Chute des investissements et déflation nipponnaise...
24.3.11
C'est jeudi. Le moment du billet qui génère toujours le plus de courriels en tout genre de la part de ses lecteurs, fanas indéfectibles de l'analyse à saveur Euro et nipponnaise de l'éconoencrise. Tout comme d'habitude, l'éconoencrise maintient sa cote de popularité. Même si le nombre de fichiers au répertoire temp est relativement stable. L'action y est moins pressante, mais tout de même d'une stabilité étonnante.
La semaine dernière... Une lecture rarissime. C'est la Reuters qui nous rapportait la dernière étude de l'OCDE, de l'état de la zone euro. Tout indique qu'il y a de lourdes incertitudes qui planent toujours. Que les prédictions indiquent une croissance faible et lente. Que certains pays ont des déséquilibres très marqués, très déficitaires, qui affectent le fonctionnement des autres partenaires. Enfin que le rééquilibrage prendra du temps et sera difficile.
Puis... Une nouvelle de l'écono locale. Le milieu écono de l'Assomption et le ministère du travail n'ont rien vu venir. Les directeurs de l'usine Electrolux annoncent sa fermeture, dans trois ans. C'est l'étonnement total. Comme si personne n'y avait songé, avec le libre échange, des salaires de 19 $ l'heure et le dollar canadien à la parité, l'usine devenait caduque, n'était plus concurrentielle avec d’autres régions éconos dont les coûts de la main d'oeuvres est de 6 $ l'heur et d'entretien sont moindres.
Cette semaine à l'éconoencrise... Nous en sommes à 80 fichiers et en décembre 2010. Des lectures qui instruisent, que vous ne trouverez pas ailleurs, il va sans dire.
En première lecture... De retour à l'internationale. Une lecture exceptionnelle. Cette fois nous effectuons un détour par un pays ignoré souvent, la Suisse. Il y a, de 2008 à 2009, un repli spectaculaire des investissement transfrontalier, à l'étranger. Si vous ne saviez pas que les entreprises helvétiques employaient dans leurs filiales à l'étranger 2,6 millions de collaborateurs, soit 28'000 de moins qu'en 2008, maintenant vous en êtes informé.
En seconde... Une autre de ces lectures exceptionnelles. C'est un étudiant à la maîtrise du commerce international de l'université d'Orléan, qui nous propose un regard sur l'écono nipponnaise. Sa déflation et sa sortie de crise prévue par la Banque du Japon pour fin 2011 ou début 2012... Si vous y croyez, évidemment. Prévision devenue improbable depuis la catastrophe du tremblement de terre et du tsunami, bien sûr. Bonne lecture.
CH/BNS: nouvelle chute des investissements directs à l'étranger en 2009Les investissements directs de la Suisse à l'étranger ont encore plongé l'an passé de près de 40% à 36,2 milliards de francs. La chute reflète le repli des acquisitions dans l'industrie, récession oblige. L'emploi a fléchi pour la première fois depuis 2003 dans les filiales à l'étranger.
En 2008, les investissements directs de la Suisse à l'étranger s'étaient établis à 59,9 milliards de francs, marquant un repli de près de 20%. L'an passé, le secteur de l'industrie a beaucoup moins investi que l'année précédente, soit 13 milliards de francs, contre 39 milliards en 2008, rapporte mardi la Banque nationale suisse (BNS) dans son étude annuelle.
Le tassement reflète pour l'essentiel le plongeon des acquisitions transfrontalières, pour lesquelles les entreprises industrielles suisses ont investi 3 milliards de francs, contre 25 milliards en 2008. La contraction a concerné toutes les branches de l'industrie.
Dans le secteur des services, les investissements directs ont en revanche augmenté de 2 milliards de francs, à 23 milliards, avec toutefois une évolution contrastée selon les activités. Les sociétés du groupe "Commerce" ont ainsi investi nettement plus qu'en 2008, soit 15 milliards, contre 6 milliards.
Après avoir cédé des participations à hauteur de 8 milliards de francs en 2008, les compagnies d'assurance ont investi plus de 6 milliards hors du territoire helvétique. Les banques ont également accru leurs dépenses à l'étranger, leurs investissements grimpant à 3,4 milliards, contre 1 milliard un an auparavant.
