Autominorisation des Québécois bâââlingues...
18.12.08
Naturellement... Après les sujets favoris de tous tel que ces médias qui nous abrutissent, les conflits travail/syndicats à saveur politique et l'indenté appartenance des souverainistes canadiens, quoi de mieux que repasser une autre opinion du débat linguistique, sans fin.Cette fois c'est le célèbre enseignant et politologue, Christian Dufour, qui nous rappelle comment le seul peuple de langue française des trois Amériques, s'autominorise. C'est à dire... Écrase l'importance de sa langue maternelle et sa culture, malgré une majorité indéniable, en adoptant le même statu que les immigrants. C'est à dire bailingue. À ce propos...
Qui ne se souvient pas de la réaction de dégoût des militants dumontistes, colonisés par l'anglo-saxon canadian, lorsque la cheffe du PQ a démontré que son «anglais», pour ne pas dire «américain», était moins que parfait. C'est à dire, avec un accent français. Donc...
Si vous avez encore à l'esprit les déclarations de la ministre anglophone de l'immigration, Yolanda James, à l'effet que le français est une langue facultative pour les immigrants, ne soyons pas surpris alors de trouver pourquoi les petits québécois sont forcés d'apprendre la langue de George Bush dès l'âge de 6 ans, jusqu'à la fin du collégial, sinon pas de diplôme.
Ce qui relève plutôt de la colonisation, par autominorisation, que du domaine linguistique. Voici donc quelques explications du politologue Dufour, qui valent leur pesant d'or.
Tous bilingues ?
Dans la mesure où l'on peut se fier aux statistiques, les francophones québécois sont donc très bilingues pour un groupe qui se veut majoritaire. C'est tout particulièrement le cas de ceux qui travaillent et habitent à Montréal, bilingues aux trois quarts, et des francophones actifs de la grande région de Montréal, bilingues aux deux tiers. Tout porte à croire que ces niveaux de bilinguisme sont en progression. On se demande donc où peut bien être le problème important et urgent décelé par les élites québécoises au sujet du bilinguisme des francophones. À moins, bien sûr, que le bilinguisme universel et généralisé ne soit devenu une exigence en soi, une idéologie décrochée de la réalité et des besoins.
Déjà bilingues à des degrés divers, les Québécois n'ont pas à le devenir tous et de la même façon. Les besoins en ce qui a trait à la connaissance de l'anglais varient considérablement en fonction du type de profession, de l'endroit où l'on vit, des intérêts, goûts et ambitions de tout un chacun. Il va de soi enfin que les francophones hors Québec et les minorités ethniques québécoises - ces dernières données en exemple dans le rapport Bouchard-Taylor! - ne sauraient servir de modèle, à moins que l'on ne veuille engager les francophones québécois dans un processus accéléré d'assimilation analogue à celui qui affecte ces deux groupes.
Les Québécois sont déjà objectivement très exposés à l'anglais - ouvrez un poste de télévision, même à Chicoutimi -, ils sont littéralement pénétrés par cette langue qu'il leur est relativement plus facile d'apprendre que pour la plupart des habitants de la planète - exception faite des Danois, des Norvégiens, des Suédois, des Néerlandais (...). Comment expliquer autrement qu'une Québécoise unilingue comme Céline Dion ait pu apprendre l'anglais à un âge relativement tardif - 17 ans -, atteignant un tel niveau de maîtrise de cette langue qu'elle est en mesure de l'emporter sur ses rivales anglophones? Cela dit, Céline Dion a gardé et gardera vraisemblablement toujours un accent français quand elle parle anglais, n'en déplaise à ces jeunes libéraux qui voudraient que les Québécois parlent un parfait anglais dans l'avenir.
Statut inférieurLes Québécois ont un problème, mais ce n'est définitivement pas qu'ils ne sont pas tous parfaitement bilingues. En fait, c'est le contraire qui constituerait une régression. Pour les employeurs, exiger systématiquement le bilinguisme comme on recommence à le faire, indépendamment des besoins réels de l'emploi, par principe et par snobisme, sous prétexte d'ouverture au monde, mais aussi parce que le supérieur hiérarchique ne parle pas français, c'est revenir au bon vieux temps des Canadiens français qui ne pouvaient trouver d'emploi s'ils ne parlaient pas anglais et devaient supporter seuls le poids du bilinguisme. C'est faire des unilingues français qui le resteront des citoyens dont le statut sera inférieur - «ils ne sont même pas capables de parler anglais !». C'est diminuer le statut du français seul, quand il n'est pas accompagné de l'anglais.
Le jour où les unilingues français comme Pierre Lapointe, qui s'est hissé au sommet dans son domaine sans maîtriser l'anglais, deviendront des citoyens de seconde zone, le côté ethnique de la culture québécoise se mettra à enfler. Déjà, il est profondément troublant que l'on ridiculise Pauline Marois, après qu'elle eut prouvé pendant 25 ans ses qualités de politicienne, du seul fait que l'on vient supposément de découvrir qu'elle ne parle pas bien anglais.Cette désapprobation, qui ne sanctionne aucune lacune concrète, est un signe qui ne trompe pas d'un affaiblissement identitaire québécois au détriment du français: désormais, un aspirant premier ministre du Québec devrait par principe - tout est là - être bilingue. Quand ils se moquent de l'anglais de Mme Marois, nos beaux rieurs sont-ils conscients qu'avec leur nouveau Québec bilingue, c'est une question de temps avant que, juste retour des choses, le premier ministre du Canada n'ait plus, lui, à parler français?
