Un carnet bleu...

Propos lavallois d'actualité politique, économique, fiscale, linguistique, footiste et autres bidules, en différé... printemps...

Travailleurs commentateurs gratuits demandés...

Nous y voilà. Un jour ou l'autre, le nombre d'adultes RAF et désoccupés atteignant un sommet au Québec, tôt ou tard le phénomène allait s'amplifier à un niveau tel que même les professionnels de l’information ne pourraient plus s’empêcher de l’exploiter à leur profit.

Depuis, disons le W2K ou huit ans, le phénomène des commentateurs gratuits aux forums est bien connu, mais il ne pouvait être vraiment exploité par les professionnels et leurs entreprises à profit, principalement parce que l’auteur choisissait le sujet et le volume de textes à lire étant important. Le temps de lecture nécessaire à dénicher un certain matériel intéressant et utilisable était trop volumineux, pour être efficace et rentable. Ce qui a causé la fermeture des forums de Canoë puis à la Cyberpresse. Puis vint la popularité des blogues.

Encore là, le blogue libre posait un certain nombre de soucis, dont une perte de temps à les parcourir un à un, puis filtrer les sujets et les commentaires idiots des bons, afin de trouver un certain matériel d’actualité intéressant. Enfin, à la faveur de la multitâche, les blogues de professionnels de l’information, payés pour bloguer, sont apparus.

Ces derniers sont beaucoup plus efficaces en économie de temps et en coûts, donc en génération de revenus, puisque son auteur, professionnel de l’info, choisit le sujet du billet selon ses besoins et ceux de son employeur. Puis, laisse les lecteurs (volontaires gratuits) fournir le blogue en commentaires variés. Pour ne pas dire en… Idées et matériel original bien ciblé, qui peuvent être utilisés à générer des recherches, des scénarios et des articles subséquents. Donc, ce sont des commentaires générateurs de revenus potentiels à rendement élevé, pour le professionnel et son employeur, puisque la source est tout à fait gratuite, sans coûts ou droits d’auteur.

Deux exemples intéressants, à l’étude de ce phénomène de professionnels à rémunération élevée à l’emploi d’une entreprise riche multimillionnaire et prospère, utilisant le blogue alimenté par des commentateurs idiots puisque gratuits, se sont produit cette semaine. Les deux à la cyberpresse canadian de Gesca. L’un au nouveau blogue de l’éditorial à multiples professionnels de l’info. L’autre au blogue de la journaliste de la presse «affaire», par surcroît. Deux exemples qui génèreront, sans aucun doute, des revenus très intéressants pour le journaliste professionnel.

Débutons par l’étude de la méthode directe, «sans gêne», en 165 mots seulement. L’éditorialiste qui demande des avis, pour ne pas dire des «consultations» aux lecteurs, tout à fait gratuitement, en préparation de son prochain édito. Elle est bonne…

André Pratte
L’essence dépassant 1,30$, que peuvent faire les gouvernements? Que peuvent faire les consommateurs? Je jongle avec ces questions - plus pressantes que jamais - pour mon prochain éditorial dans La Presse.
Aux États-Unis, la candidate à l’investiture démocrate, Hillary Clinton, a choisi la solution populiste: donner aux automobilistes un congé de taxe sur l’essence pour la durée de l’été. Curieuse proposition, venant d’une démocrate qu’on suppose sensible aux questions environnementales. Hier, à Québec, le Parti québécois a choisi une voie plus responsable, évitant de faire miroiter des baisses de taxes et exigeant plutôt du gouvernement qu’il mette en place une stratégie de réduction de notre dépendance au pétrole.
Le bon côté de la hausse des prix, c’est que son effet sur le budget des consommateurs est tel qu’il vaudra n’importe quelle stratégie: qui n’envisage pas d’acheter ou de louer une hybride la prochaine fois? Qui n’a pas déjà réduit sa vitesse sur les routes? Le risque, c’est que cette sensibilisation forcée se fasse au prix d’une récession.
Selon vous, quelle est LA solution?
Le blogue de l'édito
André Pratte et son équipe échangent avec les internautes sur les sujets d'actualité...