A l'inverse, les sociétés financières et holdings se sont désengagées, cédant des filiales pour 6 milliards, alors qu'elles en avaient acquis pour 21 milliards une année auparavant. Au niveau de la répartition géographique, l'Asie a représenté la destination privilégiée des investissements helvétiques, ceux-ci s'y montant à 10 milliards de francs, dont 2 au Japon et à Singapour.
En Amérique centrale et du Sud, les firmes suisses ont investi 9 milliards de francs, principalement dans les centres financiers offshore (7 milliards). Traditionnellement conséquents aux Etats-Unis, les investissements directs helvétiques y ont dégringolé, passant d'une année à l'autre de 40 à 5 milliards.
Les sociétés suisses ont investi 12 milliards de francs dans l'Union européenne, 4 milliards de moins qu'en 2008. Le Royaume-Uni a constitué le principal récipiendaire de ces investissements avec 8 milliards, contre un solde négatif de 12 milliards en 2008. Pas moins de 7 milliards ont pris la direction des Pays-Bas et 3 milliards celle de l'Allemagne, ce dernier montant étant le plus faible depuis 2004.
Dans l'ensemble, les revenus des investissements directs à l'étranger se sont inscrits à 56,3 milliards de francs l'an passé. Ils ont ainsi retrouvé le niveau atteint avant la crise, après avoir chuté à 7,9 milliards en 2008. La chute était alors liée aux importantes pertes des banques helvétiques hors de leurs frontières.
Au total, les entreprises helvétiques employaient dans leurs filiales à l'étranger 2,6 millions de collaborateurs, soit 28'000 de moins qu'en 2008. Il s'agit du premier tassement observé depuis 2003. Les firmes suisses ont principalement supprimé des emplois aux Etats-Unis et en Europe, pour en créer en Asie.
L'attrait de la Suisse auprès des investisseurs étrangers s'est encore confirmé l'an passé, ces derniers ayant acquis plus d'entreprises helvétiques, tout en accroissant leurs investissements dans leurs filiales suisses. Ces importations de capitaux se sont envolées de 78,8% à 29,3 milliards de francs.
Reste que ces investissements accrus n'ont pas forcément été payants. L'an passé, les capitaux étrangers investis en Suisse ont rapporté 38,1 milliards de francs, contre 46,2 milliards en 2008. Les sociétés financières et holdings ont en particulier gagné moins d'argent. Au total, les entreprises en mains étrangères employaient 419'100 salariés, 5% de plus qu'un an auparavant.
Zurich (awp/ats)
AWP/14 décembre 2010 12h15)
http://www.romandie.com/news
2011, une nouvelle année de déflation pour le Japon...La déflation, ce mal chronique japonais, est de retour depuis mars 2009. Seul remède : relancer les exportations. Un défi que le Japon ne surmontera pas avant un an.
Le PIB japonais n’a cessé d’augmenter depuis un an et le taux de croissance de l’économie au troisième trimestre 2010 a largement dépassé celui du second trimestre. La Banque du Japon prévoit que l’indice des prix à la consommation redeviendra positif au cours de la prochaine année fiscale et qu’il continuera d’augmenter.
Même si ces deux indicateurs économiques laissent entrevoir une relance économique, le gouvernement et la Banque du Japon restent prudents, soulignant que le pays n’est pas encore sorti de la récession. La hausse exceptionnelle du PIB entre juillet et septembre est en grande partie due aux nombreux achats de cigarettes et de voitures écologiques effectués avant le que prix du tabac ne subisse une augmentation et que la suppression de la prime écologique ne soit effective.
Le gouvernement redoute également qu’une dégradation de la situation économique dans les pays étrangers, et notamment en Europe, ne se répercute sur l’économie japonaise. Il craint aussi que le taux de change désavantageux du yen avec le dollar ne freine la demande extérieure. La Banque du Japon estime que le pays mettra du temps à sortir de cette période de déflation à cause d’un indice des prix à la consommation négatif depuis plusieurs mois.
La déflation est un phénomène qui frappe régulièrement l’économie japonaise. La dernière grande période de déflation est survenue au début des années 90 avec l’éclatement de la bulle financière au Japon.
