Le front, la taille et la lobbyiste…
13.10.09
Quelle veine.... De retour après une longue fin de semaine et une météo pas trop coopérative, venteuse et plus froide que la normale, «Brrrr...» dirait Gigi, c'est le moment de retrouver notre lecture favorite du mardi. Le syndicaliste bashing. En alternance avec la linguistique et le média bashing, bien sûr.
Qu'avons-nous au menu aujourd'hui ?... Quelques vieilles nouvelles, seulement. Vraiment vieilles, d'avant les vacances. Mais, très intéressantes tout de même. «Plus intéressantes que les nouvelles de Robitaille !», dirait notre unique lecteur québécois, Jean Barsalon. Absolument !...
En première lecture... Une lettre d'un lecteur de la Pesse. Vous connaissez cette Pesse, non ?... C'est la seule Pesse en Amérique qui cache ses lettres des lecteurs, en ne les publiant pas au site pour des raisons commerciales, bien sûr. Donc, nous l'avons dénichée quand même et elle dit que les syndicats se foutent de la taille de l'État et ne s'intéressent qu'à leur richesse.
En deuxième lecture... L'état de faillite de l'industrie de l'auto, à la Générale Motore, la baisse du taux horaire des salaires, afin de devenir concurrentielle avec les usines des Japonais. En troisième lecture... Enfin, un article qui nous illumine à propos de la riche et célèbre Claudette Carbonneau qui se fait passer pour la présidente de la multimillionnaire CSN. Mais, qui est aussi à ses heures une formidable «lobbyiste» quand il s'agit d'aller chercher des avantages fiscaux plantureux et scandaleux. Afin de ne pas ternir la réputation enviable de «paradis fiscal» de ses copains au «Fondaction», sans doute.
Réduire la sécurité d'emploi
Le front commun CSN-FTQ-CSQ affirme qu'il veut le bien du Québec et l'avancement de sa société vers un avenir plus juste, plus équitable. Ces groupes d'intérêt veulent la même chose que les syndicats des constructeurs automobiles américains: maximiser les bénéfices de leurs membres à court terme, peu importe la capacité de l'employeur à payer. Ils se contrefichent du bien commun.
Lorsque les syndicats demandent que le gouvernement n'abolisse pas un emploi sur deux à la retraite de ses employés, ils refusent de poser la question essentielle: la taille de l'État, en effectif, est-elle optimale? La réponse est non. Le ministère de l'Éducation du Québec compte considérablement plus de fonctionnaires que celui de l'Ontario, même si cette dernière a une population supérieure et que nous ayons une pénurie d'enseignants.
Le gouvernement du Québec ne cesse de s'endetter. Sa capacité à payer est limitée et tout ce que les syndicats ont à proposer pour que cesse cet endettement, c'est de taxer les plus riches. Si les syndicats veulent des augmentations salariales et être à parité avec le privé, ils doivent accepter une diminution de la sécurité d'emploi de même qu'une révision des effectifs de l'État.
Philippe Baril Lecavalier
mercredi, 13 mai 2009
Propos...
L'ironie du point de vue de cette lettre, c'est que l'auteur a raison. Mais, au contraire des syndicats de l'auto pris à la gorge, pour une fois, la taille de l'état du Québec semble incompressible. Même si le Québec embauche 23 milles fonctionnaires de plus au prorata de la population, pour faire le même travail que la fonction publique de l'Ontario. Tout de même, voici une vieille nouvelle étonnante provenant de l'industrie de l'auto de l'anglo-américain. En particulier, de la faillite attendue de la Générale Motore.
Nouveau contrat de travail: GM à armes égales avec la concurrenceGénéral Motors affirme que la nouvelle convention collective qu'elle vient de signer avec ses employés d'usine américains élimine l'écart compétitif qui la désavantageait face aux constructeurs étrangers établis en Amérique du Nord.
