Abrutissement fiscal docile…
9.4.08
Typique des stratégies de communications visant à former une population la plus idiote et docile possible, cette autre manière de faire, exclusivement québécoise, n’a été relevée par aucun journaliste ou chroniqueur. Excepté l’adversaire inévitable du célèbre prof Lauzon, bien sûr.Après la colonisation par l’imposition obligatoire de l’anglo-américain aux mômes dès l’âge de 6 ans, c’est au tour du ministère du revenu de s’attaquer à l’innocence des 10 à 12 ans avec la stratégie du transfert, cette fois. Des plus taxés en Amérique à la tarte aux fraises, sans explication du comment des milliards sont gaspillés chaque année, il n’y a qu’un pas. Mais… Est-ce que cela fonctionne, une fois l’âge adulte atteint ?… Voyons voir…
La tarte aux merveilles
Les consommateurs canadiens sont bien protégés contre la publicité trompeuse. La Loi sur la concurrence et la Loi sur l'emballage et l'étiquetage sont formelles : iI est illégal de fournir des indications trompeuses, et l'étiquette d'un produit doit indiquer des renseignements exacts et suffisamment explicites pour permettre aux consommateurs de prendre des décisions éclairées. Très bien !
Mais que faire lorsque nos entités gouvernementales omettent des informations importantes ? C'est pourtant ce que fait Revenu Québec avec La tarte aux merveilles, un conte destiné aux jeunes de 10 à 12 ans.
Sous prétexte d'initier les jeunes au paiement des taxes et impôts, le conte présente la fiscalité comme une intervention non seulement bénéfique, mais pratiquement divine. Sur un ton enthousiaste et paternaliste, le texte compare les impôts à un panier de fraises que chaque citoyen apporte à l'État et qui sert à produire une énorme tarte dont tout le monde profitera.
Évidemment, le conte reste muet sur le fait que les fraises ne finissent pas toujours dans la merveilleuse tarte, que certaines sont outrageusement gaspillées, que la tarte n'est pas toujours fraîche, que même ceux qui n'aiment pas les fraises doivent en manger, et que ceux chargés de préparer la tarte sont parfois de bien mauvais pâtissiers.
Il faut plus qu'un conte puéril pour éduquer des jeunes. Il faut des faits ! Pourquoi donc ne pas informer les jeunes que leur famille a payé en 2005 en moyenne 5 732 $ d'impôts et de taxes de plus qu'une famille ontarienne, ce qui explique pourquoi leurs parents n'ont pas les moyens de leur offrir le voyage à Disneyland dont ils rêvent. Et quand l'enfant demande pourquoi papa a renoncé à créer sa petite entreprise, on pourrait citer l'écrivain français George Duhamel qui expliquait qu'«une fiscalité oppressive freine pêle-mêle toutes les ambitions individuelles».
EXTRAVAGANCES
On pourrait aussi raconter aux jeunes comment les gouvernements ont dilapidé des dizaines de millions de dollars en 2007 en commandant des rapports et des commissions d'enquête qui, au mieux, seront lus en diagonale.
Ils seront également curieux de savoir pourquoi les Montréalais endommagent leur voiture en roulant sur d'énormes nidsde- poule pendant que l'administration Tremblay prévoit dépenser deux millions de dollars pour restaurer et éclairer la croix du mont Royal.
Ou encore pourquoi le gouvernement fédéral va dépenser 240 000 $ pour étudier la possibilité de se lancer dans l'exploitation minière... de la lune ! Et pourquoi pas un conte sur les extravagantes dépenses de Lise Thibault, ancienne lieutenant-gouverneur du Québec, ou sur le fiasco de l'usine Gaspésia ? On trouve les mots pour parler aux jeunes de la mort ou des MTS. On peut donc certainement aborder la question des impôts de manière honnête ! Or, le conte que propose Revenu Québec n'est ni instructif ni divertissant. Il cherche plutôt à endoctriner les jeunes pour en faire des contribuables dociles qui paieront leurs impôts sans jamais chercher à comprendre ni la manière dont l'État en dispose ni les effets pervers qu'occasionne une fiscalité étouffante.
Au lieu de renseigner correctement les jeunes, de développer leur esprit critique et de les pousser à poser les questions pertinentes, on en fait de gentils moutons qui suivront aveuglément leur berger. Nous demandons aux entreprises de ne rien nous cacher. Peut-être devrions-nous en exiger autant de ceux qui nous gouvernent, surtout quand ils s'adressent à nos enfants !
Voir la tarde aux merveilles...
Nathalie Elgrably-Levy
Collaboration spéciale
Le 03 avril 2008
http://www.canoe.com/chroniques/nathalieelgrably.html
Propos…
Avons-nous encore des doutes que ces stratégies d’abrutissement fonctionnent ? Que la famille québécoise plus pauvre de 5,732 $ que ses voisines de l’Ontario, doit quand même payer son litre de lait 40% plus cher qu’en Saskatchewan et son électricité au niveau du Manitoba. Pendant que le riche gouvernement du Québec augmente quand même ses revenus de 10 milliards en 4 ans et ses dépenses en moyenne de 4,5 %, juste pour les salaires des millionnaires de la fonction publique, de la médecine et de l’éducation universitaire.
Naturellement… Il ne faut pas expliquer aux mômes comment se fait-il qu’il y a au Québec des Clubs de petit déjeuner, fréquentés par des enfants de parents qui ont un emploi, mais... Une fois toutes les déductions à la source du gouvernement enlevées et le loyer payé, il ne reste plus assez d’argent pour trois repas par jour. Seulement deux.
Il ne faut surtout pas leur expliquer la comparaison de cause à effet de pauvreté, entre l’impôt prélevé sur les cheques de travailleurs sous le seuil de la pauvreté. Dont, l’impôt pour le 1,6 milliard aux riches garderies CPE de la CSN, les taxes foncières de 2 millions juste pour une croix sur une colline, les impôts de 10 millions de subvention à l’association des chevaux de course et enfin les 500 $ de cotisation obligatoire par personne pour une assurance médicaments, à des gens en santé. Ce qui, tout ça, produit les 260,000 Québécois qui dépendent chaque semaine de la charité des banques alimentaires, pour survivre.
Mais non, ne leur expliquons pas ça aux mômes... Plus on leur fera payer des impôts et taxes, plus le gouvernement trouvera bien des moyens pour augmenter quand même ses impôts et ses taxes. Et donc, plus ils deviendront pauvres, au profit d’un gouvernement riche de 62 milliards l’an. Voyons !… Quand même, hein !...
Libellés : Politique-impots
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