Un carnet bleu...

Propos lavallois d'actualité politique, économique, fiscale, linguistique, footiste et autres bidules, en différé... printemps...

Au Québec « full » anglais et au travail...

Quel bonheur !... C'est enfin le retour des joyeuses vacances. Des vacances reposantes pour certains, les voyageurs. Mais aussi fatigantes, pour les sportifs qui ont sans doute les muscles endoloris « au boutte » et qui méritent un bon repos.

Quel bonheur aussi, comme de coutume à ce moment de la nouvelle année, de retrouver et de souhaiter la bienvenue à nos collègues Maria et Lucie, suisesses et déesses de la vérification qui sont de retour parmi nous pour une nouvelle haute saison de la fiscalité qui s'annonce chaude, encore cette année.

Nous en somme donc à un premier billet transition du mardi, de l'an 2011. En alternance avec le célèbre et populaire média bashing, nous débutons avec une autre perspective du combat de la langue et linguistique. Pour le très grand bonheur de ses fanas indéfectible qui crient famine depuis des mois.

Tout de même, un rappel du dernier billet médias bashing, le 21 décembre dernier. En premier... Nous avons fait connaissance avec le nouvel éditeur adjoint et vp à la pesse de geska, Éric Trottier. À qui nous souhaitons tous, les meilleurs des chances dans ses nouvelles fonctions. Pour une boite 100% syndiquée comme la pesse, qui cultive le modèle du vedettariat des américains, c'est certains qu'il devra passer quelques nuits blanches accaparées par la gestion archi compliquée, parfois chaotique, de quelques 500 professionnels surpayés de l'information.

En second... Nous avons eu droit à une lecture « à gogo », disait notre associé aux médias. Une chronique du célèbre assimilé de l'anglo-américain, Rich Martin, nous rappelais l'état de « syndicat » évident de la FPJQ. Contre Quebecor et pour la convergence de la Radiocan et la pesse de geska, deux organisations fédéralistes évidemment.

Cette semaine à la transition... D'autres vieilles lectures classiques pour éloigner les pros des journaux, en reprise du très populaire combat linguistique. Nous en sommes à 44 fichiers. Ça baisse, quoi. ...

En première lecture... Deux personnalités différentes. Une peu connue, l'autre très connue et régulière du site Vigile, nous transmettent leur point de vue linguistique de cette grande ville déficitaire, Montréal, qui est devenue la plus grande de langue anglaise, semble-t-il. Pas étonnant quand on sait, à priori, que le maire Tremblay est un libéral notoire, donc anglocisé et « full » bailingue. Et qui, tout comme Pauline Marois et ses pékistes, répondent en «anglais» aux anglophones et immigrants. Plus colonisé que ça, tu meurs.

En seconde... Un reportage fort révélateur. Au 78 ième congrès de l'Acfas il semble que le constat est évident. Les immigrants doivent maitriser la langue de l'anglo-saxon canadien pour se dénicher un travail, à Montréal. Ce qui est tout à fait conséquent avec l'imposition obligatoire de « l'anglais » dès l'âge de six ans à l'école et collèges de langue française. En prime, les commentaires laissés à la suite de ce reportage sont tout à fait éloquents. Prenez un moment de répit pour en lire quelques uns, si vous en avec le temps. Bonne lecture...

Le Québec anglais
Alors que Montréal devient officiellement la plus grande ville de langue anglaise du Québec, son maire se pavane avec des plans de modernisation pour un échangeur! Quant au premier ministre, qui hausse à 55 000 le nombre d'immigrants admissibles à venir s'installer au Québec, il les prive de leurs cours de francisation et d'intégration à la société québécoise!

Faut-il être démographe, statisticien ou mathématicien pour comprendre qu'au rythme où le Québec s'anglicise, l'espoir que les générations futures parlent, écrivent, travaillent en français, s'avère pour ainsi dire inexistant?

