Crises alimentaire et énergie... le commercial fond de 79 %...
9.2.12
Jeudi... Le jour de l'écono en crise. Le bonheur d'y retrouver tous nos fanatiques des crises, Euros, nipponnaise ou mondiale, sans distinction.Comme d'habitude, l'éconoencrise maintient sa cote de popularité. Même si le nombre de fichiers au répertoire temp est relativement stable. L'action y est moins pressante, mais tout de même d'une stabilité étonnante. C'est la seule rubrique de la semaine qui ne cause jamais de guerre de mots, entre les lecteurs.
Au dernier billet... Un reportage du site obliginfos.fr nous rapportait des activités soutenues dans la zone Euro. Mais fragiles, tout de même. Une mise à jour salutaire, en date du 19 avril dernier.
Puis... Un reportage du Figaro, nous relatait les désavantages associés à la hausse de l'Euro. Pleins de mouvement spéculatifs en prime, impossible de départager entre les instantanés, les temporaires et les permanents, à long terme. Accompagné d'un bref aperçu de ces concurrents, le Yen, la livre sterling, le franc suisse, la couronne islandaise. Un marché volatile, pour le moins.
Cette semaine à l'éconoencrise... Nous en sommes à 197 fichiers et en avril. Des lectures qui instruisent, que vous ne trouverez pas ailleurs aux médias francophones en Amérique, il va sans dire.
En première lecture.... Dans la série des chroniques Agora, les vieux de la vieille des abonnés de l'éconoencrie, vont apprécier cette perspective, de type entrevue. Avec le non moins inconnu en Amérique, Frédéric Laurent. Deux crises à venir dont personne ne parle dans les médias, l'alimentaire et l'énergie. Régalez-vous.
En seconde... Autre très mauvaise nouvelle, comme si pour accompagner la catastrophe du tsunami, l'excédent commercial du Japon a fondu de 78,9% en mars sur un an, à 196,5 milliards de yens (1,7 milliard d'euros). Plus déprimant que ça... Bonne lecture.
La catastrophe japonaise a souligné deux crises à venir : l'alimentaire et l'énergie...▪ L'enchaînement de tensions géopolitiques (Moyen-Orient, Côte d'Ivoire), auxquelles il faut ajouter les catastrophes survenues au Japon, est rarissime. Mettez en toile de fond une récession généralisée aux "vieilles économies", des populations qui s'appauvrissent, une inflation des matières premières et de l'énergie, des débordements monétaires jamais vus auparavant et vous avez le terreau parfait pour que les dix prochaines années soient encore pires que ces trois dernières.
Il faut avoir conscience que dans notre monde moderne, dans notre économie globalisée, tout est lié. Les conséquences directes pour l'Archipel en seront une baisse de croissance dans un premier temps qui pourrait faire plonger le pays en récession dès 2011. Car l'impact serait de trois à sept points de PIB.
Cette récession aura, vous vous en doutez, des incidences sur l'ensemble des économies planétaires, car le Japon représente 9% du PIB mondial. Certaines analyses estiment que cette "crise" japonaise pourrait coûter de 0,5 à un point à la croissance mondiale !
En cause ? La baisse des exportations japonaises dont les outils de production ont été partiellement ou totalement détruits -- je pense notamment aux voitures ou aux composants électroniques. J'ai déjà parlé à mes lecteurs de Vos Finances des problèmes d'approvisionnement des mémoires flash de nos iPads, Smartphones et autres objets "si précieux et si indispensables" à nos modes de vie.
▪ Comme toujours, le malheur des uns fera le bonheur des autres. Ces difficultés de production pour approvisionner l'Occident en électronique dont il est friand seront évidemment favorables aux autres pays asiatiques qui vont mettre tout en place pour fournir la demande à la place des Japonais. Je pense aux Coréens et aux Chinois -- puisque les Japonais sous-traitaient déjà dans ces pays. Et puis l'Allemagne pourrait également suppléer le Japon en fournissant la Chine en machines-outils dont elle est friande.
Mais avant tout, il y a un secteur qui va profiter de ces terribles événements : celui des matières premières. Après le choc de la catastrophe, il faudra reconstruire ; et il faudra, je pense, compter sur un ralentissement de l'énergie nucléaire au Japon. Il faut garder à l'esprit que Tepco (l'EDF japonais) fournit le tiers de l'électricité nippone. Or ses installations actuelles en service ne lui permettent de produire que 38,5GW (pour début avril), alors que sa capacité maximale était de 64,5GW. L'an dernier le pic de demande en énergie a été de 60GW. Donc puisque, pour relancer l'économie et l'industrie, le Japon aura besoin de toutes les énergies possibles, je pense que le pays cherchera à développer d'autres énergies alternatives au nucléaire.
Et là, pour subvenir aux besoins de l'industrie, inutile de vous dire que le Japon ne se tournera pas en majorité vers l'éolien ou le solaire... Seules les énergies fossiles sont aujourd'hui capables de compenser la baisse de la production électrique émise par les centrales nucléaires.
Retour au pétrole, au charbon et au gaz ! Donc attendez-vous à une forte hausse des cours de ces trois énergies.
▪ Autre conséquence : le prix des denrées agricoles. Toute la région touchée par le tsunami et maintenant victime des incertitudes nucléaires était une région agricole importante pour le Japon. Tant pour la pêche, avec ses nombreux ports côtiers, que pour l'agriculture -- la région étant l'une des principales régions productrice de riz.
