Un carnet bleu...

Propos lavallois d'actualité politique, économique, fiscale, linguistique, footiste et autres bidules, en différé...

Dociles et assimilés, Deltell trudeauiste...

Enfin le billet le plus consulté de la semaine, la transition. En alternance avec le média bashing, les adeptes de l'élan 2x4, nous voici en reprise du favori de tous, le combat de la langue. Pour le très grand bonheur de ses fanas indéfectibles qui crient famine depuis des mois.

Tout de même, au dernier billet du média bashing... Un autre article du célèbre enseignant, Simard, nous proposait l'étude du journaliste romantique. Un journaliste qui n'a plus besoin d'innover, de trouver une nouvelle valeur économique à son travail. Une perspective choc, qui en a fait figer plusieurs. Dont les fautes sont attribuables surtout aux changements technologiques, qui ont déshumanisé la profession. Rien de moins.

Puis... Nous avons pris connaissances de quelques nominations à la direction de la Pesse de Geska, suite aux démissions de quatre vice-présidents. Il nous manque toujours une autre nomination, introuvable.

Cette semaine à la transition... Au très populaire combat linguistique, qui a pris dernièrement une ampleur inespérée, nous en sommes à 72 fichiers et à la fin aout. Ça repart.

En première lecture... Quoi d'autre que ce populaire mode de la lettre, des lecteurs. Comme la dernière fois, aujourd'hui nous bifurquons par le célèbre centre Bell, en mode gala de boxe, plutôt que de gouret sur glace. Afin de constater, pour une unième fois, que le français n'est plus la langue des sports, à Montréal. Assimilés, à vos marques !...

En seconde... Autre lettre intéressante. Cette fois c'est d'un écrivain, au CA du MMF, qui nous propose la distinction entre langue de remplacement et langue seconde. La différence des langues secondes dans la zone Euro, qui ne conduisent pas à l'assimilation mais plutôt à l'enrichissement, parce qu'il n'y a pas, contrairement au Québec, une culture de colonisation. Soit, le remplacement de la langue maternelle, systématiquement. Bonne lecture...

Dociles et assimilés...
Comment se fait-il que, lors du gala de boxe de samedi au Centre Bell, opposant le boxeur québécois Jean Pascal à l’Américain Chad Dawson, le présentateur ait présenté les deux pugilistes uniquement en anglais, balbutiant à peine quelques mots français?

Sommes-nous rendus dociles et assimilés au point de ne plus exiger qu’on nous parle dans notre langue sous prétexte que la plupart d’entre nous comprennent l’anglais? D’autant plus que cet événement était d’envergure internationale et qu’il représentait Montréal, ville française.

Il est anormal qu’un événement de quelque nature que ce soit se déroulant au Québec, où la langue française est la seule langue officielle et où les francophones représentent 80 % de la population, ne soit pas présenté d’abord et avant tout en français. Nous devons réclamer que notre langue et notre identité prédominent et rayonnent, particulièrement chez nous.
Stéphane Martel
Montréal - 2010-08-16

Gérard Deltell et l’anglais...
Le chef de l’ADQ Gérard Deltell est d'avis que tous les jeunes Québécois doivent devenir parfaitement bilingues - et ça presse! -, sinon le Québec, dans l’effort qu’il déploie pour gagner sa place au soleil, risque de se casser le nez.

Pour atteindre son objectif, monsieur Deltell préconise que « les élèves inscrits en sixième année du primaire reçoivent la moitié de leur enseignement en anglais ». De plus « l’enseignement intensif de l’anglais au primaire et au secondaire devrait devenir une priorité absolue ». Finalement, il cite en modèle les pays scandinaves où le taux de bilinguisme atteindrait jusqu’à 88 %.

D’autres professent des opinions semblables. Maître Julius Grey, par exemple, voudrait que l’enseignement en anglais occupe 30 % du programme au niveau collégial. Et que de parents, soucieux de l’avenir de leurs enfants, souhaiteraient de pareils changements!

Certains ont fait remarquer avec raison à monsieur Deltell qu’il ne fallait pas confondre l’Europe multilingue et l’Amérique massivement anglophone, qui exerce sur notre langue une pression incomparablement plus forte que celle que les langues européennes, scandinaves ou autres, peuvent subir de la part de l’anglais.

