Panne d'emplois, une Allemagne européenne...
29.9.11
Jeudi... Le jour de l'écono en crise. Le billet qui génère toujours le plus de courriels en tout genre de la part de ses lecteurs indéfectibles de l'analyse à saveur Euro et nipponnaise.Tout comme d'habitude, l'éconoencrise maintient sa cote de popularité. Même si le nombre de fichiers au répertoire temp est relativement stable. L'action y est moins pressante, mais tout de même d'une stabilité étonnante. C'est la seule rubrique de la semaine qui ne cause jamais de guerre de mots, entre les lecteurs.
Au dernier billet, en première... Autre nouvelle déprimante. Le PIB nipponnais reculait de 1,3%, au quatrième trimestre de 2010. C'est à dire bien avant que la catastrophe du tremblement de terre suivit d'un tsunami dévastateur, frappe l'archipel.
Puis... Finalement, nos lecteurs de l'écono en crise nipponnaise sont frappées de plein fouet par les effets dévastateurs du tsunami. Le choc de cette catastrophe sera dévastateur, selon certaines agences d'évaluation.
Cette semaine à l'éconoencrise... Nous en sommes à 167 fichiers et à mars 2011. Des lectures qui instruisent, que vous ne trouverez pas ailleurs, il va sans dire.
En première lecture... De retour à l'écono en crise de la zone Euro, ce reportage de La Croix nous rappelle que, malgré une certaine reprise de la création d'emplois, on est toujours à des années lumières pour inverser les courbes du chômage. Par millions, au dernier décompte.
En seconde... Une brève, de formule question réponse. Entrevue avec un autre collègue Euro de Martin Coiteux. Cette fois c'est l'enseignant Christian de Boissieu, qui tente de nous rassurer. Les décisions récentes vont dans la bonne direction, mais probablement insuffisantes pour freiner l'état désastreux du chômage et sont lot de pauvreté. Bonne lecture.
Une reprise économique en panne d'emplois...Les économies recommencent à créer des emplois, mais à un rythme insuffisant pour inverser durablement la courbe du chômage
Alors que les premiers signes tangibles de redémarrage de l’activité apparaissent, le marché du travail reste globalement déprimé. Les économies recommencent à créer des emplois, en Europe comme aux États-Unis, mais à un rythme insuffisant pour inverser durablement la courbe du chômage. Tour d’horizon.
La situation demeure contrastée dans la zone euro...
Si l’Allemagne tire largement son épingle du jeu (avec les pays du Benelux, la Suède et la Finlande) et si la France fait tout pour rester dans sa roue, d’autres États sont loin d’avoir amorcé la reprise. Et cette année ne devrait pas apporter d’amélioration significative, tant les perspectives de croissance sont faibles, voire à la limite de la récession pour certains.
L’Espagne affiche un triste record avec 20,33 % de chômeurs, le Portugal connaît aussi un taux de chômage historique, à plus de 10 %, tandis que les demandeurs d’emploi irlandais représentent 13,5 % de la population active.
« L’absence d’harmonie en Europe, souligne Denis Ferrand, à l’institut COE-Rexecode, complique fortement la tâche de la Banque centrale européenne (BCE), chargée de définir le niveau des taux d’intérêt, et qui doit tenir compte de ces différents rythmes. »
L’annonce d’un relèvement probable des taux d’intérêt le mois prochain risque de freiner l’activité – et donc l’emploi – dans les pays déjà en difficulté. Même en regardant les moyennes, « la reprise est très lente, constate Philippe Waechter, chef économiste chez Natixis Asset Management. L’activité et l’investissement restent encore largement inférieurs aux niveaux d’avant-crise et l’emploi est seulement en phase de stabilisation. »
Après une récession de 4,5 % en 2009, le PIB de la zone euro a crû de 1,6 % l’an dernier. « Les entreprises restent dans l’incertitude sur la reprise, car la demande qui leur est adressée reste modeste ; les investisseurs doutent de la capacité de la zone euro à retrouver une dynamique forte et durable », poursuit Philippe Waechter.
De fait, la rigueur budgétaire adoptée pour enrayer la crise des dettes publiques pèse sur le revenu des ménages. COE-Rexecode prévoit que « 2011 sera une année de convalescence pour la plupart des pays. Seule la reprise aura des répercussions sur l’emploi, mais ce ne sera pas avant 2012. »
Hors zone euro, la Grande-Bretagne a vu son taux de chômage augmenter de 7,6 % en 2009 à 7,8 % en 2010 et ce n’est pas le 0,6 % de croissance attendue en 2011 qui changera la donne.
L’emploi allemand se porte mieux qu’avant la criseDans ce paysage morose, l’Allemagne fait figure d’exception. Après une récession sévère en 2009 (– 5,2 %, contre – 2,6 % pour la France), la locomotive de l’Europe a retrouvé en 2010 un taux de chômage inférieur à l’avant-crise (6,5 % en 2010, contre 8,3 % en 2007).
Le recours massif des entreprises aux dispositifs de chômage partiel, au plus fort des difficultés, a permis d’éviter les licenciements. Le grand rebond du commerce international en 2010 a fait le reste, dans une économie traditionnellement tirée par les exportations. Résultat, l’emploi a déjà augmenté de 0,7 % outre-Rhin l’an dernier.
Fait notable toutefois : les créations de postes ont eu lieu dans le tertiaire, car l’industrie, elle, en a détruit. « Le secteur des services, notamment à la personne, est en retard en Allemagne, où il représente un relais de croissance et de création d’emplois », explique Denis Ferrand (COE-Rexecode).
