Un carnet bleu...

Propos lavallois d'actualité politique, économique, fiscale, linguistique, footiste et autres bidules, en différé... printemps...

Une deuxième université de type Elvis Gratton...

De retour au jour de la transition. Le deuxième jour de la semaine qui nous informe sur des sujets variés, tel que l'état des médias, les conflits de travail, les syndicats qui se mêlent de politique et les débats linguistiques.

La semaine dernière nous avons traité des vedettes des lettres aux journaux et l'état de ces journaux papiers. Pour la variété, nous reviendrons sur ce sujet la semaine prochaine. En particulier pour voir où en est rendu le conflit au JdeM après 253 jours de grève. Par la même occasion, voir où en sont les négos à la Pesse de Geska qui, selon la détermination évidente du directeur Crevier et sa lettre aux syndiqués du 15 octobre dernier, n'a plus que 30 jours de publication avant la fermeture prévue du 1er décembre.

Cette semaine, place à notre billettiste volontaire parmi les plus populaires, la grande gueule et langue pendante, la linguistique.

Du répertoire linguistique temp, pas trop sollicité depuis un bout, nous retrouvons ce fameux conflit à l'UQAM, entre le CA et les syndicats. Parce que le premier a choisit la voie vers l'assimilation, tout comme l'U de Laval à Québec et le collège Edouard Montpetit, en inscrivant à son programme des cours unilingues, dans la langue du maître tout puissant anglo-américain, George Bush. Cette langue qui est de «l'anglo-américain», mais que les Québécois appellent l'«anglais», découlant de leur éducation de colonisation.

À ce propos, le choix parmi ses lectures, sept au total, a causé d'énormes déchirements à notre bienveillante pupiteuse. Ce fut pire qu'assembler un casse tête, dit-elle, afin que le résultat ne soit pas trop décevant selon les goûts belliqueux de nos charmants lecteurs réguliers, fanatiques du débat lingo. Donc... Les lectures seront scindées en deux lots. Un maintenant et l'autre dans deux semaines. Alors, le lot UQAM de cette semaine.

En première... La mise en scène ou contexte. Le reportage de l'employée Gervais, du vénérable journal papier Devoir. Vous allez voir l'utilisation du terme «étudiants étrangers», comme justification aux choix de l'assimilation. Sans dire, pour nous abrutir, évidemment, que les étudiants québécois de souche française seront aussi les bienvenus dans ces cours. En seconde... Examinons quelques réactions politiciennes, rapportées par la télé de la Radiocan. Préparez-vous à l'étonnement... Bonnes lectures...

L’UQAM, une université bilingue ?
Dans le but de « doubler » le nombre de ses étudiants étrangers, l’École des sciences de la gestion (ESG) de l’UQAM offrira cet automne six cours entièrement en anglais, a appris Le Devoir. Le vice-doyen aux études à l’ESG, qui souhaite étendre davantage l’offre de cours en anglais, a déjà confirmé que certains de ces cours, qui sont ouverts aussi bien aux Québécois qu’aux étudiants étrangers inscrits au baccalauréat, seraient reconduits à la session d’hiver.

Ces ajouts au menu ne plaisent pas du tout au Syndicat des professeurs de l’Université du Québec à Montréal (SPUQ), qui prétend que cette stratégie de « marchandisation du savoir » viole sa convention collective. « Nous, ce qu’on vise à faire collectivement, c’est d’intégrer les immigrants à la culture francophone. Alors, si on leur offre des cours anglais par pur clientélisme, on manque à notre mission », a indiqué Michel Laporte, premier vice-président au SPUQ. La Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) juge pour sa part « inacceptable » cette volonté de « bilinguisation de l’UQAM ».

