Stars du courrier et journaux papier...
20.10.09
Le jour de transition. Le deuxième jour de la semaine qui fait, selon les consultants en RH, le pont entre le retour au travail du lundi et l'atteinte de la vitesse de croisière nécessaire afin de toucher les objectifs à réaliser, en prévision du vendredi.Cette fois ce sera différent. Laissons de coté momentanément les sujets des syndicats et des conflits de travail, que nous avons traité amplement depuis deux semaines, pour un peu de variété. Et cette variété passe donc par la rubrique favorite des factionnaires 2x4 du Bleu, le célèbre média bashing.
Curieusement, voilà encore une découverte. Quelques sujets qui ont été oubliés dans le fond du répertoire temp média, puisque ses fichiers les plus vieux datent de mai et d'août. Donc, une rubrique qu'il faudra surveiller de plus près, à l'avenir, pour ne pas trop dépasser les balises de notre devise «en différé», ainsi éviter de la transformer «en archive». Alors...
Notre billettiste média à choisit deux lectures fort intéressantes, évidemment.
La première... Si vous ne le saviez pas, prenez note. Il semble, parait-il, qu'il y a un concours secret de vedettariat à la section «lettres» des différents journaux papiers. Et ce concours caché implique souvent les mêmes auteurs, travailleurs gratuits. Des auteurs désoccupés, sans doute chômeur ou pensionnés ou employés de l'état à rien faire, qui ont un lot gigantesque de temps libre pour composer toutes ces lettres d'opinions, sans rémunération. Vous allez facilement reconnaître leurs noms, à répétition.
En deuxième lecture... Un enseignant de philo, cette fois, partage ses découvertes et constatations de l'évolution des journaux papiers. Principalement supportés par un lectorat de plus de 50 ans. Abandonnés par les lecteurs plus jeunes, au profit de la toile, habitués sont-ils de ne pas payer pour de l'information qu'ils peuvent trouver à plusieurs sources. Il semble, parait-il, que nous assistons à la transformation des journaux de l'information à une variété de sujets, qui ressemble de plus en plus au format almanach. Bonnes lectures...
Les rois du courrier du lecteur...
Existe-t-il un « Star System » au sein du courrier du lecteur québécois ?
La plus récente analyse d'Influence Communication révèle qu'il existe un véritable « Star System » au sein des citoyens qui contribuent au courrier du lecteur des quotidiens québécois. L'analyse a porté sur 16 945 publications de lettres ouvertes au cours de la période du 1er mai 2008 au 30 avril 2009, dans la version papier de 12 quotidiens : La Presse, La Tribune, La Voix de l'Est, Le Devoir, Le Droit, Le Soleil, Le Journal de Montréal, Le Journal de Québec, Le Nouvelliste, Le Quotidien, Le Métro et The Gazette.
Deux personnes dominent clairement la section dédiée aux commentaires des citoyens. Sylvio Le Blanc et Jeannot Vachon sont les deux individus qui ont été les plus actifs au Québec avec conjointement 281 publications en une année, ce qui correspond à un poids médias de 1,66 % de la section courrier du lecteur.
En une seule année, M. Le Blanc a écrit 126 lettres différentes pour un total de 155 publications. Ceci constitue une moyenne dépassant 3 parutions par semaine dans l'un ou l'autre des quotidiens québécois. Soulignons que c'est une moyenne de publications supérieure à celle de bon nombre de journalistes. Ajoutons que la visibilité obtenue par Sylvio Le Blanc en une année a été supérieure à la nouvelle de Chrysler qui se plaçait récemment sous la protection de la loi sur les faillites.
Les deux tableaux suivants démontrent que c'est par le biais du Journal de Québec que Messieurs Le Blanc et Vachon ont bénéficié de la tribune la plus généreuse.
Sylvio Le Blanc
Le Journal de Québec 35% - Métro (Montréal) 23%
Le Journal de Montréal 15% - Le Soleil 12%
La Presse 8% - Le Devoir 3%
Le Nouvelliste 3% - The Gazette 1%
Jeannot Vachon
Le Journal de Québec 44% - Le Soleil 20%
La Presse 17% - Le Journal de Montréal 11%
Le Nouvelliste 4% - Le Devoir 2%
Le Quotidien 1%
Messieurs Le Blanc et Vachon n'en sont pas à leurs premières expériences de publication. Sylvio Le Blanc aurait publié sa première lettre ouverte en 2006 alors que Jeannot Vachon l'aurait fait en 2004. Depuis leur apparition dans l'espace public, Sylvio Le Blanc et Jeannot Vachon ont obtenu conjointement 629 publications ! Si on connait peu de choses sur ces citoyens engagés et pour le moins loquaces, on sait qu'en février 2007, M. Vachon avouait dans une lettre publiée dans Le Soleil être un fonctionnaire provincial. Avant 2009, il a utilisé à quelques reprises le pseudonyme "Comptable, Québec".
