Un carnet bleu...

Propos lavallois d'actualité politique, économique, fiscale, linguistique, footiste et autres bidules, en différé...

Deux fermetures bêtes et un rapprochement...

Au deuxième jour, à la transition. Le moment de la semaine qui nous informe sur des sujets variés, parmi les plus populaires

Au dernier billet, dans la catégorie travail/syndicat, notre billettiste volontaire a proposé une autre lecture casse bras et jambes.

Un aperçu vraiment intéressant de la productivité des fonctionnaires et comment, dans le cas australien, ils ont rationalisés et résolus certaines problème en mettant fin à la sécurité d'emploi. Puis... Le blogueur Philippe nous a fait part de son point de vue rationnel, dans la bataille des services au privé, responsables de ses actes, contre les services au public qui n'ont de compte à rendre à personne. Vraiment, deux lectures fort intéressantes.

Cette semaine, un peu de courage. Allons-y pour un dernier effort dans le domaine du travail/syndicats. Avec promesse que la semaine prochaine nous débuterons une nouvelle mode à la transition. Ce sera une alternance entre le média bashing et le débat linguistique, pour le bonheur de ses fanas qui crient famine depuis décembre dernier. Les pauvres.

En première lecture... Autre nouvelle pas trop réjouissante. Suite à un conflit de travail, ajouter le nom de Weston à Longueuil à votre liste de fermetures. Les syndicats ont voulu jouer les durs, sur une semaine de trois jours de travail seulement, alors l'employeur est devenu intraitable et choisit la porte de sortie. Exceptionnellement, notre billettiste volontaire insiste, il a choisit de vous faire voir les deux manières de traiter une telle information. La manière QMI et la manière Les Affaires. En troisième lecture... Une courte mise à jour de l'état des négos dans la fonction publique. Des nouvelles pas trop morbides, pour une fois. En quatrième lecture... Terminons cette série de la rubrique travail/syndicats avec une autre fermeture. C'est Provigo qui ferme son centre de distribution en barré dehors, à Québec, finalement. Bonne lecture.

Fermeture de Weston : une décision «surréaliste»
Au plus tard le 31 décembre prochain, la boulangerie Weston (WN) de Longueuil fermera ses portes à la suite d’une décision ouvertement questionnée par le Syndicat des salariés de l’entreprise. La fermeture se ferait selon deux grandes phases de licenciement. Un premier groupe de 87 salariés serait congédié à compter du 3 septembre prochain, alors que l’autre groupe de 93 travailleurs serait licencié au plus tard le 31 décembre.

En conférence de presse, vendredi après-midi, les représentants de la Centrale des syndicats démocratiques, qui ont défendu les employés de Weston, n’y sont pas allés de main morte en dénonçant l’attitude de l’employeur dans le processus de négociation. «Nous nous retrouvons dans une situation où un excellent citoyen corporatif, Weston, se conduit comme un bum corporatif, qui agit de façon irrespectueuse à l’égard des salariés, et qui agit de façon socialement irresponsable», mentionne François Vaudreuil, le président de la CSD.

Une rencontre souhaitée
Tout en questionnant la bonne foi de l’employeur, M. Vaudreuil a exprimé son désir de changer son fusil d’épaule et souhaite rencontrer rapidement Galen Weston, le président-directeur général de l’entreprise, dont le siège social est situé à Toronto. «Je souhaite une rencontre avec M. Weston afin d’être en mesure de dénouer cette impasse, car la décision de l’entreprise, qui est très rentable, nous paraît surréaliste, cauchemardesque et comme le pire scénario d’un film d’horreur, ajoute M. Vaudreuil. De plus, il explique que «le litige va plus loin que les quelques points qui sont alors en suspens au niveau de la négociation». Ces points qui achoppent ont trait aux horaires de travail, aux échelles salariales et des assurances collectives des employés.

Les dés pipés?
«À toutes les rencontres, les membres du comité de négociation syndical ont été confrontés à des fins de non-recevoir. C’était un peu comme si tout avait déjà été conçu d’avance», précise François Vaudreuil. Rappelons que les salariés de la boulangerie s’étaient réunis quelques heures plus tôt, vendredi matin, au cours d’une assemblée générale, pour soumettre au vote les nouvelles offres globales de l’employeur qui ont été rejetées dans une proportion de 68%.

«À la suite de l’annonce faite par les représentants de la boulangerie Weston, c’est la consternation la plus grande chez les salariés et les dirigeants du syndicat. Les gens sont habités par un sentiment d’injustice, d’indignation, à l’égard de la position de l’entreprise», fait savoir en terminant M. Vaudreuil. Le Courrier du Sud a tenté de rejoindre un porte-parole de Weston, mais n’avait reçu aucun retour d’appel au moment de mettre sous presse.
Alexandre Lampron
Agence QMI - 30 mars 2010 09h10

Au royaume de la bêtise
La boulangerie Weston vient d’annoncer qu’elle fermera son usine de Longueuil le 31 décembre 2010. La fermeture sera progressive.

C’est la réponse de Weston au rejet par les quelque150 salariés syndiqués de cette usine à son offre de renouvellement de la convention collective. Ceux-ci sont affiliés à la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), qui a pourtant la réputation d’être accommodante. Weston a offert des hausses salariales de 2 % par année pour les quatre prochaines années et le maintien de la semaine de travail : trois journées de 12 heures.

Le nœud du problème
Pour plus de flexibilité face aux besoins de ses clients (les épiceries sont maintenant ouvertes sept jours/semaine) et accroître sa productivité, Weston a demandé aux salariés de renoncer à travailler trois jours consécutifs, mais elle s’est engagée à ce que chaque employé ait congé au moins un des deux jours de la fin de semaine. Les têtes fortes du syndicat ont vu cette demande comme une attaque contre leurs droits acquis, si bien que le syndicat a rejeté le projet d’entente par 68 % des votes exprimés.

La moyenne d’âge des travailleurs est élevée. « Over my dead body », se sont dits certains. À quoi bon faire des concessions ? Ne sont-ils proches de leur retraite ? Ne pourront-ils pas partir avec une généreuse allocation de départ? Pourquoi protégeraient-ils l’emploi des travailleurs qui pourraient les remplacer ? C’est non seulement stupide, mais oublier l’histoire de cette boulangerie et de la protection dont plusieurs des salariés actuels ont bénéficié il y a un peu plus de 20 ans.

Un peu d’histoire
À la fin des années 1990, Weston avait décidé de fermer sa vieille usine Longueuil, située le long de la route 132. C’était vu comme une catastrophe. Le syndicat local, aidé de dirigeants de la CSD, et Gaétan Lussier, alors président de Weston Québec, en vinrent à une entente qui fut acceptée par la haute direction de Weston. Weston bâtirait à Longueuil la boulangerie la plus moderne au monde, quitte à sacrifier des dizaines d'emplois. C'était une décision intelligente.

L’ancienneté
Même si le bon sens économique aurait commandé à Weston de ne conserver que les salariés les plus productifs et les mieux préparés pour les technologies qui seraient utilisées, Weston a consenti à sélectionner les employés de la nouvelle usine sur la base de l’ancienneté. L’employeur est allé jusqu’à leur donner des cours d’alphabétisation. Ce n’est pas rien. Un contrat social en quelque sorte.

C’est cette usine que Weston entend maintenant fermer. Une usine qui a seulement 20 ans d’âge et dont la technologie est encore adéquate. Le marché a beaucoup évolué ces dernières années. De nouveaux concurrents sont apparus, les boulangeries artisanales se sont multipliées et les Québécois mangent moins de pains tranchés conventionnels. De plus, Weston, qui possède maintenant Gadoua, a trois autres usines au Québec, qui peuvent prendre la relève. Elle peut aussi livrer au Québec des pains faits en Ontario.

La bêtise
C’est incroyable de s’enfarger dans une insignifiance comme le fait de ne pas pouvoir travailler trois jours consécutifs et de mettre à risque quelque 150 emplois. Comment ces salariés ne peuvent-ils pas apprécier le fait de ne travailler que trois jours/semaine ? Il y a sûrement eu un manque de leadership incroyable dans la gestion de ce dossier, comparativement au bon sens qui avait prévalu il y a plus de 20 ans, lorsque l’on a tout fait pour permettre la construction de cette usine.
Qu’on réfléchisse un peu plus et qu’on retourne voter.
Jean-Paul Gagné
Le 29-03-2010
http://www.lesaffaires.com/auteur/jean-paul-gagne/779

Fonction publique : vers une entente négociée
La rencontre entre les représentants du Front commun intersyndical des employés de l’État et des ministres du gouvernement du Québec semble avoir porté fruits, lundi soir.
Les discussions, auxquelles participaient les sept chefs syndicaux représentant les 475 000 employés de l’État, ont permis «un rapprochement important», selon les représentants syndicaux, Dominique Verreault de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux, Claudette Carbonneau de la Centrale des Syndicats Nationaux et Michel Arsenault de la Fédération des travailleurs du Québec.

«Le ton des négociations est différent. Nous allons présenter trois ou quatre demandes précises aux tables de négociation, afin de parvenir à une entente dans les premiers jours d’avril», ont affirmé les représentants des employés de la fonction publique. Même la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, qui a claqué la porte vendredi, serait prête à reprendre les pourparlers.

En contrepartie, le gouvernement aurait fait des concessions, sans nécessairement parler de recul. «Donnons-nous une chance, a lancé la présidente du Conseil du Trésor, Monique Gagnon-Tremblay, flanquée des ministres Michèle Courchesne (Éducation) et Yves Bolduc (Santé). Nous prendrons le temps qu’il faut pour négocier correctement. Nous ne sommes pas à un ou deux jours près».

Au niveau des demandes salariales, rappelons que les syndiqués veulent 3,25% d’augmentation par année tandis que le gouvernement leur offre 1%. La date butoir du 31 mars a été fixée pour l'obtention d'une entente entre les parties… mais il se pourrait que les négociations s’étirent au peu, au cours des premiers jours d’avril.
(TVA Nouvelles et QMI)
29/03/2010 23h35

Provigo ferme son centre de distribution de Québec
Provigo a décidé de fermer son centre de distribution du parc Armand-Viau, à Québec, en lock-out depuis moins d'un mois.