Cela remet à sa juste place cette distinction, que l'on n'a pas manqué de faire dans ce débat, entre le bilinguisme individuel et le bilinguisme institutionnel. Les deux seraient fondamentalement différents: le premier ne pourrait qu'être une bonne chose, alors que le second ne serait pas objectivement souhaitable. C'est oublier que les deux catégories ne sont pas hermétiquement séparées et que la généralisation du bilinguisme sur le plan individuel ne pourra qu'avoir des conséquences politiques de nature collective. À sa façon, le débat politique ouvert par la déclaration de Mme Marois le montre, de même que certains commentaires suscités par son niveau personnel de bilinguisme.
Christian Dufour
L'auteur est politologue et enseigne à l'École nationale d'administration publique. Nous publions ici un extrait de son nouveau livre «Les Québécois et l'anglais - Le retour du mouton» (Les Éditeurs Réunis) qui sort en librairie aujourd'hui.
le 22 octobre 2008
Propos...
C'est au lecteur non québécois de conclure. Est-ce que les Québécois, seul peuple francophone des Amériques, sont nés et puis tous instruits par leurs parents, leurs écoles et collèges et universités à devenir des moutons «bâââlingues» ?... Afin de vivre leur vie au service de la langue et culture des anglophones et des immigrants ?...
La ministre libérale et anglophone de l'immigration, diplômée de l'unilingue Concordia, Yolanda James, dit aux immigrants qui choisissent le Québec que le français est facultatif, n'est pas obligatoire, malgré l'écrasante majorité de 82% de francophones. Étant donné que la Loi 101 n'est plus opérante et ignorée de tous.
Est-ce donc comme ça et pour ça que la nouvelle cheffe du PQ souverainiste, Pauline Marois, s'est autominorisée en apprenant et utilisant la langue de l'immigrante, Yolanda James ?...
Libellés : Linguistique, Vient-de-paraitre
De... sp et al... le... 18.12.08,
6 Commentaires:
- Le.. samedi, 20 décembre, 2008, a dit...
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Note aux fanas du débat intégration-immigration.
Dans l’actualité cette semaine, les Azzurris du Bleu nous ont rapportés qu’ils ont vu aux nouvelles de la télé canadienne, cfcf 12, une enfant de la Loi 101, ministre libérale de l’immigration, Yolanda James, réciter son serment d’office dans la langue de l’anglo-saxon canadian.
Si… Vous aviez des doutes que le Loi 101 et un Parti Québécois au gouvernement, étaient des facteurs d’intégration des immigrants à l’unité anglo-canadienne, vous avez là votre confirmation.
Comprenez-vous maintenant pourquoi la cheffe Marois, autominorisée, répond aux canadians et immigrants dans leur langue. Et non française.
ch - Le.. samedi, 20 décembre, 2008, a dit...
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Yolanda n'a pas d'accent français, lorsqu'elle parle aux québécois en américain. Vive la Loi 101 péqébécois !...
md - Le.. dimanche, 21 décembre, 2008, a dit...
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Aux fanas et grand amateurs du politico Dufour, vous ne devriez pas rater cette lecture, aussi...
Christian Dufour contre les moutons
Louis Cornellier
Le Devoir samedi 08 et du dimanche 09 novembre 2008...
Bonne lecture...
sh - Le.. mardi, 23 décembre, 2008, a dit...
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Il y a aussi cet autre bout du livre du politologue Dufour...
« Ce sont moins les immigrants ou les anglophones qui posent problème qu’une partie des francophones eux-mêmes, tentés d’abdiquer l’essentiel sous couvert d’ouverture au monde », affirme-t-il.
Dans ce contexte, l’anglais n’est plus synonyme de volonté de réussite ou d’excellence, mais d’abdication identitaire et de médiocrité qui feront des unilingues français des citoyens de seconde zone.
Le jour où tous les Québécois seraient bilingues par principe et indépendamment des besoins, quelle motivation auront les anglophones pour apprendre le français ? Quelle dévalorisation en découlera-t-il pour le français ? Quel rétrécissement du marché en résultera-t-il pour les produits culturels francophones, les émissions de télé et de radio, les livres, les films, les disques ?
Toutes les cultures comportent un bassin d’unilingues qui font vivre leur langue. Le problème du Québec n’est pas que ses citoyens ne sont pas bilingues, mais qu’ils sont prisonniers d’une dynamique d’échec, tentés par la médiocrité et l’abdication.
Les Québécois et l’anglais, Le retour du mouton, par Christian Dufour aux éditions LER, ISBN : 978-2-89585-033-5, 168 pages.
Source... http://www.quebeclibre.net/spip.php?article474
De plus en plus intéressant.
Gigi - Le.. vendredi, 26 décembre, 2008, a dit...
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Et si par bonheur vous croisez le chemin du riche et célèbre canadian Jos Facal, au Carrefour Laval, il faudrait demander…
«À compter de quel âge avez-vous été intégré par les péqouistes canadiens, bâââ-lingues ?…»
sp - Le.. vendredi, 26 décembre, 2008, a dit...
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Avec des souverainistes canadiens comme Jos, pas étonnant que le PQ ait lamentablement échoué à la souveraineté baaalingue, depuis trente ans.











