Un carnet bleu...

Propos lavallois d'actualité politique, économique, fiscale, linguistique, footiste et autres bidules, en différé... hiver...

Chapeau à Dufour... Bouchard assimilé...

Mardi. Le billet le plus varié de la semaine, la transition...

En alternance avec le très populaire média bashing, nous sommes de retour au célèbre combat linguistique. Sport favori de tous les adeptes de la francophonie.

Tout de même, au dernier billet du média bashing... En première, une lecture de la célèbre employée de la Pesse de Geska, Collard, nous conviait à un constat. Montréal n'est plus une ville techno. Selon la consommation de la techno. Pas trop instructif ou brillant comme article.

Puis... Un employé du JdeM, nous rapportait les bons coups de la TVA nouvelle, lors de la dernière élection d'Ottawa, fédérale. Pour les employés des médias, pas du tout pour le public, ce fut une constatation évidente. La Radiocan est défavorisée par sa grosseur, lors des événements d'envergure, tel que le dévoilement des résultats d’une élection.

Cette semaine à la transition... De retour au célèbre combat de la langue. Nous en sommes à 95 objets et en mars. Sortez l'autre paire de lunettes 3D, prenez la pause des combattants linguistique, Ça va saigner. Prêts !... On y va !...

En première... Une lecture qui fait tomber les mâchoires. Un billet du riche et célèbre Pierre Dubuc, de l'Autjournal, encense la dernière sortie du non moins célèbre, Christian Dufour, à propos d'une autre mesure d'assimilation, du gouvernement de libéraux de John Charest. L'anglais intensif et obligatoire pour tous à l'école française. Sinon c'est la peine de mort, l'échec scolaire.

En seconde... Une autre de ces lectures choc. En provenance des activistes de l'Aujournal, évidemment. Cette fois c'est le colonisé bailingue, Gérard Bouchard, qui est la cible des francophones. À juste titre, bien sûr. Puisqu'il a, un jour, qualifié de criminel les francophones québécois non colonisés. Qui n'ont pas encore appris la langue du célèbre Lord Durham, quoi. Voici ce qu'en pense le célèbre polémiste, Robin Philpot, dans un article de l'Aujournal. Bonne lecture.

Chapeau à Christian Dufour...
Il faut lever son chapeau devant Christian Dufour pour son intervention à l’émission de Christiane Charrette (1er mars) et son texte dans Le Devoir (5 mars) dénonçant comme « mesure excessive et dangereuse » la décision du gouvernement Charest de bilinguiser intégralement la 6e année.

On salue en particulier les propos suivants :
« Joue également une idéologie du bilinguisme intolérante qui, indépendamment de la réalité québécoise et des contraintes de notre environnement nord-américain, veut imposer une nouvelle norme; désormais TOUS les Québécois doivent être bilingues par principe sous peine de ne pas être mondialisés, modernes et ouverts. Ne parler que le français devient la marque d’un statut inférieur ».

Avec raison, Dufour a souligné l’impact dévastateur d’une telle mesure sur les jeunes francophones et les jeunes issus de l’immigration dans l’environnement déjà fortement bilingue de Montréal et de l’Outaouais.

Le premier ministre Charest a déclaré qu’une telle mesure aurait pour résultat de réduire le nombre d’inscriptions des jeunes francophones et allophones au cégep anglais, parce qu’ils auraient déjà une maîtrise de l’anglais. C’est tout le contraire qui va se produire.

Les études de l’Irfa ont démontré que ces jeunes ne s’inscrivaient pas au cégep anglais pour apprendre la langue, mais qu’au contraire cette démarche s’inscrivait dans un parcours où les prochaines étapes étaient l’université anglaise et un emploi en anglais.

Dufour doit aller plus loin
Nous avons levé notre chapeau à Dufour, mais nous aimerions faire plus : le lui lancer pour marquer notre complète approbation! Cependant, nous jugeons que la portée de sa critique est affaiblie par son adhésion au principe de la « nette prédominance du français ».

Ce principe, indéfinissable (qu’est-ce qu’une « nette prédominance »? 60%? 70%?) et indéfendable, est absent de la Charte de la langue française, dont les deux principes de base sont le français, langue officielle, et le français, langue commune.

Le principe de la « nette prédominance du français » est tiré de l’arrêt Ford de 1988 de la Cour suprême du Canada qui invalidait l’unilinguisme français dans l’affichage. Par la suite, la Commission Larose lui a donné ses lettres de noblesse et Jean-François Lisée l’a instrumentalisé, au point où il chapeaute la section sur la langue de la Proposition principale du Parti Québécois en vue de son congrès de 2011.

Nous invitons Christian Dufour à abandonner ce concept, qui légitime le bilinguisme, et à revenir au principe de base de la Loi 101 : le français, langue commune.

Vieille ruse de Sioux de Gérald Larose
Il était ironique d’entendre Gérald Larose, lors du débat qui l’a opposé à Christian Dufour, à l’émission de Christiane Charrette, affirmer que l’anglais n’était pas une « langue identitaire » pour les francophones et que le principe de base de la Charte de la langue française était « le français, langue commune » avec des « exceptions pour l’anglais ».

C’est la position que nous soutenons. C’est celle de la Loi 101. Mais ce n’était pas celle de la Commission qu’il a présidé. Le plan d’aménagement linguistique que proposait la Commission Larose s’articulait autour des principes suivants :

Le français est la langue officielle et commune de la vie et de l’espace publics du Québec;

L’anglais, l’inuktitut et les langues amérindiennes, partie intégrante du patrimoine culturel et linguistique du Québec, doivent avoir chacune leur place dans l’espace public;

Les différentes langues s’harmonisent dans la vie et l’espace publics selon le principe de la nette prééminence du français, langue officielle et commune du Québec. (Nous soulignons, p. 29)

De plus, dans son rapport préliminaire, la Commission Larose nous incitait à « rompre définitivement avec l’approche historique canadienne qui divise l’identité québécoise suivant une ligne ethnique : la canadienne-française et la canadienne-anglaise » et les commissaires invitaient, dans leur Rapport final, la « société québécoise à ne plus percevoir la langue anglaise comme objet de concurrence, mais comme une corde de plus à son arc et comme un mode d’accès à une composante majeure de son identité » (Nous soulignons).

Nous nous réjouissons d’entendre Gérald Larose réfuter aujourd’hui des pans entiers du Rapport de la Commission qu’il a présidé. Mais nous aimerions qu’il le fasse ouvertement et non pas en empruntant cette vieille ruse de Sioux qui consiste à reculer dans ses pas pour brouiller les pistes.
L'aut' journal
Pierre Dubuc
Le 07 mars 2011 - no.297

Bouchard et Bouchard et la langue anglaise...
Plus de 7 milliards d’humains habitent notre planète. Seulement 5 % (350 millions) parlent l’anglais comme langue maternelle. On dit qu’environ un autre 5 % le parlent comme langue seconde, ce qui fait un maximum de 10 % de l’humanité.

Mais ce pourcentage va constamment en diminuant, selon plusieurs grands linguistes, parce que, tenaces comme tout, les langues nationales supplantent cette ancienne langue coloniale partout au monde, tout comme le font les langues nationales à l’égard d’une autre langue coloniale, le français.

À titre d’exemple, le haoussa, parlé par plus de 60 millions de personnes en Afrique de l’Ouest et surtout au Nigéria, devient la lingua franca à bien des endroits où l’anglais triomphait autrefois.

De même, le hindi, avec 360 millions de locuteurs – des chiffres qui rejoignent le nombre de locuteurs d’anglais – remplace l’anglais dans la vie quotidienne des citoyens du pays, l’Inde, qui, plus que tout autre, permettait aux chantres de l’empire britannique de clamer que le soleil ne se couchait jamais sur leur empire.

Hélas, force est de constater que le soleil se couche de plus en plus tôt sur l’empire de l’Anglophonie mondiale.