Par voie de communiqué, Provigo a annoncé mardi en fin d'après-midi des changements à son réseau de distribution au Québec «afin de le rendre plus efficace et efficient en plus de lui permettre de mieux servir sa clientèle». Le conflit de travail et le contexte hautement concurrentiel dans lequel elle évolue ont forcé la main de l'entreprise, dit-on.

«Conséquemment, l'entreprise a pris la décision de fermer le centre de distribution Armand-Viau de Québec, de même que la section des viandes du centre de distribution de Boucherville. Les activités des sections des fruits et légumes et des produits laitiers de ce dernier seront maintenues.»

Le 7 avril, les employés du centre de distribution Armand-Viau de Québec ont rejeté à 97,8 % la dernière offre de l'entreprise. Le lock-out avait été décrété trois jours auparavant. Le centre de distribution Armand-Viau, qui emploie environ 400 personnes, fermera le 22 juin 2010. La direction précise qu'elle a présenté une offre salariale juste et équitable.

L'entreprise continuera de servir sa clientèle par l'entremise d'autres centres de distribution faisant partie de son réseau. Personne n'a pu dire, hier soir, si de nouvelles négociations pourraient renverser la décision de l'employeur.
Jean-François Racine
Agence QMI
28 avril 2010 06h17


Propos...
Cette dernière nouvelle brève, est vraiment brève. On ne sait pas encore ce que les employés ont rejetés si massivement.

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La productivité et l'avantage du privé...

Au deuxième jour, à la transition. Le moment de la semaine qui nous informe sur des sujets variés, parmi les plus populaires.

Au dernier billet, dans la catégorie travail/syndicat, notre billettiste volontaire a proposé une lecture casse bras et jambes. Nous avons fait connaissance avec Rambo de la FTQ, qui accuse la CSN d'intimidation. Puis, le DG de cette FTQ construction, Goyette, nous a présenté ses avocats et le plan de sa contrattaque des médias. Les pauvres, ça va saigner, quoi.

Cette semaine, il reste encore quelques fichiers du domaine travail/syndicats. En première... Que savez-vous de la fonction publique et de sa productivité ?... Explorons le sujet avec le chercheur associé à l'IEDM, Germain Belzile. En deuxième... L'inépuisable débat du public contre le privé, un point de vue du blogueur et technicien en informatique, Philippe. Vous allez découvrir que pour le public, vous n'êtes qu'un tas de m.... qu'il faut juste tolérer, comme dans le cas des sacs de plastique retirés à la publique multimillionnaire SAQ, sans autres choix. En plus d'un tas d'autres désavantages. Bonne lecture.

La productivité et la fonction publique
Depuis une vingtaine d’années, les pays développés cherchent à réformer les régimes d’emploi de leur administration publique afin de rendre celle-ci plus efficace et d’y introduire plus de souplesse et de productivité, et ce, dans le contexte de modèles économiques variés, de la Suède à l’Australie.

De façon générale, le fait qu’il y ait peu d’incitations au rendement pour les employés du secteur public, que la sécurité d’emploi garantisse un poste permanent et que la règle de l’ancienneté ait préséance sur tous les autres critères d’évaluation aux fins de promotion d’un employé à l’intérieur de l’organisation, conduit à une sclérose du système qui mine son efficacité. La rigidité génère des effets pervers qui ne sont souhaités par personne.

La flexibilité et la concurrence dans les nouveaux modèles de gestion sont déjà bien intégrées dans l’entreprise privée. Le service public, pour rester concurrentiel et équitable, doit suivre la même voie. Le manque de flexibilité des conditions de travail dans le secteur public a mené, entre autres, à la politique de réduction des effectifs par attrition et au principe de remplacement d’un retraité sur deux dans la fonction publique. En d’autres mots, plutôt que d’éliminer des postes parmi les employés moins productifs ou compétents au cours de leur carrière, le gouvernement attend à la retraite pour réduire mécaniquement la taille de la fonction publique.

Pour établir une culture de concurrence, de nouvelles politiques de gestion des ressources humaines sont nécessaires. L’exemple australien nous semble être le plus pertinent pour illustrer ces propos.

LE CAS AUSTRALIEN
L’Australie a procédé, dans les années 1990, à des réformes majeures du régime d’emploi de sa fonction publique. Elle en a profité pour privatiser certains secteurs, dont les télécommunications, les banques (Commonwealth Bank), les aéroports, ainsi que le transport ferroviaire3. La baisse du nombre de fonctionnaires réguliers, qui est alors passé de 135 000 à 102 000 en dix ans (de 1990 à 1999), est essentiellement due à ces privatisations. En 1999, le Public Service Act, pièce maîtresse de ces réformes, a été adopté. Cette mesure législative a eu pour effet de mettre fin à la sécurité d’emploi dans la fonction publique fédérale australienne.

Parallèlement, d’autres mesures adoptées pour éliminer les rigidités du régime d’emploi (par exemple, des primes salariales en fonction du rendement, la décentralisation des décisions d’embauche et de licenciement, les négociations individuelles plutôt que collectives, etc.) ont permis à la fonction publique d’être plus concurrentielle et plus productive.

Ainsi, les employés de la fonction publique australienne sont sur un pied d’égalité en ce qui a trait aux occasions d’avancement. Les notions de permanence et d’ancienneté n’ont plus la même résonance qu’elles ont encore chez nous, ce qui assure une saine concurrence entre les employés pour décrocher les meilleurs postes disponibles. Cela donne lieu, entre autres, à une plus grande équité intergénérationnelle et permet un renouvellement des ressources humaines de façon permanente. On observe une donnée particulièrement intéressante : le niveau de qualification des nouveaux employés de la fonction publique australienne est plus grand qu’avant les réformes, ce qui montre que la flexibilité permet d’attirer et de conserver des candidats plus qualifiés.

Contrairement à ce que craignaient les syndicats, l’effet de ces réformes sur la taille de la fonction publique australienne n’a pas été catastrophique. En fait, l’effectif a connu un déclin assez prononcé au début des années 1990, pour atteindre un plancher en 1999, année où fut adopté le Public Service Act abolissant la sécurité d’emploi dans la fonction publique. Comme nous l’avons mentionné, cette baisse prononcée est surtout attribuable à des privatisations.

À partir de ce creux de 1999, la taille de la fonction publique s’est toutefois remise à grimper pour atteindre les sommets du début des années 1990. L’abolition de la sécurité d’emploi dans la fonction publique australienne n’a pas eu d’impact sur la taille de l’État. Par contre, l’administration publique est mieux servie par des professionnels plus qualifiés et par une gestion des ressources humaines plus dynamique et mieux adaptée aux réalités d’aujourd’hui.
Germain Belzile
Est chercheur associé à l'Institut économique de Montréal
Le 09 mars 2010

Prestation de services: Public vs privé.
Il y a présentement une véritable campagne de désinformation par les syndicats de la fonction publique qui vise à nous faire croire que les services fournis par le gouvernement sont supérieurs et moins coûteux que ceux fournis par le privé. Juste au cas où vous seriez tentés d’avaler ces salades, considérez ceci:

La seule raison d’être d’une compagnie privée est de servir ses clients car ils sont sa seule source de revenu. Ce qui veut dire qu’une compagnie privée a tout intérêt à fournir le meilleur service possible au meilleur prix. Par contraste, les agences du gouvernement et les sociétés d’état ont une autre source de revenus quasi-intarissable que sont les taxes. En bref ces organismes ont un moins grand incitatif à servir la clientèle. Ce n’est pas une question qu’il y a des meilleurs gens qui travaillent pour le privé ou des pires gens qui travaillent pour le public, mais que la structure des incitatifs est différente.

La plupart des employés essaieront de plaire à leur patron afin d’avoir un revenu. Gagner à la loterie révèle assez bien l’attitude que les gens ont envers leur travail et leur patron. Les organismes publics ont gagné la loterie, si on puis dire, et donc ne traitent pas le client comme étant la fin première de leur raison d’être, mais plutôt comme une nuisance qui trouble la paix de leur journée. De plus, les agences gouvernementales jouissent toujours d’un monopole et n’ont pas à craindre de perdre leurs clients comme une entreprise privée dans un marché libre.


Un très bon exemple de ça est lorsque la SAQ a cessé d’offrir des sacs de plastique à ses clients. Pendant que le restant des commerces font au moins l’effort de fournir des sacs de plastiques aux clients à un prix modique, au cas où ils auraient oublié leurs propres sacs réutilisables, la SAQ persiste à forcer ses clients à transporter leurs bouteilles dans leurs mains s’ils ont oublié d’apporter leur propre sac. Sans oublier que leurs prix sont plus élevés que partout en Amérique du Nord. Il n’y a qu’un monopole avec une clientèle captive qui puisse se permettre de se foutre de la gueule de ses clients comme ça. Et seuls les agences gouvernementales et les sociétés d’état jouissent d’un tel monopole.

Pendant le temps des fêtes, alors que tous les commerces se battent pour attirer la clientèle, la société canadienne des postes s’efforce de nous dire de poster tôt, parce qu’il ne faudrait surtout pas qu’ils haussent leur productivité pour satisfaire l’achalandage additionnel que cause Noël.

La maxime du commerce privé est « le client a toujours raison ». Avez-vous déjà entendu dire « le contribuable a toujours raison » ou « l’électeur a toujours raison » dans les services publics?

Il y a en fait cinq différences majeures entre le public et le privé dans la prestation de biens et services. D’abord, la relation entre une entreprise privée et ses clients est une relation volontaire. Celle entre les agences gouvernementales et leur clientèle est une relation forcée. Cette différence fait toute la différence du monde pour la satisfaction de la clientèle.

Deuxièmement, il existe une représentativité de la clientèle dans les biens et services fournis au privé. Si 10% des clients désirent des autos vertes, vous pouvez être assurés qu’il y aura au moins 10% d’autos vertes sur le marché. Par contraste, avec le gouvernement c’est tout ou rien. Soit nous avons un système de santé universel et financé par les impôts, ou nous n’avons rien. Peu importe nos préférences.

Troisièmement, dans le marché privé nous avons pleins de choix disponibles. Ce n’est pas parce que vous avez acheté votre frigo chez Sears que vous devez aussi y acheter votre laveuse-sécheuse. Par contre, du côté du gouvernement, nous avons seulement le choix entre les politiques socio-démocrates des libéraux et celles des péquistes.

