Les professionnels de l'info amateurs !...
14.3.08
Il y a de ces jours ou des professionnels de l'info scolarisés et embauchés pour rechercher, analyser et rapporter, publient de ces constats qui altèrent leur propre dossier, évaluation de leur professionnalisme et compétence. Donc leur réputation, de façon vraiment négative.C'est ce qui vient de se produire. C'est ce que viennent de nous démontrer les professionnels Marco Fortier et Patrick Lagacé. Ils nous démontrent que leur éducation et expérience de travail, anglo-américaine sans doute, ne les ont pas prévenus et protégés contre la stupidification et la connardise, engendrées par la politique libéral du secret. Politique bien connue des vieux et vénérables de la chose politique au Bleu. Depuis fort longtemps, il va sans dire.
Voici la chose que ces amateurs essaient de nous passer comme une banale nouvelle ou fait de l’actualité ordinaire. Comble de lecteurs abrutis que nous sommes, bien sûr...
Le salaire secret de Jean Charest
Le Premier ministre Jean Charest reçoit une prime de 75 000$, versée par le Parti libéral du Québec, en plus de son salaire régulier de 181 717$. Mon collègue Robert Plouffe, de TVA, a aussi révélé que l'ADQ donne 50 000$ par année à Mario Dumont, qui gagne déjà 158 000$. M. Charest a déclaré ce matin qu'il aurait préféré que son supplément, payé par son parti, reste secret. C'est sa vie privée, a plaidé le Premier ministre.
L'argent est un tabou en politique. C'est un secret de polichinelle que la plupart des leaders politiques canadiens et québécois encaissent depuis toujours des primes semblables, sans jamais en parler. Du moins, c'est ce que stratèges politiques et journalistes se disent entre eux dans les couloirs du parlement, sans jamais avoir pu le prouver.
Il n'y a franchement aucun scandale à ce qu'un parti verse des fonds à son chef. Les leaders politiques — je ne parle pas des simples députés — pourraient gagner pas mal plus. Premier ministre ou chef de l'opposition, ce sont des jobs très exigeants qui méritent d'être bien payés.
Le problème, c'est quand ça reste secret. La loi devrait forcer messieurs Charest et tous les autres à révéler publiquement tous leurs revenus. Les contribuables ont le droit de savoir combien gagne leur Premier ministre. Et qui paie. De toute façon, les fonds secrets aboutissent toujours sur la place publique. Un jour ou l'autre.
Marco Fortier / Catégorie: Général, 250 mots
http://marcofortier.blogue.canoe.ca/2008/03/11/le_salaire_secret_de_jean_charest
11/03/08 - 12:05 pm
Propos...
Très intéressant. Autrement dit, il n’y a aucune faute ou incompétence évidente de la part du professionnel de l’info qui n’a pas été capable, pendant dix ans, de chercher à savoir et de trouver qu’un personnage public bien médiatisé, tel le chef du PLC John Charest, recevait une rémunération annuelle «secrète» de son parti politique. Cela, malgré les dix rapports financiers que le PLC a remis au DGE, durant ses années. Hé bien... Tiens donc...
Vraiment, celui-ci ne se rend même pas compte qu’il a, durant toutes ces années, mal informé et donc idiotifié ses lecteurs. Qu’il n’a fait qu’un travail d’amateur et de divertissement, durant tout ce temps. Dans ce cas… Qui veut parier que le Marco ne sait même pas, encore aujourd’hui, que le PLC est le seul parti qui n’a pas de poste de dépenses appelé «salaires» à l’État des produits et charges ? Hé oui... Pas de poste «salaires» = pas de «salaires» secret, nous dirait l'amateur Marco... À l'amateur suivant…
Les 75 000$ du premier ministre…Quelques réflexions sur le « bonus » consenti par le Parti libéral à Jean Charest, depuis dix ans.
Je n’ai aucun problème avec le fait que le PLQ paie 75 000$ par année à son chef.
Sauf que j’aurais aimé le savoir, comme Québécois, il y a dix ans.
Sauf que si ce n’est pas une grosse affaire, pourquoi le dissimuler pendant dix ans ?
Sauf que si ce n’est pas une grosse affaire, pourquoi le révéler aujourd’hui, alors ?
L’ennui, avec les deals cachés impliquant des élus, deals de toutes sortes, c’est qu’ils ouvrent la porte à un tas de questions. Par exemple : y a-t-il d’autres arrangements financiers, parfaitement légaux comme celui qui a été révélé récemment, dont les Québécois devraient être mis au courant ? La question est légitime, me semble. Marco en parle ici, Vincent ici.
Conclusion : ces 750 000$ reçus discrètement, mais légalement, vont coller à la peau de Jean Charest longtemps, dans l’imaginaire public.
Patrick Lagacé
Visa Cyberpresse.
Le mercredi 12 mars 2008
Propos...
Dérogeons à la règle culturelle de l'arrogance un instant pour faire preuve de diplomatie et dire combien il est navrant de voir une admission d'erreur professionnelle, donc de compétence, après dix ans, de la sorte. Espérons que le directeur Crevier ne regrettera pas son choix d'avoir approuvé l'embauche du petit. Au moins, à la PLF, il est affecté aux divertissements et chroniques et non aux nouvelles ou à l'actualité ou à la politique.
Ce petit appelle ça, sept-cent-cinquante milles dollars «reçus discrètement». Peut-être parce qu'il se rend compte maintenant qu'il a été connardisé, par l'ignorance de l'existence et les effets de la politique libérale du «secret». Plus amateur que ça, tu meurs...
Pourtant... Encore une fois… Les états financiers du PLQ ont été remis à l'aimable DGE durant ses dix ans. Et donc il ne s'agissait que de chercher le poste «salaires» à analyser, à l'État des produits et charges, pour constater que le PLQ contrairement aux autres partis ne rapporte pas de poste «salaires». Niet, nein, niente… Seulement un poste nommé «frais généraux et administration» d’un montant de 5,390,340 $, à la fin de 2006. Donc...
Un poste de dépenses libellé de la sorte et d’un tel montant requiert assurément les services d'un expert enquêteur ou espion, de la trempe du X49 des filles du Bleu, pour quelconque professionnel qui voudrait savoir de combien sont les salaires, pour combien d'employés, selon la taille de l'administration du Parti. Et c’est dans les détails, bien sûr, qu’on peut repérer un certain 75 milles qui ne correspond pas à la liste des employés réguliers et connus.
Encore plus intéressant… C’est le fait que 5,4 millions ce n’est pas mignon, c'est gros, c'est une mine d'or pour l'analyste qui cherche un défi, à savoir quoi d'autre est caché dans ce montant. Peut-être… D'autres paiements à d'autres personnages discrets du PLQ, mais inconnus des journalistes. Un bon défi, quoi...
M'enfin... Ayons un peu de compassion pour tous les lecteurs de la politique, qui ont été abrutis par ces professionnels amateurs de l’info, pendant ces dix années. Et si je fus à la place des directeurs Crevier et Robitaille, selon mes habitudes, je prendrais ma tasse et l’adjointe et à la prochaine pause café j’irais m’asseoir quelques instants avec leurs supérieurs, pour savoir comment se fait-il qu’ils n’ont rien découvert de la politique libérale du «secret».
Durant dix années ?... Voyons-donc !… C'est incroyable !...
Libellés : Media-bashing
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