Un carnet bleu...

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Le paradoxe Duceppe... ils préfèrent l'opposition...

Mercredi. Le billet de la semaine qui accroche un sourire aux visages des pires politicailleux, de la politique. Mais pas du tout partisans, quoi.

Nous disions en boucle... Le politique, c'est le billet indispensable de tous ces biens heureux, lecteurs anonymes, qui n'attendent qu'un autre scandale éclate pour vérifier les commentaires aux blogues des médias et rigoler un peu de tous ces alias adeptes du clavardage politique imbécillisant.

Les blogues politiques des médias, de Quebecor ou Geska ou de Voir ou de la Radiocan, c'est le lieu par excellente de la censure chinoise et du défoulement public. C'est incroyable le nombre de lecteurs connus qui y sont censurés, systématiquement. Tout comme en Chine.

Au dernier passage politique... Un reportage d'un autre inconnu, à la cyberpresse, nous rapportait les propos névrosés du conservatisme. Un enseignant, dépendants du public et du gouvernement du Québec, sociologue des médias, nous proposait la maladie du «palinien» du «lépéniste» et enfin le «harpérien». Autre preuve que des scolarisés, bardées de diplômes des universités publiques, sont aussi des névrosés du socialisme.

Puis... Un aperçu du parlementarisme québécois, à la dérive. Par la personnalisation des débats, la diabolisation des adversaires et la mesquinerie généralisée. En plus du profil de politiciens québécois mafieux, bien sûr.

Cette semaine en différé à la célèbre politique... Toujours en mode croisière, ça roule. Ne changez pas de canal, on n'a pas fini d'en lire un bout, de la politique.

Nous en sommes à 388 objets. Ça regonfle et ne démord pas. Étonnamment nous en sommes début avril 2011. On ne sait trop pourquoi, la politique est si populaire.

En première lecture... Voici une autre lecture qui va faire le bonheur des vieux abonnés de la politique, après des mois d'attente. C'est le profil du Bloc et le chef Duceppe, tel que décrit par le fédéraliste, abonné exclusif à la Pesse de Geska, et employé du ouernement. L'enseignant Herman Guay, nous décrit le profil de Gilles Duceppe, ses réalisations pour le plus grand bien de l'unité anglo-canadienne, au parlement d'Ottawa. Celle-ci, elle est vraiment bonne.

En seconde... Décidément, les employé du ouernement, enseignant, sont en grand nombre à chercher à combler un peu de temps à rien faire, en publiant des opinions politiques. Cette fois c'est un autre parfaitement inconnu, Denis Saint-Martin, qui nous propose un explication du pourquoi les Québécois bailingue, préfèrent l'opposition. Cela, après leur préférence d'être les plus imposés et taxés des 25 pays, des trois Amériques. Bonne lecture

Méfiants du pouvoir...
Le discours du Bloc est marqué par un paradoxe fondamental: les Québécois auraient plus de pouvoir en étant dans l'opposition qu'en étant membres de l'équipe ministérielle. Les bloquistes prétendent qu'ils ont pu, depuis plus de 20 ans, défendre des dossiers, amender des projets ou bloquer des initiatives gouvernementales à partir des banquettes de l'opposition. Nous détenons le «vrai pouvoir», disent-ils.

Par-delà des cas avérés, ce discours est discordant par rapport aux finalités de la joute électorale: c'est le gagnant qui définit les politiques publiques; c'est le gouvernement qui détient les véritables leviers du pouvoir. L'opposition piaffe d'impatience et attend son tour. Voilà pourquoi chaque parti rêve de gagner, les perdants jouant généralement un rôle secondaire. Bref, il n'y a pas égalité entre les 308 députés quant à la capacité d'influencer les décisions.

Le discours du Bloc est également paradoxal par rapport à ses propres actions: pourquoi donc Gilles Duceppe aurait-il eu l'étrange volonté d'appuyer les autres partis en 2004, comme en 2008, pour supporter une coalition dominée par Stephen Harper ou Stéphane Dion s'il est si «puissant» dans l'opposition?

Depuis plusieurs années, ces paradoxes ne semblent cependant pas indisposer un grand nombre de Québécois, et ce malgré le fait que la souveraineté n'est plus dans les priorités de l'opinion publique.

Pour comprendre cet état d'esprit qui amène quatre Québécois sur dix à appuyer le Bloc, il faut bien sûr y voir une manifestation identitaire du Québec français. L'arc-en-ciel formé par les autonomistes et les souverainistes appuiera largement les candidats du Bloc.

Mais il y a un peu plus. Les paradoxes du Bloc sont tolérés parce que beaucoup d'électeurs du Bloc sont distants à l'endroit du «jeu» politique. La grande enquête électorale menée auprès de presque 3000 Canadiens lors des élections de 2008 nous instruit sur des différences significatives entre les votants pour le Bloc et ceux des autres formations.

Ainsi, 51% de ceux qui appuyaient le Bloc estiment que «tous les partis fédéraux sont essentiellement pareils; on n'a pas vraiment de choix»; cette opinion, bien que présente dans le reste du Canada, est moins prédominante puisqu'elle est partagée par 36% des libéraux et 31% des conservateurs.

