Un carnet bleu...

Propos lavallois d'actualité politique, économique, fiscale, linguistique, footiste et autres bidules, en différé... printemps...

Abrutis de la cible mobile libératiste...

Il semble que nous n'y échapperons pas. La politique rigolote, sinon idiotifiante, version québécoise, est ainsi faite semble-t-il.

À chaque volontaire que la pupiteuse a consigné un ou deux articles politiques à lire, les intros et les conclusions proposées en retour, ne cessent de faire ressurgir un nombre étonnant d'abrutissements, supplémentaires. Cette fois, piégés par une autre stratégie fort bien connue des libératistes du Qouibec Liberal Parti, la cible mobile. Hé oui...

Une stratégie connue de tous les lecteurs réguliers, vieux routiers du débat politique depuis les forums de la cyberpresse et ses personnages colorés et célèbres, dont les irremplaçables Dom Cournoyer et Tétraèdre. Une stratégie qui va, plutôt, prendre en défaut les novices qui ne se sont pas constitués des archives. Ou qui n'ont pas trop approfondis leurs lectures politiques avec les billets traitant des magouilles «libératistes».

Donc... Sans plus tarder, la fébrilité étant palpable d'ici, tous en attente de voir les noms de ces abrutis, cette fois, allons au premier article et première estomaquée, moquée et renversée, qui en a surpris plusieurs. Pas du tout, pour d'autres...

«Mme Jérôme-Forget s’est moquée de nous pendant la campagne électorale»
Pauline Marois était de passage à Québec, cette semaine, pour tâter le pouls de la population et de quelques intervenants de différents milieux afin d’être bien au fait des préoccupations des Québécois en vue de la prochaine session parlementaire qui débutera le 10 mars prochain. (...)

«Je suis absolument estomaquée de voir Mme Jérôme-Forget avoir l’attitude qu’elle a eue cette semaine. Comme si elle découvrait depuis une semaine et demie qu’il y avait un problème de déficit qui allait apparaître! Elle s’est moquée de nous pendant la campagne électorale en disant qu’elle avait fait de bonnes prévisions, qu’elle avait des réserves et qu’il n’y aurait pas de déficit», a-t-elle pesté d’entrée de jeu. Le Parti québécois avait plutôt convenu qu’un déficit allait être inévitable, lors de la dernière campagne électorale.

La chef du PQ a d’ailleurs insisté sur le fait que son parti allait être très exigeant envers le gouvernement Charest en ce qui a trait au respect de ses engagements, particulièrement en matière d’investissements dans les infrastructures. Pauline Marois croit d’ailleurs que les partenariats publics privés «n’ont pas fait la preuve que c’est ce qui faisait économiser et que les projets allaient se faire rapidement».

Pour elle, l’aide aux consommateurs proposée par le gouvernement est «trop timide et insuffisante». Elle souhaite qu’on stimule l’économie immédiatement, contrairement à ce qui se fait dans le programme de rénovation actuel. Ce programme «n’est pas mauvais en soi, mais les montants sont trop élevés, et le retour ne vient pas tout de suite».

Intervenir ou pas dans la Caisse de dépôt et placement?
«On ne prône pas nécessairement d’intervenir dans la Caisse de dépôt et placement. Cependant, nous pensons que le gouvernement fait fausse route en mettant l’accent, dans ses attentes à l’égard de la Caisse de dépôt et placement, sur le rendement à court terme […] Ils n’ont pas seulement joué à la bourse, ils ont perdu à la bourse», critique la chef de l’opposition à l’Assemblée nationale. (...)

Elle a d’autre part reproché à Jean Charest d’être absent, dans ce dossier de la Caisse de dépôt et placement. «Il se cache ces temps-ci [alors qu’il] faut réparer les pots cassés». Elle se demande d’ailleurs pourquoi les contrats des membres de l’administration n’ont pas été renouvelés. Selon elle, cette attente crée de l’insécurité dans la population. «Il faut qu’on ait un débat public sur les orientations de la Caisse […] Aussitôt que les résultats financiers seront déposés, la Caisse devrait se retrouver en Commission parlementaire.» (...)

Toutefois, il y a encore des problèmes importants au niveau de la pauvreté et du logement. Après avoir rencontré, dans la journée, quelques intervenants en milieux sociaux, elle a pris conscience du niveau très bas d’inoccupation de logements, et particulièrement de ceux à coût modique. Elle croit que des investissements dans le logement social s’imposent.
Luc Fournier
Québec Hebdo - le 14 février 2009 à 14:20


Propos...
Bien sûr, dans cet entretien plutôt local, la cheffe canadienne du PMQ, Pauline Marois, a omis d'exprimer son indignation de s'être fait piégée, dans la magouille «secrète» du contrat entre l'Alcan et le gouvernement de John Charest.

Mais, si la cheffe Marois était déjà à cette date dans un état de moquée, estomaqué et renversée par le changement du discours libératiste, inversement proportionnel à ce que la Ministre Forget disait durant la campagne électorale, d'un équilibre budgétaire elle est passée à un déficit assuré, trois jours plus tard, le 17, Pauline complétait son abrutissement.

Voici la citation de l'éditorialiste Gilbert Lavoie... «Les libéraux n'ont vraiment aucune gêne. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, ils ont volé à Pauline Marois l'idée de cesser les cotisations au Fonds des générations pendant un an pour consacrer cet argent à la stimulation de l'économie...»

Non mais... Combien de fois faut-il se faire abrutir par la stratégie libérale de la cible mobile ?... Une fois par le discours d'un budget équilibré durant la campagne électorale, à celui d'un déficit une fois élus majoritaires. Une deuxième fois par un vol de proposition, pour consacrer un peu plus de ressources financières à combattre le ralentissement économique. Pôvre cheffe du PMQ...