Propos…
À cette demande de consultation, en 165 mots, en date de mercredi vers les 17 hrs, il y avait déjà 10 commentateurs gratuits. Dont le plus intéressant est sans aucun doute le plus pauvre dans la vie, Jean Bottari, y a laissé un texte de 879 mots, tout à fait gratuitement. Eh eh eh… Elle est bonne. Voici les autres gratuits et le texte de Jean…

bertrandtoupin - lecteur68h – michelmarceau – claudetherrien – fernandcloutier - CLAUDE THERRIEN – laro – diji – hdufort -

Bonjour M Pratte,
Méchant problème que celui du prix du pétrole. Les écologistes se réjouissent de voir le prix de l’essence augmenter en flèche. Ils affirment que plus le prix est élevé plus la population sera conscientisée aux nombreux problèmes environementaux. Leur stratégie fonctionne à merveille. Une forte majorité de personnes sont favorables à leurs revendications. Certains automobilistes changent leurs habitudes. Ils empruntent les transports en commun, achetent de plus petites automobiles, vont travailler a vélo. Je n’ai absolument rien contre cela. Pendant ce temps-là, les pétrovoleuses s’en donnent à coeur-joie et augmentent le prix à la pompe sans gêne aucune. Les propos tenus par les groupes écologistes sont tout à fait légitimes, j’en conviens. Mais depuis que le prix du litre d’éssence a dépassé la barre psychologique de 1,20$, le coût des denrées alimentaires lui aussi augmente de façon extraordinaire. Nous ne visons pas la bonne cible en s’attaquant aux automobilistes. En tant que société responsable nous devrions avant tout tenter de s’attaquer aux hausses vertigineuses et difficilement justifiables que nous imposent les pétrolières. Un litre d’essence moins couteux ne veut pas dire qu’il nous faille abandonner les projets de recherche afin de trouver d’autres formes d’énergie moins polluantes et possiblement moins dispendieuses. Que disent les écologistes aux nombreux citoyens qui n’ont AUCUN accès au transport en commun? Que doivent faire les personnes qui n’ont pas le choix d’utiliser un véhicule dans le cadre de leur travail? Comment un camionneur artisan fera-t-il pour assumer les frais d’opération sans cesse grandissants?
Étant optimiste de nature et quelque peu naif, j’ai lancé, l’an passé un boycott contre Pétro-canada. Pourquoi cette compagnie? Parce que Pétro-Can a déja appartenu aux citoyens du Canada. Qui ne se souvient pas du fameux slogan: ” Pétro-Canada ça nous appartient.” Mon boycott avait même fait l’objet d’un reportage dans les pages du cahier économique d’un quotidien qui est l’un de vos concurents. Étant très souvent sur la route j’observai les stations-service de cette bannière et n’ai vu aucun changement dans les habitudes de consommation de mes concitoyens qui se disent pourtant un peuple solidaire. Malgré tout je persiste avec cette idée qui fera peut-être un jour boule de neige. Si nous ciblons Pétro-Canada, celle-ci fera pression sur les autres pétrovoleuses qui n’auront d’autre choix que de baisser leurs prix. Du moins c’est ce que j’espère. Le danger, si le boycott fonctionne c’est que Pétro-Can,une fois victime du mouvement de protestation, baisse de un ou deux cents le litre son prix et les clients feront probablement la file pour remplir leur réservoir. Si nous sommes solidaires et même s’ils baissent leur prix nous n’y allons pas, un résultat se fera sentir au bout de quelques jours c’est certain. De plus cette compagnie qui a des profits de plus d’unmilliard de dollars en trois mois ose mettre ses employés en lock-out à sa raffinerie de PAT. Nous pourrions donc, en boycottant cette compagnie, tenter de faire baisser le prix et aider les personnes en lock-out.
Concernant le projet de loi 41 du ministre Béchard. Ce n’est que de la poudre aux yeux afin de bien paraitre aux yeux de la population. Comment peut-il imaginer que les pétrovoleuses vont se soumettre à sa loi sans broncher? Les couts administratifs engendrés par cette loi seront refilés directement aux consommateurs, faisant en sorte que le prix à la pompe augmentera d’autant.
Pour ce qui est des taxes. Nous savons tous que nous déboursons beaucoup trop d’argent en taxes de toutes sortes. Voici ce qu’il nous en coute en taxe pour chaque litre d’éssence:
Taxe fédérale baptisée taxe d’accise sur l’essence = 10,0 cents le litre.
Taxe sur les carburants. Cette taxe se retrouve dans les coffres de l’état québécois = 15,2 cents le litre.
Dans la région du grand Montréal. (Effectivement la région est grande) Taxe sur l’essence = 1,5 cents par litre. Ce montant est versé à L’Agence métropolitaine de transport(AMT)afin de financer le transport en commun.
Ensuite? Eh bien il faut payer la TPS et la TVQ voyons. Ces deux taxes sont appliquées en tenant compte de toutes les taxes citées ci-haut. Les gouvernements nous facturent donc la TPS et la TVQ par-dessus toutes les autres taxes. Au voleur !
C’est donc plus de 40 cents le litre en taxes de toutes sortes que nous versons à nos BONS gouvernements. Sans taxes le prix du litre d’essence couterait moins d’un dollar. Au Voleur !!!
Nous pourrions aussi nationaliser le pétrole. Mais quel politicien aura ce courage? Imaginez-vous si nous avions gardés Pétro-canada. Le Vénézuela a nationalisé ses industries pétrolières et les citoyens de ce pays paient environ 15 cents leur litre d’éssence. Nous n’en demandons pas autant mais il est certain que si nous sommes propriétaires de nos raffineries nous pourrions bénéficier d’un prix moins élevé. Non? Mais je rêve car nous ne sommes même pas capables, au Québec de nationaliser l’énergie éolienne, alors imaginez le pétrole ! Les granda gagnants de la politique énergétique du gouvernement Charest sont les promotteurs privés. Plus de 6 milliards de kilo-watt heure que Hydro-Québec va payer 8,7 cents chacun au secteur privé. Il est vrai que les PPP sont la marque de commerce de ce gouvernement qui DFieu merci est minoritaire sinon les PPP se multiplieraient comme les pisse-en-lit sur mon térrain.
Jean Bottari
St-Mathais-sur-Richelieu

