Un carnet bleu...

Propos lavallois d'actualité politique, économique, fiscale, linguistique, footiste et autres bidules, en différé...

Fermeture prévue le 1er décembre...

C'est le congé appelé la fête du travail. Quoi de mieux que de repousser la séquence des billets prévus afin de passer en revue l'état d'un conflit de travail, de type média.

Celui-ci affecte l'autre groupe de presse rival du JdeM, la Pesse de Geska. Dont les conventions collectives de ses quelques 700 employés sont échues depuis décembre 2008. Sans qu'il y ait grève ou suspension par une mise à la rue comme dans le cas du JdeM.

Parmi les variables du conflit, il y a une étrange ressemblance avec celui du JdeM. Soit, l’intégration papier et en ligne. La bête noire du JdeM qui n'a pas d'édition en ligne grâce au blocage systématique des syndicats qui veulent les mêmes conditions. Faire comme si l'édition en ligne ne serait qu'une autre édition papier, au point de vue des conditions de travail.

À la Pesse aussi, les puissants syndicats millionnaires ne font aucune distinction entre les deux modes. Cela, sans tenir compte que pour l'employeur il y a un monde de différence dans les coûts d'exploitation, évidemment.

Donc, trois lectures. La première, une mise à jour du 27 août, qui nous révèle la différence entre le papier et la toile. Soit, jusqu'à la moitié de la rémunération de l'employé papier, pour la toile. Ce qui correspond étrangement, semble-t-il, à la différence entre le prix demandé aux lecteurs pour l'abonnement au papier ou abonnement à la version toile.

Puis, il y a l'autre demande, cinq congédiements demandés sur un total de 200 journalistes et 100 au total des 700 employés. Ce que le syndicat refuse catégoriquement, avant que les collaborateurs et les surnuméraires ne le soient. Ce qui donne l'apparence d'un conflit absolument insoluble.

Les journalistes de La Presse veulent intégrer Cyberpresse
Les journalistes de La Presse et de Cyberpresse veulent que leurs entreprises autonomes fusionnent. Cette intégration légale unifierait les conventions collectives. Elle protégerait du même coup les employés de la rédaction en cas de grève, de lock-out ou même de mutation massive du journal, du papier vers le Web.

«Le temps est venu d'avoir une seule convention et une seule entreprise», dit Hélène De Guise, présidente du Syndicat des travailleurs de l'information de La Presse (STIP) interviewée hier, après une assemblée générale extraordinaire qui a adopté une résolution de fusion. «En mars 2008, nous avons signé des ententes d'intégration du Web et du papier et pourtant on continue à fonctionner avec deux entreprises distinctes. Cette situation permettrait par exemple à l'employeur de faire des mises à pied massives à La Presse puis de réembaucher les journalistes à Cyberpresse à des conditions moindres

Les quelque 20 journalistes travaillant directement pour le Web gagnent jusqu'à deux fois moins que leurs collègues de la traditionnelle version papier, dix fois plus nombreux. Ils sont aussi beaucoup moins bien couverts par les avantages sociaux. Les employés de ces deux pôles inégaux de la rédaction faisaient le point hier sur les négociations patronales-syndicales. Les conventions collectives des syndicats de l'entreprise sont échues depuis le début de l'année. (...)

La direction réclame maintenant cinq mises à pied de membres du STIP. Le syndicat refuse tant que tous les collaborateurs et surnuméraires n'auront pas été remerciés, comme le prévoit la convention collective. Si le syndicat a gain de cause, les chroniqueurs-vedettes à la pige, comme Alain Dubuc, vont disparaître des pages avant une seule signature syndicale.

Les concessions globales exigées par la partie patronale équivalent, selon certaines évaluations, à une diminution du quart des avantages sociaux. La direction veut notamment réduire les salaires d'à peu près 6 %, augmenter la semaine de travail et éliminer le régime hebdomadaire de quatre jours. L'employeur souhaite également diminuer sa contribution aux assurances collectives, ce qui éliminerait par exemple le plan dentaire. Il veut aussi modifier ses versements à la caisse de retraite, qui ne garantirait plus les prestations pour les nouveaux employés.

