La censure le wii fit et la plus cliquée...
12.6.09
De retour à la chroni favorite des internautes sans frontière, notre billettiste volontaire toile-ordi dit que cette semaine de travail fut « un mélange incompréhensible ». Hé bien !... Probablement du à la météo politique qui nous annonçait une nouvelle initiative des souverainistes bailingues, du PMQ. À moins qu'il fasse référence à la chroni audio, à la radio privée, de la buandriste américaine Marie France Brazzo, toujours incompréhensible. Donc...De nouveau voici ce moment de détente bien apprécié, le billet de la rubrique toile-ordi, pour indéfectible et insatiables lecteurs. Cette semaine, cette lecture sera encore plus populaire que les autres. De quoi s'agit-il cette fois ?... Nous avons réuni un résumé de l'état de la censure de la toile. Quelques faits troublants qui ne sont pas connus à grande échelle.
Puis... Une nouvelle très brève, une autre version du célèbre Nintendo wii fit 2. Enfin, nous apprenons qui est la plus cliquée de la blogosphère. Sans aucune surprise, évidemment.
Les censeurs du Net
La carte du Web censuré. Signalés d'une croix noire, les pays pratiquant la censure d'Internet, avec des moyens de répression dure et ceux procédant au filtrage des contenus "politiques". D'une croix rouge, les pays exerçant un filtrage des contenus "sociaux" d'Internet. (sources : Reporters sans frontières, OpenNet Initiative)
Sur Internet, 1994-2004 a été l'ère des pionniers. 2004-2007 a été l'ère des marchands. Aujourd'hui s'ouvre l'ère des méchants. Partout dans le monde, les sites plongent dans le noir, les arrestations s'enchaînent, les peines de prison pleuvent. Le Web vient de fêter ses 20 ans. Personne ne le prenait au sérieux : c'est fini.
S'informer sur la cybercensure
• OpenNet Initiative • Berkman Center (Harvard) • Global Voices Advocacy • Reporters sans frontières Rapport 2009 : Les ennemis d'Internet • Electronic Frontier Foundation • Sesawe • Amnesty International • La quadrature du Net
Pour lire et écrire anonymement sur le Web
• Réseaux virtuels privés gratuits HotSpot Shield (Mac et Windows) AlwaysVPN (Mac, Windows, Linux) Social VPN (Windows, Linux)
• "Anonymiseurs" gratuits TOR, Ultrareach, Psiphon, Dynaweb
Morgane Le Gall/Galerie Renate Gallois Montbrun pour Le Monde 2
Enquête Les censeurs du Net
Nacer (tous les prénoms d'internautes cités dans cet article ont été modifiés) se souvient du premier ordinateur connecté à Internet à la bibliothèque nationale de Damas, en Syrie : un garde qui ne comprenait pas un mot d'anglais venait s'asseoir à côté de vous pendant la consultation, pour surveiller cette nouvelle nitroglycérine. C'était le bon temps. Aujourd'hui, les Syriens surfent confortablement, depuis chez eux, sur un Web censuré. La cybercensure, le fichage des internautes ne sont pourtant pas l'affaire des seules dictatures.
L'Italie est en phase avec la Chine. La loi y oblige tous les cybercafés à scanner les papiers d'identité du moindre client. Au Kazakhstan, il est actuellement vivement conseillé de ne pas publier les mots " crise économique " sur Internet – le président ne le veut pas. C'est folklorique, face aux tests en cours en Australie, pour purger tout le Web local des " contenus numériques à caractère pédophile ". Tous les gouvernements sont angoissés par l'hydre Internet, mais chacun l'exprime selon sa culture. La Grande-Bretagne se prépare à surveiller et archiver toutes les communications électroniques, au nom de la lutte contre le terrorisme. En France, la confrontation État-internautes a lieu autour du téléchargement d'œuvres protégées. Quand la poussière retombe sur les champs de bataille législatifs, il reste un rapport de forces inégal : les États et les fournisseurs d'accès à Internet (FAI) ont maintenant les moyens techniques pour repérer et rendre inaccessibles les sites qui fâchent, à l'échelle d'un pays. On dit alors que le Web est " filtré ".
LA PAGE INTROUVABLE, ERREUR 404
Le filtrage du Web s'annonce le plus souvent par le message : " Page introuvable ", familière à tous les internautes, libres ou surveillés. En jargon informatique, on l'appelle " page de l'erreur no 404 ". La page 404 a toujours posé problème. Une jolie légende technologique veut qu'aux débuts de la Toile, au Cern, en Suisse, les chercheurs, excédés d'aller sans cesse relancer un serveur défaillant installé dans le bureau no 404, aient attribué ce numéro d'erreur au défaut de connexion, en souvenir de cette pièce maudite. Vraie ou fausse, cette page d'erreur a en effet un mauvais karma.