Je me bornerai donc à faire une distinction fondamentale qui semble avoir échappé au chef de l’ADQ. Apprendre l’anglais (ou toute autre langue), c’est s’ouvrir l’esprit sur une autre culture, ajouter une corde à son arc, etc. Une bonne chose, quoi.

Apprendre en anglais, par contre, c’est s’angliciser, car c’est assimiler la réalité dans une autre langue que la sienne.

C’est d’ailleurs la méthode choisie par plusieurs provinces canadiennes entre 1864 et 1912 pour éradiquer notre langue de leur territoire en abolissant les écoles publiques françaises.

Ce faisant, elles poussaient les minorités françaises vers l’école anglaise, où on appliquait la recette préconisée par monsieur Deltell à la perfection : toutes les matières s’enseignaient en anglais. Leur succès fut colossal.

Sauf peut-être au Nouveau-Brunswick - où le peuple acadien continue de lutter courageusement pour la survie de sa langue - les minorités francophones hors Québec sont tombées aujourd’hui sous le seuil de l’insignifiance numérique. Le mal étant fait, la Cour suprême du Canada a invalidé plus tard, bien sûr, ces lois antifrançaises.

Une des spécialités de la Cour suprême, ce sont les corbillards chargés de fleurs. Pour ce genre de choses, elle ne lésine jamais sur la dépense. Malheureusement, ils ne ressuscitent pas les morts.

Qu’on applique l’enseignement en anglais à trente ou à cent pour cent, il s’agit toujours de la même méthode - et elle donnera proportionnellement les mêmes résultats. Différence piquante avec la stratégie adoptée autrefois par les provinces canadiennes : la méthode de Deltell et compagnie serait appliquée par des francophones contre eux-mêmes!

Monsieur Deltell est né et vit à Québec. Il semble que, pour certains, de vivre dans un milieu massivement francophone (comme la ville de Québec) rende aveugle à la véritable situation du français en Amérique du Nord.

Cette situation a toujours été précaire. Ne former que 2 % des locuteurs d’un continent pose un défi constant. Pour le relever, il faut du courage, mais aussi de la vigilance. Si Gérard Deltell possède l’un, de toute évidence il manque de l’autre. À courte ou moyenne échéance, sa proposition suicidaire mènerait à la folklorisation du français, puis à sa mort.

Cela dit, le problème qui nous occupe ne vient pas tant de notre relation avec l’anglais que de celle que nous entretenons avec nous-mêmes.

Les Québécois sont en train de désespérer d’eux-mêmes et de leur langue. Ils tournent en rond depuis trop longtemps, emprisonnés dans une situation politique sans issue. La médiocrité, l’aveuglement et les calculs mesquins de leurs dirigeants politiques les accablent.

Le français, oui, bien sûr, ils y tiennent : c’est leur âme. Mais ils sont déchirés entre l’amour qu’ils portent à leur langue et la nécessité qui leur apparaît de plus en plus impérieuse de faire place à l’anglais pour réussir dans la vie.

Personne ne nie que l’anglais soit utile, bien au contraire. Mais on peut réussir sa vie en français au Québec comme les Allemands, les Espagnols ou les Polonais le font chez eux dans leur langue.

Promenez-vous un peu sur la planète, monsieur Deltell. La belle saison est arrivée et les agences de voyages offrent souvent d’alléchants rabais.
Yves Beauchemin,
Écrivain, - Longueuil, été 2010.
Membre du conseil d'administration du Mouvement Montréal français.


Propos...
Il semble, semble-t-il, que seulement 5 % des Québécois de souche bailingues, voyagent à l'étranger durant leur vie.

Se privant ainsi d’une bonne leçon de ce qu'est en réalité la mondialisation. Laquelle vous enseigne que posséder les rudiments de la langue nationale, du pays ou du lieu que vous avez choisit de visiter à l'étranger, c'est irremplaçable comme compréhension de ce qu'est l'ouverture sur le monde.

À ces Québécois, quand on leur demande alors, pourquoi Blogger est disponible en 41 langues, plutôt que l'anglais ou l'américain, ils ne comprennent pas le sens de la question, évidente.

C'est une définition et réalité du monde, de la globalisation, qui échappe aux Québécois dominés par la civilisation de l'anglo-saxon canadien et américain unilingue, quoi.

Pauvres Québécois, dominés par l'anglo-saxon américain.

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De... sp et al... le... 29.3.11,

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