Un premier budget déficitaire prévu...
19.3.09
En attendant la lecture et la diffusion d’un premier budget déficitaire, de la ministre des finances Forget, elle disait hier aux médias que ses priorités étaient l’emploi, l’emploi et l’emploi. Cela...Dans un état qui a tout à fait abandonné à leur sort les 90,000 emplois perdus dans l’industrie du vêtement et textiles. En plus des abandons dans les produits de la forêt et les technos de pointe. Le tout au profit du Mexique et de l’Amérique centrale, selon les traités de libre échange et les règles de l’OMC.
Il y a un mois, la situation était rapportée comme ceci...
Replongeons dans le rouge
(Québec) C’est officiel. Les finances du Québec replongeront dans le rouge, l’an prochain. Le gouvernement n’est même pas certain d’y échapper cette année. Et la récession pourrait emporter des emplois de fonctionnaires.
Après avoir promis en campagne électorale le maintien de l’équilibre budgétaire pour deux ans, la ministre des Finances Monique Jérôme-Forget a officiellement indiqué, mercredi, le retour au déficit en se gardant de divulguer son ampleur. «Pour 2009-2010, nous nous dirigeons vers un déficit. (...) Je suis une ardente défenderesse du déficit zéro, mais les gouvernements sont là pour intervenir quand il le faut.»
En point de presse, à la sortie du Conseil des ministres, Mme Jérôme-Forget a avancé qu’une «détérioration brutale (de l’économie), en janvier» a déjoué ses plans. «Personne n’avait prévu ce qui s’est passé en janvier. Même pour les achats de Noël, il y avait beaucoup de gens dans les magasins.» Selon elle, les revenus tirés de l’impôt des compagnies et des particuliers de même que de la TVQ se sont effondré en janvier.
La politicienne ne peut écarter l’hypothèse que l’année en cours puisse être déficitaire si la situation se répète en février et en mars. «Actuellement, je dirai non» à la possibilité d’un déficit en 2008-2009, a-t-elle répondu prudemment. «Mais, s’il arrive un désastre incroyable», elle pourrait se raviser.
Écrire à l’encre rouge son prochain budget n’aura pas d’impact sur la cote de crédit du Québec, a avancé la ministre. Elle a cité un communiqué de l’agence Moody’s, publié hier. Il souligne que les efforts des provinces pour réduire leur dette les placent en position pour bien affronter la crise. Cependant, la firme signale aussi qu’une réévaluation aura lieu à la lumière des actions prises pour revoir les dépenses et les revenus des gouvernements.
Elle s’est défendue d’avoir induit la population en erreur en prédisant deux années de surplus. Ne s’appuyait-elle pas sur des prévisions de croissance économique plus faibles que celles des économistes? a-t-elle insisté. «J’ai donné l’heure juste.»
Mme Jérôme-Forget a estimé n’avoir pas péché par imprudence. Avancer que les finances de la province maintiendraient un bilan positif reposait sur «les gestes importants» posés par son gouvernement pour «traverser le ralentissement». Mme Jérôme-Forget a donné l’exemple du programme pour les infrastructures. Un «programme connu et reconnu comme incroyablement bien pensé pour contrer le ralentissement économique» et «créer 100 000 emplois».
Secteurs moins touchés
La ministre des Finances a pris soin de souligner que les secteurs de la santé et de l’éducation n’écoperont pas pour les difficultés financières. Sa collègue au Conseil du trésor a nuancé. «Ce qui est important, pour moi, a glissé Monique Gagnon-Tremblay, c’est de maintenir les services essentiels.» Elle a évité de répondre aux journalistes qui lui demandaient si elle envisageait des coupes dans le «non essentiel». «C’est peut-être le moment de s’interroger sur la consolidation» des services.
Le président du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec s’est montré à moitié surpris de l’annonce du déficit. «Ce que disent les politiciens en campagne électorale, a fait valoir Gilles Dussault, on ne sait jamais si c’est vrai. Là, nous sommes dans le réel.» Par contre, le gouvernement le trouvera sur son chemin s’il s’avise de vouloir sabrer les services. «S’il y a un besoin de services publics, c’est bien en période de crise.»