A Oman, à Bahreïn, à Dubaï, la page de l'erreur 404 est franche du collier : vous serez redirigé vers un message vous informant, en anglais et en arabe, que le site que vous cherchez n'est pas autorisé dans le royaume.
En Chine, la page 404 n'est assortie d'aucune explication, et elles sont inutiles : le site est censuré. Les soldats américains en Irak tombent dessus quand ils veulent consulter YouTube, interdit par l'US Army, depuis leur base. Ils n'ont pas ce problème depuis un cybercafé de Bagdad.
En Algérie et en Égypte, elle signale réellement un problème technique : le Web n'y est pas filtré, même s'il est très policé. Elle apparaît si vous demandez depuis la Syrie un site dont l'adresse contient la terminaison " .il ", code d'Israël. Vous n'aurez en revanche aucun problème avec un site porno.
Et en Tunisie, la page 404 est tout simplement factice. Une page Internet Explorer ou Firefox vous informe que votre connexion n'a pu aboutir. Seul un détail – le logo de Firefox alors que vous surfez avec le navigateur Internet Explorer, ou le contraire – permet de s'apercevoir qu'il s'agit d'une fausse page. Ce qui, en Tunisie, a lancé l'expression " une 404 bâchée " pour les pages censurées, clin d'œil à la camionnette Peugeot si populaire en Afrique. Et tous les internautes tunisiens de s'écrier en chœur : "Et son chauffeur s'appelle Ammar !" Ammar, comme la première lettre de l'ATI, l'Agence tunisienne de l'Internet, paravent du ministère de l'intérieur tunisien.
ESCALE TUNISIENNE
Lors d'une croisière en Censurie, la Tunisie mérite une escale : premier pays africain à avoir investi Internet, rutilante vitrine de l'informatisation des citoyens et des nouvelles technologies louée par Bill Gates (" Je suis époustouflé par la Tunisie "), cet État est à la pointe de la cybercensure. Dès 2000, dans une blogosphère encore déserte, il innovait en censurant sur son territoire le forum Takriz.org, ("ras-le-bol".org). La même année, son premier cyberdissident, Zouhair Yahyaoui, était arrêté dans un publitel (cybercafé) et condamné à dix-huit mois de prison pour avoir proposé un sondage sur son site, Tunezine : " La Tunisie est-elle un royaume, une république, un zoo, une prison ? "
Le mariage des technologies dernier cri de cybersurveillance et d'un État policier a engendré en dix ans une triste routine – cyberdissidents emprisonnés et blocage systématique des sites de la presse étrangère dès qu'un entrefilet déplaît. Lofti, un Tunisien qui vit en Europe, se souvient qu'il n'a jamais pu accéder au portail français Voila.fr lors d'un séjour au pays. Pourquoi ? A cause des dépêches AFP que le portail propose ? Des photos trop sexy ? Les questions aussi sont mal vues. A noter : l'ATI, depuis ses débuts, est toujours dirigée par une femme.
Khadija Ghariani, ingénieur Sup Telecom Paris promo 1984, Feriel Béji, docteur en intelligence artificielle, et Lamia Cheffai Sghaier, ingénieure en génie électrique, s'y sont succédé. En dissidence, on les surnomme les Ben Ali's Angels, une production locale sous-titrée : " A nous de vous faire détester Internet ! ". La Tunisie est aussi championne d'un certain cyberhumour.
« ECRIVEZ : “JI/AN/G ZE/MIN” »
L'autre grand ancien de la cybercensure est la Chine. On sait qu'une grande muraille virtuelle tient au large des yeux chinois des millions de sites étrangers, et aussi nationaux. Lire librement sur le Web n'est donc pas possible, mais les Chinois ne s'en plaignent pas trop, ils sont habitués. C'est écrire, converser en ligne qui les passionne. Et c'est l'" harmonisation " qui les énerve.
Claire Ulrich
LE MONDE 2 31.05.09 07h12
Nintendo lancerait une nouvelle version de Wii FitTOKYO (Reuters) - Nintendo prévoit de lancer cet automne une nouvelle version de son accessoire de sports "Wii Fit", afin de relancer les ventes de sa console de jeu vidéo Wii, rapporte dimanche le quotidien économique japonais Nikkei. Le nouveau "Wii Fit plus" permettra aux utilisateurs de se mesurer via internet à d'autres participants cherchant à perdre du poids ainsi que dans les différents exercices proposés par l'accessoire, explique le quotidien sans citer ses sources. Il est également plus précis que le précédent modèle.