Selon Benoît Bazoge, vice-doyen aux études à l’ESG, cette nouvelle offre de cours en anglais a également été élaborée pour que l’École puisse satisfaire aux exigences de l’EQUIS (European Quality Improvement System), un label de qualité qui distingue les meilleures écoles de gestion à vocation internationale dans le monde. D’une durée de trois ans, l’accréditation EQUIS de l’ESG, qui prendra fin en 2010, sera à renouveler sous peu. « EQUIS nous demande d’augmenter la mobilité étudiante. Les cours qu’on offre désormais sont destinés avant tout à nos partenaires, c’est pour augmenter la venue d’étudiants étrangers. On veut pouvoir recevoir des non-francophones », a dit M. Bazoge. « Bien entendu, si des étudiants d’ici, de l’ESG, veulent les suivre, on ne va pas les en empêcher », a-t-il ajouté.

« La langue des affaires »
Selon M. Bazoge, le but n’est pas de faire de l’UQAM une université bilingue. « L’idée est plutôt de pouvoir augmenter les échanges dans le domaine du commerce. C’est indispensable », a dit le vice-doyen aux études. Pour lui, il y a une confusion dans les débats. « L’anglais est malheureusement perçu comme la langue du reste du Canada. Mais c’est aussi la langue des affaires dans le monde entier », a-t-il insisté.

Ayant l’intention d’en offrir huit au départ, l’ESG ne mettra que six cours pouvant accueillir une vingtaine d’étudiants au banc d’essai, soit Analyse microéconomique, Gestion financière, Fondements technologiques des systèmes d’information, Marketing, Comportement organisationnel et Développement durable et gestion. Ce dernier est l’un des plus populaires avec une cinquantaine d’inscriptions. Un autre cours, « Direction générale », a été annulé parce qu’il n’y avait que des Québécois inscrits, a soutenu M. Bazoge.

Selon lui, une poignée sur les 700 à 800 cours dispensés à l’ESG constitue une offre relativement marginale, d’autant que d’autres universités, comme l’École des HEC et l’Université Laval, proposent déjà des cours en anglais. « Les Chinois ne parlent pas le français, les Indiens et les Scandinaves parlent surtout l’anglais. J’y vois une façon de diversifier les apports des étudiants », a-t-il dit.

Si certains cours sont déjà offerts en anglais à l’ESG, dans le cadre de programmes d’échanges spécifiques en partenariat avec d’autres pays, la nouveauté est qu’ils sont désormais insérés au cursus du baccalauréat qu’un étudiant peut faire en entier à l’Université du Québec à Montréal. Selon Michel Laporte du SPUQ, c’est là que le bât blesse. « C’est l’École des langues qui a l’expertise de donner des cours de langue. Les langues secondes devraient être parlées dans le cadre des cours de langue seconde et pas ailleurs », a-t-il soutenu. Il rappelle que la convention collective des professeurs est claire : la langue d’enseignement doit être le français.

Pour Mario Beaulieu, président de la SSJB, donner en anglais des cours inscrits au programme contredit la politique linguistique de l’UQAM qui « dit accorder la plus haute importance au français, langue officielle et langue d’expression commune ». Selon lui, c’est le sous-financement des universités francophones qui est responsable du faible nombre d’étudiants étrangers. (...)
Lisa-Marie Gervais
Le Devoir
mardi 1er septembre 2009


Propos...
Vous avez-vu ça ?... Une université de type Elvis Gratton. Le directeur dit qu'il s'agit d'atteindre les critères de l’EQUIS (European Quality Improvement System). Eh Eh Eh !... Quel joli nom, celui-là.

C'est un niveau de qualité qui «distingue les meilleures écoles de gestion à vocation internationale dans le monde», dit Bazoge. Par contre, à ce niveau, l'UQAM n'offre pas des cours de gestion en espagnol. Soit, la troisième langue en importance mondiale avant l'anglais et la première langue en importance dans les trois Amériques. Elle est superbe, non ?...

Puis, le célèbre Bazoge nous dit qu'il est ethnophobe et pratique sans gêne le racisme. Comment ?... Il dit... «Les Chinois ne parlent pas le français, les Indiens et les Scandinaves parlent surtout l’anglais.» En d'autres mots, les 450 millions d'«étrangers», locuteurs «espagnols» qui composent 70% de la population des trois Amériques, on s'en fout et ils peuvent aller se faire voir. Ils sont sans importance. Ce sont seulement ces autres races d'étrangers, Chinois et Scandinaves qui intéresse le vice-doyen aux études à l’ESG de l'UQAM. Non, mais, que dites-vous de ça ?...