Quatrièmement, le choix au privé est continuel. Si vous n’aimez plus votre auto, vous la vendez et vous en achetez une autre. Vous trouvez que le détergent que vous avez acheté la semaine dernière ne lave pas assez blanc, vous n’avez qu’à acheter une autre marque la semaine suivante. Essayez de dispenser des services du gouvernement pour voir. Êtes-vous tannés de Charest? Quatre autres années!

Cinquièmement, les compagnies privées sont tenues responsables des dommages qu’ils peuvent causer. Poursuivre des compagnies pour dommages et intérêts est la norme. Avez-vous déjà essayé de poursuivre une agence du gouvernement ou une société d’état?

Une dernière raison pour laquelle la prestation de services est meilleure au privé est qu’au gouvernement, il n’y a pas de propriétaire.

Le fonctionnaire du public est un employé transitoire qui n’a aucun intérêt dans les actifs ou la réussite de l’entreprise. C’est un peu la même raison pour laquelle les autos louées sont moins bien traitées que les autos achetées. Mais au moins pour les autos louées, il y a un locateur pour s’assurer qu’elles restent fonctionnelles.
Par Philippe
http://www.minarchisteqc.com/2010/03/prestation-de-services-public-vs-prive/
Le 23 mars 2010


Propos...
On ne peut être plus limpide.
Le public n'offre pas de choix, vous êtes captifs comme des homards.
Qui veut essayer de poursuivre une société d'état pour insalubrité, bus et métro, comme à la STM ? Ou bien un hôpital public, pour la C difficile ou avoir laissé un parent mourir, sans soins, dans les corridors de l'urgence ou bien sur une liste d'attente.
Quand il n'y a que des employés incongédiables et pas de propriétaire, c'est ça la différence du public ou privé.

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Rambo, Marteau, Cloune et FTQ...

Au deuxième jour, à la transition. Le moment de la semaine qui nous informe sur des sujets variés, parmi les plus populaires.

Au dernier billet, dans la catégorie travail/syndicat, notre billettiste volontaire a proposé une lecture sur l'état de la CCQ. Une organisation de quelques 800 employés, syndiqués de la multimillionnaires FTQ. À qui l'on demande d'enquêter sur les allégations de collusion, de blanchiment ou d'infiltration criminelle, reliées justement à des syndiqués de la FTQ construction. Enfin, le ministre Dupuis annonce que la SQ enquêtera sur les agissements des représentants de la FTQ, sur les chantiers de la Cote-Nord.

En lecture travail/syndicat cette semaine, quelques vieilles du début mars. En première... Faisons connaissance avec le Rambo de la FTQ, Gauthier. Qui accuse les gars de la CSN d'être la source de l'intimidation et autres actes criminels. Évidemment. En seconde... Le DG de la FTQ construction, Goyette, accompagné de son avocat, contre attaquent. Menacent de poursuivre les médias qui, jour après jour, mènent une campagne de salissage contre son syndicat. Encore, évidemment. Bonne lecture.

Le Rambo de la FTQ-Construction se défend...
Québec — Bernard Gauthier — alias «Rambo» — accuse la CSN d'être à la source des accusations d'intimidation dont il fait l'objet et soutient avoir fait lui-même l'objet de menaces de mort. L'homme fort de la FTQ-Construction sur la Côte-Nord, qui est au centre d'un reportage accablant de Radio-Canada, s'est longuement confié au Devoir, hier.

«Ça fait six ans, tabarnak, que la CSN est après moi. Pourquoi que la CSD, pourquoi que "l'international", ils ne sont pas après moi? Ils m'écoeurent pas eux autres!», a clamé cet «agent d'affaires» de 44 ans du «local 791».

Le Devoir révélait mardi que M. Gauthier a reçu, début février, conjointement avec les ouvriers Marc Bérubé et Maxime Létourneau, un constat d'infraction à la loi R-20, qui prohibe l'intimidation sur les chantiers. «Rambo» soutient avoir plaidé «non coupable» sans arrière-pensées ces jours derniers. Selon ses dires, il n'était «même pas» au chantier minier du lac Bloom au moment des faits, les 16 et 18 février 2009. Il y aura donc procès.

«Ben j'espère, qu'il va y en avoir un, calvaire», a-t-il dit, soutenant être certain d'être acquitté. «Les tribunaux, je suis habitué, honnêtement. Je ne peux pas te dire combien ça nous a coûté en frais d'avocat dans les cinq à six dernières années, mais il n'y a jamais rien [qui m'est reproché]. [...] C'est toujours l'esti de CSN qui est en arrière et qui pousse après ça. Et je ne vois pas pourquoi elle fait ça», peste-t-il. Puis il lance: «Comment on peut salir quelqu'un comme moi qui n'a rien faire de mal? Radio-Canada est tombée dans le panneau de la CSN.» M. Gauthier entend faire une conférence de presse demain matin, après la diffusion de l'émission Enquête. «J'ai réponse à tout.»

Menaces de mort
Mais comment explique-t-il cet enregistrement diffusé à Radio-Canada dans lequel on l'entend clairement proférer des menaces: «Tu vas voir quand Rambo va t'en crisser une dans les dents, tu ne la trouveras pas drôle»? Simple, répondit-il, «ç'a été pris hors contexte. Tu comprends bien qu'ils ont pris le boutte qu'ils ont pris pour faire du sensationnalisme». Le contremaître qui a fait l'enregistrement, soutient M. Gauthier, venait de révéler à un des «gars» une rumeur troublante. «Il lui a dit: "Amène-le, ton esti de Rambo, de toute façon il est sur le bord de se faire tirer." Tabarnak, quelqu'un qui dit qu'il va me tirer, ça me fatigue, moi! Surtout que ça faisait une couple de fois qu'on me rapportait ça.» C'est pourquoi l'échange qui a suivi aurait été si dur, selon sa version des faits.

Et les ouvriers qui l'accusent dans le reportage? «Richard Petitpas? Lui, là, je l'ai démardé trois ou quatre fois. Pas capable de le placer: il se brûle partout. Partout où il va, il fait de la marde. Ses compétences ne sont peut-être pas si pires. Mais partout où il va, il se fait crisser dehors. Il n'est plus capable de se placer à nulle part et il me blâme moi. Ça n'a pas de bon sens.»

«Rambo» — qu'on appelle ainsi parce qu'il a passé du temps dans l'armée — admet ne pas être un «enfant de choeur». En 2009, l'escouade du crime organisé de la Sûreté du Québec a tenté en vain de faire prononcer contre lui une ordonnance d'interdiction de port d'armes à feu. En 1990, il avait été reconnu formellement coupable de voies de fait. Ce qui lui a donné un dossier criminel. «J'ai eu mon pardon [...] en 2003. Je ne pourrais pas exercer ce job-là si j'avais un dossier.» Avec humour, il ajoute très bien savoir qu'il n'a «pas une face à mettre sur un porte-clés, on s'entend bien là-dessus».

L'escouade Marteau attendue
Hier, le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, a annoncé qu'à la suite des reportages des derniers jours il avait demandé à l'escouade Marteau d'aller prêter main-forte à la Commission de la construction du Québec sur la Côte-Nord. «Ce que j'entends [dans les reportages], ce sont des allégations de commission d'actes criminels. Ça va au-delà du pénal», a-t-il noté, tout en refusant de juger des «allégations qui sont faites dans les médias».

Pour Bernard Gauthier, c'est là une bonne nouvelle. Il dit qu'il collaborera avec les policiers, à qui il a déjà téléphoné de toute façon: «Je leur ai dit: "Si vous avez besoin de renseignements, n'importe quoi, appelez-moi." [...] Les enquêteurs de la CCQ, c'est la même affaire, c'est moi qui les appelle esti. Venez me voir. Tu vas peut-être bien sauver du temps.»

Est-ce que ça «joue dur» sur la Côte-Nord, notamment sur le chantier de la Romaine? Non, insiste Gauthier: «Il n'y a pas personne qui a été battu ici: ça ne joue jamais rough. Oui, il y a des engueulades, des fois. Mais une engueulade, c'est une engueulade. Il n'y a pas de coups donnés.»

Dans une autre envolée, il se réjouit en ces termes de l'arrivée prochaine de l'escouade Marteau: «Je suis content, esti! S'il y a du monde qui sont pourris là-dedans, ben ils paieront pour, câlisse!» Il soutient vouloir que le monde syndical soit nettoyé le plus vite possible. Des cas comme celui de l'ancien directeur de la FTQ-Construction Jocelyn Dupuis, accusé d'avoir eu des note de frais excessives et soupçonné d'avoir eu des liens avec les motards criminels, n'ont «pas leur place dans le syndicalisme».

Il ajoute qu'il n'y a pas que la FTQ qui est visée: «La CSN aussi s'est déjà fait pogner.» C'est pourquoi il souhaite que les enquêtes policières s'occupent «du monde syndical au complet. On se comprend bien? Au complet», insiste-t-il en visant la CSN.

Carbonneau demande à Québec d'intervenir
Autre son de cloche du côté de la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, hier. À ses yeux, pour que l'intimidation sur les chantiers cesse, le gouvernement du Québec devrait retirer des mains des syndicats la responsabilité du placement des travailleurs. En marge du Conseil confédéral qui commençait hier ses travaux à Montréal, Mme Carbonneau a rappelé que la CSN condamne depuis bon nombre d'années le fait que la législation fasse reposer le placement des travailleurs sur les organisations syndicales. Dans les faits, la FTQ-Construction a le contrôle majoritaire de ce système. La CSN ne représente qu'environ 15 % de l'ensemble des syndiqués de la construction.

«Ce n'est pas normal de jouer avec le droit au travail et avec la liberté d'adhésion à un syndicat et permettre qu'un mécanisme aussi important que le placement soit confié à des organisations qui desservent des intérêts particuliers», a affirmé la chef syndicale.

La CSN propose qu'un organisme indépendant comme la Commission de la construction du Québec (CCQ) puisse se charger du placement selon certaines modalités. Cela militerait en faveur de la paix sociale, croit Mme Carbonneau.
Kathleen Lévesque , Antoine Robitaille
Le Devoir - le 11 mars 2010

La FTQ-Construction contre-attaque
Piquée par les allégations d’intimidation et de contrôle sur les chantiers de la Côte-Nord, la FTQ-Construction va lancer une vaste offensive médiatique et juridique pour «rétablir les faits», menaçant même de poursuivre les médias.