Une politique d’assouplissement quantitatif pour un redressement éphémère
Les cours de l’immobilier et des actifs, qui avaient atteint des records à la fin des années 80 au Japon, ont brusquement chuté et les taux d’intérêts particulièrement élevés à l’époque ont provoqué un endettement sévère et de long terme des entreprises et des ménages. Les capitaux étrangers investis dans l’immobilier japonais notamment pas les Etats-Unis ont été réinvestis dans d’autres pays, ce qui a occasionné un ralentissement de l’activité. Les taux d’intérêts très élevés à l’époque ont freiné la consommation des ménages, ce qui a entraîné une déflation au Japon. Cette déflation a provoqué une diminution des marges des entreprises japonaises et une augmentation significative du taux de chômage.
Pour sortir de cette déflation, la Banque du Japon a pris comme mesure principale d’abaisser son taux directeur afin de relancer la consommation. Ce taux a été abaissé à 0,5% en 1995 pour atteindre 0% en 1999, mais cette mesure radicale n’a pas permis pour autant de sortir le Japon de la déflation. Le Japon ne réussira à s’en extirper qu’entre 2004 et 2006 grâce à une politique d’assouplissement quantitatif opérée par la Banque du Japon, qui a injecté des liquidités dans les banques commerciales japonaises pour favoriser la résorption des crédits.
Malheureusement, cette période de redressement économique n’a été qu’éphémère, le Japon replongeant à nouveau dans la déflation – certes dans une moindre mesure – quelques années plus tard. La déflation a ainsi fait son retour en mars 2009, et les prix à la consommation n’ont cessé de chuter jusqu’à très récemment.
La Banque du Japon prévoit une sortie de la déflation pour fin 2011 ou début 2012 Cette nouvelle période de déflation s’explique en partie par la crise économique récente. La forte appréciation du yen porte préjudice aux exportations japonaises et la demande extérieure des pays asiatiques en produits et services japonais stagne. Les exportations représentant 50% du PIB japonais, cela pose un véritable problème pour l’économie japonaise.La balance du Japon reste excédentaire pour le moment mais le Japon doit trouver un moyen de relancer ses exportations. Le problème des exportations en soulève un autre : celui de l’écart entre l’offre et la demande au Japon. La production de biens et services excède largement les demandes domestiques et étrangères, ce qui provoque la diminution des prix sur le territoire japonais. L’indice des prix à la consommation qui a commencé à chuter en mars 2009 est resté négatif jusqu’à peu. Ceci est lié à une consommation des ménages japonais en berne et à une baisse des prix qui s’est poursuivie pendant plusieurs mois d’affilée.
Le retour à une politique proche du taux zéro (0,1% en octobre) n’a pas réussi à changer la donne et la consommation des ménages reste globalement stagnante. Néanmoins, depuis plusieurs mois, l’indice des prix à la consommation a augmenté pour redevenir positif (+0,02%) en octobre 2010. Le taux de croissance du PIB est quant à lui en augmentation depuis plus d’une année. La Banque du Japon prévoit ainsi une sortie de la déflation pour fin 2011 ou début 2012...
En cette période d’instabilité économique et malgré des environnements très différents, il est intéressant de constater que la France et le Japon ont adopté certaines mesures similaires. En France par exemple, le prix du tabac augmente régulièrement et la politique de prime à la casse sera supprimée à la fin de l’année.
Par JAPANECHO
Benoît ALLAIN
Etudiant en 1ère année de Master de Langues et Commerce International à l’Université d’Orléans. le ven, 17/12/2010 - 14:41
Propos...
Vraiment étonnant, tous ces changements.
Depuis la catastrophe, lire toutes ces prévisions et ces analyses de l'écono en crise nipponnaise, nous laisse un peu perplexe. Et songeurs.
Notre associé à l'éconoencrise se demande, combien de temps encore pouvons-nous tenir compte de toutes ces analyses, précédant la catastrophe, dans l'évolution de l'écono nipponnaise pour 2011. Impossible de le prédire. Toutefois, nous pouvons dire que ce sera vraiment différent, après. Il faudra plutot, regarder de plus près l'évolution des exportations nipponnaises.
Libellés : Economie, Economie-encrise, Economie-nipponnaise
De... sp et al... le... 24.3.11,







