Un carnet bleu...

Propos lavallois d'actualité politique, économique, fiscale, linguistique, footiste et autres bidules, en différé... printemps...

Les mégas hôpitaux linguistiques...

Qui disait déjà qu'un débat par semaine sur le système de santé soviétique et catastrophique du Québec, serait salutaire ?... Plutôt que de surveiller l'alimentation, l'alcool et faire de l'exercice quotidiennement, sans doute.

Hé bien nous en sommes au billet santé de la semaine qui, par coïncidence, contient une dose de béton, d'illogisme et de paradoxes, causées par des indigestions répétitives. Indigestions de dépassement de coûts et des effectifs médicaux en pénurie.

Après tant d'années que le projet des mégas hôpitaux soit en planification, puis préparation, puis révision, puis en réévaluation, c'est la première fois que quelqu'un ose se lever et questionner la pertinence de prévoir et proposer un méga hôpital de l'apartheid unilingue anglophone, pour une toute petite minorité de 8% d'anglos canadiens, de la même taille que l'hôpital de la majorité francophone à 82%.

Ajoutez que le VGQ ait déjà quantifié que les estimations des coûts ont augmenté de 81% et 50% depuis les premières estimations de 2006, la catastrophe olympique appréhendée devient réalité.

Crise artificielle de la médecine
Pourquoi la moitié des dépenses de construction des deux méga-hôpitaux iront à la seule institution anglophone alors qu’elle exportera une grande partie de ses diplômés subventionnés par nos impôts? C’est suicidaire, somme-nous si riche que cela?

J’ai trouvé ce texte de Joseph Facal dans le journal de Québec du 9 mars 2009, p. 16. Je le trouve très à propos. Si l’on pouvait rapatrier tous nos impôts et les placer dans les bras de levier qui favorisent notre développement, on ne serait pas en manque de médecin. Pourquoi financer de nos impôts des médecins qui vont pratiquer hors Québec ?

Pourquoi la moitié des dépenses de construction des deux méga-hôpitaux iront à la seule institution anglophone alors qu’elle exportera une grande partie de ses diplômés subventionnés par nos impôts? C’est suicidaire, somme-nous si riche que cela?

On vient nous dire ensuite que les Québécois sont racistes et non accueillants, ce n’est rien d’autre que de la propagande et de la désinformation qui cache une toute autre vérité… Qu’est-ce qu’on attend!
Jean-Pierre Plourde

Amériquebec.net

Propos...
Aussi étonnant que ceci semble, après tant d'années d'études et de planification, il y a encore plein de gens, pourtant lecteurs de journaux, qui n'ont jamais fait un rapport entre la construction d'un méga hôpital unilingue anglophone et le nombre de médecins anglophones formés au Québec qui quittent pour aller pratiquer en Ontario et aux USA.

Quand un de ces lecteurs de journaux est lui-même un chroniqueur étonné, imaginons les connaissances du reste de la population sur ce qu'ils attendent d'un nouveau, méga hôpital. Donc, n'hésitez pas à cliquer sur le tableau du VGQ pour voir comment les couts ont explosés.

Mais à quoi ils pensent ?
Il s'est dit et écrit beaucoup de choses sur le CHUM au cours des dernières semaines, et à en juger par les récents développements, ce n'est pas prêt de s'arrêter. Personnellement, la meilleure chronique que j'ai lue sur le sujet est celle que Joseph Facal a signée le 2 mars dernier. (...)

Qui a dit que le gigantisme était la solution à tous nos problèmes ? Pensez-vous vraiment que notre système de santé se portera mieux quand la métropole aura deux méga hôpitaux ? Montréal a une Super Grande Bibliothèque Nationale, et à ce que je sache, les gens ne lisent pas plus. (...)

Et au lieu de mieux nous nourrir et de faire de l'exercice, on construit des méga hôpitaux -- et un pour chaque langue, s'il vous plaît, parce que le fric nous sort par les oreilles. À quand un Musée international du ciment ?
Richard Martineau
Le Journal de Montréal 31/03/2009 07h56


Propos...
Bien, c'est ça un régime politique de l'apartheid. Et un peuple soumis à un régime de colonisation qui l'oblige à apprendre la langue de la minorité, comme si elle était majoritaire. La taille des hôpitaux proposés n'aura aucune relation avec la taille de population à soigner ou le nombre de médecins par langue maternelle. Voici donc la fameuse chronique qui à fait tant jaser...

Une baignoire sans bouchon
Au Québec, il est souvent difficile d’avoir accès à un médecin, et ce, pour plusieurs raisons. L’une est que les jeunes médecins, souvent des femmes, travaillent moins d’heures que la génération précédente parce qu’ils veulent une vie plus équilibrée. Bravo! Une autre raison est que, chaque année, plus de médecin quittent le Québec qu’il en arrive de l’extérieur. En proportion de leur nombre, l’exode des médecins est deux fois plus élevé au Québec qu’en Ontario.

Fausses Raisons
On explique souvent ces départs en disant que le Québec n’offre pas aux médecins des conditions de travail et des revenus suffisants pour les retenir. C’est vrai qu’ils gagnent moins ici qu’ailleurs au Canada. Mais, si l’argent était le nœud du problème, les départs se feraient grosso modo dans les mêmes proportions pour les diplômés des quatre facultés de médecine du Québec. Or, les chiffres montrent que les départs sont astronomiquement plus élevés chez les médecins passés par McGill.