L’attentisme prédomine en France
La France fait aussi figure d’exception, pour d’autres raisons. En décembre, l’Insee constatait avec étonnement qu’en 2009 les entreprises avaient détruit moins d’emplois que prévu, compte tenu de la gravité de la crise. Et aujourd’hui, le redémarrage sur le marché du travail s’avère plus lent que les scénarios initialement envisagés.
« La crise a détruit autant d’emplois, proportionnellement, qu’en 1993, explique Mathieu Plane, à l’OFCE, alors que la récession a été deux fois plus sévère en 2010. » Outre l’explication du recours au chômage partiel, l’économiste relève que les entreprises ont rogné sur leurs marges, au point que celles-ci sont retombées à leur niveau… de 1986 !
Du coup, explique-t-il, toute reprise va tarder à créer des emplois, car les chefs d’entreprise vont d’abord reconstituer leurs marges avant de réembaucher. Pour le moment, c’est l’attentisme qui prévaut sur le marché du travail : sur 120 000 créations nettes de postes l’an passé, 97 300 l’ont été en intérim, selon l’Insee.
L’industrie américaine a repris les embauches
En février, le taux de chômage des États-Unis est repassé sous la barre des 9 %, pour la première fois depuis deux ans, grâce à une nette accélération des embauches dans le privé ; 192 000 emplois nets ont été créés. « Depuis la fin 2009, la croissance crée des emplois, mais pas suffisamment pour faire baisser rapidement le taux de chômage », résume Hélène Baudchon, au Crédit agricole.
Les États-Unis n’ont retrouvé que 1,3 million d’emplois sur les 8,7 millions perdus pendant la crise. Pourtant, un mouvement vertueux semble amorcé. Dès décembre 2009, soit six mois après le point bas de la crise, l’économie américaine a recommencé à créer, chaque mois, 100 000 emplois de plus qu’elle n’en détruisait. Les États-Unis sont habitués à ces à-coups. Lors de la précédente récession, après l’éclatement de la bulle Internet en 2000, le redémarrage de l’emploi avait été plus lent.
« Cette fois-ci, la crise a été plus sévère. On pouvait donc s’attendre à un rebond vigoureux. Ce n’est pas le cas. Cela est dû à la nature même de cette crise du crédit. Elle demande de purger l’excès d’endettement, ce qui freine la reprise d’activité », analyse Hélène Baudchon. Le secteur manufacturier a le premier recommencé à embaucher, car la reprise a démarré dans l’industrie.
À l’opposé, l’emploi dans la construction continue à souffrir d’une crise qui a trouvé sa source dans l’éclatement de la bulle immobilière. La banque centrale américaine note une poursuite de la croissance économique aux États-Unis, mais à un rythme « faible à modéré » selon les régions au cours des sept premières semaines de l’année.
Marie Dancer et Pierre Cochez
Lundi le 14 mars 2011 - 13/03/2011 17:07
http://www.la-croix.com/rss/economie/
Il faut une Allemagne européenne, pas une Europe allemande...La crise financière qui affecte la Grèce et l'Irlande menace-t-elle l'euro ?
- L'euro survivra à la crise actuelle. Mais pour éviter des crises à répétition, il va falloir faire des progrès significatifs dans la gouvernance économique et politique de l'Europe.
Le pacte annoncé à Bruxelles le 12 mars va-t-il stabiliser la zone euro ?
- Les décisions en cours vont dans la bonne direction. Elles sont nécessaires, probablement insuffisantes. Il faut renforcer les pouvoirs propres de la zone euro, aujourd'hui des 17. Cela s'est amorcé, sans texte, avec la crise bancaire de 2008 et les turbulences dans la zone euro depuis plus d'un an.
Renforcer la solidarité financière dans la zone passe par un accord entre nous sur plus de discipline et plus de coordination économique entre les 17. La définition du "pacte pour l'euro" est cruciale car elle va montrer si l'Europe est capable ou non de marcher sur les deux jambes: il nous faut à la fois réduire les déséquilibres budgétaires et concevoir des stratégies actives pour la croissance et pour l'emploi. Cela passe, par exemple, par une politique plus déterminée de mobilisation de l'épargne disponible et son allocation vers le financement de l'investissement, du développement durable, de l'enseignement supérieur et la recherche et vers la croissance des PME.
L'Allemagne est-elle un modèle économique pour l'Europe ?
- L'Europe doit tout faire pour ne pas être décrochée en termes d'activité et d'emplois vis-à-vis des autres zones, et par rapport à cet objectif, il nous faut plus une Allemagne européenne qu'une Europe allemande.
Christian de Boissieu
Professeur d'économie à l'université de Paris
Propos recueillis par Eve Charrin, journaliste à Challenges
lundi 14 mars 2011. 15.03.2011 | 18:52
http://www.challenges.fr/actualites/europe/
Propos...
Voilà une dernière citation qui laisse perplexe et qui fait réfléchir un bon nombre des fanas de l'écono en crise, Euro.
Croyez-vous que l'impossible est possible... « ...il nous faut à la fois réduire les déséquilibres budgétaires et concevoir des stratégies actives pour la croissance et pour l'emploi. » Belle gueule et joli langage, non ?...
Notre associé à l'écono en crise dit... Si vous soumettez cette hypothèse à l'enseignant économiste, élève de l'anglo-américain, Martin Coiteux, vous aurez probablement une réponse fort différente. Qui veut parier le contraire ?...
Libellés : Economie, Economie-encrise
De... sp et al... le... 29.9.11,







