Effets de la crise écono nippone...
13.2.09
La séquence des conflits travail syndicat étant derrière nous, avant de retourner à l'actualité politique et économique régionale, faisons une pause. Un regard sur la planète économique qui a évolué en notre absence, bien sûr.Pour le bénéfice des lecteurs, très occupés comme nous tous en cette haute saison de la fiscalité, qui ont laissés passer les reportages sur l'évolution de la crise économique transformée en récession, nous avons réuni quelques détails et particularités sur les favoris.
Pour l'orient il y a le Japon, pour l'Euro il y a un étonnant billet de Alexandra en provenance de la Russie. Et enfin il y a la bête noire socialiste qui n'en finit plus de s'embourber dans les réformes et les plans de sauvetages des banques, décriés par des manifestations monstres des organisations syndicalistes, bien sur.
Dans cette séquence adaptée en lecture pour votre Murenoire et les activités de FDS extérieures, comme vendredi dernier, il y a... Les effets désastreux, voir funestes, des conséquences de cette crise économique, au Japon. Passage qui va sûrement demander l'apport d'un papier mouchoir ou deux, selon les filles.
En début, il y a stress et surmenage de milliers de travailleurs japonais, la falaise de Tojinbo, puis la forte hausse des faillites en 2008. Le tout grâce cette extraordinaire boite à info, la AFP.
Stress, surmenage, la mort en silence de milliers de travailleurs japonais
TOKYO (AFP) - Stressés ou surmenés, des milliers de salariés japonais meurent chaque année à cause de leur travail, un fléau auquel l'archipel s'attaque timidement mais qui pourrait s'aggraver avec la crise. Chez certains employés débordés, la suractivité provoque congestion cérébrale ou infarctus, tandis que des travailleurs démoralisés se suicident.
Apparu il y a longtemps au Japon, le «karoshi» («mort au travail») n'est reconnu que depuis quelques années par les autorités. En 2007, la police a décompté 2.207 suicides et, selon l'avocat de proches de victimes, Hiroshi Kawahito, quelque 10.000 salariés ont été victimes d'un accident cardiaque ou cérébral, parfois mortel, à cause de leur travail.
Ces chiffres pourraient augmenter avec la récession économique qui tend les relations dans les entreprises, préviennent les experts. Selon Me Kawahito, moins de 10% des incidents sont déclarés aux services sociaux, les victimes ou leurs proches renonçant face à la longueur des procédures ou au grand nombre de refus. En 2007, 58% des demandes d'indemnisation ont été rejetées par le ministère du Travail, un taux qui dépassait toutefois les 95% il y a 20 ans.
«Il y a une pression de l'opinion pour que ce fléau soit mieux reconnu», explique l'avocat. En mai 2007, le chef d'un chantier de la région de Tochigi (nord de Tokyo) a mis fin à ses jours. Il avait travaillé de 65 à 70 heures par semaine pendant six mois, avant de tomber malade et dépressif. Prévenus, les services sociaux ont qualifié ce suicide d'accident du travail et octroyé à la veuve une pension annuelle de 3 millions de yens (24.000 euros).
«Le sujet reste tabou au Japon, les entreprises jugent que la santé mentale des salariés est un problème privé», souligne pourtant Hajime Urushihara, responsable des conditions de travail à la confédération syndicale Rengo. Rengo a du mal à faire admettre le surmenage comme une anomalie, dans un pays où le quart des salariés travaille plus de 50 heures par semaine.
Jeudi au Parlement, le Premier ministre, Taro Aso, a répété que travailler dur était «l'une des valeurs du Japon». Le stress s'est en outre renforcé depuis la fin des années 1990 et le développement des emplois à temps partiel et temporaires, qui représentent aujourd'hui un tiers du total. Ces employés précaires s'inquiètent pour leur avenir - 85.000 d'entre eux devraient se retrouver chômeurs d'ici mars des suites de la crise économique - et les salariés à plein temps qui restent doivent travailler davantage.
Le temps de travail n'est d'ailleurs qu'un aspect du problème, estime le docteur Tetsunojyo Uehata, chef du centre d'aide aux victimes du surmenage: harcèlement moral, échec professionnel et conflits avec les collègues sont les principales causes des suicides. «Souvent, la hiérarchie ne se rend pas compte de la gravité de la situation», regrette le docteur, et le salut d'un employé souffrant vient souvent de la famille, plus prompte à réagir.
Encore faut-il que le travailleur stressé rentre chez lui. Sadako, une jeune employée de bureau à Tokyo, raconte qu'elle ne décompresse pas après le travail: «On sort souvent entre collègues et on ressasse les problèmes du bureau... on ne s'aère pas l'esprit !».
Et les travailleurs fatigués n'ont plus d'échappatoire. «Après la guerre, les Japonais travaillaient beaucoup mais rêvaient d'améliorer leur condition. L'espoir semble avoir disparu désormais», s'inquiète le syndicaliste Urushihara. Aucune classe sociale n'est épargnée, des journaliers multipliant les petits boulots... à l'empereur du Japon: Akihito a dû alléger son programme de fin d'année à cause d'un stress persistant lié à sa fonction, selon ses médecins.