Autre fait: 90% des électeurs du Bloc estiment que les politiciens sont «prêts à mentir» pour gagner des votes; chez les libéraux et les conservateurs, c'est 12 points de moins. Les bloquistes sont aussi plus nombreux à croire que les gouvernements «ne se soucient pas de ce que les gens pensent». Plus révélateur du faible niveau d'intégration est la proportion d'électeurs du Bloc qui disent avoir déjà été membres d'un parti politique fédéral; chez les bloquistes, c'est un sur dix; chez les libéraux et les conservateurs, c'est le double.

Quand on met bout à bout ces différents éléments, il est manifeste que les bloquistes sont nombreux à se méfier de la logique du pouvoir. Le discours paradoxal du Bloc n'étonne alors que fort peu. Au contraire, il fait écho à cette distance institutionnelle; il la réconforte. Ainsi, bon nombre de Québécois se sentent plus à l'aise dans l'opposition qu'au pouvoir, précisément parce que ce dernier serait «sale» ! Il vaut donc mieux l'éviter pour rester dans le discours d'opposition, de dénonciation et d'indignation.

Cette posture n'est pas illégitime. On oublie que le travail du député est basé sur quatre fonctions: celle de représentation, celle de surveillance, puis la fonction législative, et celle de légitimation. Les députés du Bloc se voueraient aux deux premières, estimant à l'instar de bon nombre de Québécois que les deux autres sont trompeuses.

Est-ce que cette posture paradoxale tiendra encore pendant 10 ans? Difficile à imaginer. Si les conservateurs obtiennent une majorité, le Bloc aura moins d'impact sur le parquet du Parlement. Au fil du temps - et peut-être plus rapidement qu'on le croit -, plusieurs en viendront à s'interroger à nouveau sur l'utilité du Bloc. Quant au Canada anglais, quand il répétera «what does Quebec want?», on pourra lui répondre simplement: d'abord du nationalisme, mais aussi une bonne dose de scepticisme.
Jean-Herman Guay
Professeur de sciences politiques à l'Université de Sherbrooke.
La Presse - Le 10 avril 2011

Les Québécois préfèrent l'opposition...
La Presse a révélé jeudi que le NPD figure maintenant au deuxième rang derrière le Bloc dans les intentions de vote des Québécois.

Cet appui est peut-être nouveau, mais il est le résultat d'une tendance déjà lourde dans l'opinion publique: les Québécois préfèrent appuyer des partis qui n'ont pas de chance de former le gouvernement. Ils aiment le statut d'opposition à Ottawa. Ils semblent accorder une plus grande confiance à leurs politiciens lorsqu'ils sont dans l'opposition, éloignés du pouvoir et de ses effets corrupteurs.

Trop longtemps, les deux grands partis fédéralistes ont fait croire aux électeurs québécois que leur statut de minorité au Canada leur imposait le devoir de voter du côté du pouvoir pour que le gouvernement fédéral soit plus sensible aux demandes de la province. Or, après 20 ans d'existence du Bloc québécois, force est d'admettre qu'être au gouvernement ou dans l'opposition n'a aucun effet direct sur la part que le Québec obtient de la «tarte» canadienne.

La théorie du vote du «bon bord» n'a pas servi à renforcer le Québec au Canada. Elle a plutôt institutionnalisé le «patronage» à Ottawa et accru le fossé entre les «deux solitudes», en donnant au Canada une image du Québec comme la province la «plus corrompue» au pays, comme le titrait le Maclean's à l'automne dernier.

C'est précisément ce stéréotype qui vole en éclats avec l'appui majoritaire des Québécois au Bloc et au NPD. En s'excluant volontairement du pouvoir, les Québécois ne veulent plus qu'on les blâme pour le patronage à Ottawa. Le scandale des commandites et les travaux de la commission Gomery ont fait honte aux Québécois. C'est pour cette raison qu'ils ont retiré leur soutien au Parti libéral du Canada. Monsieur Ignatieff fait son possible, mais son parti est toujours au banc des punitions où l'opinion publique québécoise lui a ordonné de s'asseoir après le scandale des commandites.

En appuyant le Bloc et le NPD, les Québécois se donnent bonne conscience à Ottawa. Ils ne veulent plus être au gouvernement, mais préfèrent plutôt exercer la balance du pouvoir au Parlement. Ils préfèrent un gouvernement minoritaire dont ils sont exclus, mais qui peut être plus étroitement surveillé et contrôlé par les forces de l'opposition qui détiennent la balance du pouvoir au parlement. Le Parlement peut ainsi jouer plus activement son rôle de «chien de garde» du gouvernement et contrebalancer la centralisation du pouvoir au bureau du premier ministre.

Le Bloc peut bien se dire souverainiste, mais le cadre institutionnel et les normes dans lesquels il déploie son action à Ottawa font de lui un rouage essentiel au fédéralisme canadien. Quand il dit ne pas vouloir jouer la politique de la «terre brûlée», le Bloc affiche une position proche du fédéralisme qu'il serait grand temps d'éclaircir.
Denis Saint-Martin
Professeur titulaire de science politique à l'Université de Montréal.
La Presse - Le 10 avril 2011


Propos...
Que peut-on dire de plus ?...
Durant toutes ces années, durant la présence du Bloc au parlement d'Ottawa, ces souverainistes n'on fait que se soumettre à la colonisation. Pour le plus grand bien de la partie immuable, de la politique de l'unité canadienne.

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De... sp et al... le... 15.2.12,

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