Bref, les demandes patronales rabaissent autant que possible les conditions de la grande salle traditionnelle au niveau de celles de la nouvelle petite salle virtuelle (Cyberpresse). «Nous disons depuis longtemps que nous faisons tous de l'information, peu importe la plateforme, commente la présidente De Guise. C'est d'ailleurs pourquoi nous avons signé les ententes multiplateformes. Nous sommes aussi prêts à migrer du papier vers l'écran. Mais nous ne sommes pas prêts à voir nos conditions de travail diminuer pour autant. Du côté de l'employeur, il semble que les objectifs soient différents.» (...)
Stéphane Baillargeon
Le Devoir - jeudi, 27 août 2009


Propos...
Donc... Réduction demandée des salaires de plus ou moins 6%. Mutation d'une semaine de 4 jours et 32 heures, à une semaine normale de 5 jours et 35 heures. Diminution des frais d'assurances collective et de garanties à la caisse de retraite.
En deuxième lecture, la fin d'une époque ou modèle d'affaire...

La Presse: vers la fin d'une époque ?
La menace de suspension des activités de La Presse ne fait qu'illustrer la fin d'une époque pour un monde médiatique plus éclaté où la publicité ne peut plus être le principal pilier. C'est un peu ce que dit Louis Aucoin, associé chez Octane Stratégie, une firme montréalaise de conseil en communication, en entrevue avec Argent.

Selon lui, l'écrasement des revenus publicitaires dénoncée par le quotidien de la rue Saint-Jacques ne représente pas que la situation d'une seule entreprise. Pour bien illustrer la question, il agite l'exemple de Polaroid, l'appareil-photo instantané pénalisé par l'arrivée du format numérique. «La vraie question, c'est le modèle d'affaires, explique M. Aucoin. Polaroid faisait son argent en vendant des films. De façon comparable, le modèle des journaux financés par la publicité a fait son temps et ce n'est pas vrai que l'on peut le reproduire sur le Web. C'est un chemin sans issue.»

Si un grand média comme La Presse cessait ses activités, même temporairement, cela ne ferait qu'amplifier la migration publicitaire. «Il y a une diversion des annonceurs vers une plus grande diversité de moyens utilisés afin de rejoindre plus directement le consommateur qu'avec le journal ou une autre publication de masse. Le public s'est éloigné des médias de masse vers des communautés d'intérêt.» Selon notre interlocuteur, les nouvelles méthodes de marketing exploitées avec des moyens électroniques sont très utiles car plus faciles à mesurer. Par contre, le tout est encore à un stade expérimental.

Les problèmes des grands médias posent donc un grand défi à ceux qui doivent acheter de la pub afin de se faire connaître. «Les stratégies devront être adaptées rapidement, affirme Louis Aucoin. Les produits continuent d'être fabriqués et les maisons continuent de se construire. Il faut vendre. Il faut se diversifier vite. Nous sommes rendus à un point où nous sommes capables de le faire, par contre. Ça change la stratégie dans le domaine du détail et de l'immobilier, par exemple.» «Nous avons une bonne idée, ajoute-t-il, des façons de cibler nos publics avec le marketing direct, comme cela se fait aux États-Unis. La disparition de La Presse pourrait faire en sorte que l'on reviendrait moins vers le placement imprimé.» (...)
M. Aucoin ne croit toutefois pas que les journalistes sont en train de tomber dans un trou noir. «On leur demande souvent des concessions. Pour le moment, le mouvement est à la baisse partout parce que le modèle d'affaires s'en va vers un mur. (...)
ARGENT
Le jeudi 3 septembre 2009


Propos...
La migration des lecteurs vers les communautés d'intérêts et l'éclatement des moyens, ont eu leurs effets sur la chute des revenus publicitaires traditionnels. De la masse vers le ciblé avec le marketing direct.
Troisième lecture, les précisions et les mises au point. La lettre du directeur Crevier aux employés.