Les réactions...

Levée de boucliers
Afin de voir doubler son nombre d'étudiants étrangers, l'Université du Québec à Montréal (UQAM) offrira dès l'automne six cours en anglais. La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a approuvé l'offre anglophone de l'École des sciences de la gestion dans la mesure où elle concorde avec l'objectif gouvernemental d'attirer davantage d'étudiants étrangers dans les universités québécoises. Je l'interprète à ce stade-ci comme une ouverture sur le monde et non pas comme voulant menacer notre enseignement en langue française.
— Michelle Courchesne

De son côté, le Parti québécois s'inquiète de l'impact d'une telle décision. Porte-parole de l'opposition officielle en matière de langue, Pierre Curzi se dit surpris de cette offre de cours uniquement en anglais à l'UQAM. Il pense qu'un débat s'impose à Montréal sur la question de la langue. Pour la première fois, on a dépassé le nombre d'anglophones par rapport au nombre de francophones, on est dans l'autre versant. Il y a une tendance vers une anglicisation.
— Pierre Curzi

Avantageux pour les étudiants
Le député adéquiste Gérard Deltell estime que les étudiants unilingues qui se destinent au monde des affaires sont nettement désavantagés. Il est donc d'avis que les cours en anglais qu'offrira l'École des sciences de la gestion seront également profitables pour les francophones.
Le syndicat et la direction réagissent aussi
Du côté du Syndicat des professeurs de l'UQAM, on prétend que l'Université devrait plutôt intégrer les immigrants à la culture francophone.

Quant à la direction, elle précise que le but n'est pas de faire de l'UQAM une université bilingue, mais de permettre aux étudiants d'être plus à l'aise dans la langue des affaires.
Radio-Canada
Mise à jour le mardi 1 septembre 2009 à 15 h 50


Propos...
Bien voilà !... Même la ministre de l'éducation du Québec est une adepte de la méthode Elvis Gratton, universitaire. Elle aussi nous dit que le français n'est pas une langue ouverte sur le monde et internationale.

Elle professe alors sa foi dans le racisme ethnique, en parlant d'ouverture sur le «monde» de l'anglo-américain, uniquement. En occultant totalement l'espagnol, ses 450 millions de locuteurs et sa première importance dans les trois Amériques. En tandem avec le célèbre paysan Gérard Deltell, nous avons là un joli duo de QC, québécois colonisés, qui ignorent la troisième place «mondiale» de cette langue latine incontournable pour l'ouverture, qu'est l'espagnol.

Imaginez... Juste au sud, de l'autre coté de la frontière, au pays d'Obama, il y a 32 millions de locuteurs espagnols, l'équivalent de la pop entière du Canada, dont les jeunes seraient bien plus attirés par des études en gestion dans leur langue maternelle ici, que d'aller à Mexico. Et puis, personne n'y a songé. Pauvre de pauvre ministre libérale Courchesne !... Elle a été «Grattonisée».

Tiens... Au passage je parie que vous venez de découvrir pourquoi PC, Postes Canada, à choisit QC pour identifier le Québec. Elle est bonne, non ?... Au prochain épisode «Elvis Gratton II (tou) à l'UQAM»...

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De... sp et al... le... 27.10.09,

2 Commentaires:

Le.. jeudi, 29 octobre, 2009, Anonymous Anonyme dit...

à ma connaissance, il existe aussi un projet d'offrir des cours en espagnol....... dans le même cadre, soit pour actualiser les partenariats avec des universités étrangères. il s'agit de recevoir des étudiants étrangers pour quelques cours durant la formation, et en échange les étudiants du Québec vont pouvoir aller dans ces autres universités à l'étranger, en Amérique Latine ou en Europe.

 
Le.. vendredi, 30 octobre, 2009, Anonymous Gisèle dit...

C'est un projet dont aucun média n'a parlé.
C'est probablement du type échange d'étudiants, seulement, comme bien d'autres.
Gardez nous informés.
Merci de votre commentaire...
gg

 

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