500 emplois aux anglophones ...
7.5.08
Faut-il s'en réjouir ou s'en désoler, les ministres du parti des anglophones, PLQ, étaient tous heureux la semaine dernière d'annoncer la venue au Québec de l'être suprême en matière de financement bancaire, la multimilliardaire anglo-américain Morgan Stanley. Et, comme il fallait s'y attendre, leurs milliards en banque ne sont pas assez. Leur venue à Montréal était conditionnelle à des bénéfices gratuits, soit des crédits d'impôt du gouvernement du Québec au niveau de 20,000 $ l'an par employé, pendant 6 ans. Soit un manque en revenus d'impôts au Québec de quelques 60 millions, au bout du compte.Sinon, ils s'en allaient ailleurs. Le Québec aurait alors perdu peut-être les 200 emplois anglophones existant déjà, chez Compuware. Soit l'équivalence de 3,2 millions l'an en revenus d'impôts, seulement. Maintenant, le gouvernement va plutôt leur accorder des crédits d'impôts pour ces emplois, qui pourraient totaliser plutôt 4 millions l'an. Jolie, l'arnaque, non ?...
Faites votre propre calcul, pour voir s'il est préférable de perdre des revenus actuels d'impôts, plutôt que de consentir la charité à une entreprise multimilliardaire étrangère, anglo-américaine, que personne d'autre en Amérique du Nord ne voulait financer à ces niveaux.
Morgan Stanley à Montréal
Marquée en grande pompe jeudi en présence du premier ministre Jean Charest, de Monique Jérôme-Forget, et de Raymond Bachand, l'arrivée de Morgan Stanley (MS) à Montréal ne créera pas les 500 nouveaux emplois évoqués.
L'entreprise pourrait effectivement employer jusqu'à 500 personnes, comme on l'a dit en conférence de presse, mais 200 de ces emplois existent déjà dans la métropole chez Compuware, un sous-traitant de Morgan Stanley. Ces emplois seront transférés chez Morgan Stanley.
Investissement Québec a confirmé que leurs emplois sont admissibles au crédit d'impôt du gouvernement du Québec qui équivaut à 30% des salaires. Ces 200 employés faisaient principalement du développement de logiciel à titre de consultants et consacraient 100% de leurs tâches à Morgan Stanley. Depuis jeudi, Morgan Stanley emploie directement une bonne partie d'entre eux. Selon des sources fiables, les employés feront le même genre de travail dans des conditions similaires.
Au mieux 300 emplois
Selon ce qui a été annoncé jeudi, Morgan Stanley emploiera 300 personnes au départ, mais pourrait augmenter son effectif à 500 personnes dans les cinq prochaines années. Si le meilleur scénario se réalise, ce serait donc une création nette de 300 emplois. Dans le pire scénario, la création nette serait de 100 emplois. Les communiqués de presse publiés jeudi ne faisaient nullement mention de «nouveaux emplois» ou de «création d'emploi». Celui de Morgan Stanley mentionnait l'existence d'une structure mise en place en partenariat avec Compuware.
Mais, répondant à une question d'un journaliste qui lui demandait s'il s'agissait de nouveaux emplois ou d'un simple transfert, le directeur général de Morgan Stanley, Jim Rosenthal, a répondu: «Nous procéderons à des embauches» («We will be hiring.»)
Dans une page de publicité commandée par Investissement Québec et publiée vendredi dans La Presse, il est écrit: «Tout le Québec est fier de l'arrivée de Morgan Stanley. Ce grand joueur du monde de la finance créera ici même jusqu'à 500 emplois grâce à un investissement de plus de 200 millions.» Depuis 2002, des employés de Compuware travaillaient pour Morgan Stanley en vertu du contrat d'impartition entre les deux entreprises. S'ils n'étaient que trois ou quatre au départ, le nombre d'employés a atteint un sommet de 250 vers 2006, selon une source interne. L'effectif a légèrement diminué par la suite.
«Nous les aurions perdus»
Les cabinets de Monique Jérôme-Forget et de Raymond Bachand ont confirmé que ces 200 emplois faisaient partie des 500 emplois annoncés jeudi. «Dans la mesure où Morgan Stanley va les payer, ce seront de nouveaux emplois», dit l'attachée de presse du ministre Bachand, Manuela Goya. «Il faut voir que si Morgan Stanley était allé ailleurs, nous aurions perdu ces emplois-là, dit Catherine Poulin, attachée de presse de Monique Jérôme-Forget. C'est pour ça qu'on parle de 500 emplois.»
«Ce qu'on a vu et su avec Investissement Québec, c'est qu'ils auraient pu se départir de ces emplois. On consolide 200 emplois et on en fait 300, dit Manuela Goya. C'est comme ça qu'on le voit.» «Personne n'est de mauvaise foi», a-t-elle dit quand on lui a souligné que partout dans les médias, vendredi, on parlait de création de 500 emplois.
Selon une source bien informée, Morgan Stanley aurait toutefois perdu beaucoup d'expertise et de connaissances sur ces complexes systèmes informatiques si elle avait choisi cesser toute activité à Montréal. Selon la porte-parole d'Investissement Québec, Josée Béland, le risque de perdre les 200 emplois n'a pas fait partie du calcul de l'organisme au cours des quatre ans de démarches pour attirer la firme.
Par l'entremise de son attachée de presse, Monique Jérôme-Forget a refusé de commenter. Le cabinet du premier ministre a renvoyé La Presse Affaires au bureau de Raymond Bachand, qui n'avait pas le temps de nous parler.
Hugo Fontaine et Denis Lessard
La Presse - 3 mai 2008 - 07h40
Propos...
Le développement de logiciel, un domaine peuplé par les diplômés des universités unilingues de l'apartheid, Concordia et McGill, ça ne vous dit pas quelque chose ?... Comme dans le cas de Motorola ?... Qui, une fois le développement avancé et fait, les crédits d'impôts encaissés et terminés ont levé le camp, fermé boutique et sont retournés chez eux, aux USA.
Jolie arnaque. L’histoire de Motorola se répète avec les libéraux, cette fois. Pas étonnant qu’aucun autre gouvernement en Amérique n’ait cédé au chantage et offert à une riche multimilliardaire des conditions fiscales semblables aux idiots à Québec. Faut croire que les politiciens les plus ridicules en affaires de l'Amérique sont Québécois. Voyons quelques commentaires des lecteurs de la cyberpresse…
Ce qui est décevant, c'est l'absence de transparence et la manoeuvre évidente dont le but de la manoeuvre était, au final, de faire sauver beaucoup d'argent à une entreprise étrangère en faisant miroiter un immense avantage pour le Québec.
Ceux qui disent "On s'en fout, tant que ça c... »
Publié par Maxime le dimanche 04 mai à 13h23
On nous prend vraiment pour des caves, c'est emploi on eu droit 'a la subvention lorsque Compuware s'est installe' et maintenant qu'ils n'y ont plus droit, il transfert les jobs dans une autre pour la réobtenir de nouveaux. c'est carrément de la fraude légalisé. Je mets au défi un particuli... »
Publié par Daniel le samedi 03 mai à 15h22
Les caves c'est pas nous, ce sont les libéraux qui gouvernent à Québec, pour leurs amis anglos-américains. Tout ça, pour retenir 200 emplois logiciels existant. Quant aux 17,000 emplois des usines perdus l’année dernière, plus les Golden Brand, Flextronic, Shermag, Croc et autre cette année, le gouvernement de John Charest s’en fout. Tiens donc…
Libellés : Affaires-subventions
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