Un carnet bleu...

Propos lavallois d'actualité politique, économique, fiscale, linguistique, footiste et autres bidules, en différé...

Une exploitation libérale débilitante...

Dans le domaine économique il y a de ces jours ou des politiciens véreux, surtout des libéraux, démontrent vraiment une propension incroyable à dilapider la richesse et à exploiter leurs électeurs jusqu'à l'os. Cette fois en hypothéquant l’avenir avec une garantie de prêt, plus une concession de tarif hallucinante, à une entreprise transnationale, multimilliardaire américaine. Sans aucun gain d'emplois, par surcroît. C’est une autre cochonnerie entre les libéraux et les anglo américains de l’Alcoa bien sûr.
Vous souvenez-vous d'un autre libérale du genre, dans le gouvernement de Robert Bourassa, qui avait concocté en secret une entente qui a fini par augmenter nos tarifs de 19% ? C'est dans ce type d'entente saloppe, aussi cette fois. Le communiqué…

Alcoa investit 1,2G$ à Baie-Comeau
L'américaine Alcoa (AA) a annoncé aujourd'hui qu'elle va de l'avant avec le projet de modernisation de 1,2G$ de son usine de Baie-Comeau, à la suite d'une entente avec le gouvernement Charest sur la fourniture de l'électricité.
Cet argent servira à moderniser les cuves Soderberg et permettra de conserver 1500 emplois dans la région et dans les autres usines d’Alcoa à Bécancour (976 emplois) et de Deschambault (524 emplois). Aucun nouvel emploi ne sera toutefois créé à Baie-Comeau avec le projet.
L’aide à Alcoa est assortie d'une pénalité de 100 000$ par emploi réduit autrement que par l’attrition, avec un maximum de 75M$.
En plus de fournir l’énergie, Québec s’est engagé à garantir un prêt de 228M$ incluant un remboursement des intérêts pendant 30 ans.
La modernisation de l’usine devra être terminée en 2015. Quelque 7000 emplois seront créés au cours de la construction de l’usine, et l'entente permettra d'assurer le maintien de 4300 emplois indirects aux trois sites d'Alcoa.. Québec a aussi attribué un bloc de 175 MW d'électricité et le renouvellement, à compter du 1er janvier 2015, d'un bloc de 517 MW.
L’annonce a été faite en grande pompe par le Premier ministre Jean Charest, qui était aussi accompagné du ministre des Ressources naturellles et responsable de la Côte-Nord, Claude Béchard, et du ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Raymond Bachand.
Chez Alcoa, l’annonce de l'investissement a été faite par Alain Belda, président et chef de la direction d’Alcoa.
Mise à jour 04/03/2008 11h45


Propos…
Cela est le communiqué standard, complaisant, diffusé pour tous les médias. Maintenant voici ce qu’un analyste en énergie a trouvé. Et ne prenez pas à la légère l’utilisation du mot «extrêmement» accompagné d’avantageux. C’est plutôt inqualifiable…

L'entente entre Québec et Alcoa est indéfendable
Assiégé depuis son arrivée au pouvoir par le puissant lobby de l'industrie de l'aluminium, le gouvernement Charest vient de céder en garantissant à Alcoa un approvisionnement à long terme d'électricité à un prix extrêmement avantageux.
Étonnant pour un gouvernement qui avait dénoncé et annulé des ententes similaires concédées en panique préélectorale par l'ancien Premier ministre Bernard Landry. Une belle démonstration qu'en politique, comme en physique, les mêmes causes produisent généralement les mêmes effets.
Oublions les écrans de fumée des relationnistes de l'industrie et les prétendues retombées économiques des comptables-alchimistes. Une vérité toute simple demeure: le Premier ministre Charest s'est engagé à livrer à Alcoa jusqu'au milieu du siècle près de 2000 mégawatts (MW) d'électricité à un prix qui ne sera même pas la moitié de ce qui nous en coûtera à ce moment pour remplacer cette même quantité d'énergie.
Dans sa dernière stratégie énergétique, le gouvernement du Québec chiffre en effet à 25 milliards de dollars le coût de la nouvelle capacité de production de 4500 MW qu'il entend mettre en chantier pour les années à venir. C'est donc un investissement de plus de 10 milliards que les abonnés d'Hydro-Québec devront supporter à même leurs tarifs pour continuer de livrer ces 2000 MW.
Or, un tel investissement implique un coût de production de l'électricité d'au moins 10 cents le kilowattheure (¢/kWh). Mais pas question pour les grandes alumineries de payer cette nouvelle fourniture à son coût marginal de production. Au mieux, on consent à payer éventuellement le tarif grande puissance, soit environ 4 ¢/kWh.

Le calcul est vite fait: cette perte de 6¢/kWh pour une puissance de 2000 MW produit un déficit annuel de plus d'un milliard de dollars. Pour absorber cette seule perte, il faudra majorer les tarifs de tous les consommateurs québécois d'au moins 5%.

