Un carnet bleu...

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Une cheffe souv d'alliances canadian ?…

La semaine dernière, une semaine pas comme les autres diront certains, nous a apporté un lot de surprises, inattendues. Une de ces surprises authentiques fut de découvrir, par personnages interposés, la justesse des analyses et compréhensions des vénérables, habitués de la chose politique du Bleu, quant à la profondeur de l’appartenance canadian de la dernière cheffe du PSQ, Marois.

Si au premier billet du genre, en le relisant quelques fois, vous avez tenté comme nous de voir si le discours avait vraiment une appartenance trudeauiste, donc compatible avec les politiques de l’unité canadian, celui-ci devrait ajouter aux éléments de l’analyse en ne laissant plus de doute.

Il s’agit du remplacement de la tenue d’un référendum par un «manifeste de souveraineté». Cela, pour un parti dont le plan consistera en une «gouvernance nationale». Cela, à l’intérieur d’une unité canadienne, donc d’une gouvernance provincialiste. Maintenant voici la surprise… Avec un tel plan la cheffe Marois s’est déjà fait deux alliés. Deux alliés de taille et non pas du camp des autonomistes ou des indépendantistes, mais bel et bien du camp des canado fédéralistes. Hé oui… Rien de moins...

Le premier allié de Mme Marois est nul autre que le général bien connu des partitionnistes. Aujourd’hui chef du PLF, parti libéral fédéraliste, de la dynastie Chrétien-Martin, Stéphane Dion. Le deuxième allié de Mme Marois est encore plus étonnant et connu que le premier. C’est l’ancien écrivain en chef de la presse libérale, puis de l’édito en chef du Soleil. Aujourd’hui chroniqueur et chef aussi d’un PLF, la Presse Libérale Fédéraliste. Anglophone et fédé pur et dur bien connu, Lord Dubuc ov Gesca.
Premier allié…

Stéphane Dion félicite Pauline Marois
La direction du Parti québécois tentera de faire adopter au cours de son conseil national des 14, 15 et 16 mars prochain un plan dit de «gouvernance nationale», mettant au rancart l'obligation de tenir un référendum au cours d'un premier mandat. La proposition, officiellement présentée hier par Mme Marois, prévoit plutôt la rédaction d'un «Manifeste de souveraineté», le déclenchement d'une grande «Conversation nationale» sur la question et 11 «gestes de souveraineté» qui seraient faits une fois le PQ au pouvoir.
En conférence de presse, la chef péquiste a brièvement expliqué hier ce qu'elle entend par ce concept de «conversation nationale», une expression déjà utilisée par le Scottish National Party, en Écosse, et par la candidate démocrate Hillary Clinton, aux États-Unis. «C'est très simple: cela veut dire que nous voulons débattre à nouveau de notre avenir, avec la participation la plus grande possible de la population québécoise, a-t-elle annoncé. On réinventera la façon de discuter. À partir d'un manifeste dans lequel on aura élaboré ce que nous jugeons être des raisons fondamentales pour faire la souveraineté, tous les souverainistes convaincus s'engageront dans un débat. Nos idées seront soumises à échange lors de colloques et de forums. Toutes les avenues peuvent être utilisées.»
Selon Stéphane Dion, la chef du Parti québécois effectue par cette nouvelle approche une véritable coupure avec les stratégies de ses prédécesseurs, en misant sur le dialogue avec le peuple québécois pour pousser son option souverainiste, plutôt que sur des «pièges». «C'est un changement salutaire, a-t-il déclaré, hier, à Ottawa. Un chef sécessionniste responsable doit toujours travailler en accord avec l'opinion publique, au lieu de chercher à manipuler (la population). Les cages à homard de Parizeau, les astuces, doivent être choses du passé.» (…)
Tristan Péloquin
La Presse - Le jeudi 06 mars 2008


Propos…
Attendons de voir ce qui ressortira du conseil national du 14 au 16 mars prochain. Mais déjà nous constatons que même les adjoints de la cheffe ne sont pas des québécois d’indenté française, puisque le modèle qu’elle propose provient d’un calque des anglo-saxons de l’Écosse et des Américains.

Ce qui fait, naturellement, tout à fait le bonheur du chef Dion. Puisque, un tel concept appliqué à une société dont la grande majorité est française, en plus de contenir des combattants pour l’obligation de la langue française au travail, a toutes les chances d’échouer lamentablement. Donc, on dirait qu’il s’agit bien d’un plan de cage à homard inversé, cette fois. Puisqu’il attire les félicitations et donc l’alliance du chef des partitionnistes fédéralistes, Dion.
Deuxième allié…

