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Comment dites-vous 2546011 en mandarin…

Pendant que presque tous aux blogues sont occupés par la politique et les racontars analyses des résultats des partielles, c’est le bon moment pour les Bleus de se remémorer quelques particularités rencontrées lors du dernier voyage en Asie du Ministre Bachand. Des parties aussi étonnantes que la délégation asiatique du Québec qui a doublée, de deux à quatre employés, malgré que la Chine soit déjà le deuxième partenaire commercial du Québec, après les USA. Tiens donc, ils ont déjà devancé l’Amérique du Sud, le Japon et l’Inde...

Le Québec à l’heure de la révolution asiatique
Le ministre Raymond Bachand voyage actuellement en Chine à la tête d’une délégation d’une quinzaine de gens d’affaires parmi les plus puissants au Québec. Plusieurs membres de cette délégation se rendront dans la ville chinoise de Dalian pour participer à un sommet international prestigieux, une sorte de Davos asiatique: la Première Rencontre internationale des nouveaux champions. (…)
Malheureusement, derrière ces apparences clinquantes, la diplomatie du Québec en Asie - et en Chine en particulier - est à peu près inexistante. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Alors que les pays d’Asie de l’Est compteront bientôt pour la moitié de l’économie mondiale et pour près de 40 % de la population de la planète, le Québec est à peu près absent de cette partie du monde.
En 50 ans, le gouvernement du Québec a signé des centaines d’ententes internationales, principalement avec les États-Unis, la France et la Belgique ou avec des pays d’Amérique latine et d’Afrique. Mais en Asie de l’Est, il n’est parvenu à signer que 23 ententes, dont 18 avec la Chine, trois avec le Vietnam et deux avec le Japon: maigre accomplissement.
Avec la Chine, ces ententes sont restreintes à l’éducation et à des voeux pieux en sciences et technologies. Pire, les ententes du domaine de l’éducation sont souvent inéquitables pour le Québec. Par exemple, le gouvernement québécois offre aux étudiants chinois 125 bourses d’exemption de frais de scolarité mais la Chine n’en offre que 15 aux étudiants d’ici.
Cette année, la Chine devrait devenir la première puissance exportatrice au monde, devant l’Allemagne et les États-Unis. On ouvre des écoles de mandarin dans tous les pays et cette langue est en train de supplanter l’anglais en Asie. La Chine se transforme aussi en une grande puissance scientifique. Toutes les puissances économiques renforcent depuis longtemps leur présence dans ce pays.
Inertie québécoise
Et que fait le gouvernement du Québec? Presque rien. Le bureau du Québec à Pékin a augmenté son personnel de 100 %, c’est-à-dire que ses employés sont passés de deux à quatre (dont trois Chinois). Une misère à côté du réseau du Québec dans d’autres pays! Un nombre risible lorsqu’on le compare aux efforts consentis en Chine par d’autres économies de la taille de celle du Québec!

Le problème, c’est que la plupart des dirigeants politiques du Québec n’ont aucune idée des conséquences de la montée de la puissance politique, économique et culturelle de l’Asie et, surtout, de la Chine. Au rythme où vont les choses, la Chine, déjà le deuxième partenaire commercial du Québec, deviendra dans une dizaine d’années son premier fournisseur, devant les États-Unis. Or le déficit commercial entre la Chine et le Québec est colossal et augmente sans cesse.
Certaines de nos grandes entreprises réussissent relativement bien en Chine. Pourtant - et le ministre Bachand le sait -, des études récentes montrent que toutes les branches du secteur manufacturier au Québec devront très bientôt affronter une concurrence impitoyable des pays asiatiques et de la Chine en particulier. Cette concurrence, bien connue dans le domaine du vêtement, s’étendra très vite à des secteurs aussi avancés que l’aéronautique et la pharmaceutique.
Au fond, la montée en puissance de l’Asie et de la Chine pose aux Québécois des problèmes similaires à ceux de la période de la révolution tranquille. Il s’agissait alors de faire entrer le Québec dans la modernité, de donner aux Québécois le contrôle de leur destinée.
Les questions qui se posent de nos jours ont trait à la place que le Québec voudra occuper dans le nouvel espace international qui émerge. Comme lors de la révolution tranquille, l’enjeu consiste à garder un certain contrôle sur notre économie, notre politique et notre culture. Cette fois-ci, le défi ne vient pas d’un monde dominé par le Canada anglais et par les États-Unis mais d’un monde sous l’emprise de la Chine et des pays d’Asie. La révolution tranquille avait bouleversé les milieux éducatifs, financiers, politiques, etc. La «révolution asiatique» qui nous attend impliquera une redéfinition en profondeur de tous les aspects de la vie au Québec.
Elle ira bien au-delà d’un renforcement de la diplomatie québécoise en Asie. Elle nécessitera bien plus que des stratégies industrielles réparties sur quelques années. Ce dont il s’agit, c’est d’un véritable effort de leadership du gouvernement du Québec avec des objectifs concrets quant à la place du Québec dans le monde de demain. Il est frappant de constater combien les membres des milieux tant d’affaires que syndicaux ou de l’éducation sont sensibles à la montée de l’Asie. Malheureusement, personne parmi les politiciens à Québec n’a encore saisi ce flambeau. Combien de temps faudra-t-il attendre?
Loïc Tassé :
Spécialiste de la Chine et de l'Asie et professeur de science politique à l'Université de Montréal, lié au CERIUM


Propos…
Au rythme ou vont les choses commerciales, dans dix ans la Chine sera le premier partenaire commercial du Québec, semble-t-il. Déjà, si je me souviens bien, le fameux «Dollarama» qui dépend presque exclusivement des biens conçus et fabriqués en Chine, l’année dernière déclarait 660 millions au chiffre d’affaires, dont 160 millions en profits. Ajoutez à ça tous les biens électroniques et informatiques, en plus des vêtements et chaussures, l’importance de cette partie du monde prend nettement un avantage certain sur l’anglo-américain.
Pourtant, dans les dossiers de la délocalisation de la fabrication et de la mondialisation, tout ce à quoi les Québécois réfèrent constamment c’est l’anglo-américain. Et c’est tout. Personne ne dit un seul mot sur le fait que le mandarin est en voie de dépasser l’anglais en Asie. Non seulement dans le commerce et la fabrication, mais aussi le scientifique, semble-t-il.
Ah ben !… «Gardons-ça !…» Quel choc terrible pour les Québécois commerçants, éducateurs et politiciens «bailingues»…

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De... sp et al... le... 26.9.07,

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