Trois mois pour nous entendre pour assurer la survie de La Presse
Comme vous le savez, les journaux d’ici et d’ailleurs font face à un défi réel. Avec sa structure de coûts élevée et confrontée à l’effondrement de ses recettes publicitaires, LaPresse ne fait pas exception. Son modèle d’affaires actuel n’a aucune chance de survivre.

Dès le début du processus de renouvellement des conventions collectives et depuis, nous avons toujours privilégié un dialogue ouvert et transparent, sans confrontation, et ce, pour favoriser une négociation de bonne foi. Notre objectif est simple: assurer avec vous la transition de La Presse vers un nouveau modèle d’affaires, durable. Bien que le dialogue se soit amorcé entre nous et que les négociations avancent dans certains secteurs, ces dernières n’ont pas encore ciblé la réduction directe des coûts qui est au coeur même de la pérennité de La Presse. Le temps passe, les pertes s’accumulent, La Presse est de plus en plus menacée. Il faut absolument accélérer le rythme des négociations. Nous sommes conscients que les concessions demandées sont importantes. C’est pourquoi nous avons livré depuis le début des négociations plusieurs informations financières. Ces informations, de qualité, nous paraissaient alors suffisantes pour bien comprendre la situation financière difficile de La Presse et ses enjeux.

Données financières
Dans un souci d’accorder aux négociations en cours les meilleures chances de réussite, nous avons choisi de partager de nouvelles données financières. Nous transmettrons à MCE Conseils (les conseillers financiers mandatés par les syndicats dans ce dossier) les résultats financiers détaillés de La Presse pour la période courant entre le 1er janvier et le 31 août 2009. Ils permettront d’établir les revenus et dépenses de l’entreprise ainsi que les pertes qu’elle subit actuellement.

Vous conviendrez qu’il est peu commun qu’une entreprise dévoile ses données financières à une société qui tire l’essentiel de ses revenus des mandats des syndicats. Il serait normal de s’interroger sur leur indépendance. Mais puisque l’avenir de La Presse est en jeu et que le temps presse, nous avons choisi de faire confiance. Cela dit, pour examiner les résultats financiers détaillés, nos vérificateurs requièrent quatre semaines à partir de la fermeture de nos livres le 15 septembre. C’est donc dire qu’à compter du 15 octobre prochain, MCE Conseils devrait être en mesure d’en faire l’analyse et de remettre par la suite son rapport, ce qui nous conduirait éventuellement au 1er novembre.

À ce moment, nous serons près de la date critique à laquelle le plan de réduction de dépenses devra être mis en place afin d’atteindre les objectifs fixés pour le maintien de notre emprunt bancaire. À compter du 1er décembre prochain, La Presse ne pourra tout simplement plus poursuivre ses activités sans changements importants dans ses coûts. À défaut d’un règlement à cette date, la publication de La Presse sera suspendue, sur papier et sur Cyberpresse. Il est de mon devoir de vous en informer dès maintenant.

Bilan
Voici le bilan de ce que nous avons accompli pour assurer cette transition nécessaire de La Presse:
- Nous avons développé une stratégie pour permettre à La Presse de migrer vers un nouveau modèle d’affaires;
- Nous nous sommes entendus avec des institutions financières pour assurer le financement de nos fonds de pension qui sont largement déficitaires;
- Nous avons réalisé notre part d’économies dans nos coûts d’exploitation en prenant des décisions difficiles, notamment:
- La fin de l’édition du dimanche;
- La réduction du format du journal;
- La mise en place d’un programme de départs volontaires.