GM et les Travailleurs unis de l'automobile des États-Unis (UAW) ont renégocié la convention collective (signée en 2007) alors que la firme de Detroit tente de se restructurer. L'entente, qui vient d'être ratifiée, couvre les salaires et conditions de travail de 54 000 travailleurs en usine. Ce nombre devrait baisser de 21 000 personnes d'ici la fin de 2009, quand GM fermera 14 de ses 46 usines américaines. GM doit identifier dès lundi prochain (le 1er juin) les 14 usines qui écoperont.
Acculés au pied du mur, le syndicat a dû faire des concessions importantes pour aider GM à survivre. La nouvelle convention donne « une entente innovatrice qui permettra à GM d'être entièrement concurrentielle et qui élimine l'écart avec nos compétiteurs », a déclaré par voie de communiqué Diana Tremblay, vice-présidente aux relations de travail de GM.
Cet écart était au niveau des salaires et des avantages sociaux, qui étaient plus élevés que ce que la concurrence asiatique et européenne paie dans ses usines américaines. GM salue le leadership du président de l'UAW, Ron Gettelfinger et remercie ses employés et retraités, « dont les sacrifices permettront à GM de devenir une firme plus forte et viable».
Le syndicat canadien des employés de GM, les Travailleurs canadiens de l'automobile, avaient eux aussi renégocié à la baisse leurs émoluments. Leurs conditions de travail sont désormais égales à celles des constructeurs japonais qui exploitent des usines en Ontario.
Fait important, l'accord ratifié entre les UAW et GM aux États-Unis, inclue l'engagement formel de GM de construire aux États-Unis, et non en Chine, une nouvelle classe de petites voitures que GM voulait importer de GM-Chine. Cette intention de GM a suscité dans les dernières semaines une levée de boucliers non seulement du syndicat, mais des législateurs américains. GM survit grâce à une aide d'urgence de plusieurs dizaines de milliards de dollars du gouvernement fédéral américain.
L'entente avec les syndicats américain et canadien ne devrait pas suffire à empêcher GM de se déclarer insolvable lundi, se plaçant sous la protection du chapitre 11 de la Loi américaine sur les faillites. Il semble entendu que GM et le gouvernement fédéral estiment indispensable que GM se restructure sous la protection des tribunaux. La restructuration placerait les dettes et les actifs sans valeur de GM dans une coquille juridique distincte, et seraient liquidés. Les actifs productifs de GM seraient casés dans une « Nouvelle GM », sans dette et plus petite qui comprendrait sans doute Chevrolet, Cadillac, Buick et GMC.
Les activités de GM ne seraient pas interrompues par ce processus.
La Presse
29 mai 2009 15 h 03
Propos...
Évidemment, selon l'éducation et la culture journalistique abrutissante anglo-américaine, il n'est pas dit de combien est la chute du taux horaire ou le total en millions des concessions. Tout de même, ailleurs on nous dit que le taux horaire des travailleurs à la chaine de montage de GM au Canada passera d'un faramineux 79 $ l'heure, à celui des usines de Toyota à 49 $ l'heure. Chez les Américains, la chute concurrentielle serait encore pire, de 99 $ l'heure à 59 $ l'heure. Pour des travailleurs manuels, c'est pas si mal, hein. Plutot richissime, quoi.
Naturellement, cela veut dire que l'employé de la GM était payé en moyenne 65 % de plus que l'employé des usines japonaises, tout en produisant la même quantité de travail. De jolis gras dur, ces employés de la GM, en faillite, bien sûr. Pas étonnant qu'ils aient fermé l'usine à Boisbriant, il y a quelques années, pour la réouvrir dans le sud de l'Ontario. Étant donné que le syndiqué québécois produit en moyenne 30% moins de travail que son collègue ontarien. Au suivant...
Quand Claudette se fait lobbyiste(Québec) Je vous ai déjà raconté, mardi, que la Confédération des syndicats nationaux (CSN) avait obtenu, lors du dernier budget québécois, une bonification de 10 % du crédit d'impôt accordé par le fisc aux cotisants de Fondaction. Ce que je ne vous ai pas dit, c'est que la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, et les gens de Fondaction avaient fait entorse à la loi sur le lobbyisme dans leurs démarches auprès du gouvernement pour obtenir cette faveur.