M'enfin... Mince consolation, elle n'est pas seule. On a, incroyablement, trouvé un autre abrutissement découlant du jeu de la cible mobile, de la Ministre Forget. Celui-ci va en surprendre plusieurs, puisqu'il ne s'agit pas d'un politicien, mais d'un amateur de l'info, plutôt. Hé oui ...

C'est à dire, un employé de la Pesse de Gesca qui, payé pour écrire, nous dit qu'il est un amateur de la politique. Qu'il s'est fait abrutir par le discours «lunettes roses» de la Ministre Forget durant la campagne électorale. Discours qui vient de changer, selon les particularités de cette stratégie de cible mobile, évidemment.

Qui plus est, pour se désincarner de l'état d'abrutissement, il nous sert le plat réchauffé de «Par exemple...». Fort joli !...

Monique casque, Charest se cache
(...) On pourra dire de Monique Jérôme-Forget qu'elle n'a pas dit toute la vérité lors de la dernière campagne électorale. Ou on pourra lui reprocher d'avoir sorti de belles grosses lunettes roses de sa célèbre sacoche. Mais on ne pourra certainement pas lui reprocher d'être déloyale envers son chef et de se défiler quand ça chauffe. Depuis trois jours, Mme Jérôme-Forget s'est transformée en gilet pare-balles pour Jean Charest et elle a pris toutes les volées de plomb.(...)

Il ne s'agit pas, évidemment, de décharger la ministre des Finances de ses responsabilités ni d'excuser ses prévisions jovialistes de la campagne électorale. Considérant, toutefois, l'écart abyssal entre ce que ce gouvernement nous a dit pendant la récente campagne et la réalité, Jean Charest nous doit certainement quelques explications.

Par exemple, pourquoi avoir promis l'équilibre budgétaire, alors que tout indiquait que nous nous dirigions vers un déficit? Je me souviens d'avoir posé la question suivante au premier ministre (sa ministre des Finances était à sa gauche) en tout début de campagne: crise économique = moins de revenus pour l'État, qui, par ailleurs devra dépenser davantage. Pouvez-vous, donc, exclure aujourd'hui un retour au déficit et des hausses de tarifs?

Je ne me rappelle pas toutes les arabesques dans sa réponse, mais, en gros, le premier ministre m'avait répondu: ne vous en faites pas, l'équilibre budgétaire est assuré, même sans hausses de tarifs. Après les revirements des derniers jours dans les finances publiques du Québec, doit-on aussi conclure que les hausses de tarifs, comme le déficit, sont maintenant inévitables?

Ne manquerait plus que ça pour finir de «brûler» Monique Jérôme-Forget. (...) Les libéraux peuvent bien brûler Monique Jérôme-Forget pour sauver Jean Charest. Il se peut même que cela fonctionne et que l'on passe l'éponge, dans 12 ou 18 mois, si la reprise attendue se confirme. À court terme, toutefois, cette stratégie ne peut que nuire à l'économie du Québec parce qu'elle effrite encore un peu plus la confiance. Les Québécois avaient déjà perdu confiance dans les marchés, dans l'économie en général et dans le marché du travail. Ils ont maintenant de bonnes raisons de perdre confiance en leur gouvernement.

Sous-estimer l'ampleur des problèmes en campagne électorale pour ensuite égrener le chapelet des mauvaises nouvelles ne fera rien, en effet, pour faire remonter le niveau de confiance. Que savait vraiment Jean Charest lors de la dernière campagne électorale à propos de la Caisse de dépôt, sur le déficit ou sur les coupes à la péréquation?

On ne le saura jamais avec certitude, mais de deux choses l'une: soit il savait, ce qui trahirait un opportunisme politique primaire; soit il ne savait pas, ce qui est paradoxal pour un chef qui se fait élire en prétendant être le mieux placé pour faire face à la crise.
Vincent Marissal
La Presse - le 13 février 2009 à 06h56


Propos...
C'est le 13 février, soit quelques 65 jours après la fin de la campagne électorale, que le chroniqueur employé de la libérale Pesse de Gesca, bien expérimenté qu'il est, s'aperçoit qu'il a été abrutit par une stratégie de «sous estimation» libérale. En parlant d'équilibre budgétaire grâce à des réserves, de la part de la Ministre Forget.

Il veut nous faire croire, aujourd'hui, qu'il découvre avec étonnement que la Ministre casque. Quelle savait, mais n'a pas dit toute la vérité. Qu'elle parlait d'équilibre budgétaire durant l'élection, sachant fort bien qu'elle allait jouer la «mobile» en passant à un déficit, quelque mois plus tard. Mais, pas lui.

Oui, on ne saura jamais avec certitude s'il s'agit d'opportunisme libéral primaire, mais tous les vieux routiers de la politique savent fort bien comment fonctionne la stratégie de la cible mobile, pendant une campagne électorale. Et comment elle se transforme, après. Ce que, de toute évidence, ce professionnel amateur de chronique n'a jamais analysé et compris. Plus abrutissant que ça, tu...

Dans ce cas, je ne surprendrai aucun lecteur régulier en disant... Vous avez ici une autre explication du pourquoi, la précédente chronique lue et archivée de cet employé de la Pesse de Gesca date du 31 mars 2008. Et qu'il s'agissait à ce moment là d'une chronique qu'il a écrit le 22 mars 2000. Entre temps... Rien...

Libellés :

De... sp et al... le... 26.2.09,

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