Le tableau suivant dresse le palmarès des 10 contributeurs les plus actifs dans les quotidiens québécois depuis une année.
Nom Publications Rang
Sylvio Le Blanc (Montréal) 155 1
Jeannot Vachon (Québec) 126 2
Jean-Guy Gagné (Rimouski) 88 3
André Mainguy (Longueuil) 83 4
Monique Lemieux (Rimouski) 77 5
Marc Tremblay (Québec) 76 6
Simon Bissonnette (Québec) 76 7
Jocelyn Boily (Québec) 73 8
Michel Beaumont (Québec) 68 9
Pierre Ouellet (Québec) 64 10
Même si l'analyse ne portait pas sur les blogues, les lignes ouvertes, ni sur les services automatisés de commentaires publics des médias plusieurs de nos rapports indiquent que certaines personnes citées dans nos palmarès sont aussi très actives dans les autres médias et même dans la presse étrangère !
Il nous est impossible de confirmer si tous les signataires sont des personnes réelles et différentes. Il est aussi impossible d'affirmer qu'aucune organisation, parti politique ou groupe de pression utilise un prête-nom pour soutenir une cause.
S'il appert que Messieurs Le Blanc et Vachon investissent beaucoup de temps et d'énergie à promouvoir leurs opinions, il est étonnant de constater que nos médias leur accordent autant d'espace. Il est possible que les journaux ne disposent pas de matériel suffisant pour mieux équilibrer le poids médias des individus qui utilisent de telles tribunes. Dans ce cas, il s'agirait là d'une constatation inquiétante.
Au cours de la période analysée, il y a pourtant eu 2 425 auteurs et la moyenne de publications par contributeur a été de 7. L'élite sociale et politique a pleinement utilisé le courrier du lecteur représentée par 68 % des auteurs, par opposition aux simples citoyens (32 %). Toutefois, le top 10 ne compte pas un seul représentant de l'élite sociale et politique. Françoise David se classe au 44e rang tandis que Alain Loubier termine 48e et Amir Khadir 51e.
Ce qui étonne aussi c'est la multiplicité des écrits. Sur 16 945 publications, il y a eu 16 606 lettres différentes, c'est-à-dire un facteur de répétition moyen de 1,02 seulement. Ajoutons que seulement 5 % des lettres ont été publiées dans plus d'un quotidien.
Nom Publications Lettres Facteur de répétition
Sylvio Le Blanc (Montréal) 155 126 1,23
Jeannot Vachon (Québec) 126 102 1,24
Jean-Guy Gagné (Rimouski) 88 76 1,16
André Mainguy (Longueuil) 83 73 1,14
Voici les thèmes qui ont suscité le plus d'intérêt de la part des contributeurs:
Politique provinciale 18,93% - Politique nationale 9,10%
Économie 8,77% - Politique municipale 8,30%
Environnement 5,34% - Santé 3,81%
BLOGUES 933 : Bouchard en parle
Montréal, le 19 mai 2009
Jeudi le 30 juillet 2009
Propos...
Voilà des données extrêmement intéressantes.
Comme ça, le roi des rois des commentateurs et travailleurs gratuits, est sans aucun doute le célèbre, pensionné du ouèrnement, Sylvio Le Blanc. Suivit de très près par le fonctionnaire du ouèrnement Vachon. Hé ben !... Pourtant, le facteur de répétition n'est que de 1,02 seulement.
Tout de même, la base de données du Bleu indique que les plus récurrents sont plutôt Benoit Voyer, Normand Breault, Jacques Léger, Caroline Moreno. Cela, peut-être parce que nous ne lisons pas le Journal de Québec. Plutôt quatre journaux montréalais.
Entre temps, en attendant le résultat des découvertes de notre billettiste média, d'ici la semaine des joyeuses fêtes, voyons voir où en est rendu l'état des journaux papiers. Ces journaux qui réclament des baisses de salaires de leurs employés, pour compenser la baisse de leurs revenus publicitaires et ainsi les déficits. Ça ne va pas bien !....
Les journaux en danger!Depuis au moins une dizaine d'années, la consommation de journaux est en déclin. Le lectorat se fait en effet plus vieux et les jeunes générations s'intéressent malheureusement peu à la presse écrite. Selon l'Épiq (Étude de la presse d'information quotidienne), 45,5 % des lecteurs de quotidiens ont plus de 50 ans. Et selon l'Association des éditeurs de journaux américains, pas plus de 22 % des 18-24 ans lisent un journal et seulement 35 % des 25-34 ans le font encore.
Il faut savoir que pour les jeunes générations élevées à l'ère de la gratuité sur Internet, il n'est pas question de dépenser un sou pour s'informer! C'est d'ailleurs pourquoi est apparue ces dernières années une ribambelle de journaux gratuits et concis comme le Voir ou le Métro.