C’est qu'a affirmé ce matin l’avocat de la FTQ-Construction, Robert Laurin, lors d’une conférence de presse conjointe avec le directeur général de la FTQ-Construction, Richard Goyette.

M. Laurin a qualifié de «foire totale» les informations entourant la situation sur les chantiers de la région. «Certains médias devront répondre de leurs actes», a-t-il laissé tomber, reconnaissant cependant que des «choses étaient faites dans l’ordre», même si cela projetait une image négative du syndicat.

«Rumeurs» et «faussetés»
Auparavant, Richard Goyette a repris la liste des «rumeurs», «des faussetés» et des «déclarations non fondées» circulant en ce moment sur son organisation. Selon lui, les médias ont fait des manchettes sensationnalistes et ont tenté de brosser un portrait d’ensemble de l’industrie en ne se basant que sur des cas isolés. S’il y a eu intimidation, la police fera enquête, s’est-il contenté de dire. «Il faut être inculte et barbare pour répandre de telles rumeurs.»

Dans l’esprit de certains, dénonce le chef syndical, la mainmise de la FTQ-Construction est telle que ce serait elle qui gérerait les chantiers. Or, a-t-il lâché, «il faut être inculte et barbare pour répandre de telles rumeurs», expliquant que ce sont les gouvernements et des «appareils privés» qui octroient les contrats de construction.

M. Goyette en a profité pour tirer à boulets rouges sur l’ex-ministre du Travail Jean Cournoyer qui disait en entrevue que des fiers-à-bras de Montréal avaient fait le voyage jusqu’en Côte-Nord pour intimider des travailleurs dissidents. Ce «noble personnage» répand dans les médias l’idée que rien n’a changé sur les chantiers depuis les années 1970, a-t-il déploré. «Pourquoi a-t-il cette opinion des travailleurs de la construction?», s’est-il demandé, avant de le mettre au défi de prouver ce qu’il avance.

Priorité aux régions
Richard Goyette ne comprend pas pourquoi son organisation se retrouve sur la sellette pour son travail en Côte-Nord. La mainmise de la FTQ-Construction n’a rien d’anormal, a-t-il répété, puisque plus de 90 % des ouvriers de cette vaste région y sont affiliés.

Le problème du placement des travailleurs sur les chantiers a été critiqué ces derniers jours. Or, fait-il valoir, ce sont les gens de la région qui profitent des emplois dans les chantiers. M. Goyette se dit prêt à défendre vigoureusement cette politique qui s’inscrit, dit-il, dans une logique de développement régional.

Cette mise au point survient au moment où une centaine de travailleurs de Havre-Saint-Pierre ont manifesté calmement près du chantier du projet hydroélectrique de La Romaine. Selon eux, les ouvriers de la région y sont sous-représentés. Ils réclament l’intervention des autorités.

Des clowneries
Le directeur général de la FTQ-Construction a une fois de plus déclaré lors de la conférence de presse de ce matin qu’il ne voyait pas l’utilité pour le gouvernement de mettre sur pied une commission d’enquête publique sur l’industrie de la construction. «Ça n’a aucune crédibilité (les commissions d’enquête), a-t-il soutenu. Ce sont des commandes politiques. Les procureurs et les commissaires se sont entendus d’avance» pour déterminer les conclusions de l’enquête. «Qu’est-ce que vous voulez que je fasse avec une commission d’enquête? s’est-il questionné. Des clowneries?»

À l’émission Mongrain, M. Goyette a dit que son syndicat appuierait une commission d’enquête publique si et seulement si des modifications à la loi étaient apportées pour «présenter leurs témoins» et rassembler une preuve complète. Ces exigences minimales, rappelle M. Goyette, sont revendiquées par d’autres acteurs de l’industrie. «Sinon, pour nous autres, c’est du folklore», a-t-il conclu.
(TVA Nouvelles)
Mise à jour : 15/03/2010 11h45


Propos...
Voilà qui complète la mise en scène, par des clowneries.
Il ne reste plus qu'à attendre que les flics de l'escouade marteau déposent des accusations. Si, seulement si, les témoins de ces actes criminels ne sont pas disparus dans la nature, entre temps. Évidemment...

Notre banque de fichiers travail/syndicats tire à sa fin. Pour le prochain jour de la transistion, faite-nous part de votre préférence pour des sujets de média bashing ou bien débat linguistique.

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La CCQ FTQ, intimidation et enquête...

Au deuxième jour, de retour à la transition. Le moment de la semaine qui nous informe sur des sujets variés, parmi les plus populaires.

Au dernier billet, dans la catégorie travail/syndicat, notre billettiste volontaire a proposé un retour sur la fermeture de MDS pharma. Comme le disait si bien l'employé Munger, dans le domaine des biotechs le manque de capital de risque et d'investissement, ces dernière années, produit des résultats prévisibles. Faute d'acheteurs, c'est la fermeture. Puis, il y a eu l'article qui a le plus accaparé les conversations, la dictature de la peur dans ce domaine des entreprises de construction incluses. Le propos d'un finissant contremaître en infrastructures, très à propos.

En lecture travail/syndicat cette semaine, quelques brèves vieilles, du début mars. Suivant le filon du finissant contremaître en infrastructures de la semaine dernière, en première lecture, il y a une autre lettre d'un lecteur qui nous propose que le CA et la CCQ, sont gangrenés par leurs relations avec la FTQ. Dès lors, sa crédibilité n'est plus crédible, quand il s'agit d'enquêter sur des allégations de collusion, blanchiment ou infiltration criminelle. En deuxième... Avec une CCQ et ses employés syndiqués à la FTQ, certains diront qu'il est tout à fait normal de se retrouver avec de l'intimidation sur les chantiers. En troisième... Finalement le ministre Dupuis obligé par l'opposition de se réveiller, annoncé que la SQ enquêtera sur les chantiers de la Cote-Nord. Bonne lecture.

Une enquête bidon ?
Le conseil d'administration de la Commission de la construction du Québec compte 17 membres. À l'exception du président, 6 administrateurs proviennent des associations d'entrepreneurs, 6 des syndicats, dont Richard Goyette, directeur général de la FTQ-Construction, 3 sont recommandés par le ministre du Travail et 1 par le ministre de l'Éducation.

Une majorité d'administrateurs provient du milieu même qui est éclaboussé depuis plus d'un an. Plus inquiétant encore, les 800 employés de la CCQ sont affiliés à la FTQ, dont les inspecteurs se sont prononcés en juin dernier pour un mandat de grève à exercer au moment jugé opportun. Devant la profusion des indices indiquant qu'il y a collusion, blanchiment, infiltration criminelle et intimidation, comment le ministre Sam Hamad peut-il confier une telle enquête à un organisme dont plusieurs administrateurs sont en conflit d'intérêts et dont les inspecteurs, affiliés à la FTQ, sont en pleine période de négociations? Le ministre doit sortir de sa torpeur et éviter le piège de l'enquête bidon: seule une enquête publique peut rassurer la population.
Michel Lemay
Québec, le 17 mars 2010

L'intimidation sévit sur des chantiers de la Côte-Nord
La violence dans le secteur de la construction serait bien présente sur les chantiers où la FTQ contrôle l'embauche sur la Côte-Nord du Québec, a rapporté Radio-Canada, mardi. L'émission Enquête a rencontré dans la région des dizaines de travailleurs qui se disent victimes de discrimination, d'intimidation et de menaces par la FTQ-construction.

Jean-Marie Chiasson, un travailleur de Baie-Comeau, a dénoncé le contrôle sur l'embauche par Bernard Gauthier, le représentant du local 791 des opérateurs de machineries lourdes à Sept-Iles. Il a soutenu que M. Gauthier voulait l'écarter d'un chantier, pour la seule raison qu'il ne fait pas partie de la FTQ. M. Chiasson a dit croire qu'il s'agissait «quasiment d'un régime de terreur».

Un autre travailleur de Havre-Saint-Pierre, qui a accepté de parler à Radio-Canada sous le couvert de l'anonymat, a déclaré que Bernard Gauthier l'empêche de travailler depuis qu'il a quitté la FTQ pour la CSN. Il a fait état de menaces à son intégrité physique. Richard Petitpas, un conducteur de pelle mécanique, souhaite travailler sur le mégaprojet d'Hydro-Québec sur la rivière Romaine. Il a dit ignorer pourquoi le local 791 l'empêche d'entrer sur ce chantier, soulignant qu'il se fait toujours référer à M. Gauthier.

Quatre plaintes pour discrimination ont été déposées contre la FTQ au chantier de La Romaine, a rapporté Radio-Canada. Un contremaître, qui a lui aussi tenu à conserver l'anonymat, a également dit avoir été victime d'intimidation de la part de Bernard Gauthier, qui serait surnommé Rambo.

La FTQ-Construction a jusqu'à maintenant refusé de commenter l'affaire. Bernard Gauthier a affirmé à Radio-Canada, à Sept-Iles, qu'il n'y avait pas d'intimidation sur les chantiers de la Côte-Nord.
La Presse Canadienne
Sept-Îles - le mercredi 10 mars 2010

La SQ enquêtera sur la Côte-Nord
Le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, a demandé mercredi à la Sûreté du Québec d'enquêter sur les allégations criminelles visant le secteur de la construction sur la Côte-Nord. Les agents de l'Opération Marteau, l'escouade policière qui se consacre au secteur de la construction, travailleront avec la Commission de la construction du Québec (CCQ) dans ce dossier. Cette annonce fait suite à un reportage diffusé mardi par Radio-Canada, au sujet des pratiques syndicales dans cette région.

Le ministre Jacques Dupuis
« Ce que j'entends dans les reportages, ce sont des actes criminels, alors moi je veux que des enquêtes criminelles aient lieu.»

Le ministre du Travail, Sam Hamad, trouve pour sa part inacceptable que la FTQ-Construction se livre à de la discrimination, à de l'intimidation et à des menaces contre des travailleurs. En réaction aux témoignages recueillis par Radio-Canada sur la Côte-Nord, M. Hamad a lancé un appel pour que ces dénonciations se fassent.