Le Québec, sous nos yeux, est en train de subir le sort qu'ont connu les provinces canadiennes. Les écoles de langue française ne sont pas interdites, comme ce fut le cas en Saskatchewan et au Manitoba, mais on supprime les classes de français destinées aux immigrants! Cela ne revient-il pas au même? Pour chaque immigrant qui s'anglicise, c'est un Québécois qui meurt.

Comme si cela n'était pas suffisant, il faut bien enfoncer le clou, les juges de la Cour suprême, s'appuyant sur la constitution canadienne que le Québec n'a jamais endossée, ont complètement dévitalisé la loi 101 (amendée plus de 200 fois), ramenant sur le territoire québécois le concept de libre choix, c'est-à-dire le choix de vivre en anglais dans un État qui a (ou plutôt avait), le français pour langue officielle.

Aux compressions dans la francisation, s'ajoute le financement disproportionné des institutions de langue anglaise dont celui de la construction d'un mégacentre hospitalier qui nous coûtera plus de 1 milliard de dollars et qui nous permettra de nous faire soigner en anglais. Ce ne sont pas les entrepreneurs qui s'en plaindront...

Et puisque les droits de scolarité et les loyers sont, dans l'ensemble, moins chers au Québec que dans le Canada, de nombreux Canadiens viennent s'y établir, rassurés qu'ils sont que le Québec ne deviendra jamais indépendant et que l'on peut y vivre sans connaître un seul mot de français.

À ces facteurs
, il convient de prendre en compte le peu de fierté qu'éprouvent les Québécois, ce qui inclut leurs politiciens, à parler l'une des plus belles langues au monde; leur indifférence quant au destin qui les guette; le sentiment d'infériorité qui les habite et leur lâcheté.

Être Québécois n'est pas facile. Nous sommes entourés de Canadiens et d'Américains. Nous sommes gouvernés, tant à Ottawa qu'à Québec, par des Canadiens dont les valeurs et les intérêts sont incompatibles aux nôtres. Mais si nous refusons de nous battre pour ce qui fait notre beauté, notre différence, notre force, notre identité, qui le fera?

France Bonneau et Caroline Moreno
Les auteures sont respectivement poète et romancière.
Le 25 avril 2010

Les immigrants doivent maîtriser l'anglais pour trouver un bon emploi
L'exode des anglophones hors du Québec est bel et bien terminé.


On assiste maintenant à un revirement spectaculaire de la situation. Entre 2001 et 2006, la population anglophone de la région montréalaise a connu une croissance sans précédent dans l'histoire du Québec, tandis que la population francophone a quant à elle reculé. Le pouvoir d'attraction de l'anglais ne se dément pas, car la langue de Shakespeare est gage d'emploi intéressant et lucratif au Québec, même si la langue de la majorité y est pourtant le français.

Les données des recensements de 2001 et de 2006 montrent que la population de la région métropolitaine de Montréal ayant pour langue maternelle l'anglais a connu une croissance de 6,3 % — grâce à 20 000 nouveaux locuteurs — alors qu'elle déclinait depuis le milieu de la Révolution tranquille, la Crise d'octobre et l'élection d'un gouvernement souverainiste en ayant fait fuir plusieurs.


Pendant ce temps, la population de langue maternelle française est demeurée stable. Ces données signifient en d'autres termes que le poids des francophones de langue maternelle française a perdu deux points de pourcentage (passant de 81 % de la population en 2001 à 79 % en 2006) en cinq ans. Le poids de la population dont la langue d'usage à la maison est le français a chuté sensiblement autant. Par contre, le poids des Québécois dont la langue parlée à la maison est l'anglais s'est élevé d'un demi-point de pourcentage, celui de ceux dont la langue maternelle est l'anglais est resté stable.

C'est du jamais vu!», a lancé Charles Castonguay de l'Université d'Ottawa lors d'une conférence présentée dans le cadre du congrès de l'Acfas, qui a lieu à Montréal. Le chercheur s'est interrogé sur les facteurs favorisant cette vitalité démographique de la population anglophone.