AFP - 12-01-09
Propos...
Morale de ce reportage... Si vous êtes un travailleur dur et infatigable, le PM Taro Aso sera heureux de vous accueillir dans son pays.
Vous possédez la force de caractère et la culture qui fera de vous un citoyen nippon de premier ordre. Par contre... Malheureusement cela ne s'applique à aucun au Bleu. Car, lors des activités sportives et culturelles extérieures, nous sommes tous dans des états de «esprits aérés», immanquablement. Pas stressé du tout. Dommage pour le PM Aso. Aaaasssooohhh !...
Au bord de la falaise, les suicidaires japonais ont leur ange gardien...Sur la falaise de Tojinbo, Yukio Shige veille sur les candidats au suicide. Muté il y a cinq ans dans cette bourgade du centre de l'archipel, sur la côte de la Mer du Japon, l'inspecteur Shige a découvert avec effarement que les habitants du coin s'étaient spécialisés dans le «tourisme du suicide».
Mis à la retraite un an plus tard, il parcourt depuis presque quotidiennement le kilomètre et demi de littoral avec des jumelles, repérant les candidats à la mort pour les convaincre de ne pas se jeter dans les flots. «Vous comprenez ce que la personne a en tête juste en observant la façon dont elle se tient sur le bord. La plupart d'entre elles semblent soulagés et fondent en larmes dès que je leur dis bonjour», explique M. Shige.
L'ancien policier les emmène alors dans le café qu'il a ouvert non loin de la falaise, où il leur sert un gâteau de riz. Après les avoir convaincues, il les raccompagne chez elles, et, si la personne sauvée n'a plus d'endroit où habiter, il l'aide à trouver un logis avec son association caritative. La tâche que s'est assignée l'ex-inspecteur n'est pas de tout repos, car pas moins de 257 désespérés se sont précipités du haut de la falaise en dix ans. L'action de M. Shige a toutefois permis de sauver 167 personnes, selon ses calculs.
Le taux de suicide est très élevé au Japon, 24 pour 100.000 habitants en 2006 contre une moyenne mondiale de 16 selon l'OMS. Plus de 30.000 personnes mettent fin à leur jour chaque année dans l'archipel, des hommes dans près de trois-quarts des cas.
Lorsqu'il est arrivé à Tojinbo il y a cinq ans, M. Shige ignorait la réputation du bourg. Mais il a vite constaté que des corps étaient souvent repêchés au large. «J'ai été choqué parce que les gens d'ici trouvaient ça banal», explique-t-il.
par Harumi Ozawa
AFP - le 10/1/2009 à 13h39
Propos...
Si vous ne le saviez pas, comme nous, qu'il y avait à l'OMS des stats «moyenne mondiale» des suicides, maintenant on le sait tous grâce à Harumi Ozawa.
Et, lors de votre prochain voyage au pays du soleil levant, n'oubliez vos jumelles et d'aller serrer la pince, oups saluer, le valeureux inspecteur pensionné, Yukio Shige, à son petit café pour rescapés de la falaise. !...
Japon: forte hausse des faillites en 2008 Le nombre de faillites d'entreprises au Japon a bondi de 15,7% en 2008 par rapport à 2007, à cause d'une forte augmentation dans la deuxième partie de l'année, avec plus de 1.000 cas recensés en décembre (+28% sur un an) pour le septième mois de suite, selon un rapport mensuel.
Quelque 12.681 sociétés ont mis la clef sous la porte au Japon en 2008, contre 10.959 en 2007, le plus souvent à cause des répercussions de la crise financière et économique mondiale, a indiqué aujourd'hui l'institut spécialisé nippon Teikoku Databank. Ces sociétés ont laissé un montant global de dettes de 11.911,3 milliards de yens (99 milliards d'euros), soit plus du double de celui enregistré en 2007, a précisé l'organisme. Ce bond s'explique en grande partie par le dépôt de bilan, accompagné d'une grosse ardoise, des filiales nippones de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers tombée en déconfiture mi-septembre 2008.
Selon les déclarations des entrepreneurs japonais victimes de banqueroute, près de quatre faillites sur cinq enregistrées en 2008 étaient dues à une conjoncture économique fortement dégradée, phénomène planétaire qui a entraîné le Japon dans la récession (deux trimestres consécutifs de baisse du PIB).
Le coût élevé des matières premières est aussi une cause de cessation d'activité de firmes, la forte baisse récente des cours (celui du pétrole particulièrement) n'étant pas homogène. Certaines matières essentielles sont restées chères et beaucoup de sociétés fragilisées, dont les carnets de commandes se sont moins remplis, ont été incapables d'y faire face.
AFP
13/01/2009 Mise à jour : 07:19
Propos...
La taille des dettes laissées impayées, 99 milliards d'euros, donne un aperçu de la taille de l'économie nippone, par rapport à celle du pays de l'Ottawa et de Québec.
Libellés : Economie-affaires, Economie-encrise
De... sp et al... le... 13.2.09,











