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Evans avait tout prévu...

Tour de France 2011...

Les rois des Champs
Sans surprise, Mark Cavendish (HTC) s'est imposé au sprint au terme de la 21e étape. Son troisième succès consécutif sur les Champs-Elysées, son cinquième sur cette édition 2011 et le 20e au total sur le Tour. Cadel Evans, vainqueur de cette 98e Grande Boucle, entre dans l'histoire de l'épreuve.

Plombé par un été pourri depuis plusieurs semaines, Paris avait retrouvé tout son éclat dimanche pour fêter l'arrivée du Tour. Le soleil a eu le bon goût de revenir sur la capitale pour honorer Cadel Evans, maillot jaune de cette 98e édition. Après la traditionnelle coupe de champagne, l'Australien, malgré une courte nuit, a réuni ce qu'il lui restait de concentration sur les Champs-Elysées, où la course s'est comme toujours emballée après une parade, heureusement plus courte qu'à l'accoutumée, depuis Créteil. Et qui dit Champs, depuis trois ans, dit Mark Cavendish. Le Mannois n'a laissé aucune chance à ses adversaires dans ce dernier sprint 2011, le plus prestigieux de tous.

Idéalement emmené par toute son équipe, et notamment par Mark Renshaw, qui l'a comme toujours mis sur orbite dans les 300 derniers mètres, Cavendish a résisté à Edvald Boasson Hagen, le seul à le menacer un tant soit peu. Mais s'il avait moins de marge sur la ligne que lors de son ébouriffante victoire ici-même en 2010, l'homme de l'ile de Man était tout de même, une fois de plus, au-dessus du lot. C'est sa cinquième victoire sur cette édition 2011. Cinq victoires, c'est exactement sa moyenne depuis ses débuts dans le Tour en 2008: quatre participations, 20 victoires. A ce rythme, il peut espérer battre le record d'Eddy Merckx en 2014 (34). Pourquoi pas sur les Champs?

Un excellent cru
Phénoménal Mark Cavendish, qui aura remporté cinq des sept emballages massifs de ce Tour. Mais s'il finit par banaliser la victoire, le Britannique s'est en revanche offert une grande première dimanche en remportant pour la première fois le classement par points. En coupant la ligne, il a d'ailleurs montré ce maillot vert auquel il tenait tant. En dépit de sa supériorité indéniable dans les sprints, il n'avait jamais réussi à afficher suffisamment de régularité pour apposer son nom à ce palmarès. C'est chose faite, même si son dauphin, Jose Joaquin Rojas, n'a pas digéré le fait que Cavendish soit arrivé hors délais jeudi au Galibier alors que l'Espagnol, lui, s'était dépouillé pour arriver dans les temps. Mais que Cavendish n'ait jamais ramené le vert à Paris, c'était une anomalie.

Finalement, dimanche, celui qui aura été le plus près d'empêcher une victoire de Cavendish n'est autre que... son coéquipier, Lars Bak. Dernier rescapé de l'échappée traditionnelle des Champs, le Danois a sorti Ben Swift de sa roue. A trois kilomètres de l'arrivée, il comptait encore près de 15 secondes d'avance sur un peloton mené par sa propre équipe. Malins, les HTC roulaient, mais sans être à bloc, laissant une chance à Lars Bak de réussir un coup à la Eddy Seigneur. Malheureusement pour lui, le Scandinave était cuit. Il s'est relevé à 2000 mètres de la ligne. Dès lors, c'était à Cavendish de jouer. Quel week-end pour la formation HTC, déjà lauréate du chrono samedi grâce à Tony Martin. Elle est certes restée en retrait de ses ambitions pour le général, mais tant que Cavendish sera à ce niveau, la moisson sera garantie.