Le Mercredi 7 Mai 2008


Propos…
À vous de déterminer combien vaut ce type de consultation. Ce matériel original fournit par le travailleur commentateur gratuit Bottari, au bénéfice pécunier de l’édito professionnel et les revenus générés par son journal subséquemment à la publication.

En comparaison… Lorsque des maisons de sondages ou étude de marché ou recherche de produit forment des groupes d’études, là où l’on trouve exactement ce genre de propos de Jean Bottari, à la sortie la maison remet à chaque participant une enveloppe contenant un cheque au porteur de 45 $ à 75 $, selon la difficulté du sujet et le temps de l’étude. Alors devinons… Combien le gratuit Jean Bottari, a-t-il perdu ?…

Le prochain exemple… Encore plus facile. Le journaliste professionnel, payé pour bloguer, qui dit en toutes lettres que le blogue lui sert à cueillir de l’information, du matériel original, à son profit, sans aucuns déboursés ou coûts. Et si cette information est exclusive, bien cela contribuera encore plus à une bonne évaluation de sa rémunération et aux revenus de son employeur, subséquemment. Sans le dire, bien sûr.

Morgan Stanley : pécher par omission
Mea Culpa. Si j’aime tenir un blogue pour avoir le pouls des lecteurs, j’ai toujours douté de leur utilité pour dénicher de l’information exclusive. Plus maintenant.
C’est “v-go” qui m’a fait changer d’avis. J’ignore qui se cache derrière ce pseudonyme, mais “v-go” est mon nouvel ami. C’est lui (ou elle) qui a écrit un commentaire mettant en doute la création de 500 emplois par la banque d’affaires Morgan Stanley à Montréal.
Après quelques coups de fils, mon collègue Hugo Fontaine a - malheureusement - confirmé ces soupçons. La bonne nouvelle que le Québec a claironnée jeudi est pas mal moins spectaculaire que ce que le premier ministre Jean Charest, ses principaux lieutenants et Morgan Stanley l’ont laissé entendre.
Ainsi donc, le gouvernement va appuyer la “création” de 200 emplois qui existaient déjà. Ces salariés étaient employés de la firme de services informatiques Compuware, mais se consacraient exclusivement à Morgan Stanley. Au bout du compte, ils ne feront que changer de bureau!
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37 commentaires
Samedi 3 Mai 2008


Propos…
Un cas très intéressant, celui-ci, n’est-ce pas ?.
Le commentateur gratuit «“v-go”», a contribué à l’importance et subséquemment à la rémunération de la journaliste professionnelle en lui transmettant une information «exclusive» qui lui avait échappé. Il est devenu son ami. Ils sont trois professionnels et leur employeur à profiter de ce commentaire du travailleur gratuit, «“v-go”». Belle affaire…

Affaire qui a généré, comme on l’a vu, un certain nombre de reportages subséquents dont les bénéfices en revenus et en prestige sont retombés sur ces journalistes, payés dans la plage des 70 à 80 milles l’an. Et au prestige du journal, dont les revenus sont dans la plage des 210 millions l’an. Laissant ainsi un très gros zéro, 0, pour la source, le travailleur gratuit «v-go». Quel joli con et pauvre, celui-là !… Plus que ça, il aurait pu leur expédier un cheque de 175$ et il aurait causé le même effet.

M’enfin… Selon le dicton populaire d’un riche et célèbre inconnu anglo-américain, vendeur d’autos usagées par surcroît, « Un idiot naît chaque minute… ! », semble-t-il...

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