Le ministre Sam Hamad
« Je veux souligner le courage des gens qui vont dénoncer ces situations-là et encourager les travailleurs ou les entrepreneurs ou les contremaîtres qui vivent des situations d'intimidation de le dénoncer le plus rapidement possible. »

Pour la présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Claudette Carbonneau, il est « l'heure de régler le problème à la source ». Tout en dénonçant avec véhémence les pratiques de violence et d'intimidation sur les chantiers de construction, Mme Carbonneau a affirmé, en entrevue à RDI, que le coeur du problème était la façon dont s'effectue le placement des travailleurs. « La législation actuelle confie le placement aux organisations syndicales, tout le monde tire la couverte et cela donne lieu à des débordements », a-t-elle expliqué.

Mme Carbonneau a ajouté que le fait que l'embauche s'effectue par le biais des représentants syndicaux, dans les contacts avec les employeurs, est franchement problématique, mais pourrait aisément changer, « avec de la volonté politique ».

Claudette Carbonneau
« On ne peut pas tolérer que la liberté syndicale soit bafouée, tout comme le droit au travail, qui est fondamental. » Écartant l'idée de mettre en place une commission d'enquête sur la question, la chef syndicale pense que le placement des travailleurs doit être confié à un organisme indépendant tel que la CCQ.

Des témoignages percutants
Dans le premier d'une série de reportages, Christian Latreille présente des témoignages de travailleurs de la construction de la Côte-Nord qui disent avoir été victimes d'intimidation et de menaces. Le comportement du représentant du puissant local 791 des opérateurs de machinerie lourde à Sept-Îles est visé particulièrement.
Mise à jour le mercredi 10 mars 2010 à 15 h 07
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2010/03/10/004-FTQ-Construction-reax.shtml#


Propos...
Bien entendu, Claudette CSN Carbonneau veut confier le placement à un organisme indépendant, tel que la CCQ, dont 800 employés sont membres de la FTQ. Elle était soûle ou endormie, lorsqu'elle a dit ça.

Évidemment, quand les politiciens libéraux s'en mêlent, il est assuré qu'il n'y aura pas d'enquête publique pour la construction. Seule une enquête de la police, dont les faits et aléas resteront secrets, du domaine privé.

Au prochain billet, ce sera le moment de faire connaissance avec Rambo de la FTQ et la contre attaque. N'oubliez pas d'aller chercher et de garder à porté de la main vos 9mm para et le gilet PB, pour ce rendez-vous.

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Une fermeture et la dictature...

Après un dimanche sportif bien rempli, nous sommes de retour à la transition. Le moment de la semaine qui nous informe sur des sujets variés, parmi les plus populaires.

Au dernier billet, dans la catégorie travail/syndicat, notre billettiste volontaire avait fait un choix plutôt contesté par ses nombreux lecteurs. Il y eu la réplique des néocastristes syndicalistes, du SCFP, à la lettre de PKP. Puis, toujours le célèbre dinosaure, sa lettre réplique cette fois à l'employé David du journal chaloupe et rameur.

En lecture travail/syndicat cette semaine. Ce sera un peu différent. En première... Après les fermetures dans la haute technologie, Flextronic et Via System, c'est le tour du biopharmaceutique. Un autre 225 emplois perdus chez MDS, dans cette économie du haut savoir, disaient les pékisses. En deuxième... Un retour sur les relations de travail et la mafia syndicale. Une lettre d'un lecteur, qui se prépare à faire carrière dans la construction, infrastructures urbaines. Vous ne voulez pas rater, cette lettre. Bonne lecture...

225 emplois perdus en biopharmaceutique
La société torontoise MDS indique qu’elle n’avait pas le choix : ses activités à Montréal étaient loin d’être rentables, ce qui entraîne l’abolition de 225 postes et la fermeture d’installations.

Cela se produit alors que le fournisseur de produits et services en sciences de la vie vend une partie de ses activités Pharma Services Early Stage pour 45 M$. La compagnie estime que les installations montréalaises, spécialisées dans la recherche contractuelle dans les premiers stades de développement de médicaments pour d’autres firmes, ne pouvaient simplement rester ouvertes. «La vente n’était même pas une option étant donné la surcapacité sur le marché, ce qui a été confirmé par les résultats financiers de nos concurrentes», déclare Charlene McGrady, porte-parole de MDS.

«Lors de la dernière année, ajoute-t-elle, nous avons lancé une série de mesures pour tenter d’améliorer la rentabilité du site montréalais, incluant un contrôle agressif des coûts, des abolitions de postes, mises à pied, semaines de travail raccourcies et des offres spéciales pour les clients. Malgré le coopération des employés, cela n’a pas été suffisant.»

L'entreprise, présente à Montréal depuis 2000, est en mode de désinvestissement depuis un certain temps. En juin dernier, le dirigeant de MDS, Stephen DeFalco, avait expliqué que la société allait se concentrer sur MDS Nordion, spécialisée dans l'imagerie médicale, la radiothérapie et les technologies de stérilisation.

Nancy-Sonia Trudelle, porte-parole au ministère du Développement économique, fait savoir que le gouvernement essaiera de donner un coup de main aux travailleurs. «Le ministère va tenter d’entrer en contact avec l’entreprise pour trouver des solutions alternatives et sauver des emplois.» Le ministre du Développement économique Clément Gignac a indiqué pour sa part que même si la décision est malheureuse, on ne peut empêcher une compagnie de se restructurer. Cependant, «les compagnies biopharmaceutiques vont probablement vous dire que c'est au Québec qu'on retrouve les politiques les plus agressives pour attirer des entreprises», a-t-il lancé.

En attendant, MDS prévoit une fermeture progressive. Les travaux cliniques prendront fin en avril. La bioanalytique se terminera en août et la fermeture complète est prévue pour février 2011, ajoute Mme McGrady. «Alors que l’exploitation prend progressivement fin, les engagements envers les clients seront honorés, l’intégrité et la sécurité des échantillons, des données et produits testés seront protégés et les employés seront traités avec respect», conclut la porte-parole.

Pas une surprise
Claude Bismuth, consultant en biotechnologies, n’est pas surpris par cette fermeture car MDS et d’autres entreprises du genre sont concurrencées par d’autres acteurs dans le monde. «Si on peut trouver quelqu’un qui fait de la recherche clinique ailleurs à moindre coût, on va y aller, dit-il à Argent. Il y a moins de gêne qu’avant. Il y avait un prestige à faire sa recherche au Canada ou aux États-Unis mais maintenant, on va en Inde ou ailleurs.»

Selon M. Bismuth, le manque de capital de risque et d’investissement dans le secteur ces dernières années fait aussi souffrir les biotechs en 2010. «On voit la répercussion des biotechs qui n’arrivent plus à aller chercher de l’argent depuis 2 ou 3 ans. Maintenant, nous avons des sociétés dont les produits ne sont pas des primeurs. Ils deviennent difficiles à vendre.»
Michel Munger
Argent - le 10 février 2010 18h29

La dictature de la peur
Dans le milieu de la construction, c'est bien connu, les travailleurs, ce sont des gars. Le vrai gars, là? : celui qui rote, qui pète, qui pense à la bière à la fin de son shift, qui parle de son char comme il parle de sa chick et des femmes en général. Celui qui finit toujours ses phrases avec les déclinaisons les plus saisissantes que feu l'Église nous a léguées.

Mais il y a aussi une autre classe d'hommes (et de plus en plus de femmes qui souhaitent intégrer ce milieu, ne l'oublions pas)? le bon gars. Le gars réfléchi, un père de famille attentif, sensible de nature. Il fait son travail minutieusement parce qu'il aime ce qu'il fait, il a le souci du détail. Pour lui (ou elle), c'est le travail bien fait qui importe.

Le soir, quand il rentre chez lui, au lieu de jouer aux bouchons de bière, il pense au fait qu'il a vu dans sa journée une foule de comportements improductifs, tout croches, qui ne suivent pas le code de la CSST ou les devis, par exemple. Hier aussi, il avait eu ces mêmes pensées. En fait, depuis six ans qu'il est en fonction, il ressasse tout ça tous les jours.

Mais gare à celui qui pense sur un chantier?! Il ne faudrait surtout pas changer l'ordre des choses. Les vrais gars du début, les toughs, qui s'entourent d'autres toughs, qui crachent à la gueule des gestionnaires qui tentent de coordonner tel ou tel chantier, eux, ils en ont du pouvoir. Un rapport de force dont l'intimidation est souvent l'instrument premier. Les gars du chantier, au pas?!

Une dictature de la peur, organisée par ceux qui ont comme seule capacité d'articuler à outrance pour tirer toujours plus d'avantages déraisonnables. Revendications qui ne sont souvent pas au bénéfice de la productivité, mais qui contribuent plutôt au nivellement vers le bas. Je suis entièrement d'accord pour limiter les heures travaillées dans une journée... pourvu qu'on parle de réel travail?! Pas de prendre un café chez Tim pendant trois heures?! On parle ici des cols bleus !

Il y a des «pogne-cul» partout. Des lâches qui, devant le moindre effort, se défileront avec ruse aux tâches à faire puisque ça ne prend pas le QI d'Einstein pour réussir à se dérober. Par contre, il y a le bon gars (ou la bonne fille) dépité qu'il lui soit impossible de participer à la hauteur de ce qu'il souhaite, de ses compétences, au chantier proposé. Ces hommes et femmes qui doivent prendre leur trou parce qu'ils ont à leur tête un extrémiste qui ne sait discerner le vrai du faux, un fendant comme on le nomme au Québec.

À leur tête, un certain Richard Goyette qui s'adresse aux médias avec la même diplomatie, la même scolarisation qu'un homme des cavernes. Est-ce avec ce genre d'homme qu'on souhaite un jour rayonner, sortir de nous ce qu'il y a de mieux?? Je ne crois pas. C'est dès maintenant que nous devons en société former des gens soucieux du bien commun.
Charles Martin
Résidant de Montréal, l'auteur est finissant pour devenir contremaître en infrastructures urbaines.
le 19 mars 2010 à 05h00


Propos...
Voilà une perspective grand public. Une explication de la dictature par l'intimidation et le nivellement par le bas qui défavorise les bons travailleurs. Encore de bonnes raisons pour réclamer toujours cette fameuse commission publique sur le domaine de la construction.

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Antisyndicale et feuille de chou...

Après un congé de Pâques bien mérité, nous sommes de retour à la transition. Le moment de la semaine qui nous informe sur des sujets variés, parmi les plus populaires.