Au Syndicat de la fonction publique du Québec, la présidente Lucie Martineau a mis en garde la ministre Gagnon-Tremblay. Couper, c’est aggraver le chômage, a-t-elle mentionné. D’autant que «nous sommes déjà en bas (de l’offre) des services essentiels» avec des «surcharges de travail excessives» chez les fonctionnaires, selon Mme Martineau.
La Presse Canadienne
Michel Corbeil
Le Soleil - le 12 février 2009
Propos...
C’est toujours étonnant et abrutissant de lire que « personne » n’avait prévu ce qui c’est passé aux revenus du gouvernement, en janvier. Tout comme si, des prévisionnistes compétents n’existaient pas au Ministère des finances. Seulement dans le privé.
Quant aux emplois, prioritaires, imaginons qu’elle voulait dire le domaine de la construction, par des programmes d’infrastructures. Donc, que les emplois perdus à cause des délocalisations, comme celles de Flextronics ou Golden Brand et autres du genre, c’est fini pour eux.
D’autre part, tout en gardant un oeil au bas de la page sur le déficit prévu, il faudra chercher quelle part de celui-ci sera attribuable à l’augmentation des salaires pour les employés de la santé et de l’éducation, même en temps de crise. Ça, ce sera la partie intéressante de ce nouveau budget.
Tout en écoutant ou lisant les reportages de ce nouveau budget, il serait bon de garder à l’esprit une opinion différente, opposée à la stratégie attendue des dépenses massives en infrastructures, s’il y a lieu. C’est dans ce communiqué, perdu dans le lot et que d’aucun n’a remarqué ou retenu.
Douze économistes québécois dénoncent l’augmentation massive des dépenses publiques sous prétexte de « stimulus » QUEBEC, le 12 févr. /CNW Telbec/ - A l’instar de plus d’une centaine d’économistes américains, douze universitaires québécois signent une déclaration qui met en doute l’efficacité d’une augmentation massive des dépenses publiques pour contrer la crise actuelle. S’appuyant sur la théorie et l’histoire économique, ils estiment que ces dépenses massives auront pour effet d’hypothéquer les contribuables et de nuire à la relance économique. Nous invitons la population à signer la déclaration à l’adresse suivante: antistimulus.ca
La déclaration :
A titre d’économistes, nous aimerions avertir nos concitoyens de l’inefficacité d’un gonflement des dépenses publiques contre la récession en cours. Prétextant un faux consensus et pressés par des considérations politiques, les pouvoirs publics ignorent les conséquences à long terme de leurs interventions.
Les programmes de dépenses massives et d’alourdissement réglementaire mis de l’avant par les gouvernements canadien et québécois répondent essentiellement aux revendications d’intérêts organisés.
A la lumière de la théorie et de l’histoire économique, nous estimons que ces mesures, au lieu de relancer l’économie, hypothéqueront les revenus des contribuables, rendront les producteurs encore plus dépendants de l’Etat, stimuleront le protectionnisme et prépareront des troubles encore pires dans l’avenir.
Si leurs véritables intentions étaient de favoriser la croissance économique, nos gouvernements choisiraient plutôt d’aplanir les obstacles à l’investissement, au travail et à la production, notamment en réduisant le fardeau fiscal et réglementaire des individus et des entreprises.
Steve Ambler - Université du Québec à Montréal
Germain Belzile - École des hautes études commerciales de Montréal
Martin Boyer - École des hautes études commerciales de Montréal
Michel Boucher - École nationale d’administration commerciales de Montréal publique
Gabrielle Brenner - École des hautes études commerciales de Montréal
Jean-Charles Chebat - École des hautes études commerciales de Montréal
Nathalie Elgrably-Lévy - École des hautes études commerciales de Montréal
Pierre Lemieux - Université du Québec en Outaouais
Robert Leroux - Université d’Ottawa
Jean-Luc Migué - École nationale d’administration publique et Institut Fraser
Filip Palda - École nationale d’administration publique
Pierre Simard - École nationale d’administration publique
Propos...
Tout à fait étonnant.
L’exercice sera de vérifier, au libellé du nouveau budget de la Ministre des finances, si elle a tenu compte de cette opinion économique saine. Oui ou non.