Le "Wii Fit", qui se connecte à la console Wii, est composé d'une planche en forme de balance et de capteurs capables de déterminer la position du joueur. Selon le Nikkei, l'éditeur et le fabricant japonais de consoles va par ailleurs lancer une nouvelle version de son titre phare "Mario" au second semestre 2009. Un porte-parole de Nintendo s'est refusé à tout commentaire.
Nintendo a relativement bien résisté à la récession mondiale avec sa console Wii qui est en concurrence avec la Xbox 360 de Microsoft et la PlayStation 3 de Sony. Mais les ventes de cette console équipée d'une manette à détection de mouvements ont ralenti ces derniers mois en raison de l'absence de nouveaux titres phares. Les analystes et les observateurs s'attendent à ce que le groupe japonais dévoile lors du salon E3 de Los Angeles mardi de nouveaux titres.
Kiyoshi Takenaka et Hideyuki Sano,
version française Claude Chendjou
REUTERS 31.05.2009 12:41
http://tempsreel.nouvelobs.com/
Royal la plus cliquéeEn politique, le web ne pardonne pas, notamment sur les plateformes de partage de vidéo. On peut y compter en temps réel le nombre de visites sur un discours, un clip de campagne ou des images "volées". Alors puisque les socialistes ont modernisé leur site, notamment dans le cadre de la campagne européenne, certains ne manquent pas déjà de faire leurs comptes de web-campagne... Et le classement est sans appel lorsque l'on regarde le nombre de visionnages des discours des grands leaders lors des derniers meetings. Caracolant en tête, Ségolène Royal affiche 12 184 vues, 2e Martine Aubry avec 8374 vues, 3e Benoît Hamon qui dégringole à ... 797 vues. Quant à Bertrand Delanoë, il ne compte que 751 vues, devant Laurent Fabius 657 et Jean-Marc Ayrault 635.
Ce top 6 (à partir du site de Dailymotion) ne traduit pas bien sûr la popularité ou la cote d'avenir des dirigeants cités. Les internautes peuvent d'une part cliquer plusieurs fois sur une même vidéo; ils peuvent d'autre part la sélectionner pour voir si l'un n'a pas trébuché, ou l'autre n'a pas fait un bide à l'applaudimètre. Ces chiffres conduisent toutefois au constat suivant : Ségolène Royal et Martine Aubry écrasent désormais leurs rivaux en termes d'audience de vidéos on line. Et la première distance largement la seconde. "L'appétit médiatique pour Ségolène reste intacte", soulignait ainsi il y a quelques semaines un dirigeant socialiste peu suspect de ségomania.
Royal «meilleure communicante»
Appétit médiatique, et incontestablement appétit des internautes qu'elle ne néglige jamais. Constamment présente sur la Toile depuis sa campagne présidentielle, elle entretient ses réseaux avec les sites Désirs d'avenir et relaie quotidiennement son action sur le web. Sans surprise, 42 journalistes l'ont ainsi élue «meilleure communicante» parmi 37 personnalités politiques passées au crible. Dans cette étude publiée mercredi par le cabinet de conseil en communication Vae Solis Corporate, elle apparaît comme celle qui a la meilleure «intuition» pour utiliser la blogosphère et créer l'impact; les commentaires sur son style sont toutefois plus nuancés voir rudes.
Quoi qu'il en soit, la multiplication des supports instantanés d'information rend de plus en plus complexe l'analyse du rapport entre visibilité et popularité. Depuis leur effacement de la scène médiatique, Dominique Strauss-Kahn et Bertrand Delanoë sont ainsi en tête des sondages d'opinion. Se réjouir ainsi d'une bonne audience en télé ou sur internet n'est pas forcément signe de succès futur. Et se satisfaire de bons sondages n'est pas gage de réussite. Mais à l'heure de la «vidéocratie», susciter la curiosité ou créer la nouveauté semblent indispensable. Sur ce terrain là, Ségolène Royal conserve une réelle longueur d'avance. Ce qui permet à ses proches de relativiser son actuelle faiblesse dans les sondages.
RP - le 03/06/2009 - 18h50
Mis à jour le 03/06/2009 - 19h51
Propos...
De toute évidence, la plus populaire sur la toile ne sera pas la plus populaire dans les sondages. Ou même lors d'une élection.
Tel que constaté lors de la dernière élection, le parti politique et les candidats les plus présents dans les médias audio, vidéo et sur papier, sont devenus les plus populaire dans le voté exprimé. La présence accrue ou non sur la toile, en matière de politique, n'est pas encore d'importance dans les habitudes des électeurs hors Euro, Québécois...
Libellés : Toile-ordis
De... sp et al... le... 12.6.09,