On justifiera ces contrats en disant qu'Hydro-Québec disposerait actuellement d'un surplus d'énergie. Mais pourquoi s'engager sur des décennies pour régler un problème temporaire? Si nous avons vraiment trop d'électricité, pourquoi s'obstiner à tapisser la Gaspésie d'éoliennes géantes et se lancer dans de nouveaux projets hydroélectriques très coûteux? Pourquoi ne pas exporter temporairement ces surplus vers l'Ontario qui cherche désespérément de l'électricité pour fermer ses centrales au charbon?
Un contexte différent
La vente massive d'électricité aux alumineries pouvait peut-être se justifier au début des années 80 alors que nos coûts de production étaient très bas, que nous avions d'importants surplus et qu'il n'y avait pas de marché extérieur attrayant pour notre production. Mais aujourd'hui, tout est différent. L'électricité est devenue un produit coûteux à produire et qui se vend très cher.
Ailleurs en Amérique du Nord, son prix augmente en moyenne de 15% par année. Et ce n'est pas fini! Le pétrole coûte déjà plus de 100$ le baril. Imaginons un peu ce que seront les prix du pétrole et de l'électricité dans quelques décennies. Nous serons alors probablement bien malheureux d'avoir concédé à long terme nos richesses énergétiques aux géants de l'aluminium.
Pour ce qui est des emplois, la discussion est courte puisque Alcoa n'entend créer aucun emploi. Toute cette richesse ne sera concédée que pour maintenir, au mieux, les emplois actuels.

On a longtemps reproché au Premier ministre Duplessis d'avoir littéralement donné le fer de la Côte-Nord aux grandes multinationales. L'entente que vient de conclure le gouvernement Charest avec Alcoa est encore pire. C'est comme si en plus de donner le minerai, nous devions aussi payer pour construire la mine, les voies ferrées et les installations portuaires, et ensuite assumer la moitié des coûts d'exploitation de toutes ces installations.
En fait, si le gouvernement avait plutôt offert de donner à Alcoa le site de la rivière Romaine (1555 MW) qu'Hydro-Québec s'apprête actuellement à développer, la multinationale aurait sans doute refusé. Les contrats annoncés hier sont beaucoup plus avantageux pour elle.

En somme, ce que nous devons conclure, c'est que nos dirigeants sont incapables d'élaborer une stratégie énergétique qui soit véritablement génératrice de richesse. Il est effectivement paradoxal de conclure que la société québécoise serait plus riche, à long terme, si nous n'avions plus de ressources hydroélectriques à mettre en production. Cherchez l'erreur...
Jean-Marc Carpentier
L'auteur est vulgarisateur scientifique et analyste en énergie.
Le mercredi 05 mars 2008


Propos…
Simple vérification de la facture d’HQ dit que nous payons en ce moment le résidentiel à 5,029 cents. Le prix offert par ce gouvernement de libéraux à une étrangère, transnationale multimilliardaire, est de 4 cent les kwh. Soit 25,7 % moins cher pour une utilisation commerciale qui génère des revenus faramineux. Et cela apportera un déficit de 1 milliard par année quant à la valeur de la ressource utilisée, pendant 41 ans, semble-t-il.

Autrement dit, au lieu que cette ressource naturelle apporte de la richesse à ses actionnaires les citoyens, par l’entremise de son gouvernement, comme en Alberta pour le pétrole, au Québec les libéraux de John Charest nous garantissent l'exportation de ces richesses et un avenir de pauvreté pour ses citoyens. Plus politiciens connards que ça, tu meurs.

Libellés :

De... sp et al... le... 24.3.08,

1 Commentaires:

Le.. mardi, 25 mars, 2008, Anonymous Anonyme dit...

Lettre d'un lecteur intéressé...

Un cadeau hallucinant de Charest à Alcoa
Le 5 mars, Jean-Marc Carpentier faisait paraitre un article sur une décision indéfendable : Jean Chares accorde à Alcoa des privilèges hallucinants jusqu’en 2050. Il lui vend le kWh à 4 cents, alors qu’il coûte à Hydro 10 cents à produire.
Voilà qui nous fera un déficit additionnel d’un milliard par année pendant 41 ans.
De plus, les installations hydroélectriques qu’on prévoit construire coûteront 25 milliards pour une production de 4500 mégawatts. Or, nous devons fournir 2000 mW à Alcoa. Règle de 3 « : nous donnons donc 10 milliards de plus à cette entreprise.
Nous sommes en plein cauchemar. J’ai attendu pour voir les manifestations dans les rues, enneigées il est vrai. Rien. Je n’ai ni lu ni entendu un seul commentaire sur cette horreur. L’esprit colonisé cède au chantage de Big Brother. On a les gouvernements qu’on mérite…
Michel Frankland
Montréal…
Lundi 13 mars 2008


Aucune manif dans les rues...
ms

 

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