Voilà, c'en est donc fini de ce Tour de France 2011. A chaud, il est toujours difficile d'en juger l'impact, d'en mesurer la portée, et de lui faire une place dans la grande et longue histoire de la Grande Boucle. Mais il parait raisonnable de le ranger d'ores et déjà parmi les excellents crus plutôt que parmi les piquettes. Il le doit à tous ses héros, heureux mais aussi malheureux, qu'il convient de ne pas oublier. On pense, notamment, à un Bradley Wiggins, qui avait fait de ce Tour un grand objectif, ou à un Alex Vinokourov, qui ne méritait pas de finir comme ça. Le Tour peut se montrer impitoyable ou généreux. Avec Cadel Evans, il aura été les deux. L'Australien a eu sa part de poisse et de malheurs. A 34 ans, il n'en apprécie que davantage la nature du bonheur qui est le sien aujourd’hui.

Laurent VERGNE / Eurosport
Dim, 24 juil 14:22:00 2011
Les commentaires...

Evans avait tout prévu...
Cadel Evans touche au but. Et au rêve. Sa victoire, c'est celle de la méthode. Une méthode patiemment et savamment appliquée. Enfin lâché par la poisse sur le Tour, l'Australien a pu construire sa victoire en stratège. Mais il a aussi su prendre des risques quand il le fallait, comme au Galibier.

S'il fallait retenir seulement un mot pour qualifier la victoire de Cadel Evans dans ce Tour 2011, ce serait "méthodique". Un vent de folie a parfois soufflé sur cette 98e édition mais, au final, son vainqueur aura été l'homme le plus méticuleux, le plus appliqué, le plus solide et le plus complet. Peut-être pas le plus brillant, ça non, mais le plus fort, tout simplement. "C'est un digne vainqueur, résume Alberto Contador. Sa manière de courir n'est pas spectaculaire mais il a montré qu'il était très fort, il a disputé de très belles étapes".

Invité à commenter ses trois semaines de course samedi soir, Evans a eu cette phrase: "J'ai fait un Tour cohérent." On ne saurait dire mieux. "Ça a été la clé de la course", ajoute-t-il. Il a raison. Malgré quelques pépins par ci par là, comme son problème mécanique dans le Télégraphe vendredi, il a, contrairement à tous ses adversaires, évité les fautes. Celles qui vous coûtent un Tour. Le Tour parfait n'existe pas mais Evans s'en est approché. Et ce n'est pas le fruit du hasard. "C'est l'aboutissement d'un long processus, explique John Lelangue, le manager de l'équipe BMC. On a bâti ce projet autour de Cadel voilà deux ans et tout le monde s'est mis à 100% derrière lui." "Cette année, confirme Evans, nous avons planifié soigneusement: sur l'équipe, dans les stages, l'équipementier, les ingénieurs.... Tout le monde a beaucoup travaillé pour me donner le meilleur vélo de contre-la-montre. Il y a eu beaucoup de préparation."

"Je suis triste que Sassi ne soit pas là"
Mais pour triompher enfin sur cette épreuve qui a si longtemps pris un malin plaisir à faire semblant de s'offrir à lui, Cadel Evans a surtout dû vaincre ses propres démons. Il a battu Contador, les Schleck et tous les autres. Mais il s'est surtout battu contre lui-même. Derrière sa voix douce et basse, l'Australien cache un caractère stressé. "Nous sommes le produit de l'environnement qui nous entoure, reprend l'ancien vététiste. Quand les choses se passent mal, je deviens nerveux. C'est normal. John Lelangue est aussi quelqu'un qui n'est pas nerveux et ça m'aide." Et comme la poisse lui a souvent collé à la selle sur le Tour, il a eu peur, jusqu'au bout, qu'un grain de sable vienne encore enrayer la machine. "Dans le Galibier, jeudi, j'ai eu peur que ça m'échappe, avoue-t-il. J'ai essayé de garder mon calme."

S'il y a vraiment un moment où Evans a été grand dans ce Tour, c'est là. Isolé, mal en point, il a pris son destin à pleines mains. A lui seul, il a bouché deux des quatre minutes de handicap sur Andy Schleck. Il a gagné le Tour samedi, mais il avait d'abord réussi à ne pas le perdre dans le Galibier. "C'était une étape dure et Andy a attaqué de si loin que j'ai eu du mal", explique-t-il. Ce fut sa grandeur à lui. Sa façon d'avoir du panache. Cette question, si souvent mise sur le tapis quand il s'agit d'Evans, laisse John Lelangue de marbre. "J'entends ces choses, sur le fait que Cadel n'a pas attaqué parait-il. Ça ne me touche pas. Nous, on avait un plan et on l'a suivi jusqu'au bout. Il ne devait pas être si mauvais puisque Cadel est en jaune. Mais vous savez, c'est comme au football, les gens pensent toujours qu'ils ont raison et qu'ils sont meilleurs que l'entraineur."