Par contre pour les journaux traditionnels, c'est l'enfer! Le Boston Globe, par exemple, après plus de 137 ans d'existence, a frôlé la faillite. Au cours des six premiers mois de 2008, 4500 postes ont été supprimés dans les journaux aux États-Unis. Des compressions salariales importantes sont demandées aux employés. Chez nous, alors que la grève au Journal de Montréal stagne faute d'entente, le journal La Presse a supprimé son édition du dimanche afin de boucler son budget.
Le métier de journaliste est de plus en plus sous-payé. Par exemple, certaines agences de nouvelles préfèrent engager à peu de frais des journalistes en Inde pour rédiger des analyses financières complexes qui seront ensuite vendues et publiées dans de grands quotidiens de Londres, Paris, New York ou Montréal...
Il faut dire également que les nouvelles générations, en général plus instruites, ont souvent l'impression que certains journalistes se prennent pour d'autres en se permettant constamment d'ajouter leur opinion personnelle à l'actualité. Habitués au monde d'Internet où toutes les opinions se valent, les jeunes actuels acceptent mal l'idée qu'un chroniqueur vienne faire la leçon. Ils soupçonnent même parfois les journalistes de tromper la population en se mettant au service de l'élite financière qui les paie.
Contrairement à cela, croient-ils peut-être un peu trop naïvement, Internet leur permet de s'informer et de s'exprimer librement. Ils échapperaient de la sorte, pensent-ils, à la rhétorique élitiste des médias traditionnels. C'est ainsi que Wikipédia, par exemple, la fameuse encyclopédie coopérative en ligne, accumule et distribue pas moins de 5 millions d'articles sur toutes sortes de sujets.
D'ailleurs, il faut dire qu'alors que l'on prévoit une baisse généralisée des revenus publicitaires de 12 % pour l'ensemble des journaux, Internet, lui, profite d'une hausse évaluée à 8,6 % (réf. ZenithOptimedia). Globalement, on estime que depuis la venue d'Internet, le nombre de pages de publicité des grands quotidiens a diminué de 32,5 %, et cela, alors que les coûts de production des journaux augmentent sans cesse. Sans compter l'effondrement du marché des petites annonces qui, lui aussi, a migré sur Internet.
Dans une ultime tentative pour renverser la vapeur, plusieurs grands journaux se sont depuis associés à Google et à Yahoo!. On sait qu'un moteur de recherche comme Google est consulté 65 millions de fois à l'heure et possède donc une clientèle presque illimitée. Dans de telles associations avec Internet, les services et les petites annonces sont partagés, de même évidemment que la publicité et les contenus d'information.
Malheureusement toutefois, dans cette effervescence informatique, le secteur des services prend souvent le dessus: il s'agit moins alors d'offrir au lecteur de l'information qu'une panoplie incroyable de services de toutes sortes, comme l'achat de billets d'avion ou de spectacles, ou encore des conseils pour la maison, des trucs de mécanique automobile ou de passe-temps, sans compter d'innombrables recettes culinaires.
Suivant cette perspective, le journal quotidien se transforme en une sorte d'almanach du peuple offrant en série à ses lecteurs de multiples reportages qui sont payés en grande partie par des commanditaires. On n'a ici qu'à songer à certaines chroniques sportives ou automobiles. Aussi, la question suivante se pose: avec tous les accommodements exigés actuellement pour assurer la survie financière des journaux, ceux-ci pourront-ils encore longtemps continuer à desservir la population correctement en produisant de l'information fiable et objective?
Pierre Desjardins
Auteur et professeur de philosophie
Le vendredi, 7 août 2009
Propos...
C'est confirmé. Les plus jeunes générations parcourent l'information à plusieurs sources, en ligne. Ils ne laissent plus d'autres, tel le rédac en chef ou le chroniqueur du journal papier, choisir pour eux quels sujets les intéressent et liront.
C'est aussi ce qu'on fait plusieurs collègues de plus de 50 ans, amateurs de l'actualité. Ils se sont désabonnés de l'habitude de parcourir le journal à la recherche des sujets favoris. Une habitude qui demandait de payer et puis de passer à travers toutes les pages des chroniques et des sujets qui ne les intéressent pas, avant. Ils vont maintenant plutôt directement à la section actualité de Google, tapent le nom du sujet ou de l'auteur qu'ils veulent lire, puis font une sélection. C'est une économie de temps énorme. Tout comme une variété de perspectives, énormes aussi.
C'est une révolution et transformation dans les habitudes de s'informer, de générales à sélectives, qui causent des maux important aux directeurs des journaux papiers habitués de choisir, pour les lecteurs, les sujets et reportages qu'ils liront. C'est à suivre !...
Libellés : Media, Media-etude
De... sp et al... le... 20.10.09,
1 Commentaires:
- Le.. mercredi, 21 octobre, 2009, a dit...
-
Elle a l'air sympa la famille de la vedette du courrier, Benoit Voyer
aa