En attendant, nous ajoutons aux commentaires quelques opinions des lecteurs d’un autre article intitulé «Un premier déficit officiel en dix ans », de Robert Dutrisac. Bonne lecture…
Libellés : Fiscalite-desequilibre, Fiscalite-impot, Fiscalite-Quebec
De... sp et al... le... 19.3.09,
1 Commentaires:
- Le.. jeudi, 19 mars, 2009, dit...
-
Tout allait bien madame la marquise |
Nous avons élu deux gouvernements qui ont utilisé la même approche mensongère et cynique pour minimiser les effets de la récession dans le seul but de se faire élire alors que tous les indices économiques et les partis d'opposition présentaient des chiffres réalistes. Cette façon d'induire le bon peuple en erreur nous amène à un cynisme qui présage que du négatif pour l’avenir. Nos gouvernements ont perdu notre confiance et devront être sanctionnés.
Normand Carrier
Le jeudi 12 février 2009 07:00
La tempête est arrivée mais c'est toute une surprise!
Les dernières élections provinciales furent déclenchées pour le motif qu'il y avait une tempête économique à l'horizon et qu'il fallait une seul paire de mains sur le volant, soit celles de l'habile Charest. Bien que la science économique ignore le concept de tempête, tout le monde comprenait alors que les temps seraient difficiles.Or curieusement, Mme Forget proclamait haut et fort, avec un ton et une assurance qui ne laissaient pas de place au doute, qu'il n'y aurait pas de déficit dans le deux prochaines années parce qu'elle avait tout prévu et qu'il y avait un double fond à sa sacoche. Son patron, M.Charest, répétait aussi qu'il n'y aurait pas de déficit parce qu'il avait eu la sagesse de planifier " en fonction de" mais que la tempête frapperait de toute manière. Si gouverner, c'est aussi prévoir, on ne peut que constater l'amateurisme du gouvernement libéral ou son habileté (?) à cacher les vraies affaires le temps des élections. On se rappellera les promesses de Jean Charest en 2003, puis sa découverte après les élections qu'il ne pouvait plus remplir ses engagements électoraux en raison de la mauvaise situation budgétaire créée par le gouvernement précédent. Qui peut encore croire cet homme? Qui peut encore croire que le gouvernement Charest ne savait rien de la situation à la Caisse de dépôt et rien non plus des effets de la nouvelle formule de péréquation? Le problème, c'est que le mensonge est payant quand il est dit avec un large sourire.
J. Maurice Arbour
Le jeudi 12 février 2009 08:00
Incompétence flagrante et/ou mensonge éhonté
Comment travaillent ces personnes qui doivent gouverner notre province? Je pouvais faire (et bien d'autres aussi les ont faits) de meilleurs calculs qu'eux...malheur à nous !!! Il y a ici un mélange flagrant d'incompétence et de mensonge de la part de ce gouvernement qui désirait être majoritaire À TOUT PRIX et avoir les "deux mains sur le volant"...je crois que c'est plutôt les deux mains dans nos poches et les poches de nos enfants pour nous voler notre identité, notre argent et notre capacité de se prendre en main... Sont-ils là strictement pour nous affaiblir de connivence avec le gouvernement Harper????
Le fait qu'il soit majoritaire nous oblige à les avoir au pouvoir pour les 5 prochaines années. J'ai hâte de voir dans quel état nous allons être en 2013... Les générations qui suivent devront encore subir...quel malheur...quel gâchis!!!! Honte à ceux qui ont voté pour eux...et qui se sont laissés berner!!!!
Line Légaré
Le jeudi 12 février 2009 08:00
Les partis d'opposition avaient vu juste !
Quand, lors des récentes élections, François Legault (PQ) a déclaré que la nouvelle formule de péréquation du gouvernement fédéral priverait le Québec de plus de 900 millions $ et, par conséquent, forcerait la ministre des finances, Monique Jérôme-Forget, à aller en déficit, celle-ci lui a alors répondu que c'était faux.
Quand, durant la même campagne électorale, Mario Dumont (ADQ) a osé prétendre, de son côté, que la Caisse de Dépôt se retrouverait avec pertes financières de plus de 30 milliards $, les stratèges libéraux l'ont accusé de dire n'importe quoi.
Bernard Gervais
Le jeudi 12 février 2009 14:00
LR