De toute façon, aucune critique ne peut atteindre Cadel Evans aujourd'hui. A 34 ans passés, il va atteindre dimanche le but de toute une carrière, si ce n'est de toute une vie. Alors il se fout pas mal de ne pas avoir le sens de la conquête d'un Merckx ou le style d'un Coppi. Il est Cadel Evans et il va gagner le Tour.

Mine de rien, il entre dans le club des champions comptant à leur palmarès le Tour et le Championnat du monde. Le jaune et l'arc-en-ciel. Pour un coureur que l'on dit terne, ce n'est pas mal. Cela suffit à le classer parmi les grands de sa génération. Comme le lui avait dit Aldo Sassi, son entraîneur italien, récemment décédé. En évoquant cet homme qui a tant compté pour lui, Evans n'a pu retenir ses larmes samedi. "Quand j'ai commencé les courses sur route, c'est Aldo Sassi qui a toujours cru en moi, plus que je ne croyais en moi-même. Il m'a dit l'année dernière: 'J'espère que tu vas gagner le Tour, tu en es capable. C'est la course la plus prestigieuse. Si tu gagnes, tu seras le coureur le plus complet de ta génération'. J'aurais aimé qu'il soit là. Je suis triste qu'il ne soit pas là."

Laurent VERGNE / Eurosport
Dim, 24 juil 01:30:00 2011
Evans par KO...
Les commentaires...


Classement général...N° dossard Nom Equipe Horaire Ecart
1 141 Cadel EVANS BMC 86h12'22'' 00''
2 011 Andy SCHLECK LEO 86h13'56'' 1'34''
3 018 Frank SCHLECK LEO 86h14'52'' 2'30''
4 181 Thomas VOECKLER EUC 86h15'42'' 3'20''
5 001 Alberto CONTADOR SBS 86h16'19'' 3'57''
6 021 Samuel SANCHEZ EUS 86h17'17'' 4'55''
7 161 Damiano CUNEGO LAM 86h18'27'' 6'05''
8 091 Ivan BASSO LIQ 86h19'45'' 7'23''
9 052 Tom DANIELSON GRM 86h20'37'' 8'15''
10 108 Jean-Christophe PERAUD ALM 86h22'33'' 10'11''
11 188 Pierre ROLLAND EUC 86h23'05'' 10'43''
12 151 Rein TAARAMAE COF 86h23'51'' 11'29''
13 124 Kevin DE WEERT QST 86h28'51'' 16'29''
14 211 Jérôme COPPEL SAU 86h30'58'' 18'36''
15 134 Arnold JEANNESSON FDJ 86h33'42'' 21'20''
16 079 Haimar ZUBELDIA RSH 86h38'45'' 26'23''
17 058 Christian VANDE VELDE GRM 86h39'34'' 27'12''
18 055 Ryder HESJEDAL GRM 86h39'36'' 27'14''
19 179 Peter VELITS THR 86h41'16'' 28'54''
20 038 Jelle VANENDERT OLO 86h45'03'' 32'41''
38 032 Philippe GILBERT OLO 87h27'13'' 1h14'51''
68 051 Thor HUSHOVD GRM 88h15'37'' 2h03'15''
107 169 Alessandro PETACCHI LAM 89h06'42'' 2h54'20''
119 012 Fabian CANCELLARA LEO 89h19'53'' 3h07'31''
130 171 Mark CAVENDISH THR 89h27'27'' 3h15'05''
167 097 Fabio SABATINI LIQ 90h10'05'' 3h57'43''

Les vacances se poursuivent... Les sportifs sont tous dans un état euphorique. Au plaisir de vous revoir, reposés et en forme, le 29 août prochain...

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