Chose certaine, la fécondité ne participe pas à cette remontée de l'usage de l'anglais, car, depuis une vingtaine d'années, les femmes de langue maternelle anglaise présentent la même fécondité — d'environ 1,48 enfant par femme — que les femmes de langue maternelle française. «Tout repose en fait sur le pouvoir d'attraction de l'anglais sur les allophones», avance M. Castonguay qui s'est spécialisé dans l'analyse de l'assimilation linguistique au Canada et au Québec. Les allophones ont une fécondité plus élevée que les populations francophones et anglophones d'accueil, mais les jeunes adultes allophones adoptent en plus grande partie l'anglais comme langue d'usage à la maison et transmettent cette langue à leurs enfants, explique le chercheur.

Comment explique-t-on ce plus grand pouvoir d'attraction de l'anglais par rapport au français auprès des immigrants allophones? Une enquête réalisée par Statistique Canada auprès d'une cohorte d'immigrants arrivés dans les années 2001-2002 a permis de constater qu'une bonne maîtrise de la langue anglaise favorisait une intégration plus rapide sur le marché du travail qu'une compétence équivalente en langue française. Et parmi les immigrants qui avaient décroché un emploi, la rémunération (salaire horaire moyen) qu'ils recevaient quatre ans après leur arrivée au Québec était meilleure s'ils parlaient bien l'anglais, tandis qu'une excellente maîtrise du français ne rapportait pas autant. En d'autres termes, «à compétences linguistiques égales, on note un avantage de l'anglais à la fois pour l'intégration sur le marché du travail et pour atteindre un meilleur niveau de rémunération», résume M. Castonguay.

«Il y a une inadéquation entre les politiques visant à sélectionner les immigrants en fonction de leur compétence en français et la réalité du statut du français sur le marché du travail, où il semble plus avantageux de connaître l'anglais pour décrocher un bon emploi bien rémunéré. Si on sélectionne les immigrants en fonction de leur compétence en français, il faut franciser la langue de travail, sinon les immigrants francophones continueront de pâtir de la situation, et ils se tourneront du côté de la langue qui leur apportera les meilleures opportunités», fait-il remarquer.

Les Maghrébins qui sont venus au Québec dans l'espoir d'améliorer leur sort pensaient pouvoir s'épanouir en français. Or, sur le marché du travail, ils se heurtent à un mur parce qu'ils ne parlent pas anglais, donne-t-il en exemple. «Une bonne maîtrise du français n'aide aucunement les immigrants à décrocher un bon emploi rémunérateur. Par contre, plus ils sont compétents en anglais, mieux ils seront rémunérés.

Ce n'est pas logique. Il faut que le gouvernement ajuste ses flûtes. Si on veut que le français demeure la langue majoritaire au Québec, il faut agir dans le monde du travail, et il ne faut pas lésiner sur les moyens pour obliger les PME à franciser la langue de travail», martèle-t-il. D'autant que beaucoup d'immigrants décrochent leur premier emploi dans une petite entreprise et y acquièrent leur expérience.

«L'anglais n'est pas aussi nécessaire que cela dans le milieu de travail. Mais les comportements à l'heure actuelle sont tels que les francophones en présence d'un anglophone parlent anglais. Il faut changer ces comportements et il faut agir sur le statut symbolique des langues», poursuit M. Castonguay qui considère comme un véritable affront pour les Québécois francophones le fait que l'on accorde le droit de vote à un individu qui ne comprend pas le français, car «comment ce nouveau citoyen peut-il se tenir au courant de ce qui se passe?

En tant qu'anglophone qui s'informe par le biais des médias anglophones et francophones, je constate que les mêmes sujets sont couverts de façon fort différente dans ces deux catégories de médias», souligne-t-il.