Un virage majeur
Il ne faut pas s'y tromper. En abandonnant l'engagement de tenir un référendum le plus tôt possible et en proposant plutôt de «faire progresser le Québec jusqu'à son accession au statut de pays», le Parti québécois ne fait pas que jouer sur les mots. Il annonce un virage majeur. C'est, dans un premier temps, une rupture avec la stratégie jusqu'auboutiste d'un référendum coûte que coûte, cautionnée par Bernard Landry, et qui a largement contribué à la débâcle électorale d'André Boisclair. Et cela annonce, pour la prochaine campagne électorale, un discours fort différent. Le communiqué du PQ qui annonçait le dépôt de ces propositions qui feront l'objet de débats au conseil national de la mi-mars n'utilise même pas le mot souveraineté. Il y a des indices qui ne trompent pas.
Mais plus profondément, la proposition du conseil exécutif national, qui veut modifier radicalement le fameux article 1 du programme, est en fait une façon de reconnaître qu'une victoire de la souveraineté n'est pas réalisable dans un avenir prévisible, qu'elle cesse d'être un objectif immédiat pour devenir une possibilité beaucoup plus lointaine, ce qui appelle une stratégie progressive et beaucoup moins agressive. (…)
Il est vrai qu'il y a quelque chose de confus et de flou dans la nouvelle démarche que propose le PQ. On ne s'engage plus à la tenue d'un référendum, mais on ne l'exclut pas non plus. Mais ce manque de clarté n'est pas un signe de duperie. Il est bien davantage un symptôme du désarroi d'un parti qui doit amorcer une transition très difficile, s'ajuster à une nouvelle réalité et prendre acte de l'impasse de son option. Dans cette transition, le PQ doit maintenir la cohésion de ses troupes, trouver une porte de sortie honorable, et donner un nouveau sens à un parti dont la raison d'être a toujours été la souveraineté.
Cela mène à une démarche qui, à plusieurs égards, est vaseuse. Toute l'idée de la rédaction d'un manifeste pour expliquer le pourquoi de la souveraineté et l'idée d'amorcer une «conversation nationale» avec les Québécois ressemble étrangement à une stratégie du désespoir. Ça fait quatre décennies que nous conversons. De quoi va-t-on converser maintenant? Si les stratèges souverainistes écoutent, au lieu d'essayer encore d'expliquer les choses à des citoyens qui n'ont pas encore «compris», ils découvriront rapidement que les gens veulent parler d'autre chose.
On peut également noter qu'en remplaçant, dans l'article 1, le combat immédiat pour la souveraineté par des gestes de «gouvernance nationale», la direction du PQ ne propose pas, comme on pouvait le craindre, une stratégie de harcèlement constitutionnel. La plupart des onze gestes proposés sont relativement anodins et n'annoncent pas d'interminables chicanes.
C'est le cas de l'adoption d'une constitution québécoise, de la citoyenneté québécoise, du renforcement du statut de la langue, de la consolidation de l'enseignement de l'histoire, de l'intégration des immigrants, de la lutte contre le racisme, de la décentralisation du Québec, du dialogue avec les premières nations.
Le seul foyer de conflit possible est le rapatriement des fonds et des pouvoirs liés à langue, à la culture et à l'immigration, mais c'est une revendication qu'on retrouve chez les autres partis.
La nature de ces gestes mène moins à une espèce de plan B pour faire la souveraineté par la porte d'en arrière qu'à la recherche d'une nouvelle raison d'être pour le PQ maintenant que la souveraineté n'est plus autant au coeur de son action. Qu'est-ce qui distinguera le PQ des libéraux et des adéquistes s'il n'y a pas de référendum? À plus forte raison quand le parti prône maintenant, comme ses adversaires, l'importance de créer de la richesse? La réponse, on la devine à travers les propositions des dirigeants du parti, qui semblent vouloir définir ce PQ nouveau à travers deux grandes orientations.
Tout d'abord, une rénovation de la social-démocratie pour que le PQ puisse se présenter comme le seul parti capable de concilier la richesse et la solidarité. Ensuite, des gestes de gouvernance qui en feraient le gardien de «l'identité nationale». Mais ce qu'il faut retenir, c'est l'importance du virage. Et le courage de Pauline Marois, qui ose affronter la culture de son parti et lui imposer, enfin, une dose de lucidité.
Alain Dubuc
Le vendredi 07 mars 2008


Propos…
Naturellement… Un fois les mots qui définissent le concept de «référendum» et de «souveraineté» retirés du plan du PSQ, le chef de la PLF, Lord Dubuc ov Gesca, en est tout heureux. Puisqu’il est maintenant certain d’avoir raison, que «la souveraineté n'est pas réalisable». Voire, elle est morte.

L’option étant dans une impasse, on cherche une porte de sortie, parce que les gens veulent parler d’autre chose, dit-il. En contre partie, les onze gestes proposés sont relativement «anodins» dit-il, parce qu’ils sont fait à l’intérieur du cadre provincialiste, dicté et soumis à l’unité anglo canadian, probablement.

Enfin, ce qui fait le grand bonheur de Lord Dubuc ov Gesca et un allié de la cheffe Marois, c’est… Le courage de la cheffe d’affronter la culture du parti et surtout de lui «imposer» une dose de lucidité, par diversion. C’est à dire imposer au parti que «la souveraineté n’est pas réalisable». La diversion sera d’attirer son attention sur la «rénovation de la social-démocratie» et la conciliation «richesse et solidarité». Pour occuper le temps, quoi.

Pendant ce temps, Lord Dubuc ov Gesca sait, sans le dire, que les politiques du parlement d’Ottawa de minorisation du Québec et d’assimilation des francophones et de leurs souverainistes, les jugements de sa Cour suprême anglaise aidant, finiront par cimenter l’unité anglo canadian, au Québéc. Avec l'aide de Pauline Marois, bien sûr...

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