Au dernier billet, dans la catégorie travail/syndicat, notre billettiste volontaire avait fait un choix judicieux, qui n'a pas du tout raté sa cible de popularité. Il s'agissait de la désormais célèbre lettre ouverte du PDG, PKP, à propos des syndicats rétrogrades au 21e siècle, lors de la tenue d'un forum écono libéral à Lévis. Puis, la chroniqueuse et enseignante de l'écono, Nathalie E, nous faisait part d’une étonnante «myopie syndicale», réclamant un hausse salariale de 11,25% en ces temps de déficits records.

En lecture travail/syndicat cette semaine. En première... Tel que promis, la réplique anti-patronat, ou syndicaliste, à la lettre de PKP de la semaine dernière, est venue d'une inconnue, présidente du SCFP-Québec. Nous allons apprendre qu'il est mal vu de s'attaquer aux paradis fiscaux du Québec, les syndicats multimillionnaires. En deuxième... Redonnons la parole au célèbre PDG, PKP. Cette fois, dans une autre lettre, mais réplique cette fois, à un billet de l'employé préposé à l'inutile, David, du journal rameur et chaloupe. Bonne lecture...

Charge antisyndicale de Péladeau
La récente sortie intempestive de Pierre Karl Péladeau contre le mouvement syndical nous force à remettre les pendules à l’heure et à rappeler au dirigeant de Quebecor certains aspects de la réalité. Nous connaissons bien cet employeur pour avoir négocié avec lui dans plusieurs de ses entreprises au Québec. Et il est mal placé pour donner des leçons à qui que ce soit. Notre présence et nos interventions ont permis d’éviter plusieurs bourdes que ce «grand gestionnaire» s’apprêtait à commettre, comme dans l’échec patent de Quebecor World.

Rappelons que sans le SCFP, Vidéotron se serait départi de son centre d’appel et de ses techniciens, devenus aujourd’hui sa marque de commerce et l’un des éléments clés du succès de cette entreprise. Partout en Amérique du Nord, le lectorat des journaux est en déclin, sauf au Journal de Québec. Pourquoi ? Parce qu’au terme d’un lock-out de 16 mois, nous avons réussi à maintenir l’existence d’un journal branché sur la communauté de Québec avec des ressources locales.

Sans le SCFP, les petites annonces seraient gérées en Ontario et le Journal de Québec serait inondé de pages du Journal de Montréal. C’est nous qui avons littéralement arraché à cet employeur le maintien à Québec d’un nombre suffisant de journalistes et de photographes. Bien souvent au Québec, la protection et la création d’emplois passe par l’action des syndicats.

Qui plus est, Pierre Karl Péladeau travestit les faits et dévoile davantage ses propres obsessions qu’il ne fait un portrait lucide de la réalité. Ne lui en déplaise, aucune corrélation entre syndicalisation et faible productivité n’a jamais été établie. Au contraire, parmi les pays ayant la plus grande productivité en termes de PIB par heure travaillée, on retrouve la Norvège. En passant, la Norvège a un taux de syndicalisation de 55 % et un taux de chômage qui, en octobre 2009, était de 3,2 %.

Le même phénomène s’observe dans les autres pays scandinaves où l’on retrouve une forte présence syndicale, une très bonne productivité et un niveau de vie élevé. En fait, c’est bien plus l’innovation technologique qui constitue le facteur déterminant pour la productivité, d’où l’importance d’investir en éducation. En Amérique du Nord, c’est au Québec que nous retrouvons le plus haut taux de syndicalisation avec environ 40 % des travailleurs organisés, et c’est ici que l’impact de la récession est le moins grand.

Aujourd’hui, notre taux de chômage, bien qu’élevé (8,4 %), est plus faible que celui, de l’Ontario (9,3 %), du Canada (8,5 %) ou même des États-Unis (10 %). Un hasard? Sûrement pas. Les syndicats aident à protéger les emplois et contribuent à trouver des solutions novatrices qui diffèrent des simples licenciements. Sans compter le rôle incontournable des Fonds d’investissements des travailleurs, comme celui de la FTQ, qui injectent des milliards dans le développement économique du Québec.

En terminant, rappelons à Pierre Karl Péladeau que les syndicats sont des acteurs sociaux qui font progresser notre société. Plusieurs mesures sociales qui ont fait du Québec la société la plus égalitaire en Amérique, comme l’assurance-maladie, la santé et sécurité au travail, les normes du travail, les garderies publiques ou l’équité salariale, n’auraient pas vu le jour sans l’intervention de milliers d’hommes et de femmes réunis dans le mouvement syndical.
Lucie Levasseur
L’auteur est présidente du SCFP-Québec
Le 26 janvier 2010
www.lautjournal.info


Propos...
On a cherché les « bourdes », on ne les a pas encore trouvées.
Puis, le fait que les lecteurs de journaux papiers, à Québec, se soient maintenus, c'est grâce à la concurrence du journal des syndiqués, semble-t-il. Et, comme dans le cas de TQS, le maintient de trop de journalistes et photographes, c'est grâce au syndicat, encore.

Enfin, la faible productivité reconnue des employés du JdeQ, soit 4 jour et 32 heures de travail seulement, n'est pas due au fait qu'il y a un syndicat socialiste au journal. Cela n'a jamais été « prouvé », dit la syndicaliste Levasseur.

Pour prouver le contraire, elle sort de l'Amérique du Nord et nous parle de la « Norvège ». Comme quoi, imbéciles que nous sommes, nous devons tous faire semblant que le plus grand syndicaliste paresseux Québécois, est un travaillant acharné de culture norvégienne. Puis, la syndicalisation y étant de 55 %, sans mentionner la modalité du choix libre du syndicat, non imposé à tous par la dictature SCFP, comme au Québec.

Puis, pour finir de nous abrutir, nous devons faire une relation entre le haut taux de syndicalisation au Québec et un impact moins grand de la récession et du taux de chômage. Comme quoi, cela, n'est pas un hasard ?... Pas du tout. Cela est grâce aux syndicats, qui protègent les emplois. Tout comme les 110,000 emplois perdus dans l'industrie du vêtement et textiles, depuis 1992, quoi. Ou bien les 1,200 emplois délocalisés par la fermeture de Flextronic et Via Systems, dans l'électronique et la haute technologie. Juste ça.

Enfin, il est vrai que les syndicats multimillionnaires font progresser la société québécoise. Sûrement en ne payant pas les 250 millions en impôts sur leurs revenus et leurs profits, comme toute autre organisation ou entreprise normale.

Réplique du Dinosaure à Michel David
C'est avec intérêt que j'ai lu votre chronique du 28 janvier 2010. Vous qualifiez sans nuance les 280 publications de Sun Media de «feuilles de chou», verdict gratuit qui tranche singulièrement avec la solidarité dont on pourrait autrement vous croire habité. Vous disqualifiez le travail lu par des millions de gens, de centaines de vos confrères et consoeurs autant au sein de notre entreprise que ceux qui oeuvrent dans les nombreuses agences de presse que nous relayons, dont la plus importante au Canada, la Presse canadienne.

Ironie du sort, Le Devoir faisait référence, aussi récemment que le 27 janvier, sous la signature d'Alexandre Shields, à un article écrit par Rémi Nadeau du Journal de Québec (qui travaillait encore à la Presse canadienne il y a quelques semaines) faisant état du manque de transparence dans la divulgation du règlement du renouvellement de la convention collective à la SAQ, étrangement qualifiée de paix industrielle alors que l'on passait sous silence l'augmentation de la masse salariale de 100 millions à 123 millions.

Vous n'êtes pas sans savoir que Quebecor n'est pas une PME. Nous faisons travailler directement et indirectement des dizaines de milliers de personnes et regroupons en notre sein plus de cent syndicats distincts, oeuvrant dans des industries variées aux enjeux divers. Nous sommes un acteur important de l'économie et de la culture québécoises. Nous investissons ici chaque année plusieurs centaines de millions de dollars, créant ainsi des milliers d'emplois de qualité, dans des secteurs en croissance.

Notre siège social de Montréal et ceux de nos filiales emploient des centaines de Québécois dans des postes clés. J'ai le privilège de la diriger et de participer aux très nombreux succès qu'elle a réalisés durant les 10 dernières années de ma présidence, dont notamment le repositionnement complet de Vidéotron, qui offre maintenant en plus des produits de grande qualité orientés sur les dernières technologies, un service à la clientèle qui fait l'envie de très nombreuses entreprises.

C'est avec tout autant d'énergie que nous avons lancé le projet de modernisation de nos activités d'édition il y a quelques années, permettant ainsi à Sun Media de devenir le plus important éditeur au Canada. Cette dernière jouit maintenant d'une santé financière lui permettant de traverser la crise actuelle et d'assurer son avenir dans un environnement dont tous, notamment votre directeur Bernard Descôteaux en ces pages hier, reconnaissent la dramatique transformation. En quoi la modernisation du Québec ferait-elle de nous des dinosaures intransigeants?

Quant à votre procès d'intention, il apparaît cocasse que vous repreniez l'argument de ce banquier dont l'industrie combat avec succès depuis des décennies la syndicalisation de ses employés. Vous voici protecteur de principes dont il est désormais interdit, sous peine d'attaques ad hominem et d'accusations de lèse-majesté, de remettre en question les fondements. La liberté d'esprit qui a toujours prévalu au Devoir semble s'être abstenue sous votre plume et me ramène aux pires heures de la direction de Georges Pelletier.

Pourquoi serait-il donc illégitime de s'interroger sur la transparence des syndicats quant à leur gouvernance, par exemple, celle du Fonds de solidarité de la FTQ, où l'on constate que 12 des administrateurs sur 17 occupent des postes de président de syndicat? Cette organisation gère des millions de dollars, obtenus en grande partie grâce aux généreux crédits d'impôt dont sont ainsi privés les coffres de l'État.

