Un carnet bleu...

Propos lavallois d'actualité politique, économique, fiscale, linguistique, footiste et autres bidules, en différé... printemps...

Un pacte de quoi... Croissance zéro confirmée...

Jeudi... Le jour de l'écono en crise. Le bonheur d'y retrouver tous nos fanatiques des crises, Euros, nipponnaise ou mondiale, sans distinction.

Tout comme d'habitude, l'éconoencrise maintient sa cote de popularité. Même si le nombre de fichiers au répertoire temp est relativement stable. L'action y est moins pressante, mais tout de même d'une stabilité étonnante. C'est la seule rubrique de la semaine qui ne cause jamais de guerre de mots, entre les lecteurs.

Au dernier billet... Un reportage de Sandra Besson nous décrivait l'ampleur du désastre, que le séisme et le tsunami ont eu sur l'économie nipponnaise. L'écono est dans un état grave, disait le ministre Kaoru Yosano. Appuyé par le gouverneur de la BOJ Masaaki Shirakawa. Ces deux, appuyés par le chef économiste Takuji Okubo. Avec une telle unanimité, quel imbécile peut douter de leur analyses et conclusions.

Puis... Un passage remarqué. En faveur du pm Français Fillon. Les variables de l'écono des pays de la zone Euro, sont extrêmement complexes. Mais personne ne doute que, pour réussir à se sortir du bourbier, il faut une écono française forte, sans le boulet de budgets faibles. Quoi d'autre !...

Cette semaine à l'éconoencrise... Nous en sommes à 198 fichiers et en avril. Des lectures qui instruisent, que vous ne trouverez pas ailleurs aux médias francophones en Amérique, il va sans dire.

En première lecture... Le pacte de compétitivité, inconnu. Voici enfin une lecture tout à fait de nature théorique. Discussion sur un pacte dont personne n'a entendu parler en Amérique. Je vois déjà les courriels des fanas de l'éconoencrise demander, eheu c'est quoi ça ? Rien d'autre qu'un truc académique. De la torture intello, quoi. Donc, une occasion unique d'être confondu du du du, quoi.

En seconde... Une brève et retour sur l'état catastrophique de l'écono nipponnaise qui sera apprécié de tous. En somme, la croissance a été anéantie. Ce sera le zéro. Quoi de plus déprimant que ça ?... Bonne lecture.

Le pacte de compétitivité européen est ambigu, inefficace et néfaste...
Depuis maintenant plus de dix ans que l'euro existe, nous savons que la monnaie unique a eu pour conséquence de faire diverger la compétitivité des pays qui partagent cette monnaie.

Si l'on ne considère pour simplifier que les quatre principaux pays de la zone euro, on voit que l'Allemagne a considérablement amélioré sa compétitivité tandis que la France, l'Italie et l'Espagne ont vu leur compétitivité diminuer. La première a augmenté ses excédents courants, donc ses avoirs sur l'extérieur, tandis que les secondes ont accumulé les déficits et par conséquent les dettes vis-à-vis de l'extérieur.

L'élargissement de cette fracture au sein de l'Europe porte en elle le risque de l'éclatement et de la disparition de la zone euro. A juste titre les gouvernements de la zone euro ont voulu donner un coup d'arrêt à cette évolution en signant le pacte de compétitivité.

Dans la mesure où le mode de détermination des salaires adopté par l'Allemagne lui a permis d'avoir une compétitivité élevée, il est apparu naturel, pour réduire la divergence de compétitivité entre elle et ses partenaires, de leur imposer le même mode de détermination des salaires.

AMBIGU
Le pacte a donc posé que les salaires devraient désormais cesser d'être indexés sur les prix. C'est ici que le pacte est ambigu car en toute rigueur les salaires en Allemagne sont indexés sur les prix et même pourrait-on dire, rigoureusement indexés sur les prix dans la mesure où la croissance des salaires est exactement égale à celle des prix : en dix ans, entre 1999 et 2008, le salaire horaire a augmenté exactement au même rythme que les prix, soit 1,7 % par an.

Au lieu de parler de désindexation des salaires, il serait plus rigoureux de parler de stricte indexation des salaires sur les prix, autrement dit de l'interdiction que la hausse des salaires dépasse celle des prix.

Le pacte de compétitivité se donne donc pour modèle une économie où l'accroissement du pouvoir d'achat des salaires est nul, où par conséquent, la totalité des gains de productivité est attribuée à l'accroissement du profit des entreprises.

Dans les économies où la croissance est déjà extrêmement faible, comme en France, en Italie ou en Espagne, l'application des principes du pacte les ferait immédiatement basculer dans la dépression.

Au surplus, on observera que même s'il y avait désindexation des salaires dans le sens que le pacte donne à ce mot, c'est-à-dire accroissement nul du pouvoir d'achat des salaires, cela n'empêcherait pas les prix de diverger.

Pour empêcher la divergence des prix, le pacte devrait compacter, à côté de la désindexation, une seconde disposition, qui est également la seconde caractéristique du mode de détermination des salaires en Allemagne : le taux de croissance des salaires y est égal au taux de croissance de la productivité. C'est seulement en ajoutant cette seconde condition que la désindexation permettrait d'empêcher la divergence des prix.

