Un carnet bleu...

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Monique en tenue de combat…

Voici un événement assez inusité, voire exceptionnel. La ministre Jérôme-Forget reconnue pour être un dame aux principes inébranlables, voire rigides, et selon le qualificatif coloré de «dame de fer» à certains égards, dépendant de l’humeur. Cette fois elle aurait, semble-t-il, revêtu une tenue de combat. Non pas pour sa défense, mais pour se porter à l’attaque contre l’attitude des directeurs de la Bourse de Toronto et le ministre fédé des finances Flaherty, comme dessert. Une attaque dont tous au Bleu sont étonnés et se demandent bien pourquoi, puisqu’elle ne semble pas contre la vente de la Bourse de Montréal aux anglo-saxons de Toronto, par surcroît. Hein !... Pardon !...

Ministre à l’attaque !
Montréal pourrait perdre d'ici la fin de la décennie son pouvoir boursier et réglementaire.
La Bourse de Montréal pourrait être avalée par la Bourse de Toronto et l'Autorité des marchés financiers du Québec pourrait disparaître au profit d'une seule grande Autorité canadienne, à Toronto. Deux dossiers économiques et politiques, profondément liés l'un à l'autre. L'axe Québec-Montréal ne va pas dans la même direction que l'axe Ottawa-Toronto. Monique Jérôme-Forget en a plein les bras, mais refuse d'abdiquer. Au contraire, elle lève le ton, accumule les arguments, et ça fait jaser dans les journaux de Toronto.
La ministre a décidé d'assumer le leadership dans la protection des intérêts économiques et financiers du Québec. Coup sur coup, dans les derniers jours, elle a dénoncé sur la place publique l'attitude des dirigeants de la Bourse de Toronto et du ministre fédéral des Finances Jim Flaherty. Dans le dossier de la fusion avortée des bourses, Monique Jérôme-Forget a accusé les gens de Toronto d'être "un peu hautain à l'endroit de Montréal." La fusion n'a pas fonctionné parce qu'au moins un membre du conseil d'administration du TSX s'est opposé à ce que ce soit le patron de la Bourse de Montréal Luc Bertrand qui dirige la nouvelle entité.
Soyons clairs : Monique Jérôme-Forget n'est pas contre une fusion des deux bourses. Son texte dans Le Devoir du 7 septembre était nuancé dans ce dossier (voir «Vendre la Bourse de Montréal»). Mais, elle refuse qu'on s'agenouille devant la Bourse de Toronto parce que Montréal n'a pas à le faire. Montréal a développé sa propre plate-forme technologique, efficace et reconnue. Et il n'est pas clair, de toute façon, que Montréal ait besoin de Toronto pour développer le marché des produits dérivés.
Dans le dossier de la création d'une seule Autorité des marchés au pays, tant souhaité par Jim Flaherty et les financiers de Bay Street, la ministre contre-attaque et déclare qu'Ottawa devrait user un peu de son concept de «fédéralisme d'ouverture» plutôt que de mener un combat «extrêmement agressif» en faveur d'une seule entité. Selon Monique Jérôme-Forget, Ottawa a fait pression sur le FMI pour qu'il se prononce en faveur d'une seule autorité.
Ses arguments sont clairs :
1- Notre système, à 13 têtes, est efficace. Selon la Banque Mondiale, le Canada est au troisième rang mondial en terme de protection des épargnants. Selon l'OCDE, le Canada est deuxième en ce qui à trait à la qualité de son encadrement réglementaire des valeurs mobilières. Le système réglementaire du Canada n'a pas à être modifié.
2- L'encadrement des marchés aux États-Unis ne reposent pas que sur la Securities and Exchange Commission comme le laissent entendre plusieurs financiers. Partout, dans tous les états, les criminels à cravate sont sous haute surveillance. Rappelez-vous d'Eliot Spitzer, ex-procureur en chef de l'État de New York. C'est lui qui a lancé des poursuites contre des banques d'investissements qui manipulaient le prix des actions, contre des sociétés qui géraient frauduleusement des fonds communs de placement, contre Dick Grasso, ex-pdg de la Bourse de New York, qui est parti avec un magot injustifié.
Le défi pour la ministre, c'est de continuer à faire la preuve qu'une seule Autorité au Canada ne serait pas plus efficace que les 13 actuelles. Et pour ce faire, l'ex-patron du Mouvement Desjardins Claude Béland est d'avis qu'on doit miser sur l'Autorité des marchés financiers du Québec même si le Canada crée sa propre commission pour tout le pays. Autrement dit, il faut donner les moyens à l'AMF d'être ce qu'elle doit être : un chien de garde efficace. C'est peut-être là que se trouve le meilleur argument de Monique Jérôme-Forget.
Gérald Fillion - Carnets Radio-Canada
16 octobre 2007


Propos…
C’est assez difficile de ne pas trouver des faiblesses dans les arguments de la ministre Jérôme-Forget.
Soutenir qu’un système à 13 têtes soit efficace, parce qu’il est décentralisé, ce n’est pas mauvais, c’est même bien. Mais cela veut dire aussi que l’expertise est éparpillée et que la qualité de l’expérience, donc la qualité des échanges peut être variable.
Par contre, il est vrai aussi que le regroupement en une seule Autorité ne veut pas dire nécessairement une augmentation de la qualité de l’encadrement. En ce sens l’exemple des américains, les enquêtes menées par les procureurs des État, sont un exemple d’une compétence et décentralisation qui peut bien fonctionner.
Reste à voir comment Monique peut se battre efficacement contre Flaherty pour maintenir le système réglementaire actuel, en y ajoutant son modèle passeport. Bonne chance Moni !...

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De... sp et al... le... 19.10.07,

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