Dire NON et le cas Michel Robichaud...
17.2.10
De nouveau ce moment favori de la semaine. Le moment qui accroche un sourire aux visages des pires politicailleux, de la politique. Mais pas du tout partisans, quoi.Comme nous disions déjà... Le politique c'est le billet indispensable de tous ces biens heureux, lecteurs anonymes, qui n'attendent qu'un autre scandale éclate pour vérifier les commentaires aux blogues des médias et rigoler un peu de tous ces alias adeptes du clavardage politique imbécillisant. Les blogues politiques des médias c'est le lieu par excellente du défoulement public, semble-t-il.
Au dernier passage politique, nous avons revu comment le financement public de l'école ethno religieuse anglophone et privée, cause encore et toujours des maux de toute sorte. Fruit de la lâcheté des politiciens et leurs partis de s'attaquer à une secte qui ne respecte pas les lois de l'éducation.
À ce propos, nous verrons dans un billet subséquent comment la ministre de l'éducation, Courchesne, s'est servie du fameux « secret libéral » pour abrutir complètement l'opposition et les journalistes, pendant cinq mois, en concluant en secret une entente avec les dirigeants des juifs hassidiques. Entente qui modifie tout le régime scolaire, sans consultations ou consentement, pour cette secte religieuse.
Cette semaine à la politique... Un retour aux problèmes causés par l'immigration et son corollaire la politique du multiculturalisme canadian. Soit, la bataille entre le droit d'imposer à la majorité un objet ostentatoire politique, sous le couvert de la liberté de religion. Contre le droit de choisir la politique de la laïcité. Il s'agit bien sûr des ravages que cause l'imposition du voile islamiste, niqab ou burka, dans une société historiquement chrétienne qui s'est donné comme objectif la séparation de l'état et de la religion.
En première lecture... Le point de vue sensationnaliste du chroniqueur expert de l'intérêt humain, l'américain Rich Martineau, au JdeM. En deuxième lecture... Le cas d'un citoyen de Longueuil, Michel Robichaud, qui s'est vu refuser le droit à la laïcité à la RAMQ. Un rapportage du journaliste Dutrisac. Bonne lecture...
À nous d'agir
SURRÉALISTE C'est le seul mot qui me vient en tête quand j'entends des gens comme Julius Grey et Charles Taylor parler d'une interdiction possible du port de la burka et du niqab. Je comprends que le travail des intellectuels est de complexifier des choses simples, mais quand j'entends l'ex-codirecteur de la Commission sur les accommodements raisonnables dire que «si on interdit la burka aujourd'hui, ça va être quoi demain?», les bras m'en tombent.
UNE QUESTION DE VALEURS
A-t-on le droit de se promener nu dans la rue? Non. Pourquoi? Parce que c'est contre nos valeurs. Imposons-nous des limites à la liberté des nudistes quand on les empêche de faire leur épicerie à poil? Oui. C'est le prix à payer pour vivre au Québec.
En Italie, vous pouvez vous promener seins nus sur les plages. Pas ici. Pourquoi? Différents pays, différentes valeurs. Ma femme s'est déjà fait lancer des roches en Jordanie parce qu'elle portait un short. Qu'a-t-elle fait? Elle est retournée à l'hôtel pour se changer. Pourquoi? Pour respecter les valeurs du pays qu'elle visitait. Différents pays, différentes valeurs.
DÉCONNECTÉS
Combien de fois va-t-il falloir répéter que le voile islamiste n'est pas un symbole religieux, mais un signe POLITIQUE utilisé par des intégristes pour MARQUER leur présence et crier haut et fort leur mépris des femmes et de la modernité?
Combien de Djemila Benhabib, d'Azar Majedi, de Taslima Nasreen, d'Irshad Manji, de Chahdortt Djavann, d'Ayaan Hirsi Ali et de Samia Shariff ça va prendre pour que nos intellectuels «allument» et cessent de faire preuve de naïveté?
Le niqab est interdit dans les universités égyptiennes. Et on le permettrait ici? En février 2008, le gouvernement turc a soumis un projet permettant le port du voile islamique dans les universités. Plus de 30000 manifestants se sont rassemblés pour protester contre cette idée! «La Turquie est laïque, elle le restera», scandaient les gens. Et qui avait organisé cette manifestation? Des associations FÉMINISTES. Ici, pendant ce temps, des intellectuels affirment qu'une interdiction de la burka mènera directement au fascisme. Dieu du Ciel...
NOTRE RESPONSABILITÉ
Le gouvernement ne veut pas bouger? Parfait, nous bougerons à sa place! À partir d'aujourd'hui, je refuse systématiquement de me faire servir par une fonctionnaire portant un foulard islamiste sur la tête. C'est mon droit. Je refuse qu'une gardienne portant un foulard islamiste prenne soin de mon enfant au CPE. C'est mon droit. Je refuse d'être soigné par une infirmière portant un foulard islamiste. C'est mon droit.
Le gouvernement ne veut pas défendre les valeurs qui me tiennent à coeur? Je le ferai. J'exige des accommodements. C'est ça, le problème, avec les Québécois. On demande toujours au gouvernement de faire les choses à notre place. De protéger notre langue. De défendre nos valeurs. Un serveur refuse de nous servir dans notre langue? On ne réagit pas, on dit que l'Office de la langue française va régler le problème. On délègue, on s'en lave les mains.
NON
Comprenez-moi bien. Je ne dis pas qu'il faut persécuter les femmes voilées. Je dis que le voile n'a pas sa place à l'école, dans la fonction publique, à l'hôpital et dans les garderies. Idem pour les crucifix ostentatoires et les médaillons de Raël. À l'intrusion de la religion dans l'espace public, j'opposerai dorénavant un NON systématique. Un NON poli. Un NON courtois. Un NON gentil. Mais un NON ferme. En accord avec MES valeurs laïques.