À cela s’ajoute la détermination de notre conseil d’administration, à laquelle je joins la mienne et celle de l’équipe de direction de La Presse, de poursuivre les activités de l’entreprise, dans la mesure où le modèle d’affaires de La Presse est viable à long terme. Pour compléter avec succès cette transition, il ne manque qu’un élément: votre contribution aux objectifs de réduction des coûts. Votre participation est essentielle. Une nouvelle fois, nous invitons nos partenaires syndicaux à s’asseoir avec nous et à aborder de front la négociation sur la réduction de notre structure de coûts. Nous avons trois mois devant nous, suffisamment de temps pour discuter et convenir d’ententes négociées permettant de réduire nos coûts d’exploitation.

Je réitère notre volonté d’agir de façon responsable et raisonnable, cependant, le statu quo est impossible. L’avenir de La Presse, votre avenir, est entre vos mains. À vous de décider.
Guy Crevier
Éditeur La Presse
4 sept. 2009


Propos...
Les constatations... Les revenus de La Pesse ont fondus de 23% en juillet 2009 par rapport à juillet 2008. Pertes prévues, plus de 100 millions en 5 ans si rien n'est fait pour réduire les coûts. Huit syndicats pour 700 employés. Dont, Hélène De Guise au syndicat des travailleurs de l'information et Yvan Berthelot, au syndicat des typographes.

Les demandes... Réduction des coûts annuels de 26 millions, dont la moitié 13 millions aux salaires, ou 6% de la main-d'oeuvre. Quelques 100 emplois syndiqués de moins sur le total de 700. Les négos sur ces réductions ne sont pas en cours.

Les offres... Le syndicat réclame le congédiement des surnuméraires et des collaborateurs, tel qu'Alain Dubuc, avant qu'un seul syndiqué ne soit touché.
Réclame la fusion de la presse et cyberpresse, une stratégie qui aurait pour effet de faire passer les conditions de travail extra luxueuses des employés de la presse papier, deux fois supérieures, à ceux de cyberpresse. Donc, sans le dire, sans réduction des coûts. Sans changement dans les salaires et avantages sociaux, qui vient avec l'ancienneté existante du journal papier.
Réclame l'examen des états financiers de l'entreprise.

Cette stratégie du syndicat ressemble étrangement aux fondements du conflit au JdeM, qui n'a pas de site comme tel depuis 2001, à cause des mêmes demandes du syndicat, des conditions de salaire et charges sociales transférables du papier à la partie toile. Le piège classique.

Croyez-vous que les syndicats, après examen des états financiers, constatant la chute des revenus et les pertes mensuelles qui s'accumulent, vont se mettre d'accord avec les demandes du directeur Crevier ?... D'aucun ici ne le croit, comme une hypothèse plausible.

C'est donc l'impasse totale. Fermeture prévue, le 1 décembre prochain.
Bon congé du travail !...

Libellés : ,

De... sp et al... le... 6.9.09,

3 Commentaires:

Le.. mercredi, 09 septembre, 2009, Anonymous Serge dit...

Notre billettiste média s'est surpassé. Le changement d'époque est frappant.

Il faudrait écrire au directeur Crevier et demander...
- Pourquoi les mutations technologiques et internet n’ont pas fait bouger le modele d’affaires et son offre en ligne.
- Pourquoi les lettres des lecteurs ne sont-elles pas publiées en ligne, à la page opinion de la cyberpresse.

Il n'y a pas que les syndicaleux qui ont des problèmes avec son modèle d'affaire. Le public aussi en arrache.
sp

 
Le.. mercredi, 09 septembre, 2009, Anonymous Jean dit...

Ne pas publier les lettres des lecteurs au site c'est de l'exploitation crasse.
Ajoutez mon vote et celui de Claude à la motion de SP.

 
Le.. jeudi, 10 septembre, 2009, Anonymous Gisèle dit...

C'est vraiment curieux, non ?...
Le Devoir publie ses lettres de lecteurs au site, mais pas la Pesse et pas le JdeM.
Drôles de gestionnaires site communiste, à la Ciberpesse !...
gg

 

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