Un carnet bleu...

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Les rémunérations nouvelles à la CDP...

Les rédacs en chef et les rapporteurs de nouvelles s'en sont donnés à coeur joie, cette semaine. Ce fut une excellente semaine pour les revenus publicitaire des médias.

Quelle a été la cause de ces succès ?... Nul autre que l'apparition du nouveau président anglophone de la CDP, Sabia, dénoncé à grands cris par les sectaires bailingues du PMQ, devant une commission des finances publiques.

Une apparition qui nous a été cachée, deux jours plus tôt, par le journaliste professionnel Antoine Robitaille, pour des raisons commerciales, évidemment. Un autre bon point pour le journalisme citoyen, sans doute. Une apparition qui a fini par être dévoilée par la PC le matin même, à 7:25. Et, une heure plus tard, devinez quel Learjet 35 décollait de Dorval en direction de l'aéroport de Québec. Hum !... Mais...

Pourquoi tant de secret entourant une présence et témoignage, banales en apparence ?... C'est que tout ce qui concerne le nouveau président ne semble plus être du banal, justement. C'est donc le moment de passer en revue quelques lectures intéressantes à ce sujet.

Il y a la rémunération du PDG de la CDP et des autres grandes entreprises. Puis une revue de rémunérations des prédécesseurs à la CDP, selon le rapport annuel.

Michael Sabia sous-payé parmi les grands patrons montréalais
(Montréal) Trop élevés, le salaire et la rente de retraite que devait recevoir le nouveau président de la Caisse de dépôt de placement, Michael Sabia ?

Tout dépend du point de vue. Certes, pour les contribuables, un salaire annuel d'un demi-million de dollars, avant prime, et une rente de retraite prévue à 235 000$ par année, après cinq ans, apparaissaient très généreux pour le PDG d'une société d'État. Pourtant, en comparaison avec la paie des présidents des plus grandes entreprises montréalaises, la rémunération proposée à Michael Sabia semble plutôt ordinaire.

C'est ce que suggère un relevé de La Presse Affaires des salaires et des rentes de retraite des PDG des 10 plus grandes sociétés à siège social montréalais, selon leur capitalisation boursière (voir tableau). Après tout, le président et chef de la direction de la Caisse de dépôt est à la tête d'une organisation qui détient un actif net de 120 milliards de dollars. Et même 220 milliards si l'on considère l'ensemble des «actifs gérés « par la Caisse sur les marchés financiers, en immobilier et en placements directs en entreprises.

En comparaison, parmi les plus grandes entreprises montréalaises cotées en Bourse, seulement trois affichent un actif dont la taille rivalise avec celui de la Caisse de dépôt. Ce trio sélect comprend la Banque Nationale, qui affiche un actif de 129 milliards dans son plus récent rapport annuel. On y retrouve aussi les deux principales entreprises contrôlées par la famille Desmarais, Power Corporation et la Financière Power, dont l'actif croisé dépasse les 140 milliards.

Or, la rémunération et les rentes de retraite des PDG de chacune de ces entreprises s'avèrent beaucoup plus riches que celles d'abord proposées à leur vis-à-vis à la Caisse de dépôt. La différence se compte même en millions de dollars par année pour leur rémunération courante. Et par des centaines de milliers de dollars par année pour leurs futures prestations de retraite. Et même au fonds Teachers' de Toronto, souvent comparé à la Caisse de dépôt, la rémunération et la rente de retraite du PDG sont beaucoup plus généreuses que celles d'abord consenties à son vis-à-vis montréalais.

Chez Teachers'
Le PDG de Teachers', Jim Leech, est rémunéré au moins 3 millions par année en salaire et primes, selon le plus récent rapport annuel de la caisse de retraite de 108 milliards en actif net (au 31 décembre 2007). Quant à sa prestation de retraite, elle est déjà prévue à 258 000$ par année en ce début de mandat de PDG pour M. Leech. Son prédécesseur à la présidence de Teachers', Claude Lamoureux, a pris sa retraite l 'an dernier avec une rente annuelle de 371 000 $. Sa rémunération à sa dernière année en poste avait atteint 4,8 millions en salaire et prime.

Cela dit, la rémunération et les rentes de retraite des PDG d'un nombre croissant d'entreprises cotées en Bourse sont déjà dénoncées comme excessives par leurs actionnaires. Ce débat s'est avivé suffisamment ces dernières années pour inciter plusieurs grandes entreprises, à commencer par les banques, à expliquer et à justifier davantage la rémunération de leurs hauts dirigeants. Le plus récent volet de ce débat a présentement lieu au fur et à mesure des assemblées d'actionnaires. Il a déjà forcé plusieurs entreprises à consentir de faire voter leurs actionnaires sur leurs pratiques de rémunération. (...)
Martin Vallieres
La Presse - 30/03/2009


Propos...
Si vous ne l'avez pas remarqué, cette lecture est plus intéressant que d'autres parce qu'elle illustre bien le nouveau style du journalisme professionnel. Plus abrutissant que ses prédécesseurs. Comment ?...

C'est un article qui traite de rémunération, mais qui n'affiche pas de chiffres. Aucuns chiffres de la rémunération des présidents des grandes entreprises, comparables à la taille de la CDP. Pourtant, l'employé de Gesca dit que Sabia est sous payé. Donc... Quelques 22 jours plus tard, c'est le dévoilement des états de la CDP et nous retrouvons cette fois notre rapporteur embourbé dans les rémunérations des prédécesseurs de Sabia.

Un passage important pour comprendre de combien, Sabia, a accepté ce poste à rabais, en comparaison au privé et à la Teachers.