Un médecin peut partir à deux moments : il peut quitter aussitôt son doctorat en médecine obtenu, s’il décide de ne pas se spécialiser ou de se spécialiser ailleurs, ou il peut quitter une fois sa spécialisation terminée, lorsqu’il doit décider de son lieu de pratique professionnelle. Dans le premier cas, les chiffres de la Canadian Medical Education Statistics pour la période de 1996-2004 montrent un exode annuel moyen de 47,6% pour McGill comparativement à 1.0% à Laval, 1,3% à Sherbrooke et 2.1% à l’UdeM..

L’explication ne peut être que les étudiants de McGill sont des étrangers rentrant chez eux puisque la proportion d’étrangers dans les facultés de médecine est faible. Ce sont donc des Québécois qui partent. Dans le deuxième cas, une fois l’exode de ceux formés à McGill avoisine les 50%, alors qu’il oscille de 5 à 15 % pour les facultés francophones, selon les chiffres du Canadian Post-MD-Education-Registry (www.caper.ca).

Entre 1995 et 2004, 550 médecins diplômés de McGill ont quitté le Québec, ce qui représente les deux tiers de l’exode total de médecins affligeant le Québec. Si le taux d’exode de McGill était ramené à celui des facultés francophones, cela suffirait pour annuler toutes les pertes subies par le Québec au profit des autres provinces canadiennes et des États-Unis.

Vraies questions
Avec un nombre de places allouées d’à peine 1,5 fois supérieur à celui de McGill, l’université de Montréal forme quatre fois plus de médecins pratiquant au Québec. Pour dire la même chose autrement, seulement 11.1% des médecins pratiquant au Québec viennent de McGill. Bref, si la baignoire se remplit si lentement, c’est parce qu’elle n’a pas de bouchon. Est-il raisonnable d’allouer environ le quart des places dans les facultés québécoises de médecine et la moitié des quatre milliards que coûteront les deux méga-hôpitaux à une institution qui exporte ensuite ses diplômés dans des proportions si ahurissantes ? Sommes-nous, au Québec, riches au point de nous permettre de subventionner les soins de santé que ces expatriés donneront aux Ontariens ou aux Américains?
Deux questions comme ça.
Joseph Facal
Le Journal de Montréal - 9 mars 2009


Propos...
La disproportion entre les deux langues et leur population, en relation avec la taille des mégas hôpitaux proposés, démontre toujours un état de colonialisme et d'apartheid défavorable à la majorité de langue française du Québec.

Pour 11 % des médecins et 8% de population de langue anglo-américain, l'on propose un hôpital unilingue anglophone au cout 2,2 milliards. Soit un investissement de 5,169 $ par personne, RMR montréalaise .

Pour 89% des médecins et 82% de population de langue française, l'on propose un hôpital francophone au cout de 2,5 milliards. Soit un investissement de 1,087 $ par personne, RMR montréalaise.

Les Québécois francophones sont donc défavorisés de l'ordre 4,8 fois. Ou, autominorisés par cette taille, si vous voulez.

Si l'on redistribue les investissements selon le nombre de médecins par langue, au Québec, le CHUM francophone devrait accaparer 4,2 milliards. Le CUSM unilingue anglo-américain devrait accaparer 517 millions.

Si l'on redistribue les investissements selon la population par langue, au Québec, le CHUM francophone devrait recueillir 3,9 milliards. Le CUSM unilingue anglo-américain devrait recueillir 376 millions.

C'est donc dire que le méga CUSM pour la minorité anglo-canadienne est surévalué de 1,7 milliard selon la proportion de médecins. Et surévalué de 1,8 milliard selon la proportion de la population.

Autre preuve que l'état de peuple colonisé des québécois francophones et soumis à un régime politique de l'apartheid anglo-canadien, n'est pas encore une chose du passé.

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De... sp et al... le... 28.4.09,

1 Commentaires:

Le.. jeudi, 30 avril, 2009, Anonymous Lucie dit...

Note : à tous les étudiants et fanas des TA, (techniques administratives).

Selon les demandes des derniers courriels, voici les chiffres de la population à la base des calculs de notre billettiste docteur « santé ».

Statcan - Recensement mai 2006
Maternelle... Québec Montréal RMR
Anglais * 575 560 - 425 635
Français * 5 877 660 - 2 328 400
Autres - 886 280 - 760 445
Ang et Fran - 43 335 - 26 855
Ang et autre - 16 200 - 15 230
Fran et autre - 31 350 - 27 005
Ang Fra et autre - 5 520 - 4 950
Total - 7 435 900 - 3 588 520

Pour les médecins… Les calculs pour la répartition des couts sont fondés sur leur langue d'usage, soit 11 % de médecins anglophones et donc 89 % de médecins francophones, pour tout le Québec, selon la chronique de Jos Facal.

Une deuxième vérification des chiffres et termes nous a demandé deux corrections et deux ajouts de termes pour la RMR Montréalaise et le Québec, le 30 avril.

Faites vos propres calculs s'il y a lieu, pour voir.
LR

 

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