Déjà, de nombreux pays, dont l'Inde est le dernier en date, ont interdit l'importation de produits alimentaires provenant du Japon par crainte de contamination des aliments. Pour le moment, l'interdiction est mise en place pour une période de trois mois fermes. Et d'autres pays comme la Chine, Taïwan, Singapour et les Etats-Unis ont également pris ce même genre de mesures pour les produits venant de la région sinistrée.
Le Japon se trouve donc confronté à une double problématique : il ne produit pas assez pour nourrir sa population et ne peut plus exporter non plus certaines denrées alimentaires. Il devra donc importer massivement, ce qui pèsera forcément sur les cours de l'alimentaire.
Alimentaire et énergies : voici les deux enjeux sur lequel je vais baser mes recommandations ce mois-ci dans Vos Finances. Pour les découvrir, c'est par ici...
[Diplômé d'un DESS de Gestion internationale de fortune, Frédéric Laurent exerce ses activités de conseil et gestion depuis une vingtaine d'années. Il a choisi de se mettre efficacement au service de l'investisseur particulier -- bien souvent mal conseillé par les institutionnels. C'est dans ce but qu'il a rejoint les Publications Agora en tant que Rédacteur en Chef de Vos Finances, dont cet article est extrait.] Frédéric Laurent
Le Mercredi 20 Avril 2011
http://la-chronique-agora.com/la-catastrophe-japonaise-a-souligne-deux-crises-a-venir-lalimentaire-et-lenergie/#hl-frédéric+laurent
Japon: l'excédent commercial fond de 79%... L'excédent commercial du Japon a fondu de 78,9% en mars sur un an, à 196,5 milliards de yens (1,7 milliard d'euros), plombé par les conséquences du séisme et du tsunami du 11 mars, a annoncé le ministère des Finances aujourd'hui.
En mars, les exportations ont baissé de 2,2% par rapport au même mois de l'an passé, leur premier recul depuis 16 mois, à 5.866 milliards de yens (51 milliards d'euros). Les importations ont augmenté pour leur part de 11,9%, à 5.669,5 milliards de yens (49,3 milliards d'euros), continuant d'être tirées par la hausse des prix du pétrole en lien avec les événements en Afrique du Nord et au Moyen Orient.
"Les importations ont crû davantage qu'attendu, les entreprises ont apparemment acheté davantage de produits pour l'industrie et ont subi la hausse des prix du pétrole, tandis que les exportations ont baissé à cause des suspensions de production", a expliqué Akiyoshi Takumori, du gestionnaire d'actifs Sumitomo Mitsui, cité par Dow Jones Newswires. Il a prévenu que le Japon devrait exceptionnellement subir un déficit commercial en avril et en mai, "ce qui devrait entraîner un recul du Produit intérieur brut au deuxième trimestre", la croissance nippone restant dépendante des exportations.
Chute des ventes de voitures à l'étranger
En mars, les ventes de voitures vers l'étranger ont chuté de plus d'un quart, celles de motos de 12% et celles de bateau de 10% d'une année sur l'autre. Les enregistreurs vidéo se sont aussi nettement moins bien exportés (près d'un quart de moins), tout comme les appareils électroniques audio (-31%) et les téléphones (-17%). Composants essentiel, les semi-conducteurs ont également subi le contrecoup de la crise (-7%). Les constructeurs automobiles et les fabricants d'électronique, grands exportateurs, sont touchés de plein fouet par la catastrophe du 11 mars car ils souffrent d'un déficit d'approvisionnement de la part des nombreux fournisseurs installés dans le nord-est du pays dévasté. Les trois grands groupes d'automobiles nippons, Toyota, Nissan et Honda, ont notamment dû suspendre leurs usines d'assemblage dans l'archipel pendant plusieurs semaines et n'ont depuis redémarré leurs chaînes qu'au ralenti.
Côté importation, la facture pétrolière nippone a augmenté de 15% et celle du charbon de près de 40%. Concernant le charbon, cette hausse est due en partie à une montée de 7,6% des volumes importés: les compagnies d'électricité ont dû élever la production de leurs centrales thermiques pour compenser l'arrêt de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima (nord-est). Les sociétés japonaises ont aussi acheté davantage de biens manufacturés (+19%), notamment des produits sidérurgiques et textiles.
En mars, les importations en volume de légumes ont par ailleurs décollé de plus d'un quart, alors que plusieurs légumes verts produits dans les alentours de la centrale de Fukushima ont été interdits à la vente en raison de taux élevés de radioactivité. La croissance du Japon en 2010 a été largement soutenue par les ventes vers l'étranger, notamment les pays émergents.
La troisième puissance économique mondiale risque donc de souffrir des conséquences de la catastrophe du 11 mars, qui entraîne d'importants problèmes logistiques pour l'industrie en réduisant notamment l'approvisionnement en électricité.
AFP
Le 20/04/2011 06:37
http://www.lefigaro.fr/actualites-a-la-une/
Propos...
Qui, parmi les économistes Euros n'avait pas prévu les conséquences de la catastrophe. La chute des ventes de voitures à l'étranger. Une hausse de près de 40 % de la facture du charbon.
Libellés : Economie, Economie-encrise, Economie-nipponnaise
De... sp et al... le... 9.2.12,