Richard Martineau
Le Journal de Montréal, le 10 octobre 2009
Canoe.qc.ca
Accommodement à sens uniqueEn octobre dernier, lors des consultations particulières visant le projet de loi 16 sur la gestion de la diversité culturelle par l'administration publique, le p.d.g. de la RAMQ, Marc Giroux, révélait qu'au bureau de l'organisme, une femme musulmane peut refuser de se faire photographier par un homme et obtenir sur-le-champ les services d'une femme. En revanche, si un client de la RAMQ refuse de se faire servir par une préposée qui porte le voile islamique et exige les services de quelqu'un d'autre, l'organisme n'obtempérera pas, avait expliqué M. Giroux.
C'est exactement ce qui est arrivé à Michel Robichaud en mai dernier. Il s'est présenté au bureau de Montréal de la RAMQ pour renouveler sa carte d'assurance maladie et, après avoir fait la file, il est tombé sur une employée qui portait le hidjab. «À cette occasion, m'attendant à un service neutre de la part de l'État, j'ai refusé d'être servi par une personne ayant un hidjab, car c'est un signe religieux», écrit-il dans un courriel envoyé au Commissaire aux plaintes de la RAMQ, André Julien. «J'ai alors demandé de passer mon tour pour me présenter au prochain guichet libre, ce que le personnel de supervision a refusé.» Il a donc été contraint de refaire la queue. «Ce n'était pas une solution, d'autant plus que l'heure de fermeture approchait et que j'aurais pu retomber sur la même personne», a signalé Michel Robichaud au Devoir.
Lors d'une conversation téléphonique, André Julien lui a expliqué que la RAMQ appliquait sa politique de non-discrimination, a relaté M. Robichaud. Il s'est alors adressé par téléphone à la CDPDJ qui, dans un premier temps, a rejeté sa plainte en invoquant le jugement de la Cour suprême qui permettait aux agents de la Gendarmerie royale du Canada qui sont de confession sikhe de continuer à porter le turban. C'est après ces appels téléphoniques que M. Robichaud a décidé de réitérer ses plaintes par courriel auprès des deux instances.
Deux mois plus tard, la RAMQ n'a toujours pas répondu au courriel de M. Robichaud. En revanche, la CDPDJ a été beaucoup plus rapide. Jacinthe Gagné, qui se présente comme une technicienne en information du Service de l'accueil et de l'évaluation de la CDPDJ, a d'ailleurs parlé hier à M. Robichaud. Mais c'était pour lui signifier que sa plainte était irrecevable. «Elle m'a dit que la réponse de la RAMQ était conforme. Elle m'a dit qu'ils n'ont pas refusé de me servir et que c'est plutôt moi qui ai refusé de recevoir le service.» En vertu du principe d'accommodement raisonnable, la RAMQ doit permettre à ses employées de porter le voile islamique, quel que soit l'avis du public desservi.
«Elle m'a dit aussi que ma plainte était irrecevable parce que la laïcité de l'État n'a pas été proclamée au Québec», a indiqué M. Robichaud. «En invoquant la neutralité de l'État, je n'avais pas de fondement juridique, m'a-t-elle dit. Sur quelle loi vous appuyez-vous? m'a-t-elle demandé.» L'employée de la CDPDJ a souligné aussi que M. Robichaud ne pouvait pas invoquer de motifs de discrimination en vertu de l'article 10 de la Charte québécoise des droits et libertés.
Jointe hier, Jacinthe Gagné a refusé de parler au Devoir, rappelant que les plaintes déposées à la Commission sont de nature confidentielle. Un porte-parole de l'organisme, Patricia Poirier, n'a pas voulu non plus commenter l'affaire.
Or le principe de la neutralité religieuse de l'État est bel et bien reconnu par le droit canadien. D'ailleurs, le président de la CDPDJ, Gaétan Cousineau, l'invoque dans une lettre envoyée récemment à la présidente du Conseil du statut de la femme, Christiane Pelchat, et portant sur le hidjab qui fait partie de l'uniforme de l'école Marguerite-De Lajemmerais. «... une pareille situation, en particulier dans un contexte où le hidjab porte l'effigie de l'école, pourrait porter atteinte au principe de neutralité religieuse de l'État. Dans l'exercice de ses activités, l'État ne doit, en effet, ni favoriser, ni défavoriser l'exercice d'une religion en particulier.»Selon le juriste Henri Brun, la position de la CDPDJ se défend. «La laïcité de l'État, elle existe au Québec, mais elle est molle», a-t-il indiqué hier. Ainsi, seule une loi établissant une charte de la laïcité de l'État, par exemple, pourrait assurer aux citoyens québécois d'être servis par des officiers publics qui n'affichent pas de signes religieux ostentatoires. Et encore là, la Cour suprême, en s'appuyant sur la Charte canadienne des droits et libertés, pourrait démolir d'un coup cet édifice législatif qui répond sans doute au souhait d'une majorité de Québécois mais ne correspond pas au consensus dans le reste du Canada, estime Henri Brun.
Robert Dutrisac
Le Devoir - 18 décembre 2009
Propos...
Voilà pour le merdier de la liberté de religion individuelle, qui surpasse le droit collectif de la majorité, découlant de l'immigration, selon le multiculturalisme canadian.
Libellés : Politique-accommodants, Politique-immigration, Societe-accommodants
De... sp et al... le... 17.2.10,
1 Commentaires:
- Le.. vendredi, 19 février, 2010, dit...
-
Ici aussi c'est plus compliqué que je le croyais.
Nous sommes pris avec trois types de voiles islamistes.
Le hidjab, le niqab et la burka.
Une chance que le Québec n'est pas l'Égypte.
ch