Rémunération réduite de moitié pour la direction de la Caisse
(Montréal) La rémunération des hauts dirigeants de la Caisse de dépôt et placement a été réduite de presque la moitié en 2008, en l'absence des millions de dollars en primes des années précédentes, lit-on dans son rapport annuel divulgué hier. Cette rémunération parmi sept hauts dirigeants a totalisé 4,28 millions de dollars lors de la pire année de l'histoire de la Caisse, ce qui était en net repli par rapport aux 8,29 millions versés l'année précédente.

Cette baisse aurait été un peu plus prononcée n'eût été la prime de départ de 378 750$ versée à l'ex-président Henri-Paul Rousseau, après sa démission en mai 2008. D'ailleurs, avec cette prime, M. Rousseau a été rémunéré 1,1 million pour ses cinq derniers mois à titre de président et chef de la direction de la Caisse en 2008. Cette somme portait aussi à 5,8 millions sa rémunération totale en deux ans et demi à ce poste, de janvier 2006 à mai 2008.

Aussi, le rapport annuel 2008 de la Caisse confirme que M. Rousseau aura une prestation de retraite de 267 700$ par an à partir de son 65e anniversaire. Pour sa part, son successeur temporaire à la présidence, Richard Guay, sera admissible à une prestation de retraite d'au moins 290 900$ par an. Ce montant plus élevé est largement attribuable au nombre de 22 années de service que la Caisse crédite au régime de retraite de M. Guay, contre six ans dans le cas de M. Rousseau.

Cela dit, Richard Guay a aussi subi une importante baisse de rémunération en 2008. Et ce, malgré sa promotion à titre de président et chef de la direction qui s'est avérée de courte durée. (Il a démissionné à son tour en janvier 2009.) Richard Guay a été rémunéré 723 269$ en 2008, comparativement à 1,2 million en tout pour chacun des deux exercices précédents. Par ailleurs, s'il avait quitté la Caisse au lieu d'y demeurer comme conseiller spécial, M. Guay aurait été admissible à une indemnité de départ de 425 000$ de son poste de président.

Michael Sabia
Quant à la rémunération du nouveau président de la Caisse, Michael Sabia, le rapport annuel 2008 n'en fait aucune mention parce que sa nomination est survenue après la fin de l'exercice. En fait, M. Sabia n'a qu'une phrase de bienvenue dans le message d'introduction au rapport annuel qui est signé par le président intérimaire, Fernand Perreault. Néanmoins, le salaire de base de M. Sabia, déclaré à hauteur de 500 000$ par an par Québec, s'avère inférieur d'environ 30 000$ à celui qu'aurait pu toucher Henri-Paul Rousseau s'il avait été en poste durant tout l'exercice 2008.

Ce calcul découle de l'application de la hausse de salaire de base de 8,5% consentie en 2008 parmi les hauts dirigeants de la Caisse. Enfin, le rapport annuel de la Caisse démontre que, même lors des années de primes, la rémunération de son président demeure très inférieure à ses homologues chez les plus grandes entreprises dirigées de Montréal, selon l'actif. Elle s'avère aussi inférieure à celle des présidents des plus gros gestionnaires de fonds de retraite au Canada, tels que Teachers', Omers et l'Office d'investissement du régime de pensions du Canada (RPC).

Leur rémunération individuelle est de l'ordre de deux à quatre millions par an, avec des prestations de retraite déjà prévues de quelques centaines de milliers de dollars par an. À la Caisse de dépôt, le nouveau président Michael Sabia, déjà riche rentier de BCE-Bell Canada, a renoncé à une prestation de retraite et aux primes auxquelles il aurait pu être admissible.

Rendement en 2008: -25%
Rendement du portefeuille de référence des caisses de retraite comparables : -18,5%
Pertes de la Caisse en dollars : 39,9 milliards
Actif net (31 décembre 2008) : 120,1 milliards
Martin Vallières
La Presse - le 22 avril 2009 à 06h22


Propos...
Finalement... Tout ce que le journalisme professionnel nous dit de la rémunération des PDG, c'est que, les directeurs des plus grande entreprises comparables à l'actif de la CDP, sont dans la plage de deux à quatre millions par an. Pas plus !... Pas de noms de PDG et pas de nom d'entreprise. Plus abrutissant que ça, tu meurs.

Donc, le nouveau PDG de la CDP ne travaillerait que pour des cacahouètes, en comparaison à HPR et aux grandes entreprises non identifiées. Ce sera pour un salaire de charité, quoi. Bon...

Assez abrutis pour cette fois ?... C'est bien ça !... Au passage n'oubliez pas d'en remercier le journaliste professionnel, via le courrier. À la prochaine sur la CDP !...

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De... sp et al... le... 8.5.09,

2 Commentaires:

Le.. mercredi, 20 mai, 2009, Anonymous Jean dit...

Le pdg de la Caisse de dépot du Québec est payé 500,000 $. Le pdg de la caisse des enseignants de l'Ontario, un actif moindre, est payé 3 millions.
C'est Monique qui a appelé le chasseur de tête, qui a appelé Sabia pour lui proposer le poste.
Les politiciens libéraux ressemblent de plus en plus à de vrais pauvres socialistes.

 
Le.. mercredi, 20 mai, 2009, Anonymous Christian dit...

Selon ce que je viens de lire, des déclarations du député communiste Khadir, suite à l'audience de la Commission hier, il se pourrait que 500,000 pour un PDG c'est beaucoup trop payé.
Il ne dit pas combien, il devrait être rémunéré.
ch

 

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