«Le gouvernement actuel n'essaie aucunement d'agir. Il a coupé les programmes de francisation. Il tient un discours pour la défense du français, mais ses actions sont contraires à la francisation», déplore-t-il tout en ajoutant que le gouvernement fédéral pourrait aussi faire beaucoup pour aider le français au Québec en modifiant sa loi sur la citoyenneté canadienne de manière à exiger une connaissance suffisante du français de la part des candidats à la citoyenneté canadienne qui sont domiciliés au Québec.

«Il faut faire passer aux nouveaux citoyens le message que le français est la langue commune de la société québécoise», conclut-il.
Pauline Gravel
Le Devoir - Le mardi 11 mai 2010
http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/288755/78e-congres-de-l-acfas-l-anglais-prend-de-la-vigueur-au-quebec


Propos...
Le plus étonnant de ce reportage est sans doute de découvrir, dans les commentaires qui suivent l'article, un mot du jadis célèbre souverainiste scolarisé « bailingue », J Noel. Il disait entre autre...

« L'anglicisation de Montréal par l'immigration
Mais comment expliquer que l’on connaisse une crise linguistique si 93% de la population québécoise parle français ? »
Quelle est la langue commune publique entre ces Montréalais autochtones et les Chinois, Coréens, Indiens, Tamouls, Pakistanais, Iraquiens, Iraniens, Turques, Bulgares, Russes, Polonais, Égyptiens, Mexicains, Jamaïcains et... Anglos unilingues de Montréal ? L’ANGLAIS ! » jacques noel - le mardi 11 mai 2010 06h21»


Pourtant, ce même souverainiste affichait au blogue de Jos Facal, le 17 déc 2010 à 9:41 et le 17 déc 2010 à 20:24, deux textes en anglo-américain, sans version française. Cet accroc à l'éthique a été expliqué par le profil culturel, comme ceci...

@Michel et les autres
Tout part des tests PISA. On a beau être les meilleurs de toute la francophonie en lecture, on a beau être les 4e au monde en maths (juste derrière la triade chinoise), on est un peuple d’incultes, incapables de s’exprimer. Un peuple sans culture comme disait Dur…ham. Un peuple de ti-counes qui écoute Jimmy à Occupation-Double, qui mange de la poutine et qui vit sur le BS de l’Alberta.
Scusez si je m’emporte un peu mais moi ce discours misérabiliste: PUS KAPABLE.
le 17 déc 2010 à 21:24 jnoel


Toutefois, pour expliquer l'absence d'une version française des références américaines, celui qui disait que l'anglicisation de Montréal se fait par l'immigration allophone, justifie l'absence de traduction comme ceci...

« @Christian
Je n’ai pas mis de traduction française parce qu’on est sur un blogue québécois et que la grande majorité des Québécois scolarisés lisent l’anglais (contrairement aux blogues français)
Si ce n’est pas encore votre cas, je suggère à Monsieur Parizeau de vous botter le derrière… »
le 20 déc 2010 à 9:25 jnoel


Voilà. Un cas typique de souverainiste colonisé « à l'os », dirais Bernard Desgagné. Devinez...

À la question comment se fait-il qu'il y a crise lingustique si 93 % de la population (du Québec) parle français ?... Deux réponses, de J Noel...

1- Les Québécois sont un peuple d'incultes et de ti-counes.
2- Pas besoin de version française des références américaines, parce que le Québécois scolarisé n'a pas besoin du français. Il sait lire la langue de l'anglo-saxon canadian et américain.

Maintenant...
Avez-vous trouvé pourquoi le souverainiste J Noel parle de l'anglais, « langue commune » entre les immigrants et les anglophones ?... Quant lui même, sur le blogue de Jos Facal, utilise « l'anglais » comme langue commune avec ses compatriotes Québécois !...

Un vrai paradoxe, domestique de l'anglo-saxon américain, celui-là.

Libellés :

De... sp et al... le... 4.1.11,

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