne foi », cette forme de pensée anglo-saxonne qui évalue les «personnes», exprime une telle auto supériorité de l’auteur, que tout adversaire devient nécessairement subordonné à son intelligence. C’est ce qu’il fait depuis un bout, surtout en ne répondant pas à ses adversaires et courriels.

En cas de doute de cette thèse appliquée au canado libératiste, il suffit de lire la réplique de l’adversaire pour constater son infériorité argumentaire à la forme de pensée anglo-saxonne par l’usage de «espéré» et «peut-être pourras-tu»… Ce qui, au passage, me fait songer à la similitude des répliques du copain du canado libératiste, Claude Desjardins, dont quelques-unes sont sauvegardées dans les archives du CPD.

Quant à l’affirmation, que ces livres sont achetés et lus par les adeptes du même choix politique, je n’en connais aucun de la sorte. C’est plutôt l’inverse. Par exemple, tous ceux qui nous ont dit avoir un jour lu le «L’énigme Charest», ne sont pas d’allégeance canado fédéralistes, mais bien des adeptes de la souv péqouiste. Autre exemple, les lecteurs du site dit «indépendantiste» canadien Vigil, sont autant du choix politique canado fédéraliste. Cette «chose» est donc plutôt du domaine de l’imaginaire, que de la réalité.

Quant à savoir si un tel livre, écrit pour l’autre, peut déterminer qui a raison. C’est vraiment sans importance. Puisqu’il s’agit d’un débat passé date et réglé, déjà fait il y a cinq ans aux forums. Dont les trois quarts des textes et messages, écrits pour l’autre, sont archivés dans des sites tel que Vigil, Politiquebec et le Conseil de la Souveraineté. En plus des nôtre, bien sûr.

De toutes manières, il y a un souci. Il y a que le vrai et idéal adversaire de Joseph Facal, dans ce type de débat, n'est pas du tout l'anglophone Andew Pratt. Mais bel et bien le francophone François Perrier. He oui !... Celui-là même dont Joseph a effacé ses commentaires à son blogue. Devinez pourquoi, hein !...

Quand même… Bonne lecture, aux étudiants et novices, si vous avez des sous pour ce genre de mise en marché par livre.

Libellés :

De... sp et al... le... 31.3.08,

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