Ce repli, ce refus du débat ou de la remise en question dès qu'il est question de syndicats, confère à ce groupe une sorte d'immunité qui tue dans l'oeuf tout échange. Nous sommes bien loin de l'audace et du choc des idées auxquels nous avait habitués Le Devoir. Dans la même veine, votre attitude et celle de vos collègues de la Tribune de la presse, feignant la neutralité pour justifier le refus de l'accréditation à vos confrères du Journal de Québec, sont absolument sidérantes. Selon vous, donc, le droit à l'information et à sa diversité est maintenant subordonné aux droits de travailleurs. Henri Bourassa en serait pour le moins étonné!
Pierre Karl Péladeau
Président et chef de la direction de Quebecor
Le 29 janvier 2010
***
Réplique
Le procédé qui consiste à déformer des propos pour mieux attaquer leur auteur est bien connu. Je n'ai jamais prétendu que les 280 publications de Sun Media étaient des «feuilles de chou». Je m'inquiète plutôt de ce que M. Péladeau cherche à en faire avec sa «modernisation». Je veux bien qu'il cherche une façon de me mettre en contradiction avec Le Devoir, mais je me demande ce que le règlement à la SAQ a à voir avec la législation que M. Péladeau dénonçait dans son texte publié dans Le Journal de Montréal le 21 janvier. Quant aux demandes d'accréditation à la Tribune de la presse de nouveaux journalistes du Journal de Québec, il n'en avait jamais été question avant que leurs collègues du Journal de Montréal ne soient mis en lock-out. Dans l'esprit de M. Péladeau, la diversité de l'information semble consister à publier les mêmes textes dans le plus de journaux possible.
Michel David
Le Devoir - Le 29 janvier 2010


Propos...
Bien sûr... L'employé syndiqué David n'est pas un matamore de son espèce, du siècle dernier, qui traite de politique comme des enseignants de philo du collège. Absolument inutile, quoi.

Il est vrai que l'employé syndiqué David n'a jamais dit que les publications que gère PKP, étaient des feuille de chou. Il a plutôt dit que PKP voit l'avenir des journaux dans « la culture » des feuilles de chou. Autrement dit, par opposition, la chronique de David n'est pas l'expression même d'une culture de feuille de chou. En plus de la culture opaque syndicaliste, bien sûr. Quelle inutilité au Devoir, celui-ci !

Mais, le plus étonnant sans doute, c'est de constater que PKP s'est légèrement trompé. Ce n'est plus que le droit à l'information est maintenant subordonné aux droits des travailleurs. C'est plutôt que ce droit est devenu subordonné aux droits des syndicats multimillionnaires, à l'abri de l'impôt. Tiens...

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Pessimisme et emplois fauchés...

De retour au jour des observateurs de l'écono en crise. À la répétature... La rubrique qui génère encore et toujours le plus de courriels en tout genre de la part de ses lecteurs, fanas indéfectibles de l'analyse à saveur Euro de l'économie.

Soulignons de nouveau que le bonheur accable inlassablement notre billettiste éconoencrise. C'est à dire que le nombre de fichiers dans son répertoire temps a augmenté à 44. Donc, il y a de l'action et le temps libre de lectures éconoencrise sera bien meublé.

La semaine dernière... Il y a eu un premier plan de relance de 20 G d'euros pour soutenir l'emploi et amoindrir les effets de la hausse du yen, à l'écono nipponnaise. Et, huit jours plus tard, une autre agence de presse nous annonçait un second plan de relance de 185 G d'euros, pour soutenir la consommation de certains secteurs en particulier. Finalement, les variations des prévisions du PIB, affectés par une forte chute des investissements. Malgré les plans de relance annoncés.

Cette semaine... Tel que promis il y aura un repos pour tous les amateurs de la nipponnaise. Cette fois nous effectuons une bifurcation à l'éconencrise occidentale, pour le plaisir des amateurs de l'euro occidentale.

En première lecture... Les risques de déflation, plus forts que l'inflation, génèrent des prévisions pessimistes, à la tribune de Genève. En seconde lecture... Plus près de nous. L'économie du savoir tant aimée des péqouistes libre-échangistes est en cours de leur foutre la trouille. Les emplois du haut savoir technique et du hautement rémunéré de l'aéronautique, sont en cours de déménagement à Querétaro, Mexique. Une nouvelle usine y verra le jour. En troisième lecture... Un bilant des 5,075 emplois fauchés à l'aéronautique, pour les neuf mois de 2009. Bonne lecture...

Pour 2010, BNP Paribas (Suisse) se déclare «pessimiste»
BNP Paribas (Suisse) nous prévoit un avenir peu exaltant. «Le risque de déflation nous paraît plus fort que celui d’inflation. L’histoire nous l’apprend: après une bonne récession il faut attendre cinq ans avant d’assister à un retour de l’inflation. J’appartiens certes au camp des pessimistes, mais ce cercle tend à s’élargir. Le président de la Réserve fédérale des États-Unis, Ben Bernanke, redoute lui-même un retour à la dépression», indique Roger Keller, responsable du conseil en placement chez BNP Paribas (Suisse).

Une hausse des prix persistante semble toutefois inéluctable dans les denrées alimentaires et les matières premières, à commencer par le pétrole. Au-delà de ces deux secteurs, les étiquettes commenceraient à décliner dès le deuxième semestre 2010. Cette tendance serait renforcée par une aggravation du chômage jusqu’au premier trimestre 2010.

Roger Keller rappelle que la prévision d’une reprise reste intimement liée à une question fondamentale: qui remplacera le consommateur américain, européen ou japonais? Le moteur des plus importants marchés de la planète. «Une croissance de 15% ou 16% en Chine ne me paraît pas suffisante pour améliorer les perspectives d’emploi en Europe et aux États-Unis», prévient l’expert.

Comme d’habitude, la Suisse devrait toutefois moins souffrir des détériorations conjoncturelles que le reste du monde. Selon Roger Keller, le consommateur helvétique s’avère «peu cyclique». Autrement dit il se montre peu prodigue en période d’euphorie et se serre peu la ceinture lors de phases de morosité.

«Les entreprises suisses demeurent en outre très compétitives. Elles exploitent de belles niches. A tel point que leurs compétences spécifiques les protègent en partie des méfaits d’un franc parfois trop fort. Le recul de leurs affaires en 2009 se révélera ainsi nettement moins prononcé qu’en Europe ou aux États-Unis. Ces sociétés helvétiques ne trahissent en plus pas de grosses capacités de production inutilisées. Et elles ont déjà laissé apparaître le début de la reprise au troisième trimestre», se félicite Roger Keller.

Plus rien ne sera toutefois comme avant. Roger Keller estime qu’à l’avenir la croissance gardera un caractère «anémique». La prochaine reprise économique devrait en effet générer peu d’emplois, la hausse des salaires restera modeste et la consommation aussi. A cela s’ajoute le risque de voir des gouvernements relever trop vite leurs impôts.

Les pouvoirs publics de nombreux pays développés doivent en effet couvrir des degrés d’endettement gigantesques. Nombre d’entre eux sont intervenus en force pour assurer la stabilité ou la survie de leur économie. A cela s’ajoute l’augmentation des dépenses sociales liées au vieillissement de la population. «Le ratio dettes/PIB (produit intérieur brut) se rapproche des 100% dans les états développés. Et il s’accroîtra encore beaucoup», prévoit Roger Keller.
Philippe Rodrik
Tribune de Genève 03.12.2009 13:42

Bombardier construit une nouvelle usine au Mexique
Bombardier (TSX:BBD.B) a récemment lancé les travaux de construction d'une nouvelle usine dans son complexe de Querétaro, au Mexique, où l'on produira des pièces en matériaux composites pour l'avion d'affaires Learjet 85. Les travaux devaient débuter en avril, mais ils ont été repoussés jusqu'au mois dernier en raison des mesures d'austérité mises en place par Bombardier Aéronautique, a confirmé mardi Marc Duchesne, porte-parole de l'entreprise montréalaise, au cours d'un entretien téléphonique.

L'usine de 18 580 mètre carrés, qui devait être inaugurée en novembre, doit désormais l'être en mars 2010. Malgré ce retard, une cinquantaine d'employés mexicains travaillent déjà sur le Learjet 85 dans une autre usine de Bombardier à Querétaro. Plus tôt cette année, ils ont reçu une formation en composites dans la région de Montréal. Une centaine d'autres la suivent actuellement.

Bombardier prévoit que 120 de ses employés mexicains travailleront au Learjet 85 d'ici la fin de l'année, puis 450 de plus d'ici la fin de 2010. L'avionneur compte actuellement quelque 1000 employés à son complexe de Querétaro, contre 1200 au début de l'année, le Mexique n'ayant pas complètement échappé aux licenciements annoncés par Bombardier en début d'année. Avec la nouvelle usine, le nombre total d'employés à Querétaro devrait dépasser 2000 employés à moyen terme, a indiqué M. Duchesne.

La fabrication du fuselage en matériaux composites du Learjet 85 commencera lorsque la nouvelle usine sera prête, en mars. Le Mexique a réussi à obtenir des mandats reliés au Learjet en s'engageant à offrir un cours en composites et à ouvrir un laboratoire spécialisé dans ces matériaux dans une université de Querétaro. Les installations mexicaines ne devaient pas être mises à contribution avant 2011 pour le Learjet 85, mais l'insolvabilité d'un partenaire européen de Bombardier dans ce programme, Grob, a changé la donne. L'avionneur a acheté une partie de l'équipement de Grob et l'a transporté au Mexique.

L'assemblage final du Learjet 85 doit toujours être effectué dans les installations de Bombardier à Wichita, au Kansas, mais les autorités mexicaines comptent convaincre le constructeur de transférer le tout à Querétaro. Les installations de Querétaro produisent déjà le fuselage central du Challenger 850, le fuselage arrière du Global Express, plusieurs composants du turbopropulsé Q400 et le filage électrique de tous les avions de Bombardier.

Le complexe de Querétaro a amorcé ses activités en 2006. Depuis le début de l'année, Bombardier Aéronautique a annoncé la mise à pied de 4360 employés, dont 1740 dans la région montréalaise. En fin d'après-midi, mardi, l'action de Bombardier s'échangeait à 4,85 $, en baisse de trois pour cent, à la Bourse de Toronto.
Sylvain Larocque
La presse canadienne - 21 octobre 2009 09h30

Bombardier Aéronautique: 5075 emplois fauchés en neuf mois
Depuis un an, c’est un total de 5075 emplois que Bombardier aéronautique aura aboli depuis le début de l’année, dont plus de 60%, où 3292 postes, seulement dans la région de Montréal.

Les 715 coupures de postes annoncées aujourd’hui dans la région de Montréal, s’ajoutent aux 831 mises à pied effectuées en avril et aux 710 autres emplois annoncés plus tôt en février 2009. À Toronto, c’est 475 emplois qui ont été perdus chez Bombardier Aéronautique au printemps. Les installations torontoises n'avaient pas été touchées en février. À Belfast en Irlande, Bombardier a éliminé 975 emplois en avril, pour un total de 1275 coupes depuis le début de l'année. Aux États-Unis, 470 emplois ont été éliminés, pour un total de 820 avec la coupe de février.