Devant cette tendance lourde, pourquoi Gérard Bouchard insiste-t-il, dans ces récentes interventions ainsi que dans le rapport qui porte son nom, que les Québécois doivent absolument se mettre à l’anglais? Si les langues nationales supplantent l’anglais partout pourquoi au Québec devrions-nous aller dans le sens contraire ?

Pour dorer la pilule, du moins dans le rapport qu’il a signé avec Charles Taylor, il a tenté, sans convaincre, de s’éloigner de l’esprit du Lord Durham : « l’anglais qu’il faut apprendre et parler aujourd’hui, écrivent les deux savants, ce n’est pas celui que Lord Durham voulait imposer au Bas-Canada après la répression des rébellions. C’est plutôt celui qui permet d’accéder à toutes les connaissances et d’échanger avec tous les peuples de la terre. Sinon, que signifie donc la fameuse “ouverture sur le monde” célébrée sur tous les tons depuis dix ou quinze ans ? » (p. 217)

Mais où est la différence entre le rapport du Lord Durham et celui signé par nos deux savants modernes ? Durham voulait permettre aux Canadiens, qui, selon lui, était peuple sans histoire et sans littérature, de joindre la grande civilisation mondiale que représentait alors l’empire britannique.

Bouchard veut foncièrement la même chose. Mais alors qu’à l’époque de Durham, l’anglais était sur une pente montante, au moment où Gérard Bouchard nous sermonne, cette langue se trouve sur une pente descendante.

Bref, il nous invite à troquer le français, seule langue officielle, qui se voulait, il n’y a pas si longtemps, la langue pour tous, pour tout et partout au Québec, pour un bilinguisme qui réduit nécessairement la place du français. En échange, selon Bouchard, nous pourrions « accéder à toutes les connaissances » et « échanger avec tous les peuples de la terre ».

C’est un marché de dupes ! Oui, l’anglais nous ouvre les portes des aéroports et de certains bureaux de tourisme, ou encore des salons ici et là que fréquentent Gérard Bouchard et Charles Taylor. Mais il faut bien d’autre chose pour « accéder à toutes les connaissances » et « échanger avec tous les peuples de la terre ». Heureusement, le monde ne se limite pas au 10% de la population mondiale qui parle l’anglais comme langue maternelle ou langue seconde.

Nous aurons de bien meilleurs échanges, d’égal à égal, dans le respect de l’un et de l’autre, autant avec cette minorité de 10% qu’avec l’autre 90% de l’humanité, si nous réaffirmons que le Québec est un pays de langue française et pas un pays bilingue et il le restera, tout comme l’Égypte est un pays de langue arabe, l’Italie un pays de langue italienne, le Brésil, de langue portugaise et ainsi de suite.

Par ailleurs, dans sa croisade pour l’immersion anglaise, Gérard Bouchard oublie de regarder dans sa propre famille, et en particulier le cas de son frère. Avocat brillant de la Commission Cliche, ce frère a pu mener une carrière remarquable dans le domaine juridique et arriver jusqu’au poste d’Ambassadeur du Canada à Paris sans maîtriser, de son propre aveu, l’anglais.

C’est seulement quand il a voulu faire de la politique fédérale pour le Parti conservateur qu’il s’y est mis. Et voilà, avec un peu d’effort, il à réussi à maîtriser cette langue à telle enseigne que la très anglophone et albertaine entreprise, Talisman, l’a embauché pour expliquer au bas peuple, dans la langue des indigènes, pourquoi il faut brader nos ressources naturelles.

Tout un tour de force, n’est-ce pas, réussi sans même passer par l’immersion anglaise en 6e année à l’école primaire de Saint-Cœur-de-Marie.
Robin Philpot
L'aut' journal - no.297
Le 09 mars 2011


Propos...
Étonnant. Le domestique de l'anglo-saxon, Gérard Bouchard, scolarisé par excellence, propose l'assimilation et la disparition de la langue et civilisation française, en Amérique.

Pour notre bien être et épanouissement il faut se joindre au 10% de la population mondiale. Et non au 90 % qui ne comprend rien à la langue anglo-saxonne, quoi. Totalement idiot !...

Libellés :

De... sp et al... le... 24.1.12,

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