Je ne vous raconte pas ça pour blâmer Mme Carbonneau, je pense qu'elle a agi de bonne foi. Et entre vous et moi, elle est bien moins coupable que les firmes de génie-conseil ou l'Ordre des ingénieurs qui refusent purement et simplement de se soumettre à la loi sur les lobbyistes. Si je vous raconte ça, c'est pour illustrer à quel point cette loi est méconnue et difficile d'application. Fondaction est inscrite au Registre des lobbyistes depuis 2007. Mais son inscription ne porte que sur sa loi constituante, et n'a aucun rapport avec le lobby qu'elle a exercé auprès des fonctionnaires et de Monique Jérôme-Forget pour obtenir une majoration de son crédit d'impôt dans le dernier budget.
Les démarches pour obtenir cette concession ont été effectuées à deux niveaux. En octobre, des représentants du fonds des travailleurs ont rencontré les fonctionnaires du ministère des Finances. Et en février, la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, et le président de Fondaction, Léopold Beaulieu, ont rencontré la ministre Jérôme-Forget.
Sans vouloir se prononcer sur le cas, le commissaire au lobbyisme sortant, André C. Côté, fait valoir que des démarches visant à obtenir des mesures budgétaires constituent des activités de lobbyisme. M. Côté explique que le but de l'organisme qu'il dirigeait n'est pas de délivrer un permis général autorisant quelqu'un à faire du démarchage de toute nature, mais plutôt de connaître précisément la nature de chacune de ces démarches. En d'autres mots, chaque fois qu'un lobby est exercé sur un sujet donné, il doit faire l'objet d'une nouvelle inscription.
M. Côté signale qu'il n'appartient pas seulement aux lobbyistes de respecter cette loi. Les politiciens doivent faire de même. Quand les fonctionnaires des Finances ou la ministre Jérôme-Forget ont rencontré les représentants de Fondaction, il leur incombait de s'assurer que leurs interlocuteurs se confirmaient à la loi. Est-ce possible? C'est là que les choses se compliquent.
Le Québec est tricoté serré. Tout le monde se connaît dans le milieu des décideurs. Claudette Carbonneau et Monique Jérôme-Forget ont eu plusieurs rencontres dans la mise en application de la Loi sur l'équité salariale. Une de plus, une de moins, il est plausible que Mme Carbonneau ne se soit même pas demandé si elle faisait du lobby en rencontrant la ministre en février, avant le dépôt de son budget.
De nombreuses démarches comme celles effectuées par Fondaction ont probablement lieu toutes les semaines, de façon formelle ou informelle. Si le président de la Fédération des travailleurs du Québec ou de SCN-Lavalin a un projet qui lui tient à coeur, sa première pensée ne sera pas d'aller s'inscrire au Registre des lobbyistes avant d'appeler un ministre comme Raymond Bachand ou Pierre Arcand, surtout s'il les connaît depuis longtemps.
Même chose à Québec ou à Gatineau chez les gens d'affaires qui veulent intéresser Sam Hamad ou Norman MacMillan à leurs projets. Et on peut penser que MM. Hamad et MacMillan n'auront pas le réflexe d'aller demander à leurs interlocuteurs de s'inscrire au Registre des lobbyistes avant de prendre leurs appels ou de les rencontrer pour le dîner.
Réaliste, la loi sur le lobbyisme? Ce n'est pas évident.
Gilbert Lavoie
Le Soleil
Le 10 juillet 2009
Propos...
Le plus étonnant, la cheffe de la multimillionnaire CSN n'a pas songé à s'inscrire au registre des lobbyistes, tant habituée qu'elle est de faire des représentations de nature fiscale. Tout aussi habituée de faire des représentations et prises de positions politiques, bien sûr. Sans inscrire la CSN comme lobbyiste ou parti politique auprès du DGE, évidemment. Voilà...
La lecture de la lettre du contremaître syndicaliste du STIJM, Ray Leblanc, à propos des 253 jours de grève au journal de la Dunkine Donute, est remise à la semaine prochaine. Patientez encore un peu !...
Libellés : Travail-syndicats
De... sp et al... le... 13.10.09,