Enfin, du côté de Querétaro au Mexique, 50 employés contractuels ont perdu leur emploi en avril. Ces installations ont été épargnées depuis et paraissent depuis en plein essor.
Martin Jolicoeur

Les affaires.com. - 26-11-2009

Propos...
C'est le moment de faire une petite recherche et de trouver, enfin, à combien d'emplois perdus en sommes-nous en tout au Québec, à la fin de 2009. Durant l'été nous en étions à quelques 37,500 de perdus. Récemment, selon le billettiste à l'éconoencrise, nous en serions à quelques 26,400 en tout pour 2009, selon l'employé Desjardins du Devoir.

Curieusement, la prévision de quelque 60,000 emplois perdus au Québec, ne s'est pas réalisée. Il ne reste plus qu'à trouver les noms des économistes qui ont fait cette prévision erronée d’emplois perdus, afin de se souvenir d'être crédules à leur égard, à l'avenir.

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De... sp et al... le... 21.1.10, ,

Un de réglé, deux à venir...

Le voici déjà le jour de la transition. Le jour de la semaine qui nous informe sur des sujets variés, parmi les plus populaires.

La semaine dernière il y avait l'état de l'emploi catastrophique chez les jeunes travailleurs. Puis la réponse de Kelly-Gagnon de l'IEDM à propos de la démocratie syndicale inexistante, sans le vote secret pour l'accréditation.

Quoi de bon à lire cette semaine ?... Uniquement de vieilles nouvelles, encore. Toujours dans le domaine du travail et des syndicats, évidemment.

En première... Une mise à jour des négos dans le domaine des médias. Il y a eu entente de principe chez Transcontinental, en début d'octobre. Un conflit de travail qui ne ressemble pas du tout à ce que l'on trouve au JdeM ou à la PDG. En seconde... L'écart entre les négos du gouvernement et le font commun FTQ CSN

Entente de principe chez Transcontinental
Après un blitz de 20 heures de négociation, qui s'est terminé tard dans la nuit de lundi à hier, le syndicat de l'information représentant 32 hebdos de Transcontinental (T.TCL.A) et la direction sont arrivés à une entente de principe pour une nouvelle convention collective. Les deux parties avaient réglé vendredi les clauses normatives qui causaient litige, notamment en ce qui concerne la sous-traitance et la sécurité d'emploi. Elles ont entrepris les négociations sur les clauses salariales lundi matin, vers 9h. Les discussions ne se sont terminées qu'à 5h dans la nuit.

Le syndicat recommande à ses 43 membres d'approuver l'entente de principe ce soir, en assemblée générale. «Les membres du comité de négociation sont persuadés que nous avons en ce moment décroché le meilleur contrat de travail possible dans les circonstances actuelles», a fait savoir le syndicat dans un courriel envoyé à ses membres hier après-midi. L'entente prévoit que la convention serait effective jusqu'au 31 août 2012.

Le syndicat demandait un rattrapage salarial important. Au haut de l'échelle, un journaliste des hebdos de Transcontinental ne gagne pas plus de 36 000$. «La situation salariale s'améliore, mais elle est loin d'être idéale encore», a dit le président du syndicat, Benoit LeBlanc, sans indiquer quelle bonification apporterait la nouvelle convention.

Le spectre du lock-out
M. LeBlanc garde toutefois un goût amer de la dernière semaine de négociation. «C'est agréable d'avoir une entente de principe, mais c'est moins agréable d'avoir à négocier sous la menace d'un lock-out, a-t-il dit à La Presse Affaires. Transcontinental adopte la tactique Quebecor pour négocier et c'est déplorable.»

Le vice-président aux communications de Transcontinental, Sylvain Morissette, a préféré ne pas commenter cette déclaration du président du syndicat. «De notre côté, nous sommes très heureux d'en être venus à une entente, dit-il. Si le lock-out fait partie des options dans une négociation, l'option de la discussion a toujours été privilégiée.»

La direction avait d'abord fixé à vendredi, minuit, l'heure limite pour la conclusion d'une entente, sans quoi un lock-out pourrait être déclenché. Devant le progrès des négociations, l'heure limite avait été reportée à lundi soir. Dans une lettre envoyée aux syndiqués la semaine dernière, le vice-président de la filiale des journaux du Québec et de l'Ontario, Serge Lemieux, avait invoqué la récession et «la baisse dramatique» des revenus publicitaires pour expliquer l'urgence d'en arriver à une entente et justifier l'ultimatum.

Le Syndicat de l'information de Transcontinental, affilié à la CSN, représente 43 journalistes et secrétaires de rédaction des secteurs de Repentigny, Terrebonne, Laval, Joliette, Sainte-Thérèse et Montréal. Dans les hebdos de Transcontinental, seuls quatre autres journalistes sont syndiqués. Ils sont regroupés avec les tous les autres travailleurs des publications de Roberval et Alma.

Transcontinental demande d'ailleurs aux syndicats du Lac-Saint-Jean de négocier la réouverture des conventions collectives afin d'obtenir des concessions salariales.
Hugo Fontaine
La Presse - Le 07 octobre 2009


Propos...
À 36 milles le journaliste, nous somme loin de riches pachas journalistes à 150 milles au STIJM en grève. Et des monarches syndiqués à 180 milles à la pesse de geska, évidemment

Front commun et gouvernement: le fossé s'élargit déjà...
Le gouvernement Charest garde le cap sur sa volonté de résorber une partie du déficit en réduisant les dépenses, n'en déplaise aux leaders du Front commun regroupant 475 000 salariés de l'État. Québec juge incontournable son objectif de ramener le taux de croissance des dépenses de 4,5 % à 3,2 % dès la prochaine année financière.

Le 30 octobre, le plus grand front commun syndical à s'être constitué depuis 37 ans au Québec présentera formellement ses demandes à la présidente du Conseil du trésor. Celle, déjà connue, exigeant une augmentation salariale de 11,25 % pour les trois prochaines années - ce qui équivaudrait à un déboursé supplémentaire de 3,2 milliards $ pour Québec. Et d'autres, moins ou pas connues, qu'il dévoilera ce jour-là.

L'une portera sur l'adoption d'une politique-cadre afin de faciliter la conciliation travail-famille; l'autre sur la mise en place d'outils permettant de mieux «ajuster» les cotisations des fonds de retraite dans l'avenir. Mais il n'y aura pas que des revendications communes. Le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) exigera, par exemple, l'abolition de la politique de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Il fera par ailleurs valoir que l'«expertise interne» doit prévaloir sur l'«expertise externe».

Il faut réduire «la sous-traitance, qui coûte les yeux de la tête, notamment dans le domaine informatique, dit son président, Gilles Dussault. Ça coûte souvent de trois à quatre fois plus cher». L'élément clé de cette ronde de négociations entre le gouvernement et ses employés tournera bien entendu autour de la marge de manoeuvre de l'État.

Illusoire et néfaste
Or, la grande argentière du Québec, Monique Gagnon-Tremblay, a fait savoir, mardi, au Soleil, qu'elle entendait toujours limiter la croissance annuelle des dépenses gouvernementales à 3,2 % à compter de 2010-2011. Et qu'elle poursuivrait dans la même veine pour les années suivantes. Un exercice qui sera très difficile à réaliser, de l'avis de tous. Depuis 2002, la croissance des dépenses a été de 4,6 % par année en moyenne.

Mais difficile à atteindre ou pas, cette cible est là pour rester, dit-on.
Pour la présidente de la CSN, cet objectif est non seulement illusoire, il est néfaste. «Le gouvernement est très habile. Il se présente souvent maintenant comme le champion des services publics, raille Claudette Carbonneau. En même temps, cette cible de 3,2 % cache des compressions.» Claudette Carbonneau, Gilles Dussault et le président de la FTQ, Michel Arsenault, étaient au Soleil, mardi, où ils amorçaient une tournée de «sensibilisation» partout au Québec. Ils veulent sensibiliser la population aux enjeux des négociations à venir pour le renouvellement des conventions collectives qui arrivent à échéance le 31 mars prochain.

Pour eux, l'enjeu principal de cette ronde est celui de «l'attraction et de la rétention de la main-d'oeuvre». Moins de 65 % des employés de l'État bénéficient «d'une sécurité d'emploi mur à mur», assurent-ils. «Invoquer le déficit budgétaire pour ajouter au fardeau des salariés de l'État mettrait encore davantage en péril la pérennité de nos services publics», insiste Michel Arsenault.

«Responsabilité» gouvernementale
Le Front commun s'appuie sur l'Institut de la statistique du Québec pour soutenir que le «retard salarial» des employés de la fonction publique et des réseaux de la santé et de l'éducation «est de 7,7 % en moyenne par rapport à l'ensemble des salariés et de 5,2 % par rapport au secteur privé». Les comparaisons sont établies avec des entreprises privées comptant 200 salariés ou plus.

Les syndicats souhaitent un véritable processus de négociations cette fois.
Le gouvernement Charest dit aussi vouloir régler cette ronde sans imposer de décrets, comme en 2005. «Mais au gouvernement, on a aussi la responsabilité de renouer avec l'équilibre budgétaire en 2013-2014», précise une source.
Jean-Marc Salvet
Le Soleil - Le 14 octobre 2009


Propos...
Évidemment... On peut compter sur la propagande de Michel Arsenault, pour agiter la menace de mettre en péril les services publics. Pour un simple écart de 2%, même s'il y a augmentation et non gel des salaires.

Mais la meilleure est sans doute le rattrapage. Une comparaison avec les entreprises de 200 salariés et plus, seulement. Sinon, en comptant toutes les entreprises de salariés, probablement que le fonctionnaire syndiqué mur à mur est effectivement surpayé, en avance de plus de 7% sur le secteur syndiqué privé.

La semaine prochaine, le mardi 1er décembre, ce sera le tour des rapports sur les négos à la PDG, si elle n'est pas fermée. Il semble, en dernière heure, qu'il ne reste plus qu'à régler le conflit avec le syndicat de la distribution. Pour lequel le vp Cantin a demandé l'intervention d'un conciliateur au ministère du travail.

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