Mais si la divergence des prix disparaissait, celle des salaries subsisterait encore en raison de la divergence des taux de croissance de la productivité entre les pays de la zone euro. Ce qui est fondamental, ce n'est pas comme le pacte le suppose, le mode de détermination des salaires, même s'il a évidemment son importance. Ce qui est fondamental, c'est la croissance de la productivité. Et l'on pourra établir toutes les règles que l'on veut en matière de détermination des salaires, on n'empêchera pas la compétitivité des pays de la zone euro de diverger si les rythmes de croissance de leur productivité divergent.

La divergence de compétitivité des économies européennes a une double origine : une origine fondamentale qui résulte de la divergence des progrès de productivité et une origine contingente qui résulte des différences de modes de détermination des salaires.

La solution du problème de la divergence des compétitivités passe par une élévation de la compétitivité des pays où elle est faible, donc par une augmentation de leurs gains de productivité, c'est-à-dire par une accélération de leur croissance, tant est étroite l'interdépendance qui lie la productivité à la croissance. Pas d'élévation de la productivité sans accélération de la croissance.

NÉFASTE
C'est ici que le pacte est néfaste car les règles qu'il pose en matière de fixation des salaires ne peuvent qu'entraver la croissance en s'attaquant à la croissance du pouvoir d'achat des salaires.

En effet, si le pouvoir d'achat des salaires n'augmente pas, du même coup la consommation n'augmente plus. Dès lors, la croissance ne peut être obtenue que par l'augmentation des exportations, ce qui implique de disposer d'un taux de change adapté. Cette condition est satisfaite pour l'Allemagne. Elle ne l'est manifestement pas pour la France, l'Italie et l'Espagne pour ne parler que de ces pays. Pour appliquer les principes du pacte, il faudrait au minimum opérer une importante dévaluation de l'euro et d'autre part cesser de freiner la croissance des pays de la zone euro en leur imposant des contraintes de politique budgétaire également totalement inadaptées à leur situation, excepté celle de l'Allemagne.

Depuis plus de dix ans, la Commission et la BCE conduisent la politique économique de la zone euro avec les résultats désastreux que l'on connaît : la zone euro est la région du monde où la croissance est la plus pitoyable. Et voici que maintenant trois pays de la zone euro sont aux bords d'une faillite qui risque de s'étendre à d'autres pays beaucoup plus importants. Au lieu de s'interroger devant cette situation angoissante et d'examiner s'il ne conviendrait pas de changer radicalement l'orientation de la politique monétaire et de la politique budgétaire, la Commission et la BCE n'entendent rien changer aux principes erronés qui les guident, mais persistent dans l'erreur en croyant qu'en ajoutant la rigueur à la rigueur, la dépression à la dépression, l'Europe parviendra à résoudre ses problèmes.

Le pacte de compétitivité est le dernier avatar de cette idéologie néfaste que partagent ensemble la Commission et la BCE, qui appauvrit les peuples européens, et risque de les jeter dans les bras de l'extrémisme.

Jean-Pierre Vesperini, professeur des universités membre du Conseil d'analyse économique (CAE)
LEMONDE.FR | Le 19.04.11 | 09h41

Croissance zéro pour le Japon...
Estimé au départ à quelques dizaines de milliards de dollars, le coût économique du séisme et du tsunami pourrait atteindre 200 milliards au moins, soit environ 3,5 % du PIB, selon les experts.

Les quatre préfectures les plus touchées, Iwate, Migayi, Fukushima et Ibaraki, représentent en effet plus de 6 % du PIB japonais et comptent d'importantes implantations de fabrication d'automobiles, de machines de précision, d'électronique et d'informatique.

Depuis le début de la catastrophe, des centaines d'entreprises sont paralysées. Soit parce qu'elles ont subi directement des dégâts, soit parce qu'elles ne peuvent opérer en raison du mauvais état du réseau routier, de la fermeture des ports et des coupures d'électricité. Résultat : la production et les exportations devraient reculer au cours des prochains mois. Pour l'archipel, cela signifie un retour dans la récession. Le PIB devrait reculer d'environ 0,5 % au premier trimestre et de 1 % au deuxième.

Dans le meilleur des cas, la croissance enregistrée pour l'ensemble de l'année 2011 sera proche de zéro, même si les dépenses liées à la reconstruction arrivent rapidement. Mais si les coupures d'électricité et la hausse du yen provoquée par les rapatriements de capitaux se poursuivent, pénalisant les exportations, le PIB pourrait alors diminuer de 1 %. Comme c'est le cas après chaque catastrophe, l'effet reconstruction devrait en revanche ajouter 0,5 point à la croissance en 2012.

L'AVIS DES EXPERTS
Susumu Kato, économiste au Crédit agricole
"L'impact indirect du tremblement de terre et du tsunami devrait être à peu près deux fois plus important que celui du séisme de Kobe, en 1995, surtout en raison des coupures de courant."

Raymond Van Der Putten, économiste à BNP Paribas
"Le financement de la reconstruction sera un vrai casse-tête politique. Celle-ci aura un effet accélérateur dès le second semestre. Mais la croissance reculera quand même en 2011."
Sébastien Julian
Le 18/04/2011
http://lexpansion.lexpress.fr/economie/croissance-zero-pour-le-japon_252828.html


Propos...
Qui dans la salle de lecteurs, veut contredire l'avis des experts ?...

Personne, hein !... Bande d'andouilles !...

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De... sp et al